Monde Numérique :
[
0:01] Cet épisode est une rediffusion du 10 janvier 2025. Ladies et gentlemen, welcome to CES 2025.
Monde Numérique :
[
0:13] I'm Gary Shapiro, CEO and Vice-Chairman of the Consumer Technology Association, the producer of CE. Voilà, lui, c'est Gary Shapiro, le big boss du CES, le patron de l'association CTE qui organise l'événement. Et Gary Shapiro est à la barre depuis des années, on le voit sur le terrain, on ne cesse de le croiser au CES, c'est assez amusant, il est très investi, il est toujours là où il faut. Ce CES qui a donc fermé ses portes, vous avez pu vivre cet événement jour par jour en écoutant le podcast Monde Numérique. Si ce n'est pas le cas, bien il n'est pas trop tard pour aller vite écouter
Monde Numérique :
[
0:52] les 5 épisodes spéciaux bourrés d'interviews et d'infos. Et on va maintenant un peu prendre du recul, mais se replonger également dans les nouveautés annoncées à l'occasion de cette édition 2025 qui était particulièrement riche et intéressante.
Monde Numérique :
[
1:07] Les principaux thèmes cette année, l'intelligence artificielle évidemment, avec des applications pratiques, notamment dans les téléviseurs. Et puis, on retiendra bien sûr l'annonce majeure, celle de NVIDIA, qui a lancé un ordinateur de bureau de toute petite taille, le Digits, mais ultra puissant, d'une puissance équivalente à celle d'un data center dédié à l'intelligence artificielle. Les robots également, omniprésents. Alors, pas des robots humanoïdes, n'imaginez pas qu'on était dans iRobot, non. C'était plutôt des robots, des aspirateurs robots, mais de nouvelle génération. Quelques robots humanoïdes, malgré tout. Et puis aussi des mini-personnages robotiques, les Ropets, des petites créatures étranges. Un vrai phénomène cette année à Las Vegas. La e-santé avec de nouveaux objets connectés, toutes sortes de dispositifs pour contrôler soi-même sa santé, prévenir l'apparition des maladies. Et puis le grand classique, la télé catégorie reine du CES avec des écrans transparents encore plus beaux, signés Samsung ou LG et des téléviseurs encore plus grands, jusqu'à plus de 4 mètres de diagonale signés notamment Hisense ou autres. Enfin, des thèmes intéressants comme la connectivité à la maison, comment faire communiquer tous ces appareils entre eux, y compris jusque dans la cuisine avec de l'électroménager, toujours plus intelligent. Vous allez avoir droit à une petite démo un peu plus loin dans cet épisode. Sans oublier toutes sortes d'innovations dans tous les domaines grâce aux innombrables startups présentes cette année encore à Las Vegas.
Monde Numérique :
[
2:35] Pour débriefer ce CES 2025, mon premier invité est un habitué de monde numérique que j'ai eu la chance de retrouver sur place à Las Vegas. Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EDF. Bonjour Julien. Bonjour Jérôme. On se retrouve en partenariat, comme chaque mois, entre EDF et Monde Numérique. Julien, tu viens chaque année au CES. On se tutoie parce que tout le monde se tutoie. Allez, on va faire ça, on ne se tutoie. Tu viens chaque année au CES de Las Vegas, donc tu as quand même de la profondeur dans l'analyse, on va dire.
Monde Numérique :
[
3:04] Question traditionnelle, que penses-tu de cette édition 2025 ? Alors moi, j'aime beaucoup cette édition 2025 parce que même si elle est un peu moins aspirationnelle, un peu moins, de grands concepts pour un jour, on est dans le concret on est dans des produits qui fonctionnent, qui sont démontrés et qui vont sortir en 2025 pour les plus lointains 2026 et donc ça c'est très agréable parce que on a l'impression qu'on est dans l'innovation pour ici et maintenant, donc ça c'est vraiment très intéressant Tu penses à quoi en particulier ? Je pense par exemple à tout ce qui est robotique personnelle ça passe beaucoup par les aspirateurs robots dont on parle énormément ici, ça peut paraître bizarre vu de France, mais le buzz du CES c'est quand même beaucoup les aspirateurs robots Notamment celui avec le petit bras qui sort pour ramasser les chaussettes, c'est formidable. Plusieurs marques, dont Roborock, qui est le S70, ont lancé des aspirateurs robots avec des petits bras robotisés sur l'aspirateur qui vont pouvoir prendre les chaussettes, ranger les objets qui sont dans la maison pour pouvoir aspirer tranquillement. Et ça, c'est un exemple, mais il y en a plein sur ce salon, les robots piscines, enfin bref, plein de robots qui, grâce à l'intelligence artificielle, deviennent vraiment des robots personnels beaucoup plus sophistiqués que ceux qu'on avait jusqu'à présent. Et c'est le tout début, l'aspirateur. Mais on peut imaginer assez facilement que chaque année, incrémentalement, on va se retrouver avec une robotique pour la maison. Et ça, c'est assez intéressant, je trouve, de voir cette tendance, encore une fois, très concrète. L'aspirateur avec le petit bras dont on parle, il est pour cette année. Ce n'est pas quelque chose de pendant 10 ans.
Monde Numérique :
[
4:22] Et puis ensuite, ce sera les robots humanoïdes qu'on commence aussi à apercevoir. Il y a évidemment aussi l'intelligence artificielle, grande thématique transverse. Et du coup, robots plus IA, ça fait un joli mélange. Ça fait un très joli mélange. Et... Je pense que maintenant, on peut être tous d'accord pour dire que quand NVIDIA dit quelque chose, ils ont une certaine crédibilité. NVIDIA dit de plus en plus et a lancé un modèle fondamental cette année qui s'appelle Cosmos, qui est justement un modèle d'apprentissage pour la robotique, qui permet, au lieu d'avoir à programmer un robot, de lui montrer ce qu'il doit faire. Et le robot va reproduire, mais pas reproduire, j'allais dire mot à mot ou geste à geste, mais reproduire intelligemment, en fonction de son environnement, l'intention que l'on avait. Et ça, c'est totalement fondamental pour la programmation de ces robots parce qu'on passe de quelque chose de... De la programmation, du développement informatique, à une façon d'imiter les humains et qui va permettre d'aller beaucoup plus vite dans l'apprentissage de cette robotique. Encore une fois, on ne parle pas forcément de robots humanoïdes extrêmement sophistiqués, mais parfois un simple bras robot sur roulette qui va venir vider la vaisselle, pour prendre un exemple très concret de la vie quotidienne. Et donc, oui, cette IA transforme complètement l'approche de la robotique depuis quelque chose de très informatique, finalement, à quelque chose d'un usage quotidien concret pour nous tous. Alors, de manière plus spécifique en ce qui concerne ton secteur, l'énergie et puis surtout l'enjeu environnemental lié à l'énergie.
