Monde Numérique :
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0:11] L'intelligence artificielle menace-t-elle l'emploi des jeunes ? Ça y est, la menace se rapproche selon une étude. Mais attention, les résultats sont à prendre avec des pincettes. L'actu de la semaine, c'est aussi un nouveau modèle de langage signé Mistral et Haï. La pépite française va-t-elle refaire son retard dans la compétition internationale ? Chad GPT qui cartonne lui en mathématiques et puis Amazon qui lance de nouvelles tablettes pour concurrencer l'iPad. Comme chaque semaine on ira au Canada à Montréal pour retrouver mon camarade Bruno Guglielminetti. On va parler des nouvelles mesures mises en place par les géants de la tech pour marquer les contenus générés par intelligence artificielle et puis aussi de Sam Altman qui relativise les dangers de l'IA. Les interviews de la semaine. Parler français à l'IA coûterait plus cher, car ça consomme plus de tokens que si on lui parle en anglais. Étonnante étude, signée de la société Baracoda, je reçois son dirigeant Thomas Herval.
Monde Numérique :
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1:30] Enfin, pour ceux qui veulent utiliser l'IA, mais qui n'y connaissent absolument rien, votre maman, votre grand-mère, on parlera d'un site qui prend par la main les néophytes pour leur expliquer comment faire. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 10 octobre 2026.
Invité :
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1:52] Monde numérique, Jérôme Colombin, Salut.
Monde Numérique :
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1:58] Salut, comment allez-vous ? Bienvenue à l'écoute de ce nouvel épisode de Monde numérique l'hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes et plus même de news, de décryptage, d'interviews. Abonnez-vous à ce podcast si ce n'est pas déjà fait sur la plateforme de votre choix. Et puis retrouvez également l'application mobile, la Monde numérique signée Goodbarber, le spécialiste français de la création d'appli en no-code, c'est-à-dire sans avoir besoin de programmer. En quelques clics, on peut fabriquer sa propre appli iOS Android ou Progressive Web App. Alors la nouvelle version de l'application Monde Numérique est disponible. Elle propose plusieurs nouveautés comme l'écoute rapide, le minuteur de sommeil, etc. Il suffit de la télécharger ou, si vous l'avez déjà, de faire la mise à jour sur iPhone ou Android.
Monde Numérique :
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2:41] C'est donc le sujet à la une de cette émission de la semaine. Les jeunes seraient bel et bien en train de faire les frais de l'intelligence artificielle. Voilà, qui ne va pas ranger leurs affaires dans le contexte un peu inquiétant en plus du moment, avec les mouvements des lycéens, etc.
Monde Numérique :
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3:00] On a beaucoup dit que le développement de l'IA en entreprise avait tendance à nuire à l'emploi des plus jeunes. Eh bien, c'est vérifié, si l'on en croit, à une étude qui vient de sortir, une étude émanant de HEC et de la Banque de France, donc c'est a priori assez sérieux, qui mesurent l'impact de l'IA générative sur l'emploi. Et les chiffres sont là. Les embauches de jeunes en CDI auraient considérablement baissé depuis 2022. 75 000 CDI de moins par an pour les 21-29 ans. Ça représente une baisse d'un peu plus de 28% dans les métiers les plus exposés à l'intelligence artificielle. Les développeurs informatiques, les traducteurs, les journalistes, les techniciens bancaires ou encore les cadres spécialisés dans les études économiques et financières. La baisse atteint en France 42% pour les développeurs informatiques entre 2022 et 2026. Alors, l'IA ne détruit pas directement des emplois, mais elle bloque le marché du travail, c'est-à-dire que les recrutements des plus jeunes sont plutôt en stand-by. En fait, une entreprise qui confie à l'IA une partie des tâches habituellement dévolues aux débutants a moins besoin de recruter. Quand on débute dans un métier, on commence généralement par des tâches relativement simples. Dans un cabinet de conseil, on fait des présentations, on analyse des documents.
Monde Numérique :
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4:15] En entreprise informatique, on fait du code. Dans une rédaction, quand on est jeune journaliste, on commence par rédiger des brèves. Les tâches de débutant, de junior, comme on dit. Mais aujourd'hui, ces tâches peuvent être de plus en plus effectuées par de l'IA générative. Donc, une entreprise se dit qu'au lieu de recruter un débutant, elle va donner le travail à un assistant IA piloté par un salarié expérimenté. Et d'ailleurs, les salariés plus âgés, seniors, experts, eux, ne souffrent pas de ce problème et s'en sortent plutôt bien. Pour les entreprises, c'est d'abord un calcul économique, en tout cas à court terme. Car le problème qui est soulevé par plusieurs experts, c'est celui du long terme. Que va-t-il se passer dans le futur ? Si on n'embauche plus du tout de jeunes, eh bien, on ne fabriquera plus d'experts seniors pour plus tard. Premier problème. À long terme, ça pourrait même avoir un autre effet rebond, qui est que les jeunes se détournent de certaines filières. Et donc, paradoxalement, dans le futur, une pénurie dans certaines branches.
Monde Numérique :
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5:15] Cette nouvelle étude française qui remet le sujet sur le tapis est confirmée par d'autres études qui ont eu lieu également ces derniers temps. Notamment, on cite beaucoup une étude de Stanford qui avait noté 19% d'écart d'emploi chez les jeunes par rapport aux seniors. Mais attention, car causalité n'est pas corrélation et les auteurs de l'étude française eux-mêmes relativisent certains chiffres. Ils expliquent qu'on ne mesure pas encore véritablement la proportion exacte de la baisse des embauches qui serait directement causée par l'IA. Par exemple, l'adoption de l'intelligence artificielle dans les entreprises est assez récente et on ne la mesure que depuis très peu de temps. En outre, attention parce que toutes les recherches ne vont pas dans le même sens. Par exemple, au Danemark, des économistes ont étudié les conséquences de l'arrivée de ChatGPT. Et là, surprise, ils ne constataient récemment aucun effet significatif sur les revenus, sur le nombre d'heures travaillées deux ans après le lancement du Chatbot. Même constat, ou presque, en Norvège, avec une étude publiée en juin 2026, qui ne détecte pas non plus de décrochage généralisé de l'emploi des jeunes dans les métiers les plus exposés. Aux États-Unis aussi, l'université Yale suit de près ce phénomène, et dans sa dernière mise à jour en septembre 2026, elle ne trouve pas de preuves claires d'une perturbation globale du marché du travail provoquée par l'IA.
Monde Numérique :
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6:36] Alors où est la vérité dans tout ça ? Peut-être un peu partout et peut-être dans les détails, parce que ces études déjà ne mesurent pas toutes exactement les mêmes choses. Il faudrait donc se pencher à la loupe sur les différentes courbes et les différents chiffres. Certaines observent les recrutements des jeunes, d'autres regardent le nombre total d'emplois, les revenus ou les heures travaillées. Et les effets peuvent être différents selon les pays, les métiers ou la manière dont les entreprises utilisent l'IA.
Monde Numérique :
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7:02] Et puis, il y a le deuxième côté de la pièce, c'est que l'IA ne fait pas que remplacer des salariés. Elle peut aussi les rendre plus productifs. Une amélioration de productivité qui permet aux entreprises de se développer, de proposer de nouveaux services à leurs clients, de créer aussi de nouveaux emplois. Tous ces différents phénomènes peuvent se produire en même temps. On est donc en plein dans ce qu'on appelle la destruction créatrice schumpeterienne. Enfin, il y a aussi des éléments extérieurs, comme le notent ces différentes études, parce que depuis 2022, il s'est passé beaucoup de choses. Il y a eu un ralentissement économique, hausse des taux d'intérêt, difficulté du secteur technologique après les années Covid, etc.
