📆 L'HEBDO 28/03 - Réseaux sociaux condamnés : le piège se referme
Maison Connectée28 mars 202652:29

📆 L'HEBDO 28/03 - Réseaux sociaux condamnés : le piège se referme

Décision de justice historique contre les géants des réseaux sociaux. OpenAI se prépare à la Bourse. Anthropic invente l'agent IA télécommandé. Google crée un "compresseur" pour IA afin d'économiser la mémoire informatique. Sony abandonne son projet de voiture. Nouvelle cyberarnaque au deepfake. Une bibliothèque mondiale du logiciel

💡Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT]

Réseaux sociaux : décisions historiques contre Meta et Google

Coup de tonnerre aux États-Unis : Mark Zuckerberg et ses pairs voient leur responsabilité reconnue par la justice. En Californie, Meta et Google ont été condamnés à verser 6 millions de dollars à une jeune femme accusant Instagram et YouTube d’avoir gravement altéré sa santé mentale. Une autre décision, au Nouveau-Mexique, impose à Meta 375 millions de dollars pour manquements dans la protection des mineurs. Pour la première fois, la justice américaine établit un lien clair entre les plateformes et les préjudices psychologiques subis par des adolescents. Des milliers d’actions similaires sont en préparation : un tournant majeur pour l’industrie.

OpenAI en ordre de bataille pour la Bourse

Grande réorganisation chez OpenAI. L’entreprise abandonne son outil de génération vidéo Sora, jugé trop coûteux, et renonce à une version “adulte” de ChatGPT. Objectif : rationaliser et rassurer les investisseurs avant une introduction en Bourse attendue cette année. Sam Altman se recentre sur la stratégie financière et les infrastructures, laissant de côté la supervision directe de la sécurité. Une nouvelle phase s’ouvre pour le champion de l’IA générative.

Anthropic accélère dans l’IA agentique

Le concurrent Anthropic frappe fort avec une nouvelle fonction permettant de piloter un agent IA installé sur son ordinateur à distance depuis un smartphone. L’IA peut exécuter des tâches complexes de manière autonome, sans instructions détaillées. Une avancée spectaculaire vers l’IA “agentique”, capable d’agir pour l’utilisateur. Mais avec, en toile de fond, des questions de sécurité bien réelles.

Google mise sur des IA plus sobres

Avec son algorithme de compression TurboCant, Google promet de diviser par six la mémoire nécessaire aux modèles d’IA. Un enjeu stratégique alors que le prix de la RAM flambe et que la demande en puissance explose. Le groupe déploie aussi de nouvelles fonctions dopées à l’IA : Search Live pour interroger son smartphone en vidéo, et Ask Maps dans Google Maps pour formuler des requêtes d’itinéraires complexes.

Apple vérifie l’âge des utilisateurs au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, Apple introduit avec iOS 26.4 un système de vérification d’âge obligatoire pour les adultes. Carte bancaire ou pièce d’identité seront nécessaires pour prouver sa majorité. Une mesure saluée pour la protection des mineurs, mais critiquée par certains défenseurs de la vie privée. Le débat sur l’équilibre entre sécurité et confidentialité est relancé.

Sony abandonne sa voiture électrique

Clap de fin pour l’Afeela. Le partenariat entre Sony et Honda, via leur coentreprise Sony Honda Mobility, prend fin. Les deux modèles électriques présentés ces dernières années ne verront jamais le jour. Un revers stratégique pour Sony, qui ambitionnait de se diversifier dans l’automobile connectée.

Fuite massive de données à l’Éducation nationale

En France, 243 000 agents de l’Éducation nationale ont vu leurs données personnelles diffusées sur le dark web après la compromission du logiciel RH Compass. Noms, adresses, numéros de téléphone et plannings figurent parmi les informations dérobées. Une attaque de plus qui illustre la vulnérabilité persistante des institutions publiques face au phishing et aux intrusions ciblées.

Cybermenaces : iPhone vulnérable et arnaques dopées à l’IA

[PARTENARIAT] Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESET, alerte sur un kit d’exploit visant iOS : la simple visite d’un site piégé peut permettre la prise de contrôle d’un iPhone non mis à jour. Autre phénomène inquiétant : des arnaques à la livraison utilisant des images générées par IA, personnalisées avec nom et adresse de la victime. Une industrialisation du phishing qui franchit un nouveau cap.

Software Heritage : la bibliothèque mondiale du code

Préserver tous les logiciels de la planète : l’ambition de Roberto Di Cosmo, fondateur de Software Heritage. L’organisation archive déjà des milliards de fichiers sources issus de plateformes comme GitHub ou GitLab. À l’heure du code généré par IA et du “vibe coding”, l’enjeu est patrimonial mais aussi stratégique : conserver la mémoire et la traçabilité du logiciel mondial.


