Mistral frappe fort avec son « Chonk » à un trillion de paramètres (🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat 09/10/26)
Monde Numérique09 octobre 202650:33

Mistral frappe fort avec son « Chonk » à un trillion de paramètres (🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat 09/10/26)

Les contenus générés par IA deviennent progressivement identifiables · Sam Altman assume une vision plus tolérante des risques de l’IA · Mistral dévoile son nouveau modèle Large 4 allias "Le Chonk" · La Norvège veut encadrer les lunettes connectées · Apple mise sur le design et les produits · Hommage à Margaret Hamilton pionnière du logiciel Apollo.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

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Les contenus générés par IA bientôt identifiables

Google étend SynthID pour permettre d’identifier plus largement les contenus générés par IA, tandis qu’OpenAI prépare un filigrane invisible pour les textes produits par ChatGPT dans l’Union européenne. Mais ces dispositifs restent imparfaits : une réécriture humaine peut modifier ou faire disparaître le signal, ce qui relance la question de la frontière entre création assistée par IA et création humaine.

Le débat dépasse largement la technique : écrivains, journalistes, avocats et responsables politiques utilisent déjà ces outils, parfois ouvertement, parfois beaucoup moins. Pour Jérôme Colombain et Bruno Guglielminetti, le véritable enjeu est surtout de savoir où placer la responsabilité humaine lorsqu’une machine participe à la production d’un contenu.

Sam Altman assume les risques de l’intelligence artificielle

Sam Altman estime que la société devra accepter certains effets négatifs de l’IA pour éviter que les modèles les plus puissants restent concentrés entre les mains de quelques entreprises. Une position jugée audacieuse par Jérôme Colombain, qui compare cette situation aux risques historiques liés à l’automobile ou aux véhicules autonomes.

Bruno Guglielminetti se montre beaucoup plus sceptique et soupçonne OpenAI et ses concurrents de préparer aussi leur discours face à leurs futurs investisseurs. Les deux chroniqueurs s’accordent néanmoins sur un point : les promesses de l’IA doivent être mises en balance avec ses risques réels et avec la question essentielle du contrôle humain.

L’IA commence à concurrencer les mathématiciens

Les performances des modèles d’IA dans les mathématiques franchissent de nouveaux seuils, au point de faire émerger une question vertigineuse : que se passera-t-il lorsque des systèmes artificiels produiront des résultats scientifiques que les humains pourront ensuite revendiquer ou publier ? Les progrès posent déjà des problèmes de propriété intellectuelle et d’attribution, avec la perspective d’une recherche scientifique où l’agent IA deviendrait un véritable partenaire de découverte.

Mistral Large 4, le « Chonk » français

Mistral dévoile Large 4, surnommé « le Chonk », un modèle multimodal à plus de 1 000 milliards de paramètres destiné avant tout aux entreprises et aux usages industriels. Cybersécurité, finance, ingénierie et souveraineté numérique constituent les principaux terrains de jeu de ce nouveau modèle à poids ouverts.

Pour Mistral, l’enjeu dépasse cependant la seule course aux modèles : l’entreprise investit massivement dans ses propres infrastructures de calcul en Europe. Le nouveau modèle illustre ainsi une stratégie à deux jambes, combinant développement de modèles et maîtrise de la puissance de calcul nécessaire à leur exploitation.

Les lunettes connectées inquiètent la Norvège

La Norvège envisage une interdiction temporaire des lunettes connectées capables de filmer ou d’enregistrer dans certains lieux publics, notamment pour éviter que des personnes soient captées à leur insu. L’objectif serait surtout de prendre le temps de construire un cadre réglementaire adapté à ces appareils beaucoup plus discrets qu’un smartphone.

Au Canada, Bruno Guglielminetti rappelle que les règles existantes concernant les téléphones peuvent déjà s’appliquer aux lunettes connectées dans de nombreux lieux publics. Jérôme Colombain défend de son côté une approche ciblée, qui permettrait de préserver les usages journalistiques ou documentaires sans transformer ces lunettes en technologie interdite par principe.

Apple veut renouer avec la culture du produit

Avec l’arrivée de John Ternus à la tête d’Apple, l’entreprise semble vouloir remettre le design industriel et la fabrication des produits au centre de sa stratégie. La réorganisation des équipes de design et l’arrivée du designer français Julien Renaud témoignent d’une volonté de rapprocher davantage la création des contraintes concrètes de l’ingénierie.

Cette orientation évoque un retour à certaines méthodes de l’ère Steve Jobs, après une période où Tim Cook a davantage incarné l’excellence opérationnelle, la chaîne logistique et le développement de l’écosystème Apple. Les futurs projets de maison connectée seront particulièrement scrutés, notamment parce qu’Apple devra composer avec un univers beaucoup plus ouvert et hétérogène que son propre écosystème.

Margaret Hamilton, une pionnière oubliée du logiciel

Margaret Hamilton, décédée le 30 septembre à 90 ans, était l’une des grandes pionnières de l’ingénierie logicielle et a joué un rôle majeur dans le développement des logiciels des missions Apollo de la NASA. Son travail rappelle surtout qu’à l’époque des débuts de l’informatique, les femmes occupaient une place centrale dans la programmation.

Son parcours permet aussi de revenir sur une histoire souvent oubliée : celle d’une informatique longtemps considérée comme un domaine largement féminin avant sa professionnalisation et sa masculinisation progressive. Jérôme Colombain recommande à cette occasion la série For All Mankind, une uchronie qui imagine une conquête spatiale dans laquelle les femmes occupent une place déterminante.

Dans Mon Carnet : Coveo et Montréal Connect

Dans Mon Carnet, Bruno Guglielminetti reçoit Louis Têtu, dirigeant de Coveo, entreprise canadienne spécialisée dans l’IA appliquée notamment au commerce électronique et aux grandes organisations internationales. Il revient également sur Montréal Connect, rendez-vous consacré au numérique, à l’IA et aux collaborations entre acteurs de la francophonie technologique.

Dans Monde Numérique : pourquoi le français coûte-t-il plus cher à l’IA ?

Dans Monde Numérique, Jérôme Colombain s’intéresse à une étude de Thomas Serval et de Baracoda AI Labs consacrée au coût du français dans les grands modèles de langage. Selon leurs travaux, le français peut nécessiter davantage de tokens que l’anglais pour exprimer une même information, ce qui peut avoir un impact direct sur le coût des usages professionnels de l’IA facturés au token.