Monde Numérique :
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7:43] Et tout cela a également pesé sur les recrutements, notamment les recrutements des jeunes. Donc, en conclusion, pour le moment, oui, on observe des corrélations assez fortes, Mais on ne peut peut-être pas encore affirmer avec certitude que l'IA est directement responsable de l'ensemble de ces baisses. On ne voit pas encore de vagues massives, de tsunamis, de jobpocalypse, même si évidemment on peut penser que cette tendance va se confirmer. Et la conséquence, c'est qu'il va sans doute falloir repenser sérieusement la manière dont on recrute et aussi dont on forme les jeunes dans les entreprises. C'est peut-être ça, finalement, le plus grand défi de l'intelligence artificielle sur le marché du travail.
Monde Numérique :
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8:24] Tout cela n'empêche pas l'intelligence artificielle de continuer à se développer, notamment en France. Et cette semaine, c'est Mistral qui a créé l'événement en lançant son nouveau modèle de langage. Mistral Large 4, surnommé le chonk. Ça veut dire le gros chat, puisque Mistral continue à filer la métaphore sur l'histoire du chat. Nouveau modèle qui arrive sept mois après le précédent. C'est long, dans un paysage où, en général, ça va beaucoup plus vite. En tout cas, chez les concurrents. Un modèle présenté comme très costaud, hyper fort, plus de 1000 milliards de paramètres. Il est capable d'écrire du code, d'analyser des documents, d'accomplir des tâches en plusieurs étapes. Donc, c'est l'aspect agentique dans les domaines de la cybersécurité, de la finance, de l'ingénierie. Et il sortirait haut la main de plusieurs comparatifs, des fameux benchmarks. Mais pas tous font remarquer les experts. Il y en a certains où ils se placent devant notamment les moteurs chinois. Mais d'autres où, en fait, il est encore très en retard et il serait à plusieurs mois de développement des fameux Chinois et encore plus des Américains. Récemment, Arthur Mensch, le patron de Mistral, déclarait que dans quelques mois, eh bien, il rattraperait ses concurrents chinois. Bon, on verra, parce que si parallèlement les autres continuent à avancer, ce sera peut-être quand même pas évident. En tout cas, ce modèle qui n'est pas vraiment destiné, même pas du tout aux particuliers.
Monde Numérique :
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9:48] Visent au contraire les entreprises, les entreprises françaises, notamment celles qui sont à la recherche de modèles d'IA puissants, mais avec le côté souveraineté numérique française, évidemment. Et c'est un moyen pour Mistral de montrer que, eh bien, contrairement à ce qu'on a pu penser ces derniers mois, il est encore dans la course aux grands modèles de langage. Alors, on en parle d'ailleurs de tout ça dans le débrief transatlantique de cette semaine avec Bruno Guglielminetti en date du 9 octobre, version intégrale à retrouver sur le fil du podcast Monde Numérique. Mistral qui ne fait pas que des heureux, cela dit, et qui déçoit même certains acteurs du numérique. En l'occurrence, le moteur de recherche écologique Ecosia, qui a décidé d'abandonner les modèles de Mistral pour son fonctionnement au profit de modèles chinois. Motif ? Eh bien, le fondateur d'Ecosia critique la qualité des modèles de Mistral et leur retard dans l'arrivée sur le marché. Ecosia pointe aussi l'aspect environnemental, car il fait trop appel au nucléaire. Et le nucléaire, ce n'est pas bien selon Ecosia, bien que ce soit de l'énergie décarbonée. Mais bon, ils préfèrent se tourner vers des modèles open source, y compris chinois, donc, dont on peut se demander quand même s'ils sont vraiment plus vertueux au niveau environnement. Enfin bref, et rappelons que la part de marché d'Ecosia dans le monde, ça reste quand même extrêmement minime, puisque ça tourne entre 0,3 et 1% à peine.
Monde Numérique :
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11:13] Tiens, à propos d'environnement toujours, Bonjour, va-t-on vers trop de data centers étrangers en France ? C'est ce que pense en tout cas le député François Ruffin, qui va déposer une proposition de résolution pour un moratoire sur les centres de données extra-européens. Amazon, Google, Softbank, tous ces gens-là adorent la France. Ils viennent de plus en plus s'installer sur le territoire français, parce que, un, il y a de la place, il y a de l'huifoncier, et deux, il y a cette fameuse énergie décarbonée, et pas chère. Sauf que ça poserait des problèmes environnementaux, selon les riverains qui s'opposent en général à ce genre d'implantation. Il y a aussi la question des données personnelles, la question de la souveraineté numérique. Donc voilà, début de guerre contre les méchants envahisseurs du numérique. Le problème, c'est que dans ces projets de data center, il y a aussi des projets mixtes avec des Français et des extra-européens, comme le Campus IA avec Mistral et AI, justement. Et donc vouloir restreindre les étrangers, ça pourrait aussi avoir un impact, par voie de conséquence sur des acteurs français.
Monde Numérique :
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12:19] Chagipiti cartonne littéralement en maths. Récemment, OpenAI annonçait avoir résolu une équation datant de 1822, la fameuse équation dite de Navier-Stokes sur le mouvement des fluides. Et cette semaine, la firme américaine a remis ça en annonçant avoir soumis environ 4000 problèmes mathématiques à une de ses super IA, qui est.
Monde Numérique :
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12:43] Assez secrète, qui n'est pas accessible à tout le monde, dont des problèmes jamais résolus par les humains, Elia aurait produit 722 documents scientifiques résultant de ces équations, de ces problèmes, avec des démonstrations et des résultats nouveaux. Parmi eux même, apparemment, une avancée potentiellement majeure sur l'hypothèse de Riemann, un vieux problème qui date de 167 ans.
Monde Numérique :
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13:08] Alors tout cela à un prix, malgré tout, chaque résultat a nécessité une puissance de calcul équivalente à environ 3 heures de réflexion de chat GPT Pro. Et pour l'instant, ça ne représente pas des découvertes validées, car il faudrait encore que ce soit examiné par des mathématiciens pour connaître la vraie valeur de ces résultats. Mais ces découvertes sont quand même qualifiées d'événements majeurs pour les mathématiques. Cela dit, ça ne fait pas l'unanimité, notamment avec des accusations de plagiat de la part de certains mathématiciens. Et puis certains s'inquiètent aussi car ces résultats produits par l'IA ne sont pas vérifiables pour l'instant et cela empêcherait donc, paraît-il, la recherche de progresser. Voilà, alors OpenAI, cela dit, a réagi en annonçant la création d'un groupe consultatif en mathématiques et en IA qui sera chargé de fournir des recommandations sur l'examen des nouveaux résultats. Bref, pendant longtemps, les LLM avaient la réputation de ne pas être bons en maths et en fait, ils n'étaient même pas capables de faire des opérations simples sans se tromper Mais apparemment, ils ont bien progressé, eux. Et ce qui, d'ailleurs, n'est pas sans poser de vraies questions vertigineuses sur l'avenir de la recherche en mathématiques.