Monde Numérique : [0:10] Les réseaux sociaux reconnus coupables de nuire à la santé mentale et à la sécurité des plus jeunes. Décision judiciaire historique aux Etats-Unis contre Meta et Google. Et ça ne va pas s'arrêter là. Le piège qui se referme sur les grandes plateformes, c'est à la une cette semaine de Monde Numérique. Monde Numérique : [0:34] L'actu de la semaine, c'est aussi OpenAI qui se réorganise de fond en comble pour préparer son introduction en bourse. Première conséquence, le service Sora de génération de vidéos par intelligence artificielle s'est terminé. Pendant ce temps, Anthropik caracola en tête en matière d'IA et lance un nouveau service étonnant qui permet de piloter un agent à distance sur son ordinateur depuis un smartphone. Vous me suivez ? Vous allez tout comprendre. Google qui va rendre les IA plus frugales en mémoire et par les temps qui courent avec l'inflation sur la RAM, c'est plutôt bon à prendre. Enfin, Sony qui ne fabriquera pas de voiture finalement. Bye bye, Afila, elle n'aura jamais vu le jour. Les interviews de la semaine, le baromètre de la cybercriminalité avec Benoît Grünemwald, on va tout vous dire, notamment sur cette faille qui menace les iPhones, et puis aussi sur une nouvelle forme d'arnaque à la livraison, grâce à des images truquées par IA. Enfin, vous découvrirez une initiative insolite, une bibliothèque mondiale des Monde Numérique : [1:44] logiciels. C'est l'opération Software Heritage. Je reçois son fondateur et directeur, Roberto Di Cosmo. Invité : [1:52] Monde numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:58] Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 28 mars 2026. C'est parti pour un nouvel épisode de l'hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews. Cette semaine également, sur le fil du podcast Monde numérique, ne ratez pas le grand débrief avec mes camarades François Sorel et Bruno Guilleminetti. Une heure de talk au cours duquel on revient sur tous les moments forts du mois de mars 2026. On parle d'IA agentique, bien sûr, on parle d'une nouvelle ordineo d'Apple, on parle de Sony et on parle aussi des 25 ans du smartphone. Ça vous aura peut-être échappé. Eh bien, si vous voulez en savoir plus, rendez-vous dimanche 29 mars pour cet épisode du Grand Débrief en audio et en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique ou sur le site mondenumérique.info ou encore sur l'application mobile. Signé Good Barber sur iPhone et Android. Monde Numérique : [2:54] C'est une décision de justice et même plusieurs décisions qui marquent sans doute un tournant dans l'histoire des réseaux sociaux. Aux Etats-Unis, un tribunal de Californie vient de condamner Meta et Google à verser 6 millions de dollars à une jeune femme qui accusait Instagram et YouTube d'avoir ruiné sa vie, de l'avoir plongée dans la dépression, de l'avoir rendue accro aux réseaux sociaux. Et ça aurait même déclenché chez elle un syndrome de dysmorphophobie, c'est-à-dire l'obsession d'un détail de son physique qu'elle considérait comme un défaut. Bref, une véritable atteinte à sa santé mentale. Première décision donc à Los Angeles. Autre décision toujours aux Etats-Unis cette semaine également, au Nouveau-Mexique cette fois. Un jury a condamné Meta à payer 375 millions de dollars pour avoir insuffisamment protégé les mineurs face aux contenus dangereux et face aux prédateurs sexuels toujours sur les réseaux sociaux. Alors, des décisions historiques, oui, parce que pour la première fois, la justice américaine reconnaît la responsabilité des plateformes dans les préjudices subis par la jeunesse. Et en plus, ce n'est sans doute qu'un début, car d'autres procès vont suivre. Des milliers d'actions sont déjà intentées contre Meta, Google, TikTok ou encore Snapchat pour des effets supposés sur la santé mentale des adolescents. On en reparle tout à l'heure dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti. Monde Numérique : [4:20] Rien ne va plus chez OpenAI, en tout cas c'est le branle-bas de combat au sein de la maison mère de Tchadjipiti, en pleine réorganisation, objectif, l'entrée en bourse de la société qui doit intervenir cette année. Alors, plein de changements annoncés ces derniers jours. D'abord, l'abandon de Sora, vous vous souvenez ? Sora, ce système de génération de vidéos hyper réaliste par intelligence artificielle, des résultats spectaculaires, mais bon, visiblement, ça demande beaucoup de puissance informatique, donc ça coûte très cher et c'est pas rentable. Malgré un contrat qui avait été pourtant passé avec Disney à hauteur d'un milliard de dollars pour fabriquer des films générés par IA, mais donc Disney sera remboursé, OpenAI tire le rideau sur Sora. Ce n'est pas tout, OpenAI abandonne aussi le mode adulte de ChatGPT qui devait pourtant faire son apparition ces jours-ci, une espèce de version porno de