Robots humanoïdes : entre promesses et désillusions (Edito)
Monde Numérique18 avril 202403:12

Robots humanoïdes : entre promesses et désillusions (Edito)

Le robot humanoïde Atlas de Boston Dynamics prend sa retraite. Il a déjà son successeur qui est impressionnant. Sommes-nous pour autant à l'ère des robots humanoïdes ?

EDITO

Le vieux robot Atlas et son successeurLe vieux robot Atlas et son successeur

Le robot humanoïde Atlas de Boston Dynamics, connu pour ses acrobaties spectaculaires en vidéo, prend sa retraite avant même d'avoir entamé sa carrière. Annoncée le 16 avril, la fin d'Atlas est accompagnée par une vidéo reprenant ses échecs mémorables. Ce géant de la famille Boston Dynamics, né aux États-Unis et passé entre les mains de Google, Softbank, et enfin Hyundai, impressionne depuis des années avec des mouvements d'une humanité frappante.

Oubliez le vieil Atlas équipé de vérins hydrauliques, voici le nouvel Atlas ! Plus léger et équipé de moteurs électriques, il peut notamment se mouvoir d’une manière totalement nouvelle. Boston Dynamics continue par ailleurs de commercialiser le robot chien Spot. Tandis que l’on attend encore le futur robot humanoïde d'Elon Musk, Optimus.

Entre défis techniques et préoccupations de sécurité, le chemin vers le robot humanoïde parfait reste long et semé d'embûches.

Transcription

Vous l'avez forcément déjà vu en vidéo sur Internet, effectuant des pirouettes spectaculaires ou courant sur des caisses avant de terminer par un petit salto, le robot humanoïde Atlas de la firme Boston Dynamics va prendre sa retraite. Sa retraite avant même d'avoir entamé sa carrière, en réalité. La compagnie Boston Dynamics l'a annoncé le 16 avril : Atlas, c'est fini. Sa dernière vidéo mise en ligne pour l'occasion reprend d'ailleurs ses principaux échecs, c'est-à-dire toutes les fois où ça n'a pas marché et où il s'est cassé la figure. Alors Atlas, pour le resituer, c'est donc le plus gros robot de la famille Boston Dynamics, le plus impressionnant aussi.

Impressionnant depuis qu'on le voit évoluer ainsi, année après année, avec des mouvements et une gestuelle qui ressemblent incroyablement à des mouvements humains. Atlas est né aux États-Unis, Boston Dynamics était une spin-off du MIT, rachetée en 2013 par Google, puis revendue trois ans plus tard au Japonais Softbank et aujourd'hui détenue majoritairement par le Coréen Hyundai. Malgré un engouement certain pour ce genre de jouets, les encouragements de la DARPA, l'agence américaine des projets avancés à l'époque, et des progrès spectaculaires largement médiatisés dans des vidéos aussi étonnantes que répétitives, on a l'impression que tout le monde s'est repassé la patate chaude. La robotique n'a peut-être pas payé, mais elle a fait rêver. Et pourtant, il semble qu'on ait toujours autant de mal à passer du rêve à la réalité. Il faut dire qu'Atlas est quand même un bon gros bourrin, comme dirait l'autre, gros et lourd, plus de 80 kg, on n'aurait pas envie qu'il nous marche sur les pieds si on le croisait dans la rue. Et surtout, il fonctionne à l'aide de vérins hydrauliques, ce qui serait apparemment une technologie ancienne en robotique.

Boston Dynamics a d'autres robots à son catalogue, notamment le chien Spot, désormais bien connu, qui lui est commercialisé et utilisé dans de nombreuses circonstances. Il a par exemple servi à explorer ce qui reste de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Et puis, surtout, Atlas a déjà un remplaçant. Le nouvel Atlas, dévoilé hier, 17 avril. Il est impressionnant. Plus mince, plus léger visiblement, il est bardé de moteurs électriques. Finis les vieux vérins hydraulique. Il est sans fil. Surtout, il a ceci d’intéressant que, malgré un profil humanoïde, chacun de ses membres a une amplitude de mouvement qui n’a rien d’humain. Il peut retourner ses jambes, ses bras et sa tête dans tous les sens; ouvrant visiblement la voie à une nouvelle manière d’interagir avec le monde extérieur.

Voilà qui nous rappelle malgré tout que la quête du robot humanoïde parfait est encore bien longue. On attend le robot Optimus de Tesla; on verra s’il fera mieux qu’Atlas. En attendant, on sait qu'entre les problèmes d'équilibre, c'est-à-dire de programmation, mais aussi de ratio poids-performance-autonomie-prix, oui, sans oublier les questions de sécurité, nos amis les robots humanoïdes, si tant est qu'on soit prêts à les accueillir, continuent pour l'instant à se faire attendre.

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