Monde Numérique :
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14:16] Allez, un coup d'œil sur des nouveaux produits tech cette semaine, des produits s'y dit Amazon, des tablettes, ce qui marque le grand retour d'Amazon sur ce marché. Trois tablettes entre 230 et 500 euros, Alexa tablette 8, modèle 11, tablette 12 Pro, et notamment ce modèle 12 Pro équipé d'un écran imitant la texture du papier, ce qui en fait donc à la fois une tablette et une liseuse. La principale nouveauté aussi pour ces trois tablettes, c'est l'intégration, de l'intelligence artificielle Alexa+, le chatbot de la marque Amazon, concurrent de ChatGPT, un assistant qui est donc disponible en permanence via un petit bouton sur l'écran qui peut répondre à des requêtes vocales ou écrites. Et par ailleurs, autre changement majeur, Amazon abandonne son système d'exploitation fermé pour Android avec la version 16 d'Android, ce qui permet de télécharger sur ses tablettes des applications Google, venant du Google Play Store. Voilà, donc des concurrents de l'iPad et puis des autres tablettes existantes, sur le marché et un virage pour Amazon qui montre qu'il est en train de revenir sur ce segment des tablettes parce que ce ne sont pas les premières de la marque.
Monde Numérique :
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15:31] Avant de passer à la suite, une communication commerciale de l'entreprise F2R2 à propos de Frogans, partenaire de Monde Numérique Lebdo. Frogans, dont je vous parle depuis plusieurs mois, c'est un nouveau standard de publication en ligne. Un Internet tranquille, sans publicité, tous azimuts, respectueux de la vie privée, avec des contenus qui sortent des fenêtres du web classique. La première grande révolution d'Internet, c'était la vitesse de connexion, grâce au haut débit. Selon les créateurs de Frogans, La seconde sera la vitesse d'utilisation des contenus. Pour financer le déploiement de cette technologie née en France, F2R2 ouvre à nouveau son capital au public, avec une nouvelle offre de titres à différents niveaux d'investissement à partir de 1000 euros et jusqu'à des montants beaucoup plus élevés. Pour connaître les conditions de l'offre de titres ouvertes au public, déposées à l'AMF et le document d'information, rendez-vous sur f2r2.fr. Attention, investir comporte un risque en perte de capital.
Monde Numérique :
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16:24] Allez, c'est le moment d'établir la connexion hebdomadaire avec l'autre côté de l'Atlantique, là-bas, au Canada, pour retrouver mon camarade Bruno. Salut Bruno Guilleminetti à Montréal.
Invité :
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16:42] Salut Jérôme Colombat à Paris.
Monde Numérique :
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16:44] Bruno, on a beaucoup parlé ces derniers temps de ces gens qui utilisent l'intelligence artificielle parfois sans le dire et ça pose problème. Alors quand on est écrivain et qu'on décroche un prix, ça peut effectivement poser un certain nombre de questions. Et puis surtout, il y a une réglementation par rapport à ça en Europe. On va le rappeler puisque nous sommes le continent de la réglementation. Il y a l'AI Act.
Invité :
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17:07] C'est toi qui le dis, c'est pas moi.
Monde Numérique :
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17:08] C'est moi qui le dis, j'assume totalement. Ce n'est pas sans m'énerver par certains côtés à certains moments.
Invité :
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17:14] Mais c'est pour votre bien, votre sécurité.
Monde Numérique :
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17:16] Voilà, on va dire ça. Mais bien sûr, c'est pour tout à fait, pour préserver le marché, nos libertés, etc. Donc, il y a des obligations maintenant de transparence par rapport au contenu créé par IA. Et les grandes plateformes ont réagi, ont répondu petit à petit avec la mise en œuvre de différents services. il y a Google, il y a ChatGPT, qui annonce un système pour détecter les textes générés sur sa plateforme, puis il y a Anthropik aussi, etc. Qu'est-ce que tu en penses de tout ça ?
Invité :
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17:49] Je pense que c'est intéressant que les joueurs qui créent ces outils-là, qui permettent de faire justement de la création avec l'intelligence artificielle, puissent donner aussi des outils aux gens pour savoir si oui ou non, telle création, qu'on parle d'un texte, qu'on parle d'une image, d'une vidéo, même de l'audio, soient identifiables.
Invité :
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18:11] Je pense qu'il y a deux initiatives qui valent vraiment la peine d'être mentionnées cette semaine dans ce contexte-là. Il y a Synth ID qui existait depuis un moment, mais qui était uniquement réservé aux journalistes qui font de l'enquête et puis à certains chercheurs. C'est Google qui est derrière ça. Et ça, ça va permettre, donc, pas avec tous les fichiers, on s'entend, mais avec un grand nombre de créations IA de pouvoir vérifier si c'est bien de l'IA. Puis évidemment, il y a des gens qui vont tester d'autres vidéos qui ont été faites à la mi-thème, comme auparavant, mais qui, dans le doute, vont utiliser ça. Ça, c'est une chose. C'est une belle initiative. Mais de l'autre côté, pas ce qui me surprend, mais bon, c'est pour aller avec l'encadrement législatif européen. C'est OpenAI qui annonce que ChatGPT, très bientôt, va intégrer un filigrane à l'intérieur des créations textuelles qui sont faites par les usagers en Europe par rapport à leur création en texte. Et puis, à quelque part, je me disais…, Parce qu'il faut savoir, en Europe, ça va être de facto, ça va être ça. Et ça sera disponible à travers le reste de la planète, mais il faudra aller l'enclencher. Alors, je me dis, pourquoi pas le faire à la grandeur de la planète? Mais bon, je pense qu'ils ne voulaient pas hériter tout le monde. Alors, ils ont dit, bon, on va juste taper sur les doigts des Européens, puis c'est tout.
Monde Numérique :
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19:33] Oui, oui, tout à fait. Alors, sur le plan technique, c'est intéressant parce que, comment on fait pour créer un système comme ça, qui permet d'authentifier en quelque sorte les contenus générés par IA, sachant que de toute façon, ce n'est pas fiable à 100%. Non. Mais tu as parlé de filigrane, effectivement, notamment pour Google, pour les images et les vidéos. Pour ChatGPT, tu as vu, c'est un truc qui est assez sophistiqué parce que dans du texte, c'est plus difficile de mettre du filigrane. Donc en fait, ça va être une espèce d'analyse sur la combinatoire des mots dans les textes. C'est-à-dire que si j'ai bien compris, Tchadji Piti, quand tu lui feras une requête et qu'il te donnera une réponse, eh bien, le choix des phrases et des mots employés répondront déjà à, cette nécessité d'authentification et donc fera une espèce de combinaison qui ensuite pourra être détectée par un logiciel spécialisé.
Invité :
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20:36] Mais quand j'ai lu ça, moi, ça m'a fait rire parce que je me suis dit, à force de voir des textes qui sont créés par l'IA, il y a peut-être une nouvelle génération de gens qui écrivent, qui vont se mettre à écrire comme ça. Donc, ça fonctionne aujourd'hui. Mais dans quoi? Dans cinq ans, dans dix ans, peut-être qu'on va tous écrire comme ça.
Monde Numérique :
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20:55] C'est vrai. Oui, on aura pris l'habitude d'écrire comme les IA. Ben oui. Bon, et alors, en tout cas, ça montre bien aussi que c'est pas, forcément, c'est pas une assurance tout risque, parce que si tu prends un texte généré par IA et que tu le retravailles, tu risques de faire sauter cette sécurité-là.