Monde Numérique :
[
5:41] Est-ce que tu as repéré des choses intéressantes ? Oui, alors cette année, c'est un peu moins l'année de l'innovation autour de la voiture électrique ou de la batterie personnelle, autonome, etc. C'est beaucoup plus des choses très concrètes d'amélioration finalement et qui m'ont frappé deux exemples. Le premier, c'est Solcold. Solcold, c'est une startup qui a inventé un revêtement, un polymère. Donc, on l'installe sur les toits, tout simplement, par exemple des toits de bâtiment, de data center ou d'entrepôt, et qui va réduire passivement la température dans le bâtiment de 5 degrés.
Monde Numérique :
[
6:12] 5 degrés, c'est absolument énorme, parce que là, c'est vraiment passif. C'est-à-dire qu'il n'y a pas besoin de climatisation, donc on voit bien que ça, améliore évidemment beaucoup la performance thermique du bâtiment, et que dans un pays chaud, ou dans un usage comme le Data Center, où, on le sait, les machines produisent beaucoup de chaleur, ça va réduire beaucoup l'énergie nécessaire pour refroidir le bâtiment. Donc ça, c'est très intéressant, et c'est très peu coûteux comme solution. Donc ça, c'était un exemple que j'ai trouvé intéressant. On avait des peintures qui permettaient de faire ça jusqu'à présent, mais c'était des peintures qui permettaient de perdre 1, 2, 2,5 degrés. Les Français qui font ça, des espèces de peintures blanches. Exactement. Et bien là, on est dans quelque chose d'encore plus performant que ce qu'on avait jusqu'à présent et qui est très facile à poser puisque c'est un autocollant, en fait. Donc c'est vraiment quelque chose de très, très, très simple. Un autre exemple d'amélioration. Alors, en l'occurrence, c'est une société israélienne. C'est une startup israélienne qui fait ça. Un deuxième exemple qui, là, est américain. une société qui s'appelle Jackery qui est très connue en Californie qui fait des batteries pour la maison des choses autour du solaire et qui là a lancé une tuile solaire mais qui ressemble à une vraie tuile alors ça paraît.
Monde Numérique :
[
7:12] Très simple. En fait, jusqu'à présent, on n'arrivait pas à faire des toits solaires qui ressemblaient à des tuiles, vraiment, c'est-à-dire des tuiles courbées, comme on les connaît souvent sur les maisons. Parce que, pour des raisons techniques, en fait, ils faisaient plutôt des tuiles qui ressemblaient à des ardoises, noires et plates. Et donc, c'était toujours mieux que de mettre des panneaux solaires traditionnels qui ne sont quand même pas très esthétiques sur les maisons. Mais néanmoins, ça ne ressemblait pas non plus à des vraies tuiles. Là, Jackery commercialise des vraies tuiles, donc un toit vraiment avec des tuiles bombées comme ça, qui ressemblent aux tuiles qu'on connaît en Europe et qui permettent donc d'avoir un toit qui ressemble à un vrai toit et qui produit sur l'intégralité de sa surface de l'électricité. Donc ça, c'est très intéressant. Du coup, ça fait même une surface plus grande sur une maison. Exactement. Donc c'est moins performant comme panneaux solaires que des panneaux solaires traditionnels, mais on le compense par le fait que toute la surface du toit est couverte. Alors qu'en panneau solaire, on ne met jamais toute la surface du toit. Et donc, l'un dans l'autre, on arrive à un produit qui permet d'avoir une maison, si ce n'est autonome, au moins autoproductrice d'électricité largement, tout en étant très discrète esthétiquement. Et donc, ne pas avoir cette problématique du panneau solaire qui n'est pas toujours très esthétique.
Monde Numérique :
[
8:15] Encore autre chose ? Eh bien, il y a beaucoup de choses autour de la voiture autonome. Et ça, c'est un sujet qui, moi, m'intéresse toujours beaucoup. Parce que quand on est en France ou en Europe, on entend, y compris des spécialistes, dire la voiture autonome, ça ne marchera jamais, ça n'existera pas, ça n'arrivera pas. Et il suffit d'aller, même en tant que touriste, à San Francisco, à Phoenix ou à Austin maintenant, et on prend un Waymo, c'est-à-dire une voiture autonome, qui est un taxi autonome ou un Uber autonome. Et c'est une réalité qui fonctionne vraiment. Ce n'est pas des tests. Ça fonctionne, c'est la vie de tous les jours. On va aussi à Las Vegas, on n'a pas un Waymo, mais il y a un Nooks. Zooks.
Monde Numérique :
[
8:48] Effectivement. Avec un technicien, un superviseur, on va dire. Ce qui est intéressant avec Zooks, c'est que c'est le futur concurrent de Waymo. Alors, contrairement à Waymo qui est vraiment live, zoux, ils commencent à tester. Ils sont effectivement en bêta test sur le strip à Las Vegas et à San Francisco bientôt. Et en discutant avec eux hier, il y a deux choses que j'ai trouvées très frappantes et nouvelles. C'est que c'est la première voiture taxi autonome où il n'y a pas de volant.
Monde Numérique :
[
9:11] Alors, ça ne paraît pas grand-chose, mais dans le Waymo, il y a un plan encore. Même si le volant tourne tout seul et qu'il n'y a pas un humain derrière. C'est paradoxal, alors qu'il n'y a pas de chauffeur. Mais il y en a quand même un. Et là, il n'y en a pas du tout. D'ailleurs, j'ai posé la question au fondateur de Zouk. Non, mais réglementairement, c'est autorisé. Alors oui, visiblement aux Etats-Unis. Donc, je lui fais confiance. Et en fait, ça veut dire que... C'est dans les Etats comme le Nevada qui ont accepté... Exactement, il y a des réglementations par Etat aux Etats-Unis. Et ce qui est intéressant, c'est qu'au lieu d'être une voiture classique, ce qui était le cas des Waymo, parce que c'est des modèles de voitures traditionnelles qui sont rétrofités pour devenir autonomes. Là, ça a été vraiment construit dès le début pour être une navette autonome. Donc, pas de volant. Les passagers sont assis face à face. On est vraiment dans une sorte de bulle, finalement, qui nous transporte. Parce qu'il y a deux types de véhicules Zouks, en fait. Et celui auquel tu fais allusion, c'est l'espèce de petit mini-bus, mini-van. Exactement. Mais qu'il n'y a pas une tête de voiture américaine. Je trouve qu'on dirait un truc européen. On dirait, oui, une petite bulle, effectivement, plutôt d'un design, biodesign, comme on disait dans le temps en Europe. Effectivement, mais ça ressemble, ce qui m'a amusé, c'est que ça ressemble finalement beaucoup à l'image qu'on se faisait d'un navette autonome il y a encore 5-6 ans. Et là, c'est live, on peut monter dedans, ça tourne, ça fonctionne. À San Francisco également, puisqu'il nous expliquait qu'ils sont en bêta test avec leurs propres salariés. Donc aujourd'hui, il y a des navettes comme ça qui tournent, qui sont commandables par leurs salariés. Bref, voilà, je trouve que c'était intéressant de voir que... Derrière, alors on sait, pour ceux qui ne le savent pas, derrière Waymo, il y a Google, Alphabet.