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Jérôme Colombain: [0:01] Salut Bruno Guillemin-Minetti à Montréal. Bruno Guglielminetti: [0:04] Ben, salut, Jérôme Colombat à Paris. Jérôme Colombain: [0:06] Je suis ravi de te retrouver comme chaque semaine pour ce débrief transat, Bruno. Cette semaine, on a un programme chargé. C'est moi qui conduis, alors je t'annonce le menu si ça te va. Bruno Guglielminetti: [0:17] Moi, je reste à côté tranquille. OK. Jérôme Colombain: [0:21] C'est tellement chargé qu'il y a la police qui arrive chez moi. Je ne sais pas si tu l'entends, là. Ils se disent, oulala, c'est le débrief transat qui démarre. Vite, envoyez des secours. Bruno Guglielminetti: [0:30] C'est la protection, tellement il y a d'informations. Jérôme Colombain: [0:34] Alors, on va parler des mesures qui sont mises en œuvre pour détecter les contenus fabriqués par IA. C'est plutôt pas mal et toutes les plateformes ou presque s'y mettent. On va parler des risques de l'intelligence artificielle et notamment de Sam Altman qui dit que c'est peut-être pas si grave, tous ces problèmes éventuels avec l'IA. Pendant ce temps, Mistral, la pépite française, a sorti son nouveau modèle. Et il le présente comme un truc hyper puissant. Et puis, si tu es d'accord, je te propose qu'on évoque aussi ce qui se passe en Norvège, où on commence à s'inquiéter par rapport aux lunettes qui permettent de filmer n'importe qui, n'importe comment, donc avec une possibilité d'interdiction partielle de ces lunettes. Et puis, on jettera un coup d'œil aussi un petit peu du côté de ce qui se passe chez Apple. Bruno, on a beaucoup parlé ces derniers temps de ces gens qui utilisent l'intelligence artificielle parfois sans le dire et ça pose problème. Alors quand on est écrivain et qu'on décroche un prix, ça peut effectivement poser un certain nombre de questions. Et puis surtout, il y a une réglementation par rapport à ça en Europe. On va le rappeler puisque nous sommes le continent de la réglementation. Il y a l'AI Act. Bruno Guglielminetti: [1:55] C'est toi qui le dis, ce n'est pas moi. Jérôme Colombain: [1:56] C'est moi qui le dis, j'assume totalement. Ce n'est pas sans m'énerver par certains côtés à certains moments. Bruno Guglielminetti: [2:02] Mais c'est pour votre bien, votre sécurité. Jérôme Colombain: [2:04] Voilà, on va dire ça. Mais bien sûr, c'est pour tout à fait, pour préserver le marché, nos libertés, etc. Donc, il y a des obligations maintenant de transparence par rapport au contenu créé par IA. Et les grandes plateformes ont réagi, ont répondu petit à petit avec la mise en œuvre de différents services. il y a Google, il y a ChatGPT qui annonce un système pour détecter les textes générés sur sa plateforme puis il y a Anthropik aussi, etc. Qu'est-ce que tu en penses de tout ça ? Bruno Guglielminetti: [2:36] Je pense que c'est intéressant que les joueurs qui créent ces outils-là, qui permettent de faire justement de la création avec l'intelligence artificielle, puissent donner aussi des outils, aux gens pour savoir si oui ou non, telle création, qu'on parle d'un texte, qu'on parle d'une image, d'une vidéo, même de l'audio, soient. Bruno Guglielminetti: [2:57] Identifiables. Je pense qu'il y a deux initiatives qui valent vraiment la peine d'être mentionnées cette semaine dans ce contexte-là. Il y a SynthID qui existait depuis un moment, mais qui était uniquement réservé aux journalistes qui font de l'enquête et puis à certains chercheurs. C'est Google qui est derrière ça. Et ça, ça va permettre, donc, pas avec tous les fichiers, on s'entend, mais avec un grand nombre de créations IA, de pouvoir vérifier si c'est bien de l'IA. Puis évidemment, il y a des gens qui vont tester d'autres vidéos qui ont été faites à la mi-thème, comme auparavant, mais qui, dans le doute, vont utiliser ça. Ça, c'est une chose. C'est une belle initiative. Mais de l'autre côté, pas ce qui me surprend, mais bon, c'est pour aller avec l'encadrement législatif européen. C'est OpenAI qui annonce que ChatGPT, très bientôt, va intégrer un filigrane à l'intérieur des créations textuelles qui sont faites par les usagers en Europe, par rapport à leur création en texte. Et puis, à quelque part, je me disais... Parce qu'il faut savoir, en Europe, ça va être de facto, ça va être ça. Et ça sera disponible à travers le reste de la planète, mais il faudra aller l'enclencher. Alors, je me dis, pourquoi pas le faire à la grandeur de la planète? Mais bon, je pense qu'ils ne voulaient pas hériter tout le monde. Alors, ils ont dit, bon, on va juste taper sur les doigts des Européens, puis c'est fait. Jérôme Colombain: [4:21] Oui, oui, tout à fait. Alors, sur le plan technique, c'est intéressant parce que, comment on fait pour créer un système comme ça, qui permet d'authentifier en quelque sorte les contenus générés par IA, sachant que de toute façon, ce n'est pas fiable à 100%. Non. Mais tu as parlé de filigrane, effectivement, notamment pour Google, pour les images et les vidéos. Pour ChatGPT, tu as vu, c'est un truc qui est assez sophistiqué parce que dans du texte, c'est plus difficile de mettre du filigrane. Donc en fait, ça va être une espèce d'analyse sur la combinatoire des mots dans les textes. C'est-à-dire que si j'ai bien compris, Tchadjipiti, quand tu lui feras une requête et qu'il te donnera une réponse, eh bien, le choix des phrases et des mots employés répondront déjà à cette nécessité d'authentification et donc fera une espèce de combinaison qui ensuite pourra être détectée par un logiciel spécialisé. Bruno Guglielminetti: [5:24] Mais quand j'ai lu ça, Moi, ça m'a fait rire parce que je me suis dit, à force de voir des textes qui sont créés par l'IA, il y a peut-être une nouvelle génération de gens qui écrivent, qui vont se mettre à écrire comme ça. Donc, ça fonctionne aujourd'hui. Mais dans quoi? Dans cinq ans, dans dix ans, peut-être qu'on va tous écrire comme ça. C'est vrai. Jérôme Colombain: [5:46] On aura pris l'habitude d'écrire comme les IA. Ben oui. En tout cas, ça montre bien aussi que forcément, ce n'est pas une assurance tout risque, parce que si tu prends un texte généré par IA et que tu le retravailles, tu risques de faire sauter cette sécurité-là. Bruno Guglielminetti: [6:03] Et OpenAI le dit bien. Donc, c'est un ajout, une sorte de filtre par lequel on peut juger si c'est une création IA. Mais c'est ça, on va changer un ordonnancement, une phrase, puis un mot ici et là. Parce qu'on le rappelle, l'intelligence artificielle, dans le cas du GPT et compagnie, quand ça fait de la rédaction, c'est de la probabilité. Je mets ce mot-là, je mets ce mot-là, je mets ce mot-là, parce qu'il est très probable que ce mot-là viennent à la suite de celui-ci pour exprimer dans tel contexte une telle situation. Jérôme Colombain: [6:44] Ce matin, le ciel est bleu, orange ou vert. Il y a plus de chances que ce soit bleu. Bruno Guglielminetti: [6:49] Exactement. Ça dépend de où tu habites, mais disons que pour la France et le Canada, on va mettre bleu. Jérôme Colombain: [6:54] Toi, vous avez du ciel orange parfois ou bleu ou vert. Bruno Guglielminetti: [6:59] Oui, quand il y a les feux de forêt, c'est sûr que ça commence à changer de couleur. Jérôme Colombain: [7:03] Oui, mais en même temps, on est en train de dire que ce truc-là et falsifiable en tout cas... Bruno Guglielminetti: [7:12] C'est pas sur la 100% ? Jérôme Colombain: [7:14] Oui, mais en fait, c'est pas choquant. C'est pas gênant. Puisque dans la mesure où tu prends un texte qui a été généré par IA, mais si derrière, c'est un humain qui le corrige, c'est plus un texte entièrement généré par IA. Bruno Guglielminetti: [7:24] Oui, mais écoute, quand tu parles avec des maisons d'édition et que leur politique, c'est 100% de pas d'utilisation de l'IA, dans un contexte où ce que tu racontes, c'est-à-dire un texte qui aurait été fait par l'IA et tu as un humain qui passe par-dessus, il a quand même