ChatGPT qui aurait sans doute apporté beaucoup d'argent, mais c'est pareil, on n'en parle plus. Et puis en interne, réorganisation avec Sam Altman, le PDG, qui se retire de la supervision des équipes de sécurité pour se concentrer sur le financement, les chaînes d'approvisionnement et les centres de données. Bref, il faut faire de l'argent, faire rentrer de l'argent dans les caisses chez OpenAI. Objectif donc, la bourse et c'est donc un véritable plan de bataille pour séduire les investisseurs qui est en train de se mettre en place. Monde Numérique : [5:41] Pendant ce temps-là, d'autres géants de l'IA, eux, continuent de s'en donner à cœur joie, avec encore des innovations, et notamment Anthropic, désormais quasiment premier concurrent d'OpenAI. Cette semaine, le 23 mars, Anthropic a publié une vidéo sur X qui a fait pas mal de bruit. Ça présente une nouvelle fonction de l'IA cloud appelée Dispatch. Alors qu'est-ce que c'est Dispatch ? C'est une fonctionnalité étonnante qui permet en réalité de piloter un agent IA installé sur votre ordinateur en envoyant des ordres depuis votre smartphone. Par exemple, vous n'êtes pas chez vous, vous avez un travail à finir, vous envoyez un message à votre IA pour lui dire, tiens, récupère le rapport que j'étais en train de préparer, tu le finalises et puis tu l'envoies à tous les participants à la réunion de lundi qui est prévue dans mon agenda. Et hop, l'agent fait tout ça pour vous. C'est l'IA qui se charge du boulot, vous n'avez rien à faire, vous n'avez pas besoin de lui détailler pas à pas ce qu'elle doit faire, c'est elle qui décide, elle va cliquer là où il faut, ouvrir les bons dossiers, etc. Alors une vraie avancée technologique en matière d'IA agentique, mais qui n'est pas quand même sans présenter quelques risques en matière de sécurité, d'ailleurs en tropique mais en garde, en expliquant que si vous lâchez un agent sur un ordi, potentiellement il pourrait faire à peu près tout ce qu'il veut, y compris les pires catastrophes, donc une innovation à utiliser avec prudence. Monde Numérique : [7:00] Et si vous utilisez un outil d'intelligence artificielle, justement, un petit conseil, arrêtez de lui demander de se comporter comme un expert. Vous savez, c'est pourtant un conseil qui est souvent donné pour formuler des promptes. On lui dit « Agis comme un expert de ceci ou de cela », et puis ensuite on lui demande ce qu'on veut. C'est ce qu'on appelle le persona prompting. Eh bien, ce ne serait pas forcément une bonne idée. Selon une étude de l'Université de Californie du Sud, Demander à une IA de jouer un rôle d'expert dégraderait ses performances. Il y a des études qui ont été faites qui montreraient que la précision factuelle serait ainsi réduite de 3,6 points. L'explication, c'est que le modèle se met à suivre bêtement des instructions au lieu de chercher des réponses un peu plus approfondies dans ses données, dans ses connaissances. Alors, c'est surtout vrai si on pose des questions factuelles à une IA ou alors si on veut générer du code. mais en revanche, ce persona prompting reste utile malgré tout pour certaines requêtes, par exemple pour tout ce qui touche à la sécurité informatique. Et oui, les IA sont des petites bêtes sensibles, il faut savoir leur parler avec gentillesse, précisément avec les bons mots en fonction de ce qu'on attend d'elles. Monde Numérique : [8:11] Un nouvel algorithme de Google pourrait révolutionner l'efficacité, justement, des intelligences artificielles. Ça s'appelle TurboCant, ça a été dévoilé cette semaine. C'est un algorithme, en fait, de compression qui permet d'économiser la mémoire informatique nécessaire pour faire tourner les modèles d'IA. La quantité de RAM serait divisée par au moins 6. Et ce qui est intéressant, puisqu'on sait qu'en ce moment, il y a quand même une tension sur le marché des semi-conducteurs et le prix des mémoires RAM a tendance à s'envoler au niveau mondial. Ce système de compression appliqué au LLM, donc les grands modèles de langage, serait un outil économique assez intéressant. Pas mal pour Google, Google qui, rappelons-le au passage d'ailleurs, est quand même à l'origine du développement des IA génératifs puisque ce sont des chercheurs de Google qui ont inventé les transformers, les outils logiciels qui ont permis ensuite de donner naissance aux chatbots d'intelligence artificielle. Monde Numérique : [9:10] Google encore, tiens, avec deux petites fonctions qui viennent d'arriver, qui vous intéresseront peut-être si vous utilisez les outils de Google sur votre smartphone. Imaginez pouvoir interroger votre téléphone en lui montrant des choses en temps réel et en lui posant des questions. Eh bien, c'est possible désormais avec la fonction Search Live. Vous pouvez activer la caméra de votre téléphone et lui montrer un monument, une bouteille de vin ou n'importe quoi d'autre