Monde Numérique :
[
10:31] Et derrière Zoox, il y a Amazon. Donc, on garde évidemment les grands de la tech qui financent ce genre de société. Mais c'est une réalité. Et voilà, ça m'amuse toujours d'entendre dire la voiture autonome. Non, ça ne marchera jamais. Alors qu'en fait, la réalité, c'est qu'on peut monter dedans aujourd'hui. Oui, mais Julien, il faut peut-être préciser que le contexte n'est pas le même. Les avenues, l'infrastructure routière aux États-Unis et en Europe, ce n'est pas pareil. Le strip de Las Vegas, c'est une autoroute deux fois quatre voies au milieu de la ville.
Monde Numérique :
[
11:00] À Paris, il n'y a plus de voitures, ou presque. Donc, la configuration est totalement différente. La configuration est différente, mais la réalité, c'est qu'en 2025, on a des voitures qui roulent toutes seules dans des villes qui ne sont pas des petites villes. Pour ceux qui connaissent San Francisco, Austin, ce ne sont pas des petites villes. Et qui vont aller, puisque ça y est, c'est Waymo l'a annoncé, qui vont aller dans les aéroports également, faire les trajets aéroports-villes. Puisque jusqu'à présent, ce n'était pas le cas, Ils n'avaient pas l'autorisation. Ils pensaient pouvoir le faire techniquement, mais ils n'avaient pas l'autorisation. Or, 50% des trajets type Uber, c'est en fait des trajets aéroport-ville. Et donc là, dans certaines villes, ils ont obtenu la licence pour le faire. Et donc, ça va vraiment devenir des voitures qui vont pouvoir circuler partout. Avec parfois des petites surprises. Je ne sais pas si tu as vu, comme moi, cette vidéo sur les réseaux sociaux de quelqu'un qui devait aller à l'aéroport et qui était bloqué dans un taxi Waymo qui a perdu la boule et qui tournait en rond.
Monde Numérique :
[
11:49] Et le pauvre client était pendu au bout du fil en disant « Mais je dois aller chercher mon avion. Oui, monsieur, excusez-nous, on a un problème. » Effectivement. D'ailleurs, il faut dire quand même aux gens qui nous écoutent que les Waymo peuvent être pris à distance. Le contrôle peut être pris à distance par un opérateur si effectivement il y a un problème. et que dans les statistiques qui sont affichées par Waymo sur leur stand, d'ailleurs ici au CES, les statistiques de sécurité sont largement meilleures dans un Waymo que dans une voiture conduite par un être humain. Donc ça, c'est évidemment quelque chose qui n'est pas forcément facile à accepter pour nous parce qu'on se dit, non, je suis rassuré par un vrai humain plutôt qu'un ordinateur qui conduit. Mais la réalité, c'est que les statistiques sont en faveur de la machine. Et voilà, la réalité s'inverse en réalité. Enfin voilà, le but de la voiture autonome, c'est moins d'accident, il faut le rappeler. Merci beaucoup, Julien Villerey, directeur de l'innovation d'EDF. Merci d'avoir été dans Monde Numérique pour ce coup d'œil très éclairant, sans jeu de mots, sur le CES 2025 de Las Vegas. Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
[
12:50] Mon deuxième invité est une personnalité, une personnalité de l'intelligence artificielle. Co-inventeur de Siri, directeur scientifique de Renault, spécialiste de l'IA, Luc Julia. Luc Julia était au CES. J'en profite pour vous annoncer qu'il nous fera le plaisir d'intervenir désormais cette année régulièrement dans le monde numérique. Et Luc avait écrit il y a quelques années un livre intitulé « L'intelligence artificielle n'existe pas ». Alors je lui ai demandé justement ce qu'il pensait de ce CES où il y a de l'intelligence artificielle partout. Les intelligences artificielles existent depuis très longtemps. Mais celle qui n'existe pas, c'est celle de Hollywood, celle qui est la fantasmée, qui était encore un peu fantasmée l'année dernière. Cette année, au CIS, on voit que ces intelligences artificielles sont beaucoup plus pratiques, beaucoup plus pour les vrais gens, je dirais, dans des applications comme des robots, dans les voitures, etc., beaucoup plus ciblées. Et donc, du coup, maintenant, l'IA sert vraiment à quelque chose. Et ces IA, là, elles existent. Et on a l'impression que comme cette IA s'insinue un peu partout, dans des tas d'applications, comme tu le dis, finalement, on se retrouve, en tant qu'utilisateur, à faire de l'IA sans le savoir. Bien sûr, on est comme M. Jourdain avec la poésie.
Monde Numérique :
[
14:05] Donc, c'est vrai qu'on utilise ces IA qui ne sont que des outils depuis, je dirais, la nuit des temps presque. Donc, ces nouvelles IA qui sont, elles, disponibles depuis à peu près 2-3 ans, elles commencent à arriver dans notre quotidien, mais on ne s'en aperçoit pas, parce que justement, elles sont complètement utilisables. Tu sais, on dit souvent, la meilleure interface, ce n'est pas d'interface. Et là, on voit que ces IA, si elles sont utilisables, c'est parce qu'elles sont dans ta caméra, dans ton aspirateur et tu ne les vois pas. Et demain, sur nos sites marchands, dans nos voitures, évidemment aussi. Ta télé, etc. Donc, elles sont partout, de plus en plus faciles à utiliser. Mais il ne faut quand même pas oublier qu'elles sont toujours très, très consommatrices d'énergie. Donc ça, il faut quand même le comprendre. et donc avoir ça dans le coin de sa tête quelque part pour se limiter un peu dans leurs utilisations de temps en temps. Bon Luc, je voudrais annoncer à mes auditeurs que je suis très heureux parce que tu as accepté qu'on se parle de manière régulière dans le monde numérique et donc de venir périodiquement, on va dire une fois par mois, pour nous livrer ton point de vue sur un sujet d'actualité. Comme on sait qu'en plus, tu as une parole assez libre.
Monde Numérique :
[
15:27] Il ne faut pas compter sur du politiquement correct avec toi je te remercie beaucoup et puis je t'imagine qu'il y a déjà plein de choses qui t'inspirent pour les mois qui viennent, évidemment on va parler beaucoup d'IA parce que c'est ce qui m'intéresse et comme on a dit c'est partout et ça sera encore plus partout dans les mois qui viennent, je suis très excité parce que je pense que c'est bien de débriefer un peu ces choses là c'est bien aussi de dire les choses telles qu'elles sont avant tu dis paroles directes mais moi, j'essaye de dire la vérité. C'est-à-dire que no bullshit, comme on dit souvent, je pense que c'est très important pour les vrais gens de comprendre ce que c'est, ce que c'est pas, et surtout aussi de comprendre quelles sont les limites de l'utilisation, et on parlait un peu de ces ressources que ces vies apprennent. Il faut quand même en avoir conscience pour pouvoir pas complètement faire péter la planète. Donc ça, je pense que ce sera beaucoup de choses que je vais répéter et répéter pendant les mois qui viennent. Eh bien, on a hâte de t'écouter sur Monde Numérique, j'en suis vraiment ravi et je te donne rendez-vous très bientôt. Ce ne sera pas forcément en présentiel malheureusement, mais en tout cas, on pourra se parler comme ça régulièrement. Merci Luc et bonne fin de CES. Merci, ce sera avec plaisir. Monde numérique.
