🎤 MWC 2026 : comment l’IA transforme les télécoms (Patrice Duboé, Capgemini)

🎤 MWC 2026 : comment l’IA transforme les télécoms (Patrice Duboé, Capgemini)

Présent au Mobile World Congress de Barcelone, Patrice Duboé analyse les grandes tendances de l’édition 2026. Entre domination chinoise, explosion de l’IA et nouveaux usages de la 5G, les télécoms deviennent plus que jamais une infrastructure au service de nouveaux services.

Interview : Patrice Duboé, Directeur de l’innovation Europe du Sud chez Capgemini

En partenariat avec Capgemini

Punchlines

  • La 5G est la seule technologie capable d’assurer une latence très faible.

  • Les télécoms deviennent une infrastructure pour de nouveaux services.

  • Le direct-to-device par satellite ouvre un nouveau marché des messages courts.

  • L’innovation dans les smartphones se concentre désormais sur l’écran, la photo et la confidentialité.

  • L’IA embarquée dans les réseaux peut traduire des communications en temps réel.

Que retenez-vous du Mobile World Congress 2026 ?

La première chose qui frappe, c’est la présence massive de la Chine. Le Hall 1 est quasiment entièrement occupé par des entreprises chinoises qui frappent chaque année plus fort dans les télécoms.

La deuxième tendance majeure, c’est évidemment l’intelligence artificielle. On voit beaucoup d’agents IA et de services qui se greffent sur les infrastructures télécoms. Les telcos deviennent de plus en plus une plateforme qui permet d’héberger de nouveaux services.

On voit aussi apparaître des robots, un peu comme dans d’autres grands salons technologiques. Même si cela peut sembler éloigné des télécoms, la connectivité 5G permet justement de piloter ces machines et de remonter les données en temps réel.

Le satellite commence-t-il enfin à transformer les télécoms mobiles ?

Oui, notamment avec ce qu’on appelle le direct-to-device (D2D). L’idée est de pouvoir envoyer directement des messages depuis un smartphone vers un satellite sans passer par une infrastructure terrestre classique.

Ce n’est pas forcément pour faire du très haut débit comme avec les constellations internet. L’intérêt est aussi de pouvoir transmettre de petits messages pour de la supervision, de la surveillance environnementale ou des alertes.

C’est particulièrement utile dans des situations où il n’y a pas de réseau. On peut imaginer envoyer un message d’alerte lorsqu’on est perdu ou dans une zone isolée. C’est un nouveau service qui commence à émerger.

Pourquoi la 5G est-elle essentielle pour les véhicules autonomes ?

Pour atteindre un niveau élevé d’autonomie, les véhicules doivent réagir presque instantanément. Si une voiture doit freiner, elle doit le faire immédiatement, pas une demi-seconde plus tard.

Aujourd’hui, seule la 5G permet d’obtenir à la fois des débits élevés et une latence extrêmement faible, parfois en dessous de cinq millisecondes. Cela garantit aussi une très grande fiabilité dans la transmission des messages.

Cette fiabilité du réseau et la capacité à confirmer très rapidement l’envoi ou la réception d’une information sont essentielles pour des applications critiques comme la conduite autonome.

L’IA trouve aussi des usages très concrets dans les réseaux ?

Oui, notamment dans les communications opérationnelles. Par exemple, nous avons présenté une démonstration pour les services de secours.

Le système utilise des radios portatives connectées à un réseau qui embarque de l’IA pour effectuer de la traduction simultanée. Des pompiers de différents pays peuvent ainsi communiquer chacun dans leur langue et se comprendre instantanément.

Dans une situation de crise comme un grand feu de forêt impliquant plusieurs brigades européennes, ce type de technologie peut améliorer considérablement la coordination et l’efficacité des opérations.