Invité :
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21:15] Et OpenAI le dit bien. Donc, c'est un ajout, une sorte de filtre par lequel on peut juger si c'est une création IA. Mais c'est ça, il va changer un ordonnancement, une phrase, puis un mot ici et là. Parce qu'on le rappelle, l'intelligence artificielle, dans le cas du GPT et compagnie, quand ça fait de la rédaction, c'est de la probabilité. Je mets ce mot-là, je mets ce mot-là, je mets ce mot-là parce qu'il est très probable que ce mot-là vienne à la suite de celui-ci pour exprimer dans tel contexte une telle situation.
Monde Numérique :
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21:56] Ce matin, le ciel est bleu, orange ou vert. Il y a plus de chances que ce soit bleu.
Invité :
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22:02] Exactement. Ça dépend de où tu habites. Mais disons que pour la France et le Canada, on va mettre bleu.
Monde Numérique :
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22:07] Oui. Toi, vous avez du ciel orange parfois, ou bleu, ou vert.
Invité :
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22:11] Oui, quand il y a les feux de forêt, c'est sûr que ça commence à changer de couleur.
Monde Numérique :
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22:18] Oui, mais en même temps, on est en train de dire que ce truc-là est falsifiable, en tout cas.
Invité :
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22:24] Ce n'est pas sur le 100%.
Monde Numérique :
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22:26] Oui, mais en fait, ce n'est pas choquant. Ce n'est pas gênant. Puisque dans la mesure où tu prends un texte qui a été généré par Iam, Mais si derrière, c'est un humain qui le corrige, ce n'est plus un texte entièrement généré par Ria.
Invité :
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22:37] Oui, mais écoute, quand tu parles avec des maisons d'édition et que leur politique, c'est 100% de pas d'utilisation de l'IA, dans un contexte où ce que tu racontes, c'est-à-dire un texte qui aurait été fait par l'IA et tu as un humain qui passe par-dessus, il a quand même été pondu au départ par…, Je te donne un exemple très concret qui me touche. Moi, systématiquement, les documents que j'écris, incluant les articles, il y a une première version qui est faite par une IA. C'est moi ce que j'appelle la version martyr. Et à partir de celle-là, il y a des choses que je corrige ou je vais retourner et je vais dire là-dessus, il n'y a pas d'intérêt, elle ne parle pas de ça, mais focus plutôt sur tel angle, ou tel détail ou rajoute ta petite information. Et là, on s'entend, il y a un humain qui a été... La démarche éditoriale est faite par un humain.
Monde Numérique :
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23:25] Bien sûr.
Invité :
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23:26] Mais il y a quand même de la machine qui a travaillé là-dessus. Alors là, tu te dis, s'il se fait analyser par un document comme ça, jusque où ça va détecter le fait que c'était un IA, mais qu'il y avait du jugement humain derrière. C'est impossible. Et c'est pour ça que ces outils-là... C'est bon pour causer des prises de parole ou des engueulades, mais ça ne va pas venir à bout de vraiment confirmer si il n'y a qu'une IA qui a travaillé là-dessus, il n'y a pas d'humain qui a touché à ça.
Monde Numérique :
[
23:54] C'est impossible. Mais tu as raison. Et puis, nous, on est totalement transparents et honnêtes par rapport à ça, parce qu'on le dit souvent à nos auditeurs. Oui, on utilise l'IA pour faire plein de trucs. Mais tu vois, il y avait hier soir, dans le JT de 20h de France 2, il y avait tout un reportage sur les députés français qui utilisent l'intelligence artificielle pour préparer leurs interventions. Et inévitablement, c'était vendu un peu, pas trop, mais un peu sur le côté oh là là mais quelle bande de fumistes vous vous rendez compte, et là c'était drôle parce que t'avais ceux qui voulaient se faire passer pour des chevaliers blancs, non mais moi jamais moi l'IA jamais, et entre nous je demande, à vérifier pour être sûr et puis il y en avait un, il y avait un député un peu âgé, j'ai oublié son nom, je le connaissais pas qui dit mais bien sûr évidemment que je le fais par l'IA, c'est tout à fait normal mais derrière derrière, je valide, il y a de l'humain, il y a le « human in the loop », comme on dit, et c'est derrière, parce que c'est lui qui va s'engager, et j'ai trouvé que ce monsieur était totalement cohérent, et tu avais le journaliste qui disait « ah bon, mais quand même, mais alors, c'est pas vous qui… » comme si la valeur de l'humain, c'était de suer sang et haut pour pisser de la copie, indépendamment de la qualité du résultat. Mais non, ce qui compte, c'est la qualité du résultat.
Invité :
[
25:17] Ben oui, dans le contexte d'un député, j'aime mieux que le député passe du temps à régler des problèmes, dans la région qu'il représente que de se taper le texte d'écrire à la main, alors qu'il y a des outils qui peuvent l'aider, qui vont résumer le dossier beaucoup plus clairement que lui pourrait peut-être le faire. Et puis après, proposer quelque chose. Après, le député, il fait ce qu'il veut avec.
Monde Numérique :
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25:40] Alors, bien sûr, il y a eu, on le sait, il y a eu des dérapages. Il y a ces avocats qui sont allés faire des plaidoiries, des trucs crachés par l'IA.
Invité :
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25:48] Mais le pire qu'on a vu, c'était en Californie, en tout cas, c'était quelque part aux États-Unis et les deux parties avaient monté leur dossier, leur plaidoyer avec des IA. Et le juge s'est rendu compte de le truc et, ils ont été retournés. Le procès a été annulé. Il a dit non, non, vous retournez travailler sur vos dossiers.
Monde Numérique :
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26:08] Oui, parce qu'il y avait des erreurs énormes. Ils inventaient des articles de loi Déjà.
Invité :
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26:12] La jurisprudence qui n'existait même pas.
Monde Numérique :
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26:14] Oui, ils inventaient de la jurisprudence qui n'existait pas. Il y a aussi, très drôle, il y a des... Je ne sais plus dans quel pays, des politiques qui ont pris la parole publiquement et ils lisaient les phrases d'accompagnement de Charles Dupéty.
Invité :
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26:24] Et ça, c'est au Canada. Ah, c'était au Canada ? Oui, c'est là-dessus que...
Monde Numérique :
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26:28] Ça a commencé par, voici une version plus en conforme, je ne sais pas quoi, tu sais.
Invité :
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26:33] Oui, mais celle dont je me souviens...
Monde Numérique :
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26:36] Vois-tu que je te fasse une version plus dynamique ?
Invité :
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26:40] Et ce qui est affreux dans la vidéo qu'on voit circuler depuis peut-être un mois ou deux, c'est qu'on voit comment la personne s'est fait mettre le document dans les mains sans jamais le lire. Et donc, il est en chambre en train de faire son éloquence. Et là, il est en train de lire ces trucs-là.
Monde Numérique :
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27:00] Si ça vient d'un conseiller qui a validé, comme ça s'est toujours fait, Ce n'est pas gênant, mais en fait, le problème, c'est le conseiller qui… Non.
Invité :
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27:08] Mais c'est le conseiller, mais c'est même celui qui est en train de lire le document. Écoute, si tu es assez con pour… C'est une chose de lire le propos, mais si tu es assez con pour continuer à lire alors que tu vois que tu n'es plus dans ton propos, il y a un problème.