Monde Numérique :
[
16:38] Allez, je vous propose maintenant une sélection d'interviews, d'exposants rencontrés au CES de Las Vegas. On va commencer avec un coup d'œil sur un petit robot français qui s'est taillé un joli succès. Il s'agit du robot Mirokai de la société Enchanted Tools, Un petit robot d'environ 1,20 m de haut, monté sur une grosse boule gyroscopique et puis une tête rieuse avec des oreilles en pointe et un visage qui est en fait un écran très expressif. À quoi sert-il ? Réponse d'Isabelle Blanchot de Enchanted Tools. Alors, les premières utilisations qu'on teste en hôpital, en maison de santé et dans les magasins, c'est vraiment sur guider, accompagner les gens quand ils ne trouvent pas d'employés pour répondre à leurs questions ou les rassurer. On fait aussi des tests dans des aéroports pour pouvoir guider les gens et les rassurer sur leur vol, etc. Et donc, toute la partie interaction, c'est vraiment la première partie. La deuxième partie, c'est de la petite logistique, par exemple, en maison de retraite, de pouvoir porter toutes les heures, de prendre un plateau avec de l'eau et de faire le tour des chambres, des endroits, comme ça, le personnel n'a pas à le faire.
Monde Numérique :
[
17:48] Et transporter des ustensiles ou reprendre des vêtements, des cabines d'essayage, les ramener dans les bons rayons. Donc, tout ce qui est petite logistique, c'est quelque chose qu'il va pouvoir faire aussi très facilement. On sait que la robotique comme ça, un peu humanoïde, ça reste un vrai défi technologique malgré tout. Oui, c'est vrai, parce qu'il y a toute la partie navigation qui est compliquée, et surtout que nous, on fait un robot social, donc il va interagir au milieu des gens, au milieu d'enfants qui courent, et ça demande de la sécurité, donc c'est un vrai défi, mais c'est passionnant. Et la partie interaction, par contre, grâce à l'IA générative, c'est moins un défi qu'avant, et ça apporte vraiment une richesse d'interaction avec les gens et une vraie valeur ajoutée qu'on n'avait pas il y a 3-4 ans. C'est-à-dire qu'il comprend mieux, il parle mieux, on peut mieux communiquer avec lui ? Oui, on a fait énormément de progrès. Et parce qu'on le fait de manière, on lui a mis vraiment tout un caractère, une personnalité empathique. Quand il communique avec les gens, les gens sont séduits à chaque fois et ont vraiment envie de parler avec. On a eu un papa dans un hôpital qui nous a envoyé un mot après en nous disant, j'ai l'impression d'avoir vu le futur, mais aussi je vois qu'avec ma fille qui fait de longs séjours à l'hôpital, si j'avais un robot comme ça près d'elle, je serais rassurée et beaucoup plus heureux qu'elle ait de la compagnie. Merci beaucoup Isabelle Blanchot, Enchanted Tools. Merci.
Monde Numérique :
[
19:17] Antonio Kaizone, vous présentez au CES une bague connectée qui s'appelle Vélia. Qu'est-ce qu'elle a de particulier ? Alors, la particularité de notre bague connectée, c'est en fait tout d'abord la plus petite bas connectée aujourd'hui que vous trouvez sur les marchés mais en même temps aussi la plus intelligente donc d'un côté vous avez une miniaturisation assez poussée de la taille avec plus d'électronique, La question, c'est pourquoi on arrive à le faire. On arrive à le faire parce que, contrairement au bas connecté aujourd'hui sur les marchés qui assemble de la technologie externe, nous, on a développé nos technologies.
Monde Numérique :
[
19:52] Notre ADN, en fait, c'est d'être une boîte de sémiconducteurs. On a démarré notre société avec la meilleure technologie PPG au monde, ça veut dire une technologie qui permet, par exemple, à une montre Apple de mesurer les signaux vitaux. On l'a miniaturisé, voilà, sur ce tout petit boîtier que vous voyez, qui est presque invisible. Oui, c'est minuscule, c'est une tête d'épingle. Par exemple, en disant une montre connectée, vous voyez vraiment la différence. Et donc aujourd'hui, cette brique technologique, c'est vraiment en fait un pilier de ce produit et pourquoi ce produit s'est tellement miniaturisé comparé au marché. Alors c'est vrai que si on compare avec un modèle plus classique comme ce que vous avez au doigt, C'est beaucoup plus petit, ça ressemble presque à une alliance traditionnelle. Exactement. Voilà, ça c'est mon alliance, c'est plus ou moins la même taille. Et d'ailleurs, c'était aussi notre motivation au départ de dire, ok, on veut construire un device, un appareil qui ait un bijou aussi.
Monde Numérique :
[
20:57] Et alors, au niveau technique et au niveau données récupérées, qu'est-ce qu'elle peut faire ? Alors, elle peut mesurer, en fait, beaucoup de choses. Donc, on a les signaux vitaux que vous pourrez trouver sur un monde connecté, donc le bâtiment cardiaque, la variabilité, l'analyse du sommeil, l'analyse du stress. Mais on est aussi, grâce à cette technologie qui permet d'atteindre une qualité assez élevée, on arrive à mesurer, par exemple, la tension artérielle. Alors ça, c'est une première, parce qu'il y a très peu d'appareils, il y en a quelques-uns, mais c'est très rare, qui mesurent la tension artérielle. Ce n'est pas simple. Pour mesurer la tension artérielle avec un signal purement optique, avec le PPG, il faut en faire des signaux de hyper bonne qualité.
Monde Numérique :
[
21:40] Et pourquoi ? Parce que malgré aujourd'hui, on peut faire des miracles avec l'intelligence artificielle, il nous faut quand même une base qui est suffisamment solide. Et le niveau de fiabilité, quel est-il ? Alors, on a fait une étude clinique avec un hôpital suisse, on a montré contre le gold standard de la référence, qui est en fait un cathéter au niveau du cœur d'un patient, on est capable aujourd'hui de certifier médicalement, parlons en fait de l'appareil. Alors, est-ce que ça veut dire que le produit sortira comme un produit médical ? Pas du tout. Aujourd'hui, ce n'est pas notre but. Notre but, c'est de pousser un concept de prévention. Ça veut dire de ne pas forcément rentrer en concurrence avec la référence médicale, mais plutôt de la compléter. Ça peut être un moyen d'alerte qu'on va compléter ensuite. La majorité, par exemple, dans le domaine de l'attention, la majorité des gens ne sont pas hypertendus, mais ils pourraient l'être d'ici, disons. Donc, on doit, exactement comme vous dites, on doit ouvrir les yeux des patients, des personnes, pour éviter que ces personnes puissent un jour devenir des patients. Elle coûte combien, cette bague connectée ? Alors, la bague connectée, en fait, aujourd'hui, elle est disponible sur le marché pour, en fait, on parle de 349 dollars environ. Merci beaucoup.
