🔎 Pourquoi la voiture autonome n’est pas encore vraiment autonome (Zoom Tech)
Maison Connectée23 janvier 202605:21

🔎 Pourquoi la voiture autonome n’est pas encore vraiment autonome (Zoom Tech)

Les voitures sans chauffeur fascinent, mais leur intelligence reste limitée. Derrière les démonstrations spectaculaires se cache une réalité technologique bien plus complexe.

Les images de véhicules circulant seuls se multiplient : les robotaxis de Waymo à San Francisco, la petite voiture autonome de Zoox à Las Vegas, ou encore les démonstrations de Tesla à Paris, jusque sur la place de l’Étoile. Pourtant, ces véhicules ne sont pas totalement autonomes. Ils relèvent du niveau 4, capable de rouler sans conducteur… mais uniquement dans des zones très précises, longuement cartographiées et apprises à l’avance.

Contrairement à un humain, capable de s’adapter rapidement à des environnements imprévisibles, ces voitures reposent sur des systèmes d’intelligence artificielle entraînés sur des milliers de kilomètres, sans réelle compréhension du monde. Elles peinent face aux situations ambiguës : comportements atypiques, signalisation détournée, règles tacites de circulation. Le spécialiste de l’IA Luc Julia cite par exemple un ouvrier transportant un panneau stop : là où un humain comprend la situation, la voiture autonome peut s’arrêter indéfiniment.

La véritable autonomie, dite niveau 5, supposerait des véhicules capables de rouler partout, dans toutes les conditions, sans préparation préalable. Un objectif que certains jugent hors d’atteinte, à moins de repenser entièrement le modèle : infrastructures intelligentes ou nouvelles formes d’IA dites world models, capables de comprendre et d’apprendre le monde en temps réel.

C’est précisément sur ces modèles que travaille le chercheur français Yann LeCun, ancien directeur scientifique de Meta, aujourd’hui à la tête d’une nouvelle start-up à Paris. De son côté, NVIDIA a présenté au salon CES de Las Vegas un nouveau système d’IA pour véhicules autonomes, baptisé Alpamayo R1, censé permettre aux voitures de raisonner face à des situations complexes.

La promesse est immense, mais le chemin reste long. La voiture vraiment autonome n’est pas encore là… et son arrivée reste une question ouverte.

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[0:01] Vous avez déjà vu ces images de véhicules qui circulent tout seuls, sans chauffeur. Les voitures Waymo à San Francisco, la petite voiture Zouks que je vous ai fait découvrir dans Monde Numérique, y compris en vidéo, à Las Vegas, ou encore Tesla à Paris, traversant fièrement la place de l'étoile. Alors c'est impressionnant, ce sont des voitures autonomes, mais en réalité, ce ne sont que des véhicules de niveau 4, comme on dit. C'est-à-dire des voitures qui peuvent circuler sans humain, mais qui en réalité ne sont pas encore véritablement au niveau d'une voiture conduite par un humain. Niveau 4, ça veut dire que ces véhicules ont dû s'entraîner pendant des mois sur les zones où elles circulent aujourd'hui, à San Francisco, à Las Vegas ou encore à Paris. Elles ne sont pas capables de s'adapter à un environnement qu'elles ne connaissent pas comme le ferait un être humain. Par exemple, si vous vous apprenez à conduire en France, même si vous allez demain à Beyrouth ou à Bombay, c'est-à-dire dans des villes où on ne conduit pas exactement, comme en Occident et où il faut faire preuve d'initiative, quitte à prendre quelques libertés avec le code de la route. Alors, ce sera sans doute un peu dur au début, mais en deux ou trois jours, vous allez vous adapter. Parce que vous avez vos connaissances, c'est-à-dire la conduite de la voiture, le code de la route, et vous avez votre intelligence.