Monde Numérique :
[
27:22] Avec conviction, tu sais.
Invité :
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27:23] Oui, oui, oui, très appuyé.
Monde Numérique :
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27:25] Et puis, vous qui m'écoutez, voulez-vous que je vous fasse maintenant une version plus attractive de ce texte?
Invité :
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27:32] Et tous les autres parlementaires, ouais!
Monde Numérique :
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27:35] Ouais. Enfin, bon, bref. Voilà, donc, si on vous transmet bientôt des textes, pour lesquels vous avez un peu des doutes, vous pourrez les passer dans un détecteur, sachant que ces détecteurs ne sont pas ouverts à tout le monde. Google, oui, ça, c'est la nouveauté, tu l'as dit, pour les images. Mais le truc de ChatGPT dont on parle, ce n'est pas le cas, pour l'instant.
Invité :
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27:55] Non, puis pour le moment, ça va être disponible. Oui, puis pour le moment aussi, ce ne sont que les textes qui sont produits en Europe.
Monde Numérique :
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28:05] Bruno, on reste dans l'intelligence artificielle et on va parler, évidemment, d'un petit coup d'Open Eye, c'est la petite picouze hebdomadaire de la GPT, avec une déclaration de Sam Altman que je trouve assez intéressante. De Sam Altman, qui dit par rapport à tous les risques liés à l'intelligence artificielle, tout ce qu'on a pu évoquer ces dernières semaines, l'IA va anéantir l'humanité, enfin 10% de risques d'anéantir l'humanité, etc. L'IA va faire exploser les cyberpiratages, etc. Sam Altman, le patron d'OpenA, il dit que écoutez, vous savez quoi, peut-être que, en fait, c'est peut-être pas tout à fait aussi grave que ça, et la société doit accepter certains effets négatifs de l'intelligence artificielle ? Qu'en penses-tu, mon cher Boïno?
Invité :
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28:54] Écoute, moi, je l'ai lu, en tout cas, j'ai traité dans mon carnet de deux entrevues différentes qu'il a dit. Et dans les deux entrevues, donc ce n'est pas un cas de « j'ai été mal cité » ou « cité hors contexte ». Dans les deux entrevues, il aborde cette thématique-là. On sent qu'il est en tournée médiatique. Et pour nous passer le message que, oui, on va causer des ennuis, mais bon, ça vient avec le reste. Et là, moi, à la lecture de ces deux articles-là, je me suis dit, mais est-ce qu'il habite sur la même planète que moi? C'est quoi? Est-ce que lui, quand ça va virer au rouge, il disparaît avec ses fusées, avec Elon Musk? C'est quoi l'affaire? Non, mais à un moment donné, je ne sais pas. Devant le chaos, je le trouve plutôt serein. Oui, mais je me dis, je ne suis pas sûr que c'est la façon de présenter les choses.
Monde Numérique :
[
29:44] Mais je ne suis pas d'accord avec toi.
Invité :
[
29:46] Ben, vas-y.
Monde Numérique :
[
29:48] Parce que je trouve qu'il n'a pas tout à fait tort sur le principe. Et puis, il fait preuve d'une certaine, j'allais dire honnêteté, je ne suis pas sûr qu'honnêteté soit l'adjectif qui convienne mieux à Saint-Maltman, mais en tout cas, d'une forme d'audace.
Invité :
[
30:06] J'aime ton mot, d'audace.
Monde Numérique :
[
30:07] C'est un peu audacieux, ce point de vue. Oui, oui, oui. Vous me le concéderez, mon cher Bruno.
Invité :
[
30:12] Je vous le concède. Il est tout à vous.
Monde Numérique :
[
30:16] Mais je trouve que c'est pas absurde, imagine, au moment où on a inventé la voiture automobile qui pouvait rouler à 45 km heure, et s'il y avait des gens qui disaient il faut arrêter ça parce que regardez elle peut aller dans un arbre elle va tuer des gens si le mec avait dit, ah ouais vous avez raison ça peut être très très grave les accidents de voiture on ne va pas développer la voiture ou au contraire si quelqu'un avait dit je ne sais pas peut-être ce que certains l'ont dit écoutez oui la voiture ça peut provoquer des accidents c'est vrai, mais est-ce que on veut se priver malgré tout de cette innovation et de cette invention ? Je ne pense pas. On ne veut pas se priver. Et alors, ce qu'il dit quand même, ça m'a mal, il dit, attention, c'est mesuré, tu as lu ces interviews, tu dis, il ne dit pas s'il y a une apocalypse, ce n'est pas grave. Il ne dit pas ça. Il dit que, bien entendu, il faut se garder de toutes conditions, circonstances et drames extrêmes. Mais en revanche, le fait que des IA sachent mener des cyberattaques, contourner un peu des sécurités, etc. C'est le prix à payer. Et pourquoi il dit ça ? Parce qu'en acceptant ces risques-là.
Monde Numérique :
[
31:32] Ça éviterait que les IA dangereuses, donc les plus puissantes, restent concentrées entre les mains de seulement quelques entreprises. Il faut voir ça aussi. Je trouve que ce point de vue est très audacieux. Finalement, c'est le mot qu'il faut employer. Mais il n'est pas absurde, je trouve.
Invité :
[
31:51] Mais j'avoue que d'entendre ce plaidoyer de la part d'un Français, taire des non-excès, de l'encadrement, tu ne fais pas vraiment français quand tu dis ça.
Monde Numérique :
[
32:01] Je ne suis peut-être pas représentatif de la sagesse française.
Invité :
[
32:04] Tu passes trop de temps aux États-Unis, toi, dans les startups.
Monde Numérique :
[
32:08] Bruno, tu me connais. Moi, je suis un garçon très raisonnable, mais depuis que je fais de l'informatique, c'est-à-dire depuis l'âge de mes 17 ans, si tu aimes bidouiller il faut un côté hacker je suis désolé il faut un côté, je ne vais pas tout à fait tout le temps respecter les règles bien sûr qu'il faut respecter les règles principales mais au début quand tout est un peu flou on ne va pas voilà il faut foncer un peu dans le tas et il y a des choses et je pense que.
Invité :
[
32:41] T'es-tu en train de te mettre sur la liste pour le prix du affluenceur hacker, numéro un de la France, toi?
Monde Numérique :
[
32:51] Je suis un tout petit hacker, mais je pense qu'il faut... Je déteste les pirates informatiques, c'est pas ça. Faut pas me faire dire ce que j'ai pas dit. Les escrocs qui font des cyberattaques et tout, je trouve ça odieux. C'est des malfaiteurs, c'est des criminels. Mais non, le côté hacking. Le côté hacking, c'est-à-dire sortir des clous.
Invité :
[
33:09] Oui, mais il y a des white hats aussi. Il y a des gens qui font du bien avec ça.
Monde Numérique :
[
33:13] Et il faut des hackers. Dans la vie, il faut des hackers. Les entrepreneurs sont la plupart du temps des hackers. Je ne parle pas pour moi. Je ne parle pas pour les grands entrepreneurs. C'est des hackers. C'est des mecs qui sont sortis des clous. Donc, voilà. Petite parenthèse.
Invité :
[
33:26] Et de toute façon, tu vois, le plaidoyer que tu viens de livrer, c'est le plaidoyer qu'on voit passer dans le monde de l'automobile autonome depuis longtemps. Où il y a des gens qui disent qu'on ne devrait pas avoir ça sur les routes. Et au contraire, on dirait oui, à l'occasion, il y a des accidents, mais comparer les chiffres entre un conducteur humain et une voiture autonome, la voiture autonome fait bonne figure.