Patrice Duboé: [0:01] Et aujourd'hui, seule la 5G permet d'avoir non seulement du débit, Patrice Duboé: [0:06] mais aussi d'une très faible latence. On sait très bien si on veut piloter une voiture, si on doit freiner, il faut qu'elle freine de suite et pas dans une demi-seconde ou une seconde. Donc là, encore une fois, il y a un très fort entre les télécoms, les réseaux 5G et cette capacité à fournir des réseaux très très fiables. C'est la sécurité aussi de la 5G, une fiabilité dans le signal, dans l'acknowledge. On a bien reçu ou envoyé un message et cela va très très vite. Monde Numérique : [0:39] Bonjour Patrice Duboé. Patrice Duboé: [0:40] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:41] On se retrouve comme chaque mois en partenariat avec Capgemini dans Monde Numérique. Ce mois-ci, à Barcelone, au salon Mobile World Congress, vous avez arpenté les allées. Alors avec vous, on va un peu débriefer ce salon, voir ce qu'il faut retenir de cette édition 2026. Si on devait dégager deux, trois tendances, ce serait quoi d'après vous ? Patrice Duboé: [1:02] Les grandes tendances, je dirais une fois de plus, une très grande présence de la Chine. Le Hall 1 est pratiquement totalement dédié aux entreprises chinoises qui tapent chaque année très, très fort et de plus en plus dans le monde des télécoms. Ici, ici à Barcelone, je dirais que c'est la première surprise. La deuxième qui n'est pas une surprise beaucoup d'IA bien entendu beaucoup d'agents antiques on voit que les telcos deviennent une infrastructure et en fait, on va avoir des services de plus en plus proposés au sein des télécoms des robots Également, un petit peu comme dans tous les salons, on l'a vu au CES, ça devient un petit peu un incontournant. Unitree qui est là, Agibot qui est là également. Monde Numérique : [1:49] On se demande le rapport entre les robots et les télécoms quand même. Patrice Duboé: [1:51] Alors on en voit un petit quand même, c'est la partie 5G qui amène beaucoup de débit. Et on sait que si on veut piloter des robots à travers les ondes, la 5G permet d'avoir des très hauts débits. Et on sait que si on veut récupérer les données, par exemple, de ces robots-là ou les faire marcher, il y a une notion de télécom avec du très haut débit. Normalement, on est là pour parler télécom. Alors, un petit peu de manque là-dessus. On a moins de pure innovation en télécom. J'attendais beaucoup de la partie connectivité satellite avec justement la partie NBiOT-NTN, Non Terrestrial Network. On n'a pas encore beaucoup de services. Pourquoi ? Parce que les opérateurs ont pris du retard. et s'il n'y a pas les services dans l'espace, il est normal qu'il y ait un petit peu du retard à l'allumage pour faire les devices, pour faire les boards et pour proposer les services. Donc encore une fois, une surprise qui n'est pas vraiment une surprise. Monde Numérique : [2:42] Alors il y a des choses quand même qui se dessinent. On voit des systèmes qui permettent non pas encore de téléphoner mais au moins d'envoyer des SMS, des messages courts directement par satellite avec des smartphones qui sont quasiment les smartphones du quotidien. Patrice Duboé: [2:56] Oui, en fait ce qu'on appelle le D2D, le Direct2Device. donc on sait que c'est l'une des grandes innovations du spatial qu'on connaissait en télécom pour du le broadband les très hauts débits pour amener du débit l'internet le starlink, ou les hotels sat mais on sait qu'aujourd'hui dans les télécoms il n'y a pas que le gros débit pour aller sur internet il y a aussi la capacité à récupérer des tout petits messages qui c'est important pour le monitoring pour la supervision de la planète pour l'environnement pour les alarmes pour les alertes on est perdu on veut envoyer un message d'alerte aujourd'hui