été pondu au départ. Par… Je te donne un exemple très concret qui me touche. Moi, systématiquement, les documents que j'écris, incluant les articles, il y a une première version qui est faite par une IA. C'est moi ce que j'appelle la version martyr. À partir de celle-là, il y a des choses que je corrige, où je vais retourner et je vais dire, là-dessus, il n'y a pas d'intérêt, je ne parle pas de ça, mais focus plutôt sur tel angle ou tel détail, ou rajoute tel petit d'informations. Et là, on s'entend, il y a un humain qu'a été, la démarche éditoriale est faite par un humain. Bien sûr. Mais il y a quand même de la machine qui a travaillé là-dessus. Alors là, tu te dis, bien, s'il se fait analyser par un document comme ça, jusque où ça va détecter le fait que c'était un IA, mais qu'il y avait du jugement humain derrière. Et c'est pour ça que ces outils-là, c'est bon pour causer des prises de parole ou des engueulades, mais ça ne va pas venir à bout de vraiment confirmer si il n'y a qu'un IA qui a travaillé là-dessus, il n'y a pas du mec à toucher à ça. Jérôme Colombain: [8:42] C'est impossible. Mais tu as raison. Et puis, nous, on est totalement transparents et honnêtes par rapport à ça, parce qu'on le dit souvent à nos auditeurs. Oui, on utilise l'IA pour faire plein de trucs. Moi, j'avoue aussi que quelquefois, je fais générer, je ne sais pas quoi, un texte d'accompagnement de podcast ou un email, par exemple, pour faire une réponse. Je la fais générer par IA. Et il y a des petites choses, parfois, où je vais corriger en me disant, ah non, ça, ça fait trop Tchadjipiti. Par exemple, les tirés quadratins. Tu sais, les longs tirés, là, que... Bruno Guglielminetti: [9:13] Ah, mais ça, ça fait longtemps que c'est disparu. Jérôme Colombain: [9:16] Ah non, comment ça? Bruno Guglielminetti: [9:18] Non, mais c'est ça. Sauf que, moi, dans mon utilisation... Jérôme Colombain: [9:21] Tu les enlèves. Bruno Guglielminetti: [9:21] Dans la personnalisation, j'ai été lui dire tout ce que je ne voulais pas voir apparaître. Et donc, toutes les béquilles de l'IA. Jérôme Colombain: [9:28] Oui, c'est bien. Moi, je ne suis même pas allé jusque-là. Je le fais moi-même. Moi, je suis un artisan. Moi, je le fais. la main, quand il y a des tirés cadratés, je dis « Oh là là, il faut que j'enlève ça, sinon on va tout de suite voir que c'est de l'IA ». Et ce qui est absurde, parce que derrière tout ça, et je trouve que c'est ça le vrai truc qui est super intéressant sur ce sujet-là, c'est toute cette attitude un peu ambiguë, un peu hypocrite, on est tous là à tortiller des fesses pour dire les choses proprement, pour « Est-ce qu'on fait de l'IA ? Est-ce qu'on ne fait pas de l'IA ? Je fais de l'IA, mais je ne le dis pas ». L'autre jour, je reçois un mail de quelqu'un, le truc était très clair, et à la fin, il me dit « Désolé pour le ton un peu froid, c'est de l'IA. » Donc, il se justifie et il s'excusait. J'avais envie de lui dire « Mais ça ne me gêne pas du tout. Bruno Guglielminetti: [10:07] » Et puis, envoie-le pas si t'es gêné de l'aide. Voilà. Jérôme Colombain: [10:10] Et moi, je m'en moque. Le mail est clair, c'est informatif. Je me doute et j'espère pour toi que tu l'as fait par IA à la limite. Donc, ce n'est pas un problème. Mais tu vois, il y avait encore une petite réflexion personnelle par rapport à ça. Hier soir, dans le JT de 20h de France 2, il y avait tout un reportage sur les députés français qui utilisent l'intelligence artificielle pour préparer leurs interventions. Et inévitablement, c'était vendu un peu, pas trop, mais un peu sur le côté « Oh là là, mais quelle bande de fumistes ! » Vous vous rendez compte ? Et là, c'était drôle parce que tu avais ceux qui voulaient se faire passer pour des chevaliers blancs. « Non, mais moi, jamais ! Moi, l'IA, jamais ! » Entre nous, je demande à vérifier pour être sûr. Et puis, il y en avait un, il y avait un député un peu âgé, j'ai oublié son nom, je ne le connaissais pas, qui dit « Mais bien sûr, évidemment que je le fais par l'IA, c'est tout à fait normal. Mais derrière, je valide, il y a de l'humain, il y a le « human in the loop », comme on dit. Et c'est derrière, parce que c'est lui qui va s'engager. Et je trouvais que ce monsieur était totalement cohérent. Et tu avais le journaliste qui disait « Ah bon, mais quand même ! » Mais alors, ce n'est pas vous qui… Comme si la valeur de l'humain, c'était de suer sang et haut pour pisser de la copie, indépendamment de la qualité du résultat. Mais non, ce qui compte, c'est la qualité du résultat. Bruno Guglielminetti: [11:38] Dans le contexte d'un député, j'aime mieux que le député passe du temps à régler des problèmes, dans la région qu'il représente que de se taper le texte d'écrire à la main, alors qu'il y a des outils qui peuvent l'aider, qui vont résumer le dossier beaucoup plus clairement que lui pourrait peut-être le faire. Et puis après, proposer quelque chose. Après, le député, il fait ce qu'il veut avec. Jérôme Colombain: [12:00] Alors, bien sûr, il y a eu, on le sait, il y a eu des dérapages. Il y a ses avocats qui sont allés... Faire des plaidoiries, des trucs crachés par l'IA. Bruno Guglielminetti: [12:08] Mais le pire qu'on a vu, c'était en Californie, en tout cas, c'était quelque part aux États-Unis, et les deux parties avaient monté leur dossier, leur plaidoyer avec des IA. Et le juge s'est rendu compte de le truc. Ils ont été retournés. Le procès a été annulé. Il a dit non, non, vous retournez travailler sur vos dossiers. Jérôme Colombain: [12:28] Oui, parce qu'il y avait des erreurs énormes. Ils inventaient des articles de loi. Bruno Guglielminetti: [12:32] La jurisprudence qui n'existaient même pas. Jérôme Colombain: [12:34] Oui, ils inventaient de la jurisprudence qui n'existait pas. Il y a aussi, très drôle, il y a des, je ne sais plus dans quel pays, des politiques qui ont pris la parole publiquement et ils lisaient les phrases d'accompagnement de Chazit Pocchi. Bruno Guglielminetti: [12:44] Et ça, c'est au Canada. Ah, c'était au Canada ? Oui, c'est là-dessus que... Jérôme Colombain: [12:48] Voilà, ça commençait par voici une version plus en conforme, je ne sais pas quoi, tu sais. Bruno Guglielminetti: [12:53] Oui, mais celle que... Jérôme Colombain: [12:56] Et à la fin, veux-tu que je te fasse une version plus dynamique ? Bruno Guglielminetti: [12:59] Oui. Et ce qui est affreux dans la vidéo qu'on voit circuler depuis peut-être un mois ou deux, c'est qu'on voit comment la personne s'est fait mettre le document dans les mains sans jamais le lire. Et donc, il est en chambre en train de faire son éloquence et là, il est en train de lire ces trucs-là. Jérôme Colombain: [13:20] Si ça vient d'un conseiller qui a validé, comme ça s'est toujours fait, Ce n'est pas gênant, mais en fait, le problème, c'est le conseiller qui... Bruno Guglielminetti: [13:28] Non, mais c'est le conseiller, mais c'est même celui qui est en train de lire le document. Écoute, si tu es assez con pour... C'est une chose de lire le propos, mais si tu es assez con pour continuer à lire alors que tu vois que tu n'es plus dans ton propos, il y a un problème. Jérôme Colombain: [13:42] Avec conviction, tu sais, oui. Bruno Guglielminetti: [13:44] Oui, oui, oui, très appuyé. Jérôme Colombain: [13:45] Et puis, vous qui m'écoutez, voulez-vous que je vous fasse maintenant une version plus attractive de ce texte? Bruno Guglielminetti: [13:52] Tous les autres parlementaires, ouais! Ouais. Jérôme Colombain: [13:56] Enfin, bon, bref. Voilà, donc, si on vous transmet bientôt des textes pour lesquels vous avez un peu des doutes, vous pourrez les passer dans un détecteur, sachant que ces détecteurs ne sont pas ouverts à tout le monde. Google, oui, ça c'est la nouveauté, tu l'as dit, pour les images, mais le truc de Chagipiti dont on parle, ce n'est pas le cas, pour l'instant. Bruno Guglielminetti: [14:14] Non, puis pour le moment, ça va être disponible. Oui, puis