Monde Numérique :
[
33:51] Oui, mais tu as raison de me dire que je ne suis pas représentatif de l'esprit français parce que, par exemple, c'est totalement en contradiction avec le principe de précaution.
Invité :
[
33:58] Tout à fait. C'est cher à votre patrie.
Monde Numérique :
[
34:01] Oui, mais bon, je ne souscris pas vraiment à cette histoire. Je pense que c'est tellement une fausse bonne idée, cette histoire de principe de précaution. Ça empêche aujourd'hui et ça freine, ça bloque beaucoup de choses.
Invité :
[
34:12] Mais pour revenir à… Je vais enlever quand même un peu la lumière sur toi. Pour revenir au propos de Sam Altman, ça vient aussi…, Je vous invite à réécouter le passage. Les propos de Sam Altman dans ces deux entrevues-là qu'il a fait cette semaine, ça vient aussi dans un contexte où les gens d'Entropic, son concurrent quand même, qui dans un document pour l'IPO qui sont en train de préparer, ils passent quand même le deux tiers du document presque, j'exagère, mais la moitié du document à dire les risques autour de l'intelligence artificielle. Et moi, j'ai l'impression qu'intellectuellement, il n'est pas aussi honnête, que toi, tu veux lui accorder.
Monde Numérique :
[
35:03] Oui, moi, je suis très naïf par voir ça. C'est possible.
Invité :
[
35:06] Parce que, je veux dire, oui, mais regarde, OpenAI, il se prépare à aller en bourse. Anthropique, c'est la même chose. Et là, ils sont juste en train de dire aux futurs actionnaires et aux gens qui pourraient être intéressés pour financer que oui, on est conscients qu'il peut y avoir du dérapage. Puis, ils ne disent pas vraiment que tout ce qu'ils sont en train de faire pour éviter ce dérapage-là, petite parenthèse. Mais moi, j'ai l'impression qu'ils veulent juste essayer de montrer pas de blanches qui sont bons citoyens dans le contexte, mais je te dirais que ce n'est pas les deux meilleurs citoyens avec une bonne conscience.
Monde Numérique :
[
35:40] On est bien d'accord. On est tout à fait d'accord. Ce ne sont pas des enfants de cœur, pour parler clairement.
Invité :
[
35:44] Non, c'est une bonne image.
Monde Numérique :
[
35:45] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton éminent carnet?
Invité :
[
35:51] L'éminence cette semaine s'intéresse à Louis Têtu, qui est le grand patron de Coveo, qui est une des boîtes les moins connues au Canada dans le domaine de l'IA, mais qui est connue à travers la planète. Il travaille avec des grosses entreprises internationales, et ces gens-là sont, dans le monde de l'informatique depuis au moins deux décennies. Et eux ont toujours été à l'avant de la parade pour trouver des solutions dans le commerce électronique, la vente en ligne, mais de gros joueurs, de grandes entreprises internationales. Et donc maintenant, évidemment, ils ont inclus l'intelligence artificielle et, j'en profite pour avoir une conversation avec Louis Tétu, qui est le grand patron, de l'entreprise depuis longtemps. Et puis sinon, on va parler de Montréal Connect. Ça commence très bientôt avec le grand patron de la chose. Là, c'est vraiment intéressant parce que c'est Un peu comme dans mon carnet, mais là, c'est en vrai à Montréal, c'est la francophonie qui s'intéresse au numérique et à l'IA, notamment cette année, qui se retrouve ici pour soulever des questions. Et aussi beaucoup de maillage entre les entreprises. On dit que, bien pas on dit, moi je pourrais citer année après année, c'est fascinant de voir tous les trucs qu'ils trouvent pour se faire rencontrer des entreprises qui sont complémentaires et qui viennent de peu partout à travers la planète et donc il y a des occasions comme ça de rencontrer, ça va vraiment la peine. On en parle dans mon carnet.
Monde Numérique :
[
37:16] D'où le nom Connect, j'imagine.
Invité :
[
37:18] Exactement.
Monde Numérique :
[
37:19] Bruno, je te remercie pour cette séquence. Merci de t'être introduit subrepticement dans le monde numérique. Et merci de m'avoir ouvert la fenêtre pour que je glisse une tête dans ton carnet. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine.
Invité :
[
37:34] J'avoue que ta tête est toujours bienvenue dans mon carnet. Et je te dis à la semaine prochaine. Salut.
Monde Numérique :
[
37:38] La tête est mise à prix.
Invité :
[
37:40] Pas encore, pas encore. Salut.
Monde Numérique :
[
37:42] Pas encore. Ciao.
Monde Numérique :
[
38:02] Un site pour vous aider à utiliser l'intelligence artificielle, même si vous n'y connaissez absolument rien. On en parle dans un instant. Mais juste avant, savez-vous que nous sommes défavorisés en parlant français à l'IA ? C'est le résultat d'une étude. Bonjour Thomas Serval, fondateur de Baracoda et de Baracoda AI Labs.
Invité :
[
38:25] Bonjour.
Monde Numérique :
[
38:25] Merci d'être dans le monde numérique. Alors, c'est une étude que vous avez faite au sein de Barracoda et iLabs. Comment ça se fait que le français coûte plus cher que l'anglais ? Comment ça marche ? Il va falloir expliquer un peu ce que sont les tokens, etc.
Invité :
[
38:40] Oui, donc on est devenu depuis cinq ans maintenant complètement addict à ces fameux modèles de langage. Et derrière les modèles de langage, il y a la langue. Et donc, en fait, pour qu'un ordinateur comprenne une langue, il a besoin de la découper en des petits morceaux qu'on appelle des tokens ou jetons, c'est une notion qui existe depuis le début de la théorie de l'information et, en fait Barakoda et iLabs en regardant à nouveau d'où venaient ces modèles de langage, à trouver quelque chose qu'on a oublié c'est qu'effectivement quand on entraîne des modèles de langage, on les entraîne dans un langage et donc il y a une sorte de langage principal et, compte tenu du léger décalage qu'on a en termes de puissance de frappe avec nos amis anglais et chinois, et bien effectivement le français, le français aujourd'hui, il est découpé d'une manière moins efficace par les tokenizers donc les outils à découper le langage pour qu'ils comprennent le langage de la machine d'une manière moins efficace qu'il ne l'est en anglais ou en chinois.
Monde Numérique :
[
39:45] Parce qu'en fait, ces tokens, ils ne correspondent ni à des lettres, ni à des mots. C'est un truc un peu plus compliqué que ça.
Invité :
[
39:51] Oui, en fait, tout le problème dans les modèles de langage, c'est d'expliquer à la machine ce que c'est qu'une langue. Et donc, d'une langue à l'autre, on voit bien que l'allemand a des mots beaucoup plus longs, que le français a des déclinaisons, des verbes. L'anglais a plus de vocabulaire que le français. Donc, chaque langue, on revient à la base de la linguistique. C'est vieux comme ça a plus de 100 ans. Chaque langue a des caractéristiques qui lui sont propres. Et donc, il y a des langues qui se prêtent plus à être traduites en langage d'ordinateur et d'autres moins. Le français avec ses accents, avec ses accords plus ou moins standardisés, il est un peu moins docile que l'anglais. Et donc pour donner des exemples très concrets, souvent en anglais, on a un token égale un mot. Alors qu'en général, en moyenne, en français, il faut deux tokens par mot. Et donc ça, ça explique en partie ce qu'on a trouvé dans notre étude, c'est qu'effectivement, le français est plus inefficace que l'anglais pour parler aux machines, aux grands modèles de langage.