par rapport avec un iPhone, avec un opérateur. Donc ça, c'est un véritable nouveau service, le D2D. D'ailleurs intéressant, une startup française qui est là sur le stand de la France, qui va lancer, qui propose de lancer un nouveau service avec 1500 satellites pour faire à la fois du très haut débit, donc du broadband, mais également du direct-to-device. Donc bonne chance à cette startup qui se lance entre Paris et Toulouse pour Patrice Duboé: [3:51] lancer ce nouveau service. Monde Numérique : [3:53] Très bien. autre direction qu'est-ce qu'il y a d'autre aussi il y a même des voitures cette année. Patrice Duboé: [3:58] À Barcelone pourquoi la 5G encore une fois si on veut une voiture autonome niveau 4 il faut des temps de réponse très très faible en dessous de 5 millisecondes et aujourd'hui seule la 5G permet d'avoir non seulement du débit mais aussi d'une très faible latence on sait très bien si on veut piloter une voiture si on doit freiner il faut qu'elle freine de suite et pas dans une demi seconde ou une seconde. Donc là, encore une fois, un lien très fort entre les télécoms, les réseaux 5G et cette capacité à fournir des réseaux très fiables. C'est la sécurité aussi de la 5G, une fiabilité dans le signal, dans l'acknowledge. On a bien reçu ou envoyé un message et cela va très très vite. Monde Numérique : [4:39] Bon, et puis bien sûr, quand même aussi des nouveautés du côté des terminaux, des appareils eux-mêmes, des smartphones. Patrice Duboé: [4:45] On est quand même là pour ça. C'est vrai que le Mobile World Congress, avant, s'appelait le 3GPP, c'était les purs telcos. Et maintenant, on est plutôt sur les devices. Monde Numérique : [4:54] Le 3GSM. Patrice Duboé: [4:55] 3GSM, oui, pardon. On était les pros des télécoms, business to business. Aujourd'hui, en fait, on voit les gens qui vont acheter leur téléphone, qui vont voir Honor qui a présenté un nouveau téléphone avec une petite caméra robot qui permet de suivre comme un professionnel de vidéo. Monde Numérique : [5:13] C'est un gadget ou il y a un avenir pour ce genre de produit ? Patrice Duboé: [5:16] Probablement pour moi, moins pour les influenceurs qui passent leur journée à filmer ou à se filmer dans toutes les positions donc là c'est un véritable petit bijou les trois folles les écrans qui s'ouvrent maintenant comme un livre maintenant on peut les déplier en trois Et puis côté Samsung, ils font un gros buzz sur le côté privacy, le côté confidentialité. Donc ils ont développé un nouvel écran sur le S26 qui travaille sur l'affichage où on le met en place. Et en fait, si on n'est pas pile en face du téléphone, nos voisins ne peuvent rien voir. Donc c'est la grosse innovation que veut pousser Samsung, même si ça avance beaucoup côté photo. Leur dernier téléphone, le S26 Ultra a une caméra de 200 mégapixels ce qui est totalement incroyable ce qui est intéressant pour ceux qui font de la photo de la vidéo et surtout des photos à très basse lumière, on sait que les pixels c'est important si on fait des photos de nuit ou en faible éclairage donc là ça continue encore à évoluer surtout sur la qualité des écrans, on n'a plus d'innovation de télécom aujourd'hui dans les téléphones, ils sont tous 5G depuis longtemps dont les constructeurs se basent sur des nouvelles fonctionnalités, la confidentialité la taille de l'écran, la finesse du grain. Donc c'est un petit peu les nouveautés de ces nouveaux devices et de l'IA bien sûr. Monde Numérique : [6:31] Pas beaucoup d'IoT, d'objets connectés... Patrice Duboé: [6:34] Et beaucoup moins ! Beaucoup moins que d'habitude c'est vrai on n'a pas trop vu d'annonces sur des nouveaux bracelets, les nouveaux rings, les anneaux qui mettent du temps quand même à avancer on les a vu il y a 2-3 ans mais depuis