et lui poser la question à voix haute. L'intelligence artificielle Gemini va analyser simultanément la vidéo et la voix et vous donnera la réponse appropriée. Autre innovation implémentée et proposée depuis cette semaine par Google, c'est du côté de Maps, l'application de navigation GPS. Google Maps qui reçoit en fait sa plus grosse mise à jour depuis des années et notamment un assistant appelé Ask Maps qui permet désormais de comprendre des requêtes complexes liées à un itinéraire. Vous pouvez lui demander par exemple comment aller de tel endroit à tel endroit, sans emprunter l'autoroute et en m'arrêtant au passage dans un restaurant étoilé. Bref, une espèce de GPS augmenté par IA qui va vous répondre. C'est une fonction qui est actuellement en cours de déploiement, notamment en France. Monde Numérique : [10:28] Apple va-t-il contrôler l'âge des utilisateurs d'iPhone pour protéger les mineurs ? Eh bien oui, c'est une réalité. En tout cas, en Grande-Bretagne, Apple a introduit cette semaine un nouveau mécanisme de contrôle de l'âge sur les iPhones via la mise à jour iOS 26.4. En fait, les utilisateurs adultes, donc plus de 18 ans, devront prouver qu'ils ont bien plus de 18 ans au moins une fois après avoir fait cette mise à jour sur l'iPhone. Et puis, les nouveaux acquéreurs d'iPhone devront également apporter cette preuve. Comment ? Eh bien, la vérification va s'effectuer via une carte de crédit ou via un document d'identité. Et ensuite, eh bien, si l'utilisateur a moins de 18 ans, il se verra interdire de consulter certains sites web, de télécharger certaines applications. Ou encore, il y a la fonction activation, la fonction sécurité des communications qui se mettra en route et qui floute les images sensibles pour les plus jeunes. Une initiative d'Apple saluée par les autorités britanniques, mais qui en revanche n'enchante pas du tout certains défenseurs de la vie privée qui estiment que c'est une atteinte précisément à la vie privée. Je vous en parle d'ailleurs de cette question dans un épisode de Monde Numérique en date du 27 mars, à retrouver sur mondenumérique.info ou sur votre application habituelle de podcast. Monde Numérique : [11:47] On continue avec Sony qui finalement ne lancera pas sa voiture connectée. Bye bye Afila de Sony. Le géant japonais avait un peu surpris tout le monde, c'est vrai, dans les années 2020 en présentant un concept car, une voiture électrique équipée de toutes les technologies Sony, une véritable vitrine technologique en quelque sorte. Il y avait même eu deux versions, Afila 1 et Afila 2. Mais le partenaire automobile de Sony dans cette aventure, L'autre japonais Honda a décidé de jeter l'éponge et de lâcher l'affaire. Et donc l'entreprise conjointe que les deux compagnies avaient créée, Sony Honda Mobility, a annoncé cette semaine l'annulation des deux modèles électriques. C'est un vrai fiasco pour Honda, d'une part, qui n'arrive pas à s'imposer sur le marché des voitures électriques, et puis aussi pour Sony, qui comptait avec ce projet un peu se diversifier. Les clients qui avaient commandé la voiture Afila et qui avaient même versé un incompte pour certains, évidemment seront remboursés. Monde Numérique : [12:48] En France, une nouvelle fuite de données, encore une, et cette fois c'est l'éducation nationale française qui vient d'en faire les frais. Les données personnelles de 243 000 agents, dont une majorité d'enseignants, ont été dérobés et diffusés librement sur le dark web. Allons-y gaiement. Voilà, c'est le ministère lui-même qui l'a annoncé le 23 mars. Le problème vient du logiciel de ressources humaines de l'éducation nationale, le programme Compass, qui a été compromis. On n'a pas les détails exacts, mais bon, sans doute encore une histoire de phishing, ce qui a permis aux pirates d'accéder aux noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone et même les plannings d'absence des agents. Cette attaque fait suite à d'autres piratages récents qui ont touché des institutions françaises, notamment dans l'enseignement catholique également, et puis plusieurs ministères. Voilà, donc une de plus serait-on tentée de dire. Et puis côté cybercriminalité toujours, une faille incroyable et assez effrayante découverte sur l'iPhone, l'iPhone qui pourtant n'est pas trop cible des pirates en général, une faille dans iOS qui permet potentiellement de contaminer un iPhone en allant Monde Numérique : [13:54] simplement sur un site web infecté. Voilà, on parle de tout ça d'ailleurs en détail cette semaine avec l'expert cybersécurité Benoît Grünemwald. Monde Numérique : [14:08] Avant d'aller plus loin, un mot de Froganz, partenaire de l'hebdo de Monde Numérique. En 2025, je vous ai fait découvrir cette initiative technologique unique au monde, une nouvelle manière de consulter, de publier du contenu en ligne. Froganz fait sortir Internet