pour le moment aussi, ce ne sont que les textes qui sont produits en Europe. Jérôme Colombain: [14:25] Bruno, on reste dans l'intelligence artificielle et on va parler, évidemment, d'un petit coup d'Open Eye, c'est la petite pique-couze hebdomadaire de Chad GPT, avec une déclaration de Sam Altman que je trouve assez intéressante, Sam Altman, qui dit par rapport à tous les risques liés à l'intelligence artificielle, tout ce qu'on a pu évoquer ces dernières semaines, l'IA va anéantir l'humanité, enfin 10% de risque d'anéantir l'humanité, etc. L'IA va faire exploser les cyberpiratages, etc. Sam Altman, le patron d'OpenA, il dit que « Écoutez, vous savez quoi ? Peut-être que, en fait, c'est peut-être pas tout à fait aussi grave que ça et la société doit accepter certains effets négatifs de l'intelligence artificielle. » Qu'en penses-tu, mon cher Boïno? Bruno Guglielminetti: [15:14] Ben écoute, moi je l'ai lu, en tout cas j'ai traité, dans mon carnet, de deux entrevues différentes qu'il a dit, et dans les deux entrevues, donc c'est pas un cas de j'ai été mal cité ou cité hors contexte, dans les deux entrevues, il aborde cette thématique-là, on sent qu'il est en tournée médiatique, et pour nous passer le message que, oui, on va causer des ennuis, mais bon, ça vient avec le reste. Et là, moi, à la lecture de ces deux articles-là, je me suis dit, Mais est-ce qu'il habite sur la même planète que moi? C'est quoi? Est-ce que lui, quand ça va virer au rouge, il disparaît avec ses fusées, avec Elon Musk? C'est quoi l'affaire? Non, mais à un moment donné, je ne sais pas. Devant le chaos, je le trouve plutôt serein. Jérôme Colombain: [16:00] Oui, mais je me dis, Bruno Guglielminetti: [16:02] Je ne suis pas sûr que c'est la façon de présenter les choses. Jérôme Colombain: [16:04] Mais je ne suis pas d'accord avec toi. Bruno Guglielminetti: [16:06] Ben, vas-y. Jérôme Colombain: [16:08] Parce que je trouve qu'il n'a pas tout à fait tort sur le principe. Et puis, il fait preuve d'une certaine, j'allais dire honnêteté, je ne suis pas sûr qu'honnêteté soit l'adjectif, on vient de mieux à Saint-Maltman, mais en tout cas, d'une forme d'audace. Bruno Guglielminetti: [16:26] J'aime ton roman, d'audace. Jérôme Colombain: [16:27] C'est un peu audacieux, ce point de vue. Bruno Guglielminetti: [16:29] Oui, oui, oui. Jérôme Colombain: [16:31] Vous me le concéderez, mon cher Bruno. Je vous le concède. Bruno Guglielminetti: [16:34] Il est tout à vous. Jérôme Colombain: [16:36] Mais je trouve que ce n'est pas absurde. Imagine ! Au moment où on a inventé la voiture automobile qui pouvait rouler à 45 km heure et s'il y avait des gens qui disaient il faut arrêter ça parce que regardez elle peut aller dans un arbre elle va tuer des gens si le mec avait dit ah ouais vous avez raison ça peut être très très grave les accidents de voiture on ne va pas développer la voiture ou au contraire si quelqu'un avait dit je ne sais pas peut-être ce que certains l'ont dit écoutez oui la voiture ça peut provoquer des accidents c'est vrai mais est-ce qu'on veut se priver malgré tout de cette innovation et de cette invention ? Je ne pense pas. On ne veut pas se priver. Et alors, ce qu'il dit quand même, ça m'a mal, il dit, attention, c'est mesuré, tu as lu ces interviews, tu dis, il ne dit pas s'il y a une apocalypse, ce n'est pas grave. Il ne dit pas ça. Il dit que, bien entendu, il faut se garder de toutes conditions, circonstances et drames extrêmes. Mais en revanche, le fait que des IA sachent mener des cyberattaques, contourner un peu des sécurités, etc. C'est le prix à payer. Et pourquoi il dit ça ? Parce qu'en acceptant ces risques-là, Jérôme Colombain: [17:52] Ça éviterait que les IA dangereuses, donc les plus puissantes, restent concentrées entre les mains de seulement quelques entreprises. Il faut voir ça aussi. Je trouve que ce point de vue est très audacieux. Finalement, c'est le mot qu'il faut employer. Mais il n'est pas absurde, je trouve. Bruno Guglielminetti: [18:11] Mais j'avoue que d'entendre se plaidoyer de la part d'un Français, taire des non-excès, de l'encadrement, tu ne fais pas vraiment français quand tu dis ça. Jérôme Colombain: [18:21] Je ne suis peut-être pas représentatif de la sagesse française. Bruno Guglielminetti: [18:24] Tu passes trop de temps aux États-Unis, toi, dans les startups. Jérôme Colombain: [18:28] Ah, Bruno, mais tu me connais. Moi, je suis un garçon très raisonnable, mais depuis que je fais de l'informatique, c'est-à-dire depuis l'âge de mes 17 ans, si tu aimes bidouiller il faut un côté hacker je suis désolé il faut un côté je ne vais pas tout à fait tout le temps respecter les règles bien sûr qu'il faut respecter les règles principales mais au début quand tout est un peu flou on ne va pas il faut foncer un peu dans le tas il y a des choses tu Bruno Guglielminetti: [19:01] Es toujours en train de te mettre sur la liste pour le prix du méchant. Tu es un frianceur, hacker numéro un de la France. Jérôme Colombain: [19:11] Je suis un tout petit hacker, mais je pense qu'il faut... Je déteste les pirates informatiques. Ce n'est pas ça. Je ne vais pas me faire dire ce que je n'ai pas dit. Les escrocs qui font des cyberattaques et tout, je trouve ça odieux. C'est des malfaiteurs, c'est des criminels. Mais non, le côté hacking, c'est-à-dire sortir des clous. Bruno Guglielminetti: [19:29] Oui, mais il y a des white hats aussi. Il y a des gens qui font du bien avec ça. Jérôme Colombain: [19:33] Et il faut des hackers dans la vie. il faut des hackers et les entrepreneurs sont la plupart du temps des hackers je parle pas pour moi je parle pour les grands entrepreneurs c'est des hackers c'est des mecs qui sont sortis des clous donc voilà petite parenthèse Bruno Guglielminetti: [19:46] Et de toute façon, tu vois, le plaidoyer que tu viens de livrer, c'est le plaidoyer qu'on voit passer dans le monde de l'automobile autonome, depuis longtemps, où il y a des gens qui disent « on ne devrait pas avoir ça sur les routes ». Et au contraire, on dit « oui, à l'occasion, il y a des accidents, mais comparer les chiffres entre un conducteur humain et une voiture autonome, la voiture autonome fait bonne figure ». Jérôme Colombain: [20:11] Oui, mais tu as raison de me dire que je ne suis pas représentatif de l'esprit français, parce que, par exemple, c'est totalement en contradiction avec le principe de précaution. Tout à fait. Mais je... Bruno Guglielminetti: [20:20] Qui est cher à votre patrie. Jérôme Colombain: [20:21] Oui, mais bon, je ne souscris pas vraiment à cette histoire. Je pense que c'est tellement une fausse bonne idée, cette histoire de principe de précaution. Ça empêche aujourd'hui et ça freine, ça bloque beaucoup de choses. Bruno Guglielminetti: [20:32] Mais pour revenir à... Je vais enlever quand même un peu la lumière sur toi. Pour revenir au propos de Sam Altman. Jérôme Colombain: [20:39] Ça... Ah non, je préférais quand on parlait de moi. Bruno Guglielminetti: [20:43] – Je vous invite à réécouter le passage. Les propos de Sam Altman, dans ces deux entrevues-là qu'il a fait cette semaine, ça vient aussi dans un contexte où les gens d'Entropique, son concurrent quand même, qui, dans un document pour l'IPO, qui sont en train de préparer, ils passent quand même le deux tiers du document presque, j'exagère là, dans la moitié du document, à dire les risques autour de l'intelligence artificielle. Et moi, j'ai l'impression que, intellectuellement, il n'est pas aussi honnête, que toi, tu veux lui accorder. Oui, moi, je suis très naïf. Jérôme Colombain: [21:25] C'est possible. Bruno Guglielminetti: [21:26] Parce que, je me dis, oui, mais regarde, Open AI, il se prépare à aller en bourse. Anthropique, c'est la même chose. Et là, ils sont juste en train de dire aux futurs actionnaires et aux gens qui pourraient être intéressés pour financer que oui, on est conscient qu'il peut y avoir du dérapage et il ne dit pas vraiment