Monde Numérique :
[
22:59] Louis De Véron de Arta France, au CES de Las Vegas. Vous portez une paire de lunettes très particulière qui a l'ambition de rendre la vue aux aveugles. De quelle manière ? Enchanté Jérôme, merci pour cette prise de parole. En effet, c'est une innovation qui permet aux aveugles et aux malvoyants de percevoir. Donc, ce n'est pas magique, on ne dit pas qu'on rend la vue comme vous, vous allez voir avec vos yeux. Bien sûr. Mais on permet à ces personnes-là de percevoir comment ça se passe. C'est un clips de lunettes... Qui va filmer l'environnement. Vous avez un capteur de profondeur et une caméra qui filme l'environnement et qui va renvoyer l'image qui est filmée dans une ceinture lombaire dite haptique. Qu'est-ce que c'est l'haptique ? C'est la transmission d'une information via le sens du toucher. Cette image du poteau, des escaliers, des passants, du vélo qui sont dans la rue va être dessinée très rapidement, sans images par seconde. Et la magie d'Arta, c'est que votre cerveau a une tête plasticité qui va recréer une image neuronale. Et donc, une personne qui n'a jamais vue peut comprendre le principe d'un escalier, il peut comprendre qu'il y a deux personnes qui se sont passées, il peut comprendre qu'il y a un espace suffisamment pour elles, il peut comprendre un arbre, etc.
Monde Numérique :
[
24:17] Donc, ce dispositif haptique, qui est quand même assez encombrant, on le voit aussi en vidéo sur votre stand, en fait, on le porte dans le dos, c'est ça ? Voilà. Et il envoie des impulsions dans le dos ? Exactement. En fait, il paraît encombrant, mais il est comme une ceinture lombaire. Donc, vous avez l'Eclipse de lunettes qui filme l'environnement, qui envoie l'image dans une ceinture lombaire, qui va reproduire tactilement l'image et votre cerveau comprend.
Monde Numérique :
[
24:48] Et donc, il faut à peu près 15-20 minutes pour comprendre la logique. Et plus vous allez utiliser, plus l'image va se préciser. C'est ça qui est extraordinaire. C'est vraiment ça qui est extraordinaire. Et donc voilà, on a lancé l'entreprise en 2018. On a fait 5 ans de R&D. On a sorti un prototype, on l'a testé sur 500 personnes. Aujourd'hui, on a incubé à l'Institut National des Jeunes Aveugles. Avec toutes les associations à Duroc, là où Louis Braille a inventé le Braille. Donc c'est vraiment exceptionnel. et on a signé avec un industriel ECO Tech US qui va nous permettre d'industrialiser. On reçoit la première version commercialisable avant l'été. Et grâce à Optique 2000, on va lancer la distribution en France et les États-Unis à la fin de l'année. Merci beaucoup, Louis de Véron, de la société ARTA, A-R-T-H-A. France. Merci beaucoup, Jérôme.
Monde Numérique :
[
25:38] Alors, vous êtes Marina Pavlovik-Riva de Ellie Health. Qu'est-ce que vous tenez dans les mains actuellement, Marina? Donc, ça nous permet de mesurer nos hormones directement dans la salive en quelques minutes, peu importe où on est. Présentement, on mesure la cortisol et la progestérone. Donc, la progestérone est surtout pour les femmes une hormone très importante pour la santé féminine. Par exemple, pour tout ce qui touche à la périménopause, à la fertilité. Et la cortisol est la deuxième hormone qu'on mesure. Et ça, c'est aussi important pour les hommes que pour les femmes. On l'associe souvent au stress, mais en fait, ça touche à toutes les étapes de la vie et à tous les niveaux de la santé également. La fatigue, etc. La fatigue, l'énergie, c'est ça qui fait qu'on se lève le matin. C'est ça qui fait qu'on est concentré ou pas. C'est ça qui fait un même qui impacte notre longévité. Parce que si on a des niveaux de cortisol qui sont débalancés ou trop élevés, ça amène à différentes conditions qui vont être développées au fil de la vie. Donc vraiment comment on se sent aujourd'hui, mais aussi comment améliorer la santé de manière préventive sur le long terme. Donc c'est un vrai petit labo médical dans la main, en fait. Exactement, dans la main, peu importe où on est. Comment ça se passe? C'est compliqué à utiliser? Je peux vous montrer. Donc, c'est assez facile. Donc, on le met dans la bouche pour quelques secondes, comme ça, quelques secondes jusqu'à une minute. Ensuite, on tire sur le test.
Monde Numérique :
[
27:00] Ça, c'est un test qu'on a déjà fait, mais normalement, ça prend quelques secondes à une minute pour avoir les lignes qui se développent. Puis ensuite, c'est avec l'application mobile qu'on va pouvoir prendre la photo.
Monde Numérique :
[
27:15] Donc, pas besoin d'avoir un autre appareil pour la lecture. Ça se fait avec la caméra et avec des algorithmes d'intelligence artificielle qu'on a développés pour être capables de standardiser les images. Et voilà, nos niveaux d'hormones qui arrivent directement dans l'application mobile et on peut voir est-ce que c'est in range, outside of range, donc trop haut, trop bas, mais aussi avoir un score qu'on a développé avec notre équipe médicale et différentes recommandations. Donc, on aime faire la comparaison avec une montre intelligente ou avant, pour avoir accès, par exemple, à notre trite cardiaque et à d'autres métriques. On n'avait pas accès à ça, il fallait aller dans le bureau du docteur. Aujourd'hui, on est autour du poignet en tout temps. On introduit quelque chose de similaire, mais pour les hormones. Avoir accès à ces données-là en tout temps et être capable d'utiliser ces informations pour améliorer notre santé. Merci beaucoup.
Monde Numérique :
[
28:12] Au CES de Las Vegas, dans le secteur de la French Tech, on ne voit que vous, VLC, avec vos magnifiques chapeaux en forme de cône de signalisation routière. Jean-Baptiste Kempf, bonjour. C'est vous qui avez créé VLC.