du cadre avec des sites graphiques, simples, très fluides. Monde Numérique : [14:27] 2026 sera une année décisive pour Froganz, qui s'adresse pour l'instant en priorité aux développeurs. Comment ça marche concrètement ? Alexis Tamas, cofondateur de Froganz. Invité : [14:36] Le fonctionnement de Froganz du point de vue de l'utilisateur final, c'est une application. Alors sur un téléphone, ça vient d'un store tout à fait traditionnel. Sur un ordinateur, pareil, on télécharge un petit logiciel qui s'appelle Froganz Player, qui est disponible gratuitement, qui ne nécessite pas d'enregistrement de la part des utilisateurs et qui est distribué par l'OP3FT qui est en charge de la standardisation de Froganz. Monde Numérique : [14:55] Et pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr, f2r2.fr. Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Invité : [15:08] Salut Jérôme Colombain à Paris. Monde Numérique : [15:10] Grosse actu cette semaine, plein de choses, des bonnes et des moins bonnes. Et si tu es d'accord, j'aimerais qu'on démarre par cette décision de justice, ces décisions de justice quasiment historiques, je crois qu'on peut dire ça comme ça, aux États-Unis, qui concernent à la fois Méta et YouTube. Je pense que ça ne t'a pas échappé. Invité : [15:30] Oui, bien là, c'est le début. C'est un long chapelet de procédures un peu partout aux États-Unis. Mais effectivement, c'est celui dont on s'était parlé il y a un moment. Et c'est une poursuite qui concernait et Meta et YouTube. Dans le cas de Meta, c'est Instagram. Parce qu'il y avait une jeune femme qui, aujourd'hui, a 20 ans, mais plus jeune, a utilisé allègrement ces plateformes-là comme bien des jeunes, des millions de jeunes. On ne peut pas dire des centaines de millions de jeunes. Et donc, à un moment donné, elle dit avoir développé des maladies, des problèmes de santé, notamment mentales, mais autres. Monde Numérique : [16:07] Oui, des pensées suicidaires, de la dépression. Invité : [16:10] Oui, puis sans parler aussi du problème de dépendance. Bref, tout ça a fait en sorte que ça lui a gâché sérieusement sa vie. Alors, elle a consulté des avocats et lui a dit, allons-y, procédons et poursuivons les gens qui ont causé ça. Là, on a le dénouement à cette histoire-là. Et ce que ça veut dire, suite à toutes les délibérations et les présentations de preuves qui ont été faites, et le juge et le juré se sont entendus sur le fait que la jeune fille devait être compensée. Puis à la fin, quand on fait le calcul, pour le moment, on parle de 6 millions de dollars américains. Mais ce qui est intéressant, c'est que là, c'est juste le premier procès. Monde Numérique : [16:50] Et oui, exactement. Invité : [16:51] Et tu le sais comment ça fonctionne, particulièrement aux États-Unis. Là, on est dans le domaine de la jurisprudence. Alors, évidemment, on s'entend, puis et Meta et Google ont dit qu'ils allaient faire appel du jugement, mais imagine-toi un instant si, si ces deux entreprises-là doivent se mettre à payer 6 millions de dollars pour chaque victime de l'utilisation des plateformes, fais le calcul. Monde Numérique : [17:18] Ça va être monstrueux. Invité : [17:19] Ça va être… Et c'est un peu comparable. D'ailleurs, il y a beaucoup d'analystes qui font le parallèle avec les fameuses poursuites qui se sont faites il y a quelques années dans le domaine de la tabagie du tabac où les grands fabricants de tabac sont pensés à la caisse parce que ça a été des milliards et des milliards qu'ils ont dû compenser. Après des années et des années et des années de poursuites, finalement, les plaintifs ont eu gain de cause. Mais là, on est juste au début de toute cette histoire-là, mais c'est quand même intéressant de voir ce que ça donne. Monde Numérique : [17:52] Alors ici en France, à l'heure où on enregistre, tu vois, ce n'est pas tellement traité ce sujet-là, alors que je trouve qu'effectivement c'est très important parce que c'est vraiment une première. C'est la première fois que la justice, en l'occurrence la justice américaine, reconnaît en fait de manière claire la responsabilité des plateformes dans des dommages psychologiques qui ont été infligés à des mineurs. Ça avait toujours été évoqué, mais il n'y avait pas eu de décision de justice. Donc, comme tu le dis, c'est un peu la boîte de Pandore qui vient d'être ouverte. Il y a eu une autre décision en plus en Californie, non, au Nouveau-Mexique, pardon, où Beta était condamnée à payer 375 millions de dollars. Ça, c'était plus général pour… L'ensemble des jeunes. Voilà, pour l'ensemble des jeunes, pour avoir insuffisamment protégé les mineurs face aux contenus dangereux et notamment par rapport aux prédateurs sexuels. Il y a même des phrases assez dures qui ont été prononcées au cours de ce procès où on a dit qu'en fait, les réseaux de méta étaient des repères de pervers