Monde Numérique :
[
40:56] On pourrait en être fier en disant que le français est une langue plus riche, mais le problème, c'est qu'il faut être riche, du coup, pour utiliser des IA en français, c'est ça ? Ça revient plus cher ?
Invité :
[
41:06] Alors, l'exemple qui est aussi intéressant, c'est le chinois, pour lequel chaque caractère est un mot. Donc, en fait, on pourrait se dire que le chinois, qui est finalement chaque caractère chinois égal à un token, est encore plus efficace que l'anglais. Ce n'est pas ce qu'on observe. Dans l'étude qu'on a publiée, vous observez que le chinois, il est très efficace sur les modèles chinois. Mais il est, par exemple, sur un modèle américain, le chinois, il n'est aussi pas très efficace et moins efficace que l'anglais. Ça veut dire qu'il y a une deuxième dimension qui arrive, qui est la qualité du corpus d'entraînement. Sur combien de phrases de chinois ou sur combien de phrases d'anglais ou sur combien de textes d'anglais j'ai entraîné mon modèle ? Et donc là également, l'internet chinois est très gros, et donc les chinois ont un immense corpus de 1,3 milliard de consommateurs en chinois, et donc ça leur permet d'entraîner sur leur langue leur modèle extrêmement efficacement. Et l'internet est largement anglo-saxon, parce qu'ils en ont été les pionniers, ils ont digitalisé beaucoup plus de choses, et donc également les corpus françaises. D'entraînement et donc tout ce qui est mis à la disposition des modèles pour apprendre l'anglais est bien meilleur que ce qui est mis à disposition en français.
Invité :
[
42:27] Toutes choses égales par ailleurs. Et donc, on voit bien que les Américains, ils s'entraînent plus facilement dans la langue maternelle que dans des langues étrangères.
Monde Numérique :
[
42:36] Mais c'est fou parce que, bon, quand on utilise une IA conversationnelle, on a l'impression qu'elle parle toutes les langues déjà. Puis c'est hyper naturel. Mais en fait, on s'aperçoit qu'il y a toute une mécanique derrière, enfin on s'en doute, mais il y a tout un système de traduction et c'est ça aussi qui consomme, c'est ça ?
Invité :
[
42:59] Oui, alors déjà, ce qu'on va observer et ce qu'on a observé dans l'étude, c'est la consommation en token. Pourquoi c'est important ? Parce que les grandes sociétés anglo-saxonnes notamment ont décidé de tarifier les tchats GPT ou les clouds au token. Donc, pourquoi ça nous intéresse ? Dans des cas où ce n'était pas du tout le token qui comptait, l'efficacité du modèle comptait beaucoup moins. Pourquoi ? Pour donner des exemples concrets, si on a notre propre machine et qu'on héberge notre propre modèle, et qu'on a déjà payé le GPU, par exemple sur mon Mac que j'utilise aujourd'hui, le fait que, mon système utilise plus de tokens pour parler français qu'anglais, en tant que consommateur, je m'en fous un peu. Par contre, si je suis une entreprise et que je suis facturé au token et que je suis une entreprise française, là, ça commence à jouer d'une manière assez significative sur le portefeuille. Donc, quelque part, ce modèle de token et ce modèle de facturation au token, c'est un problème dans deux cas. Soit parce que je suis une entreprise et je suis facturé comme ça, soit parce que j'ai un certain nombre de conversations qui sont longues. Et là, à chaque fois que je vais reparler français, je vais retraduire. Donc oui.
Invité :
[
44:14] Toutes les langues, les IA parlent toutes les langues. Elles les parlent proportionnellement mieux d'une manière générale par rapport à les langues dans lesquelles elles ont été entraînées. Et leur encodage et donc leur efficacité en token est meilleure plus elle est proche du modèle dans lequel ils ont été entraînés. Il ne faut pas perdre le grand bénéfice quand même pour tous nos concitoyens qui est que quand même, les IA sont multilingues et sont des outils de traduction formidables. Il ne faut jamais oublier que le T de GPT, ça veut dire Transformer et ça a été inventé par mon ancien employeur Google en 2014, et 2019, pour pouvoir traduire plus efficacement toutes les langues de A à B. Donc, ce qu'on découvre, c'est un peu ce qu'on a oublié à la base, c'est que finalement, une langue, c'est un vocabulaire, c'est une grammaire, c'est des mots avec une graphie particulière. Et ça, la machine, elle y trouve un coût. Et ce coût est d'autant plus élevé que vous êtes loin de la manière dont elle a été entraînée.
Monde Numérique :
[
45:17] Alors, il y a peut-être des solutions malgré tout et on va en parler. Mais avant, est-ce que vous avez un peu chiffré ce que ça peut représenter ? Donc, on le dit, ce n'est pas pour les particuliers qui payent leur petit abonnement au ChatGPT ou Cloud parce que ça, ça ne change rien finalement. Mais pour les entreprises qui utilisent des API, donc qui payent au token, là, ça peut se chiffrer. Mais dans quelle proportion ?
Invité :
[
45:38] Donc, alors, ça joue aussi sur votre forfait personnel, puisque quelque part, quand vous écrivez en français sur OpenAI et sur Cloud, vous avez un certain nombre de tokens qui vous est attribué. Et puis après, on vous dit que vous atteignez votre limite. Mais on va dire que pour les entreprises, la facture, donc pour se donner, si on considère que l'anglais, ça vaut 1, si j'écris en français avec OpenAI, je vais dépenser 30% de plus. Dans le modèle juste pour être précis, pour ne pas dire des choses on n'a pas mesuré Astra parce qu'on n'a pas encore le tokenizer donc l'outil de transformation donc on utilise celui de de GPT-5 donc la version d'avant.
Monde Numérique :
[
46:19] Pas la toute dernière version de.
Invité :
[
46:21] GPT-5 mais elle devrait être de l'ordre, parce que par contre on a pu mesurer Cloud et Cloud 5 par API c'est 45% de plus en français, en termes de token qu'en anglais. Encore une fois, c'est des moyennes, donc il faut faire attention. Mais si les gens sont intéressés pour les détails techniques, tout est publié dans l'article et tout est open source. Donc, on peut tout reproduire chez soi. Si vous êtes une entreprise et que vous vous dites, mais moi, c'est quoi la facture ? On peut vous aider à trouver ça.
Monde Numérique :
[
46:52] Donc, l'étude à retrouver sur baracoda.com, j'imagine ?
Invité :
[
46:56] Non, baracoda.ailabs.com. Et tout est disponible également sur LinkedIn. Pour les geeks sur GitHub. Absolument. Et bientôt, on l'espère, sur des nouveaux modèles de tokenisation sur Hugging Face. Mais pour le moment, on essaie de voir si ce débat suscite suffisamment d'intérêt pour qu'on sorte des modèles qui vont améliorer la consommation de tokens pour les consommateurs européens.
Monde Numérique :
[
47:25] Merci beaucoup, Thomas Serval de Baracoda.
Invité :
[
47:28] Merci.