que tout ce qu'ils sont en train de faire pour éviter ce dérapage-là... Petite parenthèse. Mais moi, j'ai l'impression qu'ils veulent juste essayer de montrer pâtes blanches qui sont bons citoyens dans le contexte. Mais je te dirais que ce n'est pas les deux meilleurs citoyens avec une bonne conscience. Jérôme Colombain: [22:00] On est bien d'accord. On est tout à fait d'accord. Ce ne sont pas des enfants de cœur, Bruno Guglielminetti: [22:03] Pour parler clairement. Non, voilà, belle image. Jérôme Colombain: [22:06] Bon, Chad GPT, justement, qui bat des records, qui peut-être un jour va décrocher le prix Nobel de mathématiques. Non, ça n'existe pas, le prix Nobel de mathématiques. C'est le prix, comment ça s'appelle? Bruno Guglielminetti: [22:18] La médaille Field. Jérôme Colombain: [22:19] La médaille Field, voilà. Moi, je vois bien la médaille Field pour Chagipiti, un jour. Bruno Guglielminetti: [22:23] Pourquoi pas? Parce qu'elle est en train de solutionner plein de problèmes. Incroyable! Qui n'ont pas été solutionnés ou qui sont tant... Ils arrivent... C'est quoi l'équation? À un moment donné, il y a un truc. Ça avait pris 40 ans pour une équipe de mathématiciens à solutionner. Puis, bon, t'as une IA qui, elle, est partie là-dessus. Puis, ça a pris quelques heures. et voilà. Jérôme Colombain: [22:46] Ouais, ouais. Alors là, ils ont, bon, moi, je ne suis pas expert de la question, mais donc, ils ont publié sur GitHub un répertoire de 722 manuscrits mathématiques et qu'ils ont obtenu avec un modèle d'IA qui n'est pas le Tchad GPT de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, mais qui apparemment est capable de repousser très, très loin les frontières des maths. C'est amusant parce que, quand même, la mathématique, c'est le summum de l'intelligence humaine. Et si même les grands mathématiciens se retrouvent au chômage à cause de l'IA, c'est pas grave. Bruno Guglielminetti: [23:23] J'avais lu ça, justement, je pense que c'est le mois dernier, où il y avait eu une grande rencontre quelque part sur la planète de mathématiciens, genre le congrès des top mathématiciens. Et il y avait un conférencier qui, justement, levait le drapeau en disant, mais là, il faut faire attention parce qu'on commence à avoir de la sérieuse concurrence par ces ILA. Jérôme Colombain: [23:47] C'est dingue. Cédric Villani mis au chômage par Chagipiti bientôt. Bruno Guglielminetti: [23:51] Mais c'est, voilà, quand on donne des exemples, il n'y a pas seulement que les dessinateurs, il n'y a pas que les... Jérôme Colombain: [23:59] Alors, même si, comme pour les dessinateurs, les producteurs de films, etc., il y a les mêmes questions de propriété intellectuelle qui se posent, puisqu'on a découvert que, enfin, notamment, c'était un mathématicien australien qui revendiquait des résultats qui avaient été générés par Chagipiti en disant que ça s'appuyait sur des travaux à lui. Donc il y a aussi quand même ces questions-là qui sont dans la boucle C'est complexe, Bruno Guglielminetti: [24:25] Mais c'est un bel exemple de montrer un nouveau domaine dans lequel il commence à y avoir de l'ombrage de l'IA puis à un moment donné, qu'est-ce qui va arriver? Est-ce qu'il y a des gens qui vont utiliser l'IA pour solutionner quelque chose et le mathématicien va dire que non, c'est lui et son équipe? Jérôme Colombain: [24:41] Oui, c'est vrai, bien sûr Oui, Bruno Guglielminetti: [24:44] Parce que écoute, maintenant avec les agents IA que nous avons Puis là, on s'entend. Ce qu'ils utilisent, c'est pas mal plus pointu que ce que nous, on utilise au quotidien. Tout à fait. Tu peux suivre la méthodologie. Donc, à un moment donné, peut-être que quelqu'un va se mettre à publier quelque chose dans une revue scientifique en reprenant la démarche de son agent IA et revendiquer. Tu vois, on parle du milieu littéraire, mais le milieu scientifique, eux, ils sont bombardés par des publications. Bien là, ils doivent faire le tri de ce qui est vrai, ce qui n'est pas vrai. Puis les maths tombent aussi là-dedans. Jérôme Colombain: [25:21] En tout cas, ils ne pourront s'en sortir que s'ils ont le chonk. Bruno Guglielminetti: [25:26] Le quoi? Jérôme Colombain: [25:27] Le chonk. Est-ce que tu connais le chonk? Bruno Guglielminetti: [25:29] C'est quoi cette affaire-là? J'ai l'impression... Je dois dire qu'il n'y a que les médias français qui en ont parlé. Jérôme Colombain: [25:37] De quoi? Du chonk ou de l'info qui est derrière? Oui, du chonk. Bruno Guglielminetti: [25:39] Du numéro 4. Jérôme Colombain: [25:41] Voilà, le numéro 4. C'est Mistral. Mistral et Aï qui ont présenté son nouveau modèle, son nouveau LLM. Ils n'avaient rien foutu depuis sept mois. Bruno Guglielminetti: [25:52] Pas certaine. Non, non, écoute, elle est en ronde de financement. Jérôme Colombain: [25:54] Non, je plaisante. Il faut plein de trucs, etc. Et donc, ils ont présenté Mistral Large 4, surnommé Le Chonk. Et je te l'accorde, c'est une espèce de private joke un peu bidon. Enfin, moi, je suis allé chercher pour savoir ce que ça voulait dire. En fait, ça veut dire le gros chat pâteau, mais je ne sais pas d'où ça vient. C'est toute la blague autour du chat, en fait. Bruno Guglielminetti: [26:18] Mais tu as vu la vidéo circuler cette semaine? Jérôme Colombain: [26:20] Oui, avec le gros chat. Bruno Guglielminetti: [26:22] Oui, et puis le chat qui embarque là-dessus, boum, le chat. Jérôme Colombain: [26:24] Voilà, oui, c'est ça. Mais ça, c'est leur vidéo promotionnelle. Bruno Guglielminetti: [26:27] Ah, ben imagine en plus. Jérôme Colombain: [26:28] C'est Mistral qui a fait ça. Oui, oui, c'est le truc de la vidéo de communication en fait. OK. Oui, tant qu'à faire, comme leur premier chatbot s'appelait le chat, avant d'être rebaptisé, ils jouent, ils continuent à jouer là-dessus et ils déclinent le chat sous toutes ses formes. Et puis, il y avait eu une blague aussi avant, enfin, c'était vraiment de la blague. C'était vraiment private, private joke. C'était VIP joke. Sur je ne sais plus quoi enfin pareil, encore une histoire de chat bref Plus sérieusement, ce supermodèle est donc hyper costaud, hyper puissant, plus de 1000 milliards de paramètres. C'est fou. C'est pas mal, c'est pas mal, c'est bien. Bruno Guglielminetti: [27:09] C'est pas mal, c'est astronomique. Jérôme Colombain: [27:12] Tu as bien travaillé, monsieur Mistral. Ouais, c'est astronomique, t'as raison, c'est gentil, Bruno, pour les petits Français, mais c'est à peine au niveau des modèles chinois d'il y a quelques mois. C'est encore un peu en deçà. Alors après, c'est très difficile d'évaluer les modèles d'IA les uns par rapport aux autres. Il y a des benchmarks, des trucs très compliqués et autres. Je crois notamment que pour leur communication, ils ont mis en avant un benchmark où ils arrivent super en tête. Bruno Guglielminetti: [27:38] Oui, mais tous les autres ne sont pas publiés. Jérôme Colombain: [27:41] Oui, tous les autres ne sont pas publiés. Et celui où ils arrivent en tête, alors tenez-vous bien, c'est celui qui évalue le plus la conformité à la réglementation. Bruno Guglielminetti: [27:50] C'est français. Jérôme Colombain: [27:51] C'est français, c'est français, monsieur. Qualité française. Non, on ne va pas être méchant. Non, c'est super. Alors, 1000 milliards de paramètres, sachant que DeepSeek est à 1600 milliards, la dernière version. Bruno Guglielminetti: [28:06] Mais Jérôme, on s'entend, ça ne veut pas faire concurrence à ChatGPT, Claude et compagnie. C'est hyper ciblé. C'est le marché industriel. Et puis, je pense que dans ce contexte-là, ça peut être bien. Mais tu as raison. Même s'ils ont, pour eux, ils sont en avance sur ce qu'ils avaient fait, mais quand tu les compares au marché puis notamment à les Chinois dans le milieu industriel là. Jérôme Colombain: [28:31] Oui, et puis on compare les modèles ouverts avec des modèles ouverts, puisque TGPT, Claude, on ne peut pas trop les comparer. Mais tu