et que les jeunes étaient lâchés là-dedans sans aucune sécurité donc je pense qu'on est vraiment à un tournant en fait. Monde Numérique : [19:09] Quant à la responsabilité des plateformes parce qu'elles ont toujours laissé entendre qu'elles n'étaient pas concernées etc. Et là on leur met le nez là où ça ne sent pas bon, clairement. Et puis, on sait en plus, en ce qui concerne l'addiction, on sait également toutes les technologies qui ont été développées pour encourager, favoriser l'addiction. L'addiction, oui, ça peut être un problème personnel quand on est accro à ces outils-là, mais quand en plus, on mobilise les meilleurs spécialistes en neurosciences pour développer volontairement des mécanismes d'addiction avec des couleurs, de l'ergonomie, etc., C'est, comme tu le dis, ça rappelle vraiment les pires pratiques de l'industrie du tabac. Invité : [19:56] Oui, et ça va être intéressant de voir parce que là, au niveau des relations publiques, c'était de voir évidemment Mark Zuckerberg qui n'en portait pas large quand il se rendait ou quand il sortait. J'ai vu des images brièvement, mais dans ce procès-là, il passe vraiment pour le pire des trucs. Monde Numérique : [20:16] Parce que quand tu regardes… C'est joliment dit. Invité : [20:19] Oui, bien non, mais il faut dire ce que c'est. Mais quand tu regardes tous les documents qui ont été présentés par la partie plaignante et finalement, même fois, la situation s'est répétée, où il lui était envoyé des documents, il les a vus, il les a lus, il les a reçus, qui disaient qu'attention, il y a un problème avec ça. Mais pas une fois, plusieurs fois qu'ils passent à côté. Monde Numérique : [20:43] Non, mais ils pensaient qu'ils allaient réussir à passer entre les gouttes, en fait, que ça ne les concernerait pas, qu'ils seraient considérés uniquement comme des intermédiaires techniques, etc. Mais quand on sait qu'effectivement, ils n'ont rien fait quand ils étaient avertis, et que même, encore une fois, ils ont sans doute développé des outils qui ont encouragé tous ces phénomènes, ça va faire mal, ça va faire mal. En plus, il y a des milliers d'actions qui sont prévues contre Meta, Google, TikTok, Snapchat, etc. Voilà, c'est que le début de l'histoire, alors bon, ils ont annoncé qu'ils allaient faire appel, mais c'est que le début de l'histoire, mais ça risque quand même de faire beaucoup, beaucoup de bruit, cette histoire. Invité : [21:24] Mais ceux qui doivent rire, c'est quand même, bien pas rire, mais sourire, c'est quand même les gens de TikTok et de Snap qui ont fait des ententes hors cours avant le début du procès. Je pense que ça va leur coûter pas mal moins cher et puis ils n'ont pas eu à porter la honte devant le public. Mais comme tu le dis, indépendamment où on est dans le monde, certains médias en parlent, d'autres pas. Et c'est dommage parce que c'est dans l'intérêt public de le savoir. Monde Numérique : [21:46] Oui, et puis c'est un gros fait d'actualité surtout, en dehors de tout jugement qu'on peut porter sur les affaires elles-mêmes. Dis-moi, est-ce que tu as vu passer cette news concernant Mark Zuckerberg qui, lui, veut se fabriquer un co-PDG? Il développe, il est en train de se développer un agent IA pour l'aider à diriger le groupe Meta. Invité : [22:08] Mais là, Jérôme, on est dans le domaine du fantasme des PDG. D'avoir la possibilité d'avoir un numéro 2. Monde Numérique : [22:16] D'ailleurs, moi, en tant que PDG, je n'arrête pas d'y penser. Invité : [22:20] Déjà, tu as quelques agents qui travaillent pour toi, mis à part les humains. Mais donc, c'est ça. C'est intéressant. Il est en train de se faire développer, lui, mais aussi, il y a d'autres qui travaillent pour lui, pour arriver à avoir... Il y a déjà le principe, en tout cas, en Amérique du Nord, je sais que ça fonctionne bien, du dashboard, le tableau de bord qui permet aux dirigeants d'avoir une image de pas mal ce qui se passe. en chiffres, en tableaux. Mais là, ce que Mark Zuckerberg veut avoir, c'est carrément toute l'information sur différents paliers hiérarchiques. Ça veut dire que du premier employé junior qui rentre dans la boîte ou du dernier qui est le numéro 3, parce que le numéro 2, ça va être son IA, Il a accès à tout et l'IA lui rend l'essentiel moelle de toute l'information qu'il arrive à colliger, lorsque Mark Zuckerberg se tourne vers l'IA en disant « j'ai besoin d'informations dans tel domaine où on est rendu ». Monde Numérique : [23:17] Oui, où on en est dans le juridique, où on en est dans le… Alors. Invité : [23:22] Plutôt que d'attendre le briefing de la semaine avec le département en question, bien là, il y a tout de suite l'information. Et évidemment, là, c'est le principe d'avoir une aide à la décision, ce qui est essentiellement une IA quand on est utilisé par un haut gestionnaire. Mais là, c'est avec des spécificités propres