Monde Numérique :
[
28:27] Rappelez-nous ce que c'est pour ceux qui ne connaîtraient pas. Alors, je n'ai pas créé VLC parce qu'il n'y a personne qui a créé VLC. VLC, c'est une communauté open source qui existe depuis à peu près un peu plus de 20 ans, qui crée un logiciel. VLC, c'est le logiciel français le plus utilisé au monde, probablement le moins rentable, parce que c'est gratuit, c'est open source, c'est un lecteur qui marche, parce que ça lit tout type de vidéos, audio et sous-titres. Et aujourd'hui, tout le monde l'utilise, soit en utilisant l'application, soit en utilisant la technologie que vous retrouvez dans quasiment toutes les apps, que ce soit Netflix, YouTube, TikTok. Tout ça, c'est basé sur des technologies open source développées par les équipes de VLC. Et alors, à Las Vegas, vous présentez une nouveauté, c'est un système de sous-titrage automatique. Alors, effectivement, là, ce qu'on fait, c'est qu'on fait une démo de sous-titrage automatique en IA avec des modèles d'IA qui tournent sur les devices, donc sur l'ordinateur des gens, qui fonctionnent offline, sans avoir besoin d'un service en ligne. Et donc là, ce qu'on montre, c'est que ça prend l'audio et ça en fait un sous-titre en anglais. Et ensuite, ça traduit ce sous-titre en anglais dans à peu près une centaine de langues. Donc, ça marche en français, en thaïlandais, en russe. Et donc, ça veut dire qu'on peut avoir énormément de sous-titres pour des vidéos qui n'ont pas été sous-titrées. Et ça marche en live. Il n'y a pas besoin de pré-processer. Ça marche directement. Et sur les ordinateurs, des gens normaux, des vrais utilisateurs, pas en dépendant d'une plateforme. Tout ça, c'est ouvert et open source. C'est vraiment votre marque de fabrique.
Monde Numérique :
[
29:53] On va dire, redonner le pouvoir à l'utilisateur en s'affranchissant de ce type d'infrastructure extérieure. En fait il y a c'est clairement un objectif de la communauté open source et libre c'est justement d'avoir cette de redonner les droits aux utilisateurs alors.
Monde Numérique :
[
30:13] On ne se fait pas d'illusions, vu le monde de la tech, on ne pense pas qu'on va tout changer. Mais il est nécessaire d'avoir des gens comme nous qui rappellent qu'il y a autre chose dans la balance et qu'on est capable de faire des choses avec des tout petits moyens. VLC, c'est plus de 500 millions d'utilisateurs actifs et le nombre de développeurs sur VLC, c'est 10 personnes. Donc, on est capable de faire des trucs incroyables. Il n'y a pas besoin d'être des milliards et d'être une énorme boîte américaine pour faire des choses cool. Et ça, c'est important de le rappeler et on est là pour le rappeler aussi au CES. Juste un mot à propos des sous-titres encore. Donc, ça fonctionne comment ?
Monde Numérique :
[
30:45] Il faut que j'ai une vidéo téléchargée sur mon ordi. Je la lis avec VLC et elle va se retrouver sous-titrée à la volée. Alors, en fait, il n'y a même pas besoin de la télécharger. Ça peut être un streaming lu dans VLC. Mais c'est vraiment ce que ça prend. C'est que ça prend l'audio de n'importe quel média qui marche dans VLC. Ça pourrait être même un DVD. Ça pourrait être même avec une carte satellite, la télé, la TNT. Ça passe dans VLC. on prend l'audio avec un modèle, un premier modèle d'IA, on transforme l'audio en sous-titre, c'est basé sur Whisper. Et après, on a un deuxième modèle d'IA qui prend le sous-titre anglais ou le sous-titre français si la vidéo était en français et le transforme dans d'autres langues. Donc là, on a à peu près 90 langues qui fonctionnent. Pour l'instant, c'est le texte. Est-ce qu'un jour, vous envisagez carrément le doublage ? Ah oui, alors c'est clairement l'étape d'après. C'est donc une fois qu'on a généré le nouveau sous-titre en la nouvelle langue, c'est de faire le doublage. Ça, il y a un prototype qui marchote là-dessus. Le problème, c'est qu'il faudrait faire un peu plus et il faudrait aussi faire un modèle d'IA qui bouge les lèvres des gens. Et ça, on n'y est pas. Parce que nous, on utilise quand même des modèles existants qu'on fine-tune, mais ça reste des modèles existants ouverts. Et aujourd'hui, il n'y en a pas qui existent, qui sont ouverts.
Monde Numérique :
[
31:55] Il n'y a pas de modèles qui font du lip-sync existant, même chez Inria, il me semble bien avoir vu des choses. Alors, lip-sync, oui, mais vraiment modification, c'est beaucoup plus compliqué et surtout ça demande de la puissance un peu plus importante. Là l'idée c'était d'être capable de faire tourner ça sur un ordinateur normal. La démo c'est un Mac Mini M1, tout ce qu'il y a de plus classique, c'est pas une énorme machine donc aussi il faut être capable de se rendre compte de ce qu'on est capable de faire sur les devices des gens avec quand même un objectif, c'est que ça tourne là-dessus. Et le Digits de Nvidia qui a été annoncé ici, ça vous ouvre pas les perspectives ? Les humains normaux ils vont pas acheter des ordinateurs comme ça. VLC, c'est utilisé partout dans le monde par des...
Monde Numérique :
[
32:37] Ce que j'adore, c'est quand les gens disent qu'ils ne savent pas que VLC, c'est français. Et pour nous, c'est un succès. C'est-à-dire qu'ils utilisent VLC, ils ne savent pas que c'est open source, ils ne savent pas que c'est français, mais ils l'utilisent parce que c'est bien et ça rend un vrai service. C'est des grands-mères qui sont capables de lire toutes les vidéos qu'on leur envoie. Donc, il faut qu'on puisse parler au plus grand nombre. Et VLC, ce n'est vraiment pas un truc élitiste là-dessus. Donc, avoir un truc qui demande un ordinateur de 3000 euros, ce n'est pas notre délire. Merci Jean-Baptiste. Merci.
Monde Numérique :
[
33:06] Donc, vous êtes Damien Garraud de Stellar Communications à Bordeaux. Quel est ce système que vous présentez au CES ? Alors, nous, ce qu'on veut, c'est qu'on ait un Internet parfait lorsqu'on se déplace dans les trains, dans les bus, dans les voitures, dans les camions. Et donc, en fait, on a inventé un système qui amène un Internet partout en utilisant tous les réseaux, les réseaux cellulaires, les réseaux Wi-Fi et aussi les réseaux satellites. Et on a une potion magique dans toutes ces boxes qui sont comme des boxes Internet à la maison, sauf qu'elles se branchent sur l'allume-cigare du véhicule et qui vont vous amener un Internet parfait en utilisant tous les réseaux, les uns et les autres ensemble. Donc, vous voyez ici, par exemple, vous avez deux cartes SIM multi-opérateurs qui vont travailler avec tous les opérateurs disponibles en Europe, 420 dans le monde. Et vous allez pouvoir brancher ici une antenne satellitaire. Vous voyez, sur la box ici, on en a branché quatre pour amener jusqu'à 1,5 gigabit seconde disponible.
Monde Numérique :
[
34:02] C'est ce qu'on est capable de faire aujourd'hui. Mais alors ça, ce n'est pas pour de la mobilité. Enfin, ce n'est pas au moment où je me déplace. Si, bien sûr. C'est quand on se déplace. C'est ça l'idée. Regardez. Ça fonctionne quand je me déplace. C'est toute l'idée. Moi, aujourd'hui, j'ai des enfants qui sont ravis parce qu'ils peuvent regarder les JO en HD à l'arrière de la voiture. Alors qu'à l'avant, il y a la box qui est branchée sur l'allume cigare. Voilà. Donc cette box-ci, elle coûte 450 euros et elle amène jusqu'à 350 Mbps. Je mets une box avec six antennes dans ma voiture, c'est ça l'idée ? En fait, la box vient déjà avec toutes les antennes. Vous avez juste à la brancher sur l'allume cigare et c'est tout. Au bout de trois minutes, vous avez cet Internet à haut débit.