as raison, ce n'est pas un outil qu'on va pouvoir utiliser, toi ou moi, puisque c'est clairement destiné aux entreprises. Il est dédié surtout à la cybersécurité, à la finance, à l'ingénierie. Et en fait, là où c'est intéressant, c'est que ça va donner un bel outil a priori pour les entreprises qui en ont besoin et avec la dimension souveraineté nationale, souveraineté numérique française. Bruno Guglielminetti: [29:07] Et ça, ça vient remplir un espace qui n'était pas occupé parce que quand tu tombes de la cybersécurité et de la souveraineté numérique, tu juxtaposes ces deux critères-là. On s'entend qu'on ne va pas installer les outils américains pour solutionner le problème. Alors, ils faisaient quoi? Ils allaient dans le code source, pas dans le code source, mais dans les systèmes chinois, en essayant de nettoyer, de bidouiller pour que ça soit l'essentiel moelle du modèle pour par la suite être sûr qu'il n'y a pas d'information qui fit hors du pays. Là, au moins, les Européens vont pouvoir dormir tranquilles. Ils ont un outil qui va pouvoir répondre à ces besoins-là de cybersécurité et de souveraineté numérique. Dans ce sens-là, je pense que c'est une bonne nouvelle. Maintenant, dans le contexte international, C'est un adem. Jérôme Colombain: [30:01] C'est une bonne nouvelle, puis c'est une bonne nouvelle pour Mistral. Et puis, c'est intéressant aussi parce que Mistral, on a beaucoup dit ces dernières semaines qu'ils étaient quasiment en train de pivoter et de changer un petit peu d'orientation, qu'ils avaient l'air justement de laisser tomber la course au LLM pour se concentrer sur la course à la puissance de calcul. Et c'est pour ça qu'ils investissent énormément dans des data centers, c'est pour ça qu'ils nèvent des milliards pour investir dans la puissance de calcul, ce qui, on en a déjà parlé ensemble, ce qui est, je pense, un très très bon calcul en réalité, qui est un choix stratégique super intelligent. Et donc, en fait, avec ce modèle, ils prouvent que ils vont avancer sur deux jambes. Et d'une part, ils vont effectivement aller vers cette... Leur marché de demain, c'est la mise à disposition de la puissance de calcul pour tous ceux qui en auront besoin. Et en même temps, ils continuent à développer ce qu'ils avaient fait connaître et leur propre LLM, en fait. Bruno Guglielminetti: [30:55] Qui va pouvoir très bien rouler sur leur infrastructure. Jérôme Colombain: [30:57] Bien sûr, qui a été entraîné sur leur infrastructure et qui va pouvoir tourner. Bruno Guglielminetti: [31:02] C'est l'économie de silo. Ils sont juste en train de s'assurer qu'ils peuvent livrer et qu'ils auront la dorsale pour offrir leur service. Jérôme Colombain: [31:11] Oui, c'est très intéressant. Bruno, on reste en Europe si tu es d'accord avec la Norvège qui n'aime pas les lunettes de méta ou en tout cas qui s'inquiète des lunettes qui permettent de filmer parce que tu as vu ça et ils envisagent d'interdire temporairement à certains endroits les lunettes connectées. Bruno Guglielminetti: [31:35] Oui, parce que là, ils ont fait, c'est ce qu'ils sont en train d'envisager avec un projet de loi et ce n'est pas effectif, mais il y a vraiment une réflexion qui est là-dessus. Et ce qu'ils veulent faire, c'est marquer un temps d'arrêt pour s'assurer qu'un groupe d'experts sur la question puisse mieux légiférer, parce qu'on s'entend, à l'heure actuelle, il n'y a pas grand-chose qui est fait dans ce domaine-là. Et là, l'idée, c'est d'interdire l'usage de ces lunettes-là, pas sur le pays au complet, mais dans tout ce qui est lieux publics. Donc, parcs, gymnases, tous les endroits où. Jérôme Colombain: [32:10] Finalement, il y a énormément... Bruno Guglielminetti: [32:12] Oui, c'est ça. Mais tous les endroits où il y a énormément de gens et qu'on pourrait filmer à leur insu. Maintenant, on s'entend, les gens qui sont contre cette démarche-là vont dire, bien oui, mais déjà avec le téléphone intelligent, on peut filmer tout le monde. Oui, mais l'idée, c'est qu'à un moment donné, un téléphone intelligent, aujourd'hui, c'est assez gros. Bruno Guglielminetti: [32:30] Et ce n'est pas le cas des lunettes où tu te mets sur le nez. Puis finalement, parce que tu es loin de l'individu qui est en train de filmer, tu ne vois pas nécessairement que tu es filmé. Et donc, tu es filmé à ton insu. Alors, c'est comme un geste de, je trouve ça intéressant, de pause. Mais ayant dit ça ailleurs dans le monde et notamment au Canada, il y a beaucoup de travail qui a été fait dans le domaine. Et c'était pour ça que j'étais intéressant que tu parles de ce sujet-là cette semaine parce qu'ici au Canada, ce qu'on applique, c'est les mêmes lois qui existent pour encadrer l'usage du téléphone intelligent, fonctionne pour les lunettes. Donc, si tu veux, la jurisprudence, c'est la même qui est employée. La seule différence, c'est dans les lieux qui sont privés. C'est-à-dire qu'une salle de cinéma, par exemple, appartient à une entreprise. Là, il reste à l'entreprise de dire oui ou non le port de lunettes connecté. Mais sinon, dans tout ce qui est lieu public, la plupart des grandes municipalités maintenant au Canada appliquent le règlement comme ils le font avec leur téléphone. Et donc, si tu votes dans une piscine publique ou dans un parc où tu n'aurais pas le droit d'utiliser le téléphone cellulaire pour prendre des images de quelqu'un, tu ne peux pas plus utiliser tes vannes. Jérôme Colombain: [33:44] D'accord. Oui, c'est logique. Ça paraît logique. C'est le cas aussi au Royaume-Uni, aux États-Unis, dans les cours de justice. Tout à fait, oui. C'est là où ça a démarré, puisqu'effectivement, il n'est pas autorisé de filmer les... Bruno Guglielminetti: [33:57] J'avais vu ça. Il prend tes lunettes avant que tu rentres, et puis il te les redonne après. Jérôme Colombain: [34:02] Oui, oui. Écoute, moi, je trouve que... Alors, ces lunettes qui permettent de filmer, j'avais qu'une peur, effectivement, que devant un peu un mouvement de panique, on en vienne à jeter le bébé avec l'eau du bain et on dise, bon, allez, non, on va interdire ça sur tout le continent européen, par exemple. Tu vois, un truc cool. Bruno Guglielminetti: [34:20] Tu aurais une démarche tout à fait normale. Jérôme Colombain: [34:22] Une démarche tout à fait normale, voilà. Puisque de toute façon, on va tout interdire. Je veux dire, à part les chars à ta bras, je ne sais pas ce qui va nous rester, franchement. Bruno Guglielminetti: [34:28] La baguette, il se va. Jérôme Colombain: [34:29] Ouais, exactement. Et là, le fait de dire c'est seulement à certains endroits et encore, c'est même sauf s'il y a un intérêt légitime, particulier, etc., c'est une mesure, je suis d'accord avec toi, c'est assez raisonnable. C'est une mesure assez raisonnable. Jérôme Colombain: [34:49] Et je trouve que c'est un très bon juste milieu, un très bon compromis. Effectivement, il y a des tas d'endroits publics en France, tu vas dans les mairies ou autres, les administrations, j'ai marqué de ne pas téléphoner pour ne pas déranger avec le bruit. Alors, ce n'est pas toujours respecté, malheureusement. Mais, ouais, Mais on pourrait tout à fait partir du principe que c'est la même chose, comme tu l'expliques pour le Canada. On ne filme pas les gens à leur insu, comme ça, très facilement. Bon, il restera la question de la voie publique. Jérôme Colombain: [35:24] Dans la rue, sur le trottoir, etc. Et jusqu'à présent, c'est surtout là où il y a eu des dérapages, indéniablement. Mais ces outils qui permettent de filmer comme ça en vue subjective, ce qu'on appelle en first person, en fait, à la première personne, c'est génial. On commence à voir même il y a des manifs en français nous on a des manifs tous les mois à peu près c'est une activité communale bien sûr c'est une activité traditionnelle et donc tu vois des images qui remontent des manifs et qui sont clairement filmées avec des lunettes je ne dis pas que les images sont