qu'est-ce qu'il manque ? De l'autonomie peut-être ? Des services ? Monde Numérique : [6:48] Mais en revanche quelques paires de lunettes connectées. Patrice Duboé: [6:51] Et là encore une fois les chinois ont fait beaucoup d'annonces on l'envoie ici avec l'IA qui est embarqué dans les lunettes qui fait de la surimpression, de la réalité augmentée, mixte, donc on sait que ça c'est un vrai business, c'est une véritable attente, se pose la question de la confidentialité avons-nous envie demain d'être filmé à notre insu par rapport à tout ça, donc ça peut être un véritable souci. Monde Numérique : [7:15] Gros frein social pour l'usage de ces produits-là même si c'est séduisant j'étais tout à l'heure sur le stand d'Alibaba enfin des lunettes connectées d'Alibaba, avec une promesse de voilà, on pourra commander ses repas, commander son VTC, payer avec Alipé etc. Patrice Duboé: [7:33] Et on voit Quang aussi qui a proposé ces lunettes. Monde Numérique : [7:36] Le système Alibaba. Patrice, dans un secteur un peu plus pointu, il y a des choses aussi, je crois, que vous avez repéré, du côté des applications militaires notamment. Patrice Duboé: [7:49] Oui, en fait, pour la première fois, du moins pour moi, c'est la première fois que l'on voit des applications militaires, des drones, des mini-tanks, et là, encore une fois, on voit l'IA qui est embarquée dans des systèmes autonomes, on voit très bien sur un théâtre d'opérations aujourd'hui, on n'a pas forcément de réseau, et donc on va amener nos propres réseaux, des réseaux 5G privés, qui vont pouvoir équiper... Et piloter tous ces systèmes, donc on voit bien pour les drones. Ce sont des véritables nouveaux services, nous ici sur le stand de Capgemini, l'une des démos est faite pour les pompiers, pour la gendarmerie, pour pouvoir amener des nouvelles solutions portables, portatives. Un exemple concret, un feu de forêt qui va se déployer en Europe, qui est massif, on fait intervenir plusieurs forces, des pompiers de France, d'Espagne, d'Italie, de Grèce. Le système que nous avons mis en place permet de faire de la traduction simultanée lorsqu'on donne les ordres entre des brigades de pompiers. Donc là, on voit côté très pragmatique. Monde Numérique : [8:41] Avec quel appareil ? Patrice Duboé: [8:43] Avec des Tokiwaki, en fait, qui vont embarquer l'IA dans ce réseau radio pour pouvoir faire de la traduction simultanée. Donc là, c'est très pragmatique et on voit un véritable service. Monde Numérique : [8:53] Et donc, les pompiers espagnols peuvent dialoguer avec des pompiers français ou grecs, etc., par Tokiwaki ? Patrice Duboé: [8:58] Exactement. Monde Numérique : [8:59] Et ils se comprennent dans leur propre langue ? Patrice Duboé: [9:01] Tout à fait. Ils vont choisir, en gros, la traduction simultanée dans leur propre langue. Et là, on voit bien qu'en état de stress, c'est quelque chose qui est très important. Monde Numérique : [9:08] Et il ne faut pas se tromper, hein ? Exactement. Il ne faut pas que ce soit la traduction approximative. Patrice Duboé: [9:12] Donc là, on met un niveau de confiance très fort dans le LLM qui est utilisé pour faire ces traductions. Monde Numérique : [9:18] Et l'intelligence d'un système comme ça se trouve où ? Dans le terminal, dans le réseau ? Patrice Duboé: [9:24] On va avoir un petit peu un mélange d'abord dans le cœur de réseau pour échanger ça de façon très rapide. Et après, sur les devices eux-mêmes, les logiciels qu'on va implémenter pour Patrice Duboé: [9:32] faire la traduction simultanée et l'envoyer dans le réseau. D'accord. Monde Numérique : [9:36] Merci beaucoup, Patrice Duboé, directeur de l'innovation pour l'Europe du Sud de Capgemini. Patrice Duboé: [9:42] Merci, Jérôme.
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