au groupe de méthode. Alors, c'est vraiment pointu, mais ils peuvent le faire parce qu'eux, ils sont là. Mais c'est sûr que là, ça commence à faire rêver d'autres dirigeants qui vont se dire, moi, j'aimerais ça avoir une aide à la décision. Monde Numérique : [23:53] Certainement, certainement. Invité : [23:54] Il y a un marché qui va peut-être ouvrir. Monde Numérique : [23:56] Oui, alors on va voir comment il s'en sort de son agent est-ce que ça répond à ses attentes peut-être je n'en sais rien et si ça marche c'est super effectivement ça intéressera beaucoup de gens tu m'as vu l'économie. Invité : [24:10] Quand ça a été le temps du métavers et des milliards qui a investi, peut-être que l'IA lui aurait dit, écoute, mon Marc, je vais peut-être mettre ton argent ailleurs. Monde Numérique : [24:19] Oui, c'est peut-être pas une bonne idée. L'IA n'est pas forcément clairvoyante, excuse-moi. Invité : [24:24] Non, mais avec toutes les données en main, tu peux arriver à faire des décisions qui sont plus sages que simplement te fier sur tes envies et ton imagination. Monde Numérique : [24:34] Oui, c'est un vrai débat, ça, je pense. Je ne sais pas, mais c'est difficile. Invité : [24:39] Alors, on en reparle la semaine prochaine. Monde Numérique : [24:39] On en reparle la semaine prochaine où on attendra de voir si Marc s'en sort avec son truc. On va lui demander surtout qu'il nous tienne au courant est-ce que ça tient la route ou pas ? Bon, écoute, donc on verra bien. Invité : [24:49] Mais toi, tu travailleras avec ça ? Monde Numérique : [24:51] Moi, je trouve l'idée vachement tentante. C'est vrai que quand tu diriges un grand groupe, ce qui n'est pas mon cas, mais tu as 10 000 strates et 10 000 services et plein de choses, ça doit être très difficile d'avoir une vision globale de l'entreprise. Après, il ne faut pas se leurrer, les rapports hiérarchiques aussi permettent parfois de filtrer de l'info il y a des infos, peut-être des détails dont il n'a pas besoin d'être informé parce que ça va lui occuper l'esprit, inutilement ou il y a l'inverse, lui faire des synthèses qui vont dans le bon sens, etc. Mais bon, peut-être que l'IA arrivera à faire ça, pourquoi pas. En tout cas, s'ils font ça, est-ce que ce sera possible avec Siri d'Apple ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas mais on aura peut-être une réponse prochainement. Invité : [25:40] Il y a vraiment un volet humoriste que tu ne développes pas assez. Monde Numérique : [25:44] Non, j'essaie de... Invité : [25:45] J'aime beaucoup ton humour. C'est très fort. Effectivement, pour le moment. Monde Numérique : [25:49] On nous dit ça. C'est un peu de l'humour de répétition avec Cyril. Invité : [25:54] Oui, il y a quelques années maintenant. Mais donc, c'est ça. Écoute, là, je te vois venir avec tes gros sabots. Tu veux qu'on parle du WWDC qui a été annoncé. Monde Numérique : [26:04] On en dit un petit mot. Ça a été annoncé cette semaine. Invité : [26:06] Bon, OK, pour te faire plaisir. Mais donc, c'est ça. C'est au mois de juin prochain. Ça va commencer le 8 juin. C'est là qu'on aura la grande présentation, la grande messe. Évidemment, ça sera fait en ligne, mais il y aura quelques influenceurs qui seront probablement invités, quelques fanboys qui seront aussi conviés à cette célébration. Et puis, qu'est-ce qu'on aura? Bien, on l'espère, trois ans plus tard, la présentation de ce qui est véritablement Apple Intelligence, maintenant que ça carbure avec Gemini. Et je le trouvais intéressant parce que j'ai vu un texte passé de Bloomberg hier ou avant-hier qui confirmait qu'Apple allait avoir accès complet à l'outil de Gemini. Monde Numérique : [26:47] À Gemini. Invité : [26:48] Pour être capable d'arriver à développer ses propres solutions. Monde Numérique : [26:51] C'est énorme, ça. Ça veut dire qu'avec le deal qu'ils ont passé avec Google, ils ne vont pas se contenter d'être utilisateurs et Google prestataire de services. Ils vont vraiment pouvoir développer leur truc en profondeur, a priori. Invité : [27:04] Ils ont le livre des recettes et puis après, ils s'amusent avec. Monde Numérique : [27:07] S'ils peuvent mettre le nez dans le Gemini, écoute, on espère en tant qu'utilisateur qu'il en sortira quelque chose de bien. Invité : [27:15] Alors, à surveiller, à mettre à votre calendrier Si vous avez d'autres activités, peut-être réfléchir, si vous ne voulez pas annuler déjà, mais le 8 juin, donc, ça sera la WWDC. Monde Numérique : [27:25] Rendez-vous, donc, pour la conférence, la keynote d'ouverture de la conférence développeur, autrement dit, la WWDC d'Apple. Bruno, de quoi… J'allais t'appeler Benoît, tu vas comprendre pourquoi, mais Bruno, de quoi parles-tu dans ton carnet cette semaine? Invité : [27:42] Écoute, je pense que tu en as parlé la semaine dernière. Ça doit être ça qui m'a influencé. Si on parle de cybersécurité