toujours super intéressantes mais en fait tant qu'à faire remonter ce genre d'image ça paraît logique d'avoir ce genre de point de vue et c'est un élément on va dire que ça peut être considéré comme un élément d'informations. Enfin, pour faire des reportages et autres, c'est super. Donc, voilà pour la Norvège. Mais pour l'instant, on n'a rien de... On n'a rien de similaire en France, je crois. C'est bizarre, ça. On n'a pas encore interdit ça. C'est curieux. Bruno Guglielminetti: [36:20] On sort par la semaine prochaine. Non, mais moi, j'ai l'impression que c'est les députés qui ne savent pas que ça existe. Jérôme Colombain: [36:26] Ouais, c'est possible. Le jour... Oui, oui, exactement. Tu ne crois pas ce qu'il vient de dire. Un jour, il y a un député qui va se faire filmer à son insu, et là, il va monter dans les tours. Là, ça va sortir. Et là, ça va sortir. Bon, est-ce qu'on jette un coup d'œil du côté de ce qui se passe à Cupertino, chez Apple, chez Bruno ? Bruno Guglielminetti: [36:50] Oui, je veux que toi, tu me parles d'Apple, parce que là, on a l'impression… C'est quoi, c'est un retour aux origines ? Jérôme Colombain: [36:59] Oui, c'est amusant. Donc, on a appris cette semaine. Alors, ce n'est pas vraiment un fait d'actualité, mais je crois que c'était un article de Bloomberg, encore une fois, qui expliquait qu'en fait, le nouveau PDG d'Apple, John Ternos, avait l'intention vraiment de mettre les mains dans le cambouis et de s'appliquer très fortement dans la fabrication des produits, notamment dans la fabrication du design. Et pour ça, Apple a restructuré son équipe de design. Ils ont mis en avant des gens qui s'appellent Steve Lemay, Molly Anderson, etc. Et ils ont embauché un Français qui s'appelle Julien Renaud. Alors, j'avoue que je ne le connaissais pas parce que ma culture en matière de design se limite un peu au tire-bouchon de Philippe Starck. Bruno Guglielminetti: [37:42] Et pourtant, quand on regarde ton décor... Jérôme Colombain: [37:46] Oui, mon décor a été conçu spécialement par le designer Jéromus Colombinus et Chad GPT lui-même. Mais bref, ce Julien Renaud qui a l'air d'être un jeune homme plein de talent et avec une vision intéressante parce que, explique-t-on, c'est quelqu'un qui est capable de faire des objets, de travailler le design en partant non pas d'un concept comme ça, tiens, et je vais inventer un super téléphone rond et mou », mais en partant des contraintes industrielles, c'est-à-dire en partant vraiment de ce dont ont besoin les ingénieurs. Il leur faut autant de place dans l'appareil pour faire loger leurs composants, pour refroidir, pour je ne sais pas quoi, ils ont tel matériau à leur disposition. Et lui, c'est en partant de ces contraintes-là que, paraît-il, il est très fort pour créer de beaux produits. Bruno Guglielminetti: [38:39] Ils ne sont pas en train de répéter, par ces choix stratégiques-là, ils ne sont pas en train de répéter ce qu'a été le succès d'Apple à l'époque avec Jobs? Jérôme Colombain: [38:48] Oui, je pense que tu as raison, c'est ce que tu disais. C'est un peu un retour aux origines, ou en tout cas à une certaine époque. Parce que ce n'était pas le truc de Tim Cook, tout ça. Bon, Tim Cook, c'était l'homme de la supply chain, et puis de la productivité, et puis de plein d'autres choses. Bruno Guglielminetti: [39:08] Oui, puis tu vois, si tu me permets de rajouter sur Tim Cook, Tim Cook a développé l'écosystème d'Apple. Tous les services qui sont joints à ça. Donc, il était beaucoup plus du côté du logiciel, de l'écosystème. Tandis que là, tu as un thermiste qui revient un peu comme job. Et lui, ce qui l'intéresse, c'est les produits. Jérôme Colombain: [39:29] Oui, c'est bien. C'est une bonne nouvelle pour les utilisateurs, c'est une bonne nouvelle pour Apple, c'est une bonne nouvelle pour l'histoire de la tech qui va continuer à s'écrire avec un monsieur comme ça. Maintenant, il faut qu'il nous surprenne, il ne faut pas qu'il nous déçoit. C'est amusant parce que ça tombe en plus pile-poil au moment où il y a eu pas mal de commémorations, en tout cas d'articles, pour rappeler que c'est les 15 ans de la mort, de la disparition de Steve Jobs. Donc voilà, 15 ans après, l'histoire s'enclenche sur un nouveau truc. Apple, qui t'y a vu, devrait faire des annonces la semaine prochaine? Bruno Guglielminetti: [40:05] Oui, puis dans le fond, avant Noël, il y a deux séries d'annonces. Jérôme Colombain: [40:08] Oui. Bruno Guglielminetti: [40:08] Il y en a une sur les ordinateurs qui va être plus tard et il y a celui qui va être plus intéressé pour le volet domotique. Jérôme Colombain: [40:21] Exactement. Oui, tout à fait. On parle du 13 octobre, mais apparemment, ce ne serait pas une keynote. Ça se trouve, ce sera juste quelques communiqués. Mais il semble qu'ils aient bossé avec LG c'est ça oui pour fabriquer c'est amusant Bruno Guglielminetti: [40:33] Et puis, à la grande surprise de tout le monde, parce qu'on s'entend que d'habitude, tout est fait maison. Jérôme Colombain: [40:37] Oui, mais oui, mais ce n'est pas leur corps de métier de fabriquer des sonnettes, des trucs comme ça. Je pense qu'ils feront une espèce de hub avec un écran, ça, ils savent faire. Ils avaient fait le HomePod, ils ont fait l'iPad, etc. Tu mets les deux ensemble, tu les fais s'accoupler, hop, tu as un hub pour la maison. Mais en revanche, pour vraiment les produits, les sonnettes, les interrupteurs, les trucs comme ça. Moi, j'attends ça avec impatience parce qu'effectivement, j'en parlerai dans mon podcast Maisons Connectées, ce sera l'objet d'un épisode. Et en même temps, moi, je suis très Maisons Connectées et je vais te faire une confidence, je ne suis pas très Apple pour la Maisons Connectées. Bruno Guglielminetti: [41:18] OK. Jérôme Colombain: [41:18] Parce que c'est trop fermé. T'es plus quoi? Bruno Guglielminetti: [41:21] Mais c'est ça, regarde, je vais revenir à t'es plus quoi. C'est ça que je trouve un peu bizarre, de tout de suite s'acoquiner avec un fabricant alors que normalement, si tu penses en fonction des consommateurs, mais ce n'est pas toujours la force d'Apple, petite parenthèse, normalement, ils auraient dû être agnostiques. Et un peu comme Google ou Amazon. Jérôme Colombain: [41:46] Apple, ils ne peuvent pas être agnostiques. Bruno Guglielminetti: [41:48] Non, je le sais. Jérôme Colombain: [41:49] S'ils font du Wi-Fi, ils réinventent le Wi-Fi. S'ils font l'USB, ils réinventent l'USB. Bruno Guglielminetti: [41:54] On s'entend que ce n'est pas pensé aux consommateurs. C'est pensé à leur projet. Jérôme Colombain: [41:57] Non, je suis d'accord avec toi. Alors, oui et non, parce qu'on peut… Non, ils te diront l'inverse. Ils te diront au contraire. Au contraire, c'est pensé pour le consommateur parce que grâce à nous, tout devient tellement simple. Bruno Guglielminetti: [42:06] Ce qui n'est pas faux. Oui, sauf que moi, je pense à des gens qui ont investi des milliers de dollars dans leur maison en équipement. Jérôme Colombain: [42:12] Oui, tout à fait. Bruno Guglielminetti: [42:12] Et là, du jour au lendemain, ils vont devoir se rééquiper pour que ça puisse fonctionner avec leur téléphone, avec leur Mac. Jérôme Colombain: [42:21] C'est pour ça que moi, je ne suis pas très Apple pour la maison connectée parce qu'en fait, comme j'ai commencé très tôt… J'ai installé des tas de trucs bizarroïdes très différents. J'ai installé tous les protocoles de la maison connectée, le Zigbee, le Z-Wave, le N-Océan et tout. J'ai tout dans la maison. Et tout ça cohabite. Et ça, Apple est incapable de faire cohabiter tout ça. Bruno Guglielminetti: [42:41] Je comprends. Jérôme Colombain: [42:42] Je suis obligé de passer par des solutions un peu plus ouvertes. Enfin bref, on va attendre. Il y aura peut-être quand même des choses intéressantes. Bruno Guglielminetti: [42:48] Oui, des grandes surprises à l'horizon. Jérôme Colombain: [42:53] Je te propose qu'on termine par un petit