[1:19] Qui vous permet de comprendre que certains endroits du monde, quelquefois il vaut mieux griller un feu ou refuser une priorité parce que sinon ça ne marche pas, vous n'arrivez pas à vous insérer dans le flot de circulation. Les voitures autonomes ne savent pas faire ça, en tout cas pas les voitures actuelles parce qu'il faut vraiment encore les programmer en fonction des endroits où elles circulent. Alors pas exactement les programmer parce qu'en fait elles apprennent, c'est de l'intelligence artificielle et c'est sur l'usage, les milliers de kilomètres qu'elles parcourent, qu'elles finissent par assimiler tous les cas de figure.

[1:51] Mais on n'est jamais certain qu'elles ne vont pas oublier quelque chose et qu'elles ne se retrouveront pas un jour face à une situation à laquelle elles ne sauront pas faire face, Je ne sais pas, quelqu'un qui se met en travers de votre route parce qu'il veut vous attaquer. Vous, vous allez peut-être comprendre qu'il a une intention hostile, mais pas la voiture. Du coup, elle va s'arrêter et là, vous êtes mort. Bon, ça, ce sont des cas de figure un peu extrêmes. Pareil pour les infractions dont je parlais tout à l'heure dans certaines villes du monde. Infractions donc tolérées. Mais sans aller jusque là, il y a plein de cas à travers le monde, le monde étant vaste, auxquels les voitures autonomes ne peuvent pas faire face aujourd'hui. Le spécialiste de l'IA, Luc Julia, prend souvent cet exemple d'employé de la voirie qui se promène sur le bord de la route en transportant un panneau stop. Et là, la voiture autonome derrière, ça arrête tous les 100 mètres parce qu'elle prend ça pour un vrai panneau. Ça, l'être humain, évidemment, ne se fait pas piéger. Alors,

[2:44] on peut corriger au fur et à mesure, évidemment, mais il y aura toujours des situations imprévues. La véritable voiture autonome qui saura circuler partout, partout dans le monde, quelles que soient les situations, quel que soit le temps, quel que soit l'état de la route, quel que soit l'état de la signalisation routière, ce sera la voiture de niveau 5.

[3:04] Sauf qu'elle n'existe pas. Et selon certains, elle n'existera même jamais. Parce que le monde est trop compliqué et il y aura toujours des situations trop complexes auxquelles les voitures ne pourront pas faire face. Ou alors, pour arriver à des véhicules de niveau 5, il faudrait sans doute complètement changer de paradigme.

[3:23] Soit envisager des routes et des infrastructures intelligentes qui pourraient remonter des informations vers les voitures. Soit revoir totalement les intelligences artificielles qui aujourd'hui font

[3:34] fonctionner les véhicules autonomes. Et l'une des voies d'avenir, c'est ce que l'on appelle les world models, des modèles du monde, des modèles d'intelligence artificielle qui ne se contentent pas, comme ChatGPT, de calculer des probabilités, ce que font même les IA dans les voitures, mais qui comprennent réellement le monde qui nous entoure, comme nous, humains, nous le comprenons, et qu'ils soient même capables d'apprendre en temps réel pendant qu'on les utilise. Contrairement à Chajipiti ou Claude ou autres qui apprennent au début et puis ensuite, quand ils travaillent, ils n'apprennent plus rien. Des modèles qui voient, qui entendent, qui ressentent quasiment le monde comme les humains le ressentent. Mais ça, on en est encore très loin.

[4:19] Alors, heureusement, il y a plein de choses qui se préparent. C'est par exemple là-dessus que travaille le français Yann Lequin, ancien directeur scientifique de Meta qui vient de lancer sa start-up à Paris pas spécifiquement pour les véhicules autonomes mais il va travailler beaucoup sur les World Models qui est son credo depuis longtemps déjà et puis c'est aussi ce que promet par exemple la société américaine NVIDIA avec un nouveau système d'intelligence artificielle pour véhicules autonomes présenté au mois de janvier au salon CES de Las Vegas, le système Alpamayo R1. Selon le patron de NVIDIA, Jian Tianhuang ce système permettra de créer une voiture véritablement capable de résonner dans des situations complexes.

[5:01] Alors, est-ce que ça va marcher ? Est-ce que ça permettra de fabriquer des voitures réellement autonomes, capables de circuler dans tous les coins du monde, dans toutes les circonstances ? Réponse dans le futur !

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