Monde Numérique :
[
34:43] Celle-ci va coûter 550 euros et va amener jusqu'à 500 Mbps. C'est ce qu'on appelle la Global Regolith. Celle-ci, c'était la Black. Et celle-ci, c'est la Global Orbit puisqu'elle est faite pour être capable de travailler avec plusieurs réseaux satellites en même temps. Donc typiquement, on pense aux gens à Mayotte aujourd'hui qui ont besoin de gros débits Internet. Ce qu'on est capable de faire, ce n'est pas juste une antenne Starlink, c'est d'en mettre quatre ensemble pour amener vraiment un gros débit pour rentrer en connexion. En fait, ça ressemble à des systèmes qui existent déjà dans le monde professionnel pour les transmissions, pour la télé, etc. Exactement. Nous, on a voulu vraiment travailler sur les besoins en mobilité. C'est pour ça qu'on a conçu des boîtes qui vont consommer très peu d'énergie. C'est moins de 10 watts aujourd'hui. Donc, c'est compatible avec tous les véhicules et notamment les véhicules électriques qui sont très sensibles à la gourmandise de nos équipements. Donc, on l'a fait parce que derrière nous, il y a des constructeurs automobiles qui veulent utiliser notre technologie dans leurs véhicules aujourd'hui avec des boxes et demain avec notre logiciel, cette potion magique, dans les prochaines générations de véhicules. Merci beaucoup, Damien Garot, Stellar Communication. Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
[
35:58] Guillaume Raud, il y avait déjà de l'IA, notamment dans les téléviseurs chez Samsung. Cette année, l'évolution consiste en quoi exactement ? Tout à fait, on avait l'intelligence artificielle dans les téléviseurs Samsung, mais c'était principalement pour améliorer l'expérience visuelle de son téléviseur ou encore la qualité d'image. Donc, c'était essentiellement basé sur l'amélioration technologique de la télé. Donc, aujourd'hui, on est passé à autre chose, c'est-à-dire qu'on est passé plutôt à la télé comme compagnon, c'est-à-dire d'utiliser l'intelligence artificielle pour partager, pour personnaliser l'expérience que l'on a avec son téléviseur. Par exemple, je peux demander maintenant et m'adresser à mon téléviseur et lui demander de m'organiser un parcours à Las Vegas en l'occurrence, de me proposer des restaurants, de me proposer une escapade en dehors de Las Vegas. Et en fait, en discutant avec lui, il va pouvoir me customiser, me proposer une expérience personnalisée. Et après, il va me l'envoyer sur mon smartphone et je vais pouvoir l'utiliser de façon autonome. Donc ça, c'est très important. C'est-à-dire qu'on rend l'expérience grâce à l'IA plus personnelle. Et donc ensuite, on a essayé de montrer quelques usages qui étaient plus intéressants pour le consommateur quand il regarde la télé.
Monde Numérique :
[
37:06] La première, on le voit, c'est le click to search. C'est-à-dire que quand vous regardez une émission, souvent vous regardez sur votre smartphone quel est l'acteur, quelle est cette émission, quel est l'historique de cette émission. Et maintenant, en cliquant sur la télécommande, vous allez directement avoir par l'intelligence artificielle toutes les informations sur les acteurs, sur le présentateur et sur le film que vous regardez. Donc ça, c'est une première chose déjà importante. La deuxième chose, c'est le live translate. C'est-à-dire qu'immédiatement, quand vous avez un contenu, par exemple, un film au Brésil qui est commenté en brésilien, vous allez avoir une traduction instantanée dans la langue de votre choix. Donc, en l'occurrence, en français, il y a sept langages aujourd'hui paramétrés et vous allez pouvoir suivre les commentaires du commentateur. Donc ça, c'est aussi nouveau. Ça va encore se développer. Ce n'est pas sur la télé linéaire. Peut-être que ça allait être ta question.
Monde Numérique :
[
37:54] Aujourd'hui, c'est plutôt sur TV+, donc la télé, quand nous avons déjà, les contenus que nous avons déjà, la VOD, qu'on s'est déjà approprié, qu'on a déjà commencé à analyser. Donc ça, c'est ça. Et le troisième peut-être usage AI un peu aussi descriptif, c'est que l'AI va vous proposer de créer une image qui vous ressemble, une image plus personnelle. Et plutôt qu'à la fin d'avoir regardé une émission, vous pouvez mettre sur le téléviseur cette image que vous aurez créée grâce à l'intelligence artificielle. Donc un paysage, enfin une image de décoration en fait. Exactement, une image de décoration que vous allez créer vous-même avec des questions posées par l'intelligence artificielle. On sent que vraiment, il y a eu une volonté d'intégrer de l'IA en partant de tout ce qu'il est possible de faire avec l'IA.
Monde Numérique :
[
38:39] Maintenant, est-ce que ce n'est pas une forme de concurrence avec le smartphone, finalement, tout ça aujourd'hui ? Nous, comme vous l'avez dit, on a lancé l'intelligence artificielle avec le S24 début 2024.
Monde Numérique :
[
38:52] Avec justement tous les usages IA qu'on peut faire, c'est-à-dire rendre notre vie plus simple, plus facile, plus connectée et aussi plus personnelle. Ça, c'est nouveau. On a commencé justement avec le smartphone. Après, on est passé avec l'électroménager, avec BeSpoke AI. Et aujourd'hui, on annonce plus fortement qu'on est sur la vision AI, donc pour la télé, puisque comme la télé est l'écran préféré du foyer, aujourd'hui, on communique, on regarde beaucoup la télévision, plus de trois heures et demie par jour. Donc, on arrive maintenant à avoir des connexions plus faciles et à avoir, grâce à l'intelligence artificielle, des programmes ou des usages plus faciles. Et puis, il y a également le Samsung Food. Qu'est-ce que c'est ? Alors, Samsung Food, c'est une application qui est apparue en janvier 2024 qui permet aujourd'hui de vous proposer des recettes en fonction des aliments ou des ingrédients que vous avez dans votre frigidaire. Donc, ça, c'est plutôt bien. Et aujourd'hui, on le duplique en télé. C'est-à-dire que quand vous avez une scène d'un restaurant, par exemple, avec des plats posés sur la table, vous pourrez, pareil, cliquer. Et donc, l'intelligence artificielle reconnaît le plat et vous donne la recette pour pouvoir faire le plat, même vous donne les ingrédients qui vous permettent de faire le plat. Donc, c'est lié avec le family hub que nous avons dans notre gamme sur le réfrigérateur qui détecte les aliments que vous mettez dans le réfrigérateur et qui gère, bien sûr, vos recettes ou la préparation des biens culinaires. Elle est forte, parce que savoir ce qu'il y a dans un gratin, simplement en regardant le gratin.