mot d'hommage et de regard sur le passé avec la disparition d'une personnalité de l'informatique. C'est une personne qui vient de mourir, que personne ne connaît, il faut bien le dire, et qui pourtant a beaucoup compté, et qui est une femme. Il s'agit de Margaret Hamilton. et Margaret Hamilton, qui vient donc de décéder le 30 septembre à l'âge de 90 ans, c'était une ingénieure logicielle de la NASA et elle était vraiment pionnière du logiciel et c'est elle qui avait développé tout le logiciel qui équipait notamment la mission Apollo 11. Bruno Guglielminetti: [43:38] C'est elle qu'on voit à un moment donné sur une photo avec une pile de cartes ou de feuilles. Jérôme Colombain: [43:45] Exactement, c'est ça. C'est amusant parce que d'ailleurs cette photo est assez connue, elle a beaucoup circulé ces derniers temps et au lieu qu'elle soit devant un ordinateur, elle est devant des piles de bouquins de copies, je crois que c'est tout le logiciel qui était emprunté. Bruno Guglielminetti: [44:04] C'est toutes les lignes de code qui sont là. Jérôme Colombain: [44:06] C'est toutes les lignes de code d'Apollo 11, c'est génial. Et voilà elle était très forte et il paraît que c'est notamment elle qui avait permis de fiabiliser le logiciel d'Apollo 11 pour éviter les hallucinations je pense qu'on ne parlait pas d'hallucinations à l'époque mais forcément on parlait de bug puisque le mot bug a été inventé à peu près à la même époque et il valait mieux qu'il n'y ait pas de bug sur ce genre de choses même si on sait que l'ordinateur d'Apollo 11 à mon avis ça ne devait pas être un foudre de guerre Bruno Guglielminetti: [44:37] Non quand tu regardes les photos l'équipement général, le tableau de bord, c'était rustique. Jérôme Colombain: [44:43] Mais voilà, donc c'est une personnalité de l'histoire de la technologie et de l'informatique. Et puis en plus, c'est quand même incroyable parce que c'était une femme et ça nous rappelle qu'à cette époque-là, il y avait beaucoup de femmes qui étaient dans l'informatique, en fait. C'était un métier très féminin. Bruno Guglielminetti: [45:01] Oui, puis il y a eu un film ou des films qui ont été faits sur le sujet. Puis dans le fond, qui nous rappelle que s'il n'y avait pas eu ces femmes ingénieures-là, un, les hommes ne seraient jamais partis en fusée de la planète, mais il y a énormément d'avancées techniques qui étaient du domaine tout à fait féminin. C'est ça qui est drôle. Quand on parle avec des organisations maintenant qui travaillent à faire la promotion du domaine des sciences auprès des jeunes femmes, on rappelle rapidement que c'était d'abord un milieu féminin. Et à un moment donné, quand ça a commencé à fonctionner, c'était plus juste du jeu de bras, bien là, les hommes sont arrivés, puis tranquillement, ils ont pris toute la place. Mais ces femmes-là ont fait vraiment la différence dans l'équation. Et si on est rendu où on est aujourd'hui, bien c'est bien grâce à elles. Jérôme Colombain: [45:51] Tout à fait. Et c'est bien parce que ça montre que finalement, ce n'était pas un métier d'homme à l'époque. C'est-à-dire que, voilà, elles avaient leur place elles n'avaient pas leur place partout dans la société mais en tout cas là elles l'avaient Bruno Guglielminetti: [46:07] Tout à fait. Jérôme Colombain: [46:08] Et il y a cette série que j'adore, je ne sais pas si tu as vue, je crois que c'est sur Apple TV+, qui s'appelle For All Mankind. Bruno Guglielminetti: [46:15] Ouais. Jérôme Colombain: [46:16] Ah, moi je la recommande. C'est génial. C'est une dystopie, enfin c'est une... Non, comment on appelle ça ? On appelle ça une uchronie. C'est une uchronie, c'est-à-dire que ça part d'une histoire réelle, mais ça dévie sur un truc complètement irréel. Et en fait, ça raconte la conquête spatiale, Mais comme si c'était des femmes qui l'avaient faite. Et l'histoire a été renversée, le pitch de départ, je crois que c'est les Russes qui ont marché sur la Lune, et du coup les Américains sont comme des fous, ils essayent de rattraper, et ils forment non pas des cosmonautes hommes, mais essentiellement des cosmonautes femmes. Il y a la cinquième saison qui arrive là, et j'ai adoré, j'adore cette série. Bruno Guglielminetti: [46:59] C'est le temps de faire du binging de bord. Jérôme Colombain: [47:02] Voilà. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton éminent carnet? Bruno Guglielminetti: [47:11] L'éminence, cette semaine, s'intéresse à Louis Têtu, qui est le grand patron de Coveo, qui est une des boîtes les moins connues au Canada dans le domaine de l'IA, mais qui est connue à travers la planète. Il travaille avec des grosses entreprises internationales. Et ces gens-là sont, dans le monde de l'informatique depuis au moins deux décennies. Et eux ont toujours été à la vente de la parade pour trouver des solutions dans le commerce électronique, la vente en ligne, mais de gros joueurs, de grandes entreprises internationales. Et donc maintenant, évidemment, ils ont inclus l'intelligence artificielle et, j'en profite pour avoir une conversation avec Louis Tétu qui est le grand patron, de l'entreprise depuis longtemps. Et puis sinon, on va parler de Montréal Connect. Ça commence très bientôt avec le grand patron de la chose. Là, c'est vraiment intéressant parce que c'est Un peu comme dans mon carnet, mais là, c'est en vrai à Montréal, c'est la francophonie qui s'intéresse au numérique et à l'IA, notamment cette année, qui se retrouve ici pour soulever des questions. Et aussi beaucoup de maillage entre les entreprises. On dit que, on dit, moi, je pourrais citer année après année, c'est fascinant de voir tous les trucs qu'ils trouvent pour se faire rencontrer des entreprises qui sont complémentaires et qui viennent de peu partout à travers la planète. Et donc, il y a des occasions comme ça de rencontrer, ça vaut vraiment la peine. On en parle dans mon carnet. Jérôme Colombain: [48:36] D'où le nom Connect, j'imagine. Bruno Guglielminetti: [48:38] Exactement. Jérôme, tu nous parles de quoi cette semaine? dans mon numérique. Jérôme Colombain: [48:43] Tiens, à propos de francophonie, moi, je m'intéresse à un sujet que j'ai trouvé génial et je sais que toi aussi, ça t'a intéressé parce que tu en as parlé à l'écrit dans ton carnet. C'est cette étude selon laquelle le fait de parler français à des intelligences artificielles coûte plus cher. C'est génial. Alors, c'est l'entreprise française Baracoda qui a mené une étude. Baracoda, je la connais bien parce que c'est Thomas Serval, que je connais depuis très très longtemps, qui est le fondateur et le PDG de cette entreprise, qui a plusieurs facettes parce que c'est une société qui a fait aussi bien des objets connectés pour la maison, notamment pour la santé, la salle de bain et autres. Et parallèlement, au sein de l'entreprise, il a mis sur pied récemment un LabIA. Et ce LabIA vient de passer en revue les différents modèles et il arrive à la conclusion que, par les Français à Chagipiti ou à Claude ou à autre, ça bouffe plus de tokens, les fameux tokens. Et les tokens, on sait que les entreprises qui utilisent l'IA via des API, elles payent aux tokens. Donc, si tu consommes plus, ça coûte plus cher. Voilà, donc, interview de Thomas qui nous explique tout ça en détail. Voilà, voilà, mon ami. Bruno Guglielminetti: [49:58] Bien d'entendre ça. Jérôme Colombain: [50:00] Bruno, je te remercie pour cette séquence. Merci de t'être introduit subrepticement dans le monde numérique. Et merci de m'avoir ouvert la fenêtre pour que je glisse une tête dans ton carnet. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine. Bruno Guglielminetti: [50:16] J'aimerais que ta tête est toujours bienvenue dans mon carnet. Et je te dis à la semaine prochaine. Jérôme Colombain: [50:19] Ta tête est mise à prix. Bruno Guglielminetti: [50:22] Pas encore, pas encore. Jérôme Colombain: [50:23] Salut. Pas encore. Ciao.
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