Monde Numérique :
[
47:38] Bonjour Solène Gransard de La Marche.
Invité :
[
47:40] Bonjour Jérôme, très très contente d'être ici, merci de m'avoir invitée.
Monde Numérique :
[
47:44] Ravi de vous recevoir dans le monde numérique. Vous êtes une professionnelle, de la mode, de l'influence, mais ce n'est pas de ça dont on va parler. C'est d'un site que vous avez créé qui s'appelle Déclic avec deux cas. Et c'est un site qui a pour ambition de démocratiser l'intelligence artificielle.
Invité :
[
48:02] C'est exactement ça. C'est-à-dire que concrètement, moi, je ne viens pas de l'univers du numérique, mais j'ai toujours été passionnée d'IA.
Monde Numérique :
[
48:11] Par exemple, je clique sur des idées de repas pour la semaine. C'est vrai que l'IA peut nous aider à faire ça. Et là, vous proposez de quoi on part. Mon frigo et mes placards que je prends en photo ou bien rien de spécial. Si je clique sur mon frigo, mes placards, vous expliquez. C'est vraiment très didactique. Premièrement, ouvrez le frigo, prendre une photo, l'envoyer sur ChatGPT, et puis vous proposez un prompt. Voici la photo de mon frigo. Prépare-moi un menu de dîner pour 7 jours, tant de personnes, etc. Vous prenez les gens par la main, en fait.
Invité :
[
48:44] C'est ultra simple. Mais en fait, moi, j'aime bien, même sur des sujets que je connais bien, j'aime bien vulgariser. Mon autre métier dans la mode, c'est justement ça aussi. C'est en fait dédramatiser la mode et donner accès à tout le monde. Là, c'est pareil. Moi, je veux qu'on dédramatise l'IA et qu'on donne vraiment accès à tout le monde. Alors, c'est vrai que je prends les gens par la main. Parfois, je m'adresse à un enfant de 10 ans. Mais dans le petit questionnaire qu'il y a avant, en fait, je demande si c'est quelqu'un qui a déjà utilisé l'IA, si c'est quelqu'un qui l'a déjà utilisé, peu ou pas du tout. Mais moi, je veux que ça parle aussi à mes parents, par exemple. Je veux que ça parle aux gens à qui ça fait peur. Sur le site, il n'y a rien qui fait geek, en fait. Il n'y a pas d'ordinateur, il n'y a pas de… Tous les sites qui parlent d'IA, souvent, ont des petites lumières, des choses qui font ultra moderne. Moi, pas du tout. C'est vraiment le truc simple, limite, incarner un stylo, un ordinateur ou même un téléphone, et puis on y va.
Monde Numérique :
[
49:41] Alors ce que vous proposez, c'est sympa, c'est facile d'accès, mais bon, on poserait directement la question à ChatGPT ou à Claude, on aurait le même résultat.
Invité :
[
49:50] Oui, mais c'est ce que vous dites, vous la posez à ChatGPT ou à Claude, mais à qui vous la posez ? Et puis il n'y a pas que ChatGPT, il n'y a pas que Claude. Et encore une fois, c'est des tips. Alors, il y a des fois où c'est juste un petit prompt. Mais il y a des fois, même la plupart du temps, où il y a quand même la petite astuce qui fera que vous aurez accès à quelque chose auquel vous ne pensiez pas avoir accès. Moi, je pense, par exemple, à... On a tous fait des réunions, etc., où pendant une demi-heure, on parle de plein, plein de choses. On prend deux, trois petites notes. Et puis après, il faut qu'on tape un compte-rendu de réunion. ».
Monde Numérique :
[
50:28] L'IA fait ça très bien aujourd'hui.
Invité :
[
50:30] Voilà, vous enregistrez la réunion, vous prenez Notebook LM, enfin Gemini Notebook maintenant, et voilà, il va vous faire le compte-rendu. Peut-être que la personne ne sait pas qu'il y a Notebook qui existe. Peut-être qu'elle n'aura pas pensé à enregistrer la réunion avec son iPhone. C'est plein de petits tips comme ça qui sont simples, pris chacun, c'est très très simple, mais là ils sont tous rassemblés sur des cas concrets, avec des petites fiches concrètes, on clique et on suit pas à pas. Ça ne va pas révolutionner, évidemment, le monde du numérique. C'est juste une façon d'utiliser de manière beaucoup plus simple.
Monde Numérique :
[
51:09] Alors, c'est un service qui est payant, il faut le dire.
Invité :
[
51:11] C'est un service qui peut être payant, tout à fait.
Monde Numérique :
[
51:13] On a droit à trois questions par mois, en fait.
Invité :
[
51:17] C'est ça.
Monde Numérique :
[
51:17] Et au-delà, on paye 6,90 euros.
Invité :
[
51:21] C'est tout à fait ça.
Monde Numérique :
[
51:22] Alors, Solène, vous l'avez fait vous-même, ce site, cette plateforme. Sans coder. Comment vous avez fait ? Ça sent le vibe coding, ça, non ?
Invité :
[
51:29] Ça sent Nanocorp.
Monde Numérique :
[
51:31] Nanocorp, OK.
Invité :
[
51:32] Alors, comme je vous dis, j'écoute, moi, énormément, énormément de podcasts. Quand je me passionne pour un sujet, je suis à fond dedans. Et il y avait le boss de Nanocorp qui a été invité sur un podcast que j'écoute régulièrement, qui s'appelle Génération Do It Yourself.
Monde Numérique :
[
51:53] De Mathieu Stéphanie, bien sûr.
Invité :
[
51:55] Mathieu Stéphanie, tout à fait. Et que j'ai adoré. Enfin, moi, je me passionne beaucoup pour les histoires d'entrepreneurs. Et là, c'est quelque chose qui est tout neuf, qui doit avoir un peu plus de six mois. Et en fait, ça prompte. À partir d'un prompt, en fait, il nous monte une entreprise. Oui. La promesse est vraiment très, très alléchante. J'ai passé des jours et des nuits assises sur mon canapé sous un plaid à discuter avec cette IA avant d'aboutir à ce résultat-là. Mais voilà, j'ai trouvé ça top. Je me suis dit, il y avait déjà quelques propositions comme ça, Loveable, etc., qui étaient pas mal, mais qui allaient pas jusqu'au bout du truc. Là, vraiment, je vais faire une pub pour Nanocorps, ça va vraiment jusqu'au bout du truc. j'ai avec Nanocorp.
Monde Numérique :
[
52:42] Voilà donc déclic D-E-K-L-I-K merci Solène Grandsard, C'est la fin de Monde Numérique lebdo du 10 octobre 2026 merci de l'avoir suivi jusqu'au bout retrouvez des interviews en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique on se retrouvera samedi pour un nouvel épisode de l'hebdo. D'ici là, donc quasiment un épisode par jour sur le podcast Monde Numérique. Retrouvez également la chaîne YouTube de Monde Numérique pour découvrir les versions vidéo, bien souvent des interviews et puis d'autres petites choses que je vous concocte au fil des jours. Merci pour vos commentaires, vos petites étoiles sur Apple Podcast, Spotify et Podcast Addict notamment. Réagissez sur le site mondenumérique.info ou sur les réseaux sociaux et puis via l'application Monde Numérique signé Good Barber, disponible sur iPhone ou Android.
Monde Numérique :
[
53:41] On se retrouve samedi prochain, je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech, salut !