Monde Numérique :
[
40:15] Guillaume, puis la grosse annonce aussi de ce CES, c'est que le petit robot Bali, qui avait été présenté, je crois, il y a deux ans, l'année dernière, l'année dernière en prototype, va enfin être commercialisé, mais malheureusement pas en France. Tout à fait. C'est lancé sur le premier semestre 2025 aux États-Unis et en Corée. Donc, c'est le robot domestique doté d'intelligence artificielle pour la maison connectée. Et on a quelques démonstrations ici. Et donc, la première fonctionnalité de ce roule-là, c'est l'assistant personnel. Donc, il vous reconnaît par la voix sur vos intentions, sur votre agenda, sur ce que vous avez envie de faire, ce que vous aimez faire. Et il vous propose justement des scénarii personnalisés.
Monde Numérique :
[
40:57] Donc, ça, c'est extrêmement important. La deuxième chose, c'est qu'il y a une plateforme Smart TVA. C'est un produit connecté, il permet de projeter, il a un projecteur, donc vous pouvez lui demander de vous lancer un film, donc il va le projeter sur un mur et vous pouvez lui demander de l'agrandir, d'éteindre le son ou de le piloter autrement. Donc c'est aussi une plateforme d'entertainment. Et la troisième chose, il est aussi, il régit la plateforme SmartSynx, donc de la connexion des produits entre eux, et vous pouvez avoir des protocoles que vous décidez, que vous faites sur SmartSynx, et il va vous dire, par exemple, vous allez lui dire, par exemple, je veux jouer. Et il va se diriger vers votre espace gaming. Il va ouvrir votre moniteur gaming. Il va baisser les rideaux. Il va allumer une lumière un peu tamisée. Vous allez pouvoir jouer. C'est un assistant intelligent, comme il en existe déjà. Mais là, lui, il a un gros avantage. C'est qu'il est motorisé. Il se déplace avec cette forme de boule.
Monde Numérique :
[
41:53] C'est ça. Oui, donc il est motorisé. C'est une boule. Donc, il se déplace. Vous pouvez lui demander d'appeler quelqu'un. Et donc, quand vous vous déplacez, il vous suit pour garder justement le call. Il a une caméra, il a deux micros, il a des haut-parleurs. Donc, c'est vraiment un objet multiconnecté, multimédia, autonome. Et comment il s'en sort dans les escaliers ou face à un escalier ? Pour l'instant, dans le premier protocole, on est sur… En tout cas, c'est une brique de plus pour de l'IA à la maison. Tout à fait. Aujourd'hui, on se rend compte que ce qu'on a dit l'année dernière en IA est arrivé, mais c'est développé. On s'est rendu compte qu'aujourd'hui, l'IA qui optimise les fonctions techniques du produit, c'est déjà fait, en fait. Et aujourd'hui, il arrive à rentrer en connexion avec nous, à nous écouter, à parler, à nous recommander des choses. Donc, avoir une expérience extrêmement personnalisable. Et c'est ça vers quoi nous emmène l'IA. Et on le voit dans l'ensemble des catégories, la téléphonie mobile, l'électroménager ou la télé. Merci beaucoup. Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
[
42:57] Alors là, on est dans la cuisine, en quelque sorte, sur le stand de Hisense. Damien, les marques, c'est une vraie préoccupation chez les constructeurs, les grosses marques qui font de l'électroménager. C'est la connectivité. Pour fluidifier tout ça, vous avez présenté cette année une nouvelle version, une nouvelle évolution de votre système de connectivité entre les appareils. C'est exactement ça. Le système chez Hisense s'appelle Connect Life. Au-delà de ce nom barbare c'est un écosystème qui permet à tous les produits électroménagers de communiquer entre eux. Donc là l'exemple que l'on a pris derrière moi, vous voyez le four.
Monde Numérique :
[
43:30] Qui est en train de préchauffer. C'est un exemple. Donc là, on a choisi de faire une superbe pizza. Et en fait, automatiquement, le lave-vaisselle que vous voyez en bas, qui est connecté au même réseau, va mettre son programme adapté à cette cuisson pizza. Donc on va le voir dans quelques secondes, dès que le four aura fini. Le four va automatiquement passer en mode pizza dans les prochaines secondes de suspense et va identifier le programme le plus adapté pour aller mieux nettoyer ses différents couverts, ses plats et autres par rapport à une pizza. C'est-à-dire qu'on n'a pas encore commencé à manger la pizza et le lave-vaisselle est déjà prêt à accueillir les assiettes sales. C'est superbe. L'idée, c'est de gagner du temps. Et blagues mises à part, c'est vrai que tout ce qui est connectivité entre les produits de la cuisine ou intelligence artificielle, on a une vision chez Aysen, ça ne va pas révolutionner notre quotidien du jour au lendemain. Mais par contre, ça va l'améliorer, ça va le simplifier. Là, on a montré un exemple sur un lave-vaisselle.
Monde Numérique :
[
44:27] Mais ça existe aujourd'hui sur le lave-linge. Un lave-linge aujourd'hui à Isen, c'est plus de sept capteurs qui vont permettre d'identifier automatiquement quel textile, la dureté de l'eau, si l'eau est propre, sale, etc. Et le programme va automatiquement être choisi. Donc, il n'y a plus d'excuses pour les hommes ou pour les femmes pour ne pas mettre la main à la pâte et ne pas lancer un cycle. Et ça, c'est une vraie réalité de ce qu'apportent aujourd'hui les produits connectés. Et c'est vrai qu'au final, on le sait peu, les consommateurs le savent peu parce qu'un produit d'électroménager, ça se change à peu près tous les 10 à 15 ans. Les technologies vont très vite et on ne se rend pas compte de toute l'évolution qu'il y a eu ces dernières années. Et il y a des très, très belles choses aujourd'hui qu'on peut faire et qui vont aussi faire des économies d'énergie, d'eau. Il y a des belles choses et je vous invite tous à vous renseigner parce qu'il y a des belles histoires en électroménager. Merci beaucoup.
Monde Numérique :
[
45:25] Voilà, c'est fini pour cet épisode spécial de l'hebdo consacré au CES 2025 de Las Vegas. Retrouvez les autres épisodes de Monde Numérique spécial CES sur le fil du podcast Monde Numérique et vous pourrez notamment écouter la plupart des interviews en intégralité en épisodes séparés la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
45:44] Dans quelques jours également, une vidéo récapitulative bourrée d'images incroyables et d'interviews à découvrir sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Profitez-en pour vous abonner à cette chaîne YouTube. N'oubliez pas de laisser un commentaire, des petites étoiles à propos de ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Et puis, vous pouvez réagir, m'envoyer des messages via le site mondenumérique.info ou via les réseaux sociaux. Cet épisode spécial de Monde Numérique vous était proposé en partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises, que je remercie de son soutien dans cette aventure à Las Vegas. On se retrouve samedi prochain. Passez une bonne semaine pleine de tech. Salut !