et de quantique, T'en parlais la semaine dernière. Monde Numérique : [27:51] Non, mais oui. Invité : [27:54] Possible. Monde Numérique : [27:55] Non, la sécurité post-quantique, non, je ne crois pas. Je n'en ai pas parlé depuis un moment. Non, ce n'était pas moi. Invité : [28:00] Je suis désolé, mais excellent sujet. Monde Numérique : [28:02] Ça devait être ta voisine ou je ne sais pas qui. Invité : [28:04] Oui, je suis de panier. Monde Numérique : [28:05] Ou ton boulanger. Je ne sais pas qui t'a parlé de chiffrement post-quantique, mais vas-y, vas-y. Invité : [28:12] Si c'est vous, je vous remercie qui nous écoutait. Donc, on en parle cette semaine avec des gens qui sont vraiment dans l'avancement de la chose. Sinon aussi, autre sujet. Je pense que je t'en ai parlé la semaine dernière, mais finalement, il y avait tellement trop de matériel que j'ai décidé de le passer cette semaine. Mais cette semaine, c'est vrai. On va parler avec le photographe qui fait des pièces, des chefs-d'oeuvre d'images, mais à l'intérieur des jeux vidéo. Monde Numérique : [28:41] Dans les jeux vidéo. Oui, étonnant ça. On se retrouve la semaine prochaine. Et si tu es d'accord, même, on se retrouve avant. On se retrouve ce week-end pour le grand débrief avec François Sorel. On se fait un petit grand débrief à trois, d'accord? Invité : [28:56] Quelle bonne idée. Il commençait à me manquer, lui. Monde Numérique : [28:58] Ouais, eh bien, voilà. Tu vas pouvoir l'entendre. Il va encore nous raconter toutes ces histoires. Invité : [29:04] Allez, Jérôme. Je te souhaite une bonne suite de programmation. Et moi, je vais à mon côté. Monde Numérique : [29:08] Salut, Bruno. Ciao, ciao. Invité : [29:23] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [29:31] Une bibliothèque mondiale du logiciel, une sorte de bibliothèque d'Alexandrie du Code. C'est un projet insolite lancé par des chercheurs français, mais aujourd'hui relayé au niveau international. On en parle dans un instant avec son fondateur. Et avant cela, c'est l'heure de faire le point sur la menace cyber qui plane sur nous. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcast ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, en version complète la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Benoît Grünemwald. Invité : [30:08] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [30:09] Expert cybersécurité chez Eset. Et on se retrouve, comme d'habitude, en partenariat entre Eset et Monde Numérique pour, en quelque sorte, la météo de la cybersécurité avec pas mal de sujets ce mois-ci, Benoît, dont une alerte qui a fait frémir dans les chaumières puisqu'elle concerne une plateforme qui, d'habitude, n'est pas trop visée ni vulnérable. Je veux parler de l'iPhone, d'Apple, en tout cas iOS, une faille de sécurité sur iOS qui fait carrément froid dans le dos. Invité : [30:41] Oui, ça va même plus loin qu'une simple faille. C'est un kit d'exploit qui a fuité, a priori, d'une société dont c'est le métier. Monde Numérique : [30:50] Alors, il faut peut-être d'abord expliquer, Benoît, ce qu'est un exploit et un kit d'exploit. Invité : [30:55] Oui, alors l'exploit, c'est quoi ? C'est le fait d'avoir une faille, par exemple, sur un système d'exploitation ou sur une application. Et l'exploit, c'est le fait de l'exploiter, c'est-à-dire d'utiliser cette faille pour arriver à ses fins. Par exemple, pénétrer un système d'information, pénétrer un site web ou, dans le cas présent, arriver à rentrer sans être détecté et à rester dans le système d'exploitation iOS. Et donc, ce kit d'exploit présente plusieurs éléments qui vont permettre à ceux qui l'utilisent, notamment lorsqu'ils piratent des sites Internet, donc soit des sites Internet qu'ils contrôlent, soit des sites Internet qu'ils piratent, de les paramétrer pour prendre le contrôle d'iOS une fois que vous le visitez. Et c'est ça qui est assez fou, c'est que vous allez par exemple recevoir un SMS ou recevoir un lien, vous allez cliquer dessus, ça va vous envoyer sur ce fameux site et là, l'utilisation de l'exploit va se mettre en marche. Monde Numérique : [31:50] Mais c'est quel genre de site ? Invité : [31:51] Eh bien, soit c'est un site que l'attaquant a spécialement préparé, qui va par exemple reprendre les couleurs et usurper une marque telle qu'une marque hyper connue, qui va nous inviter donc à y aller, comme un hameçonnage normal finalement. Soit il va pirater un site internet qui lui est entre guillemets légitime, qui est mal sécurisé ou pas assez sécurisé. Et dans ce cas-là, il va venir injecter ces petits bouts de code qui vont faire que quand on va visiter ce site avec un iOS pas mis à jour, pas récent, eh bien, on se fera pirater. Monde Numérique : [32:26] Alors derrière, qu'est-ce qu'on risque ? Invité : [32:28] On risque la prise totale de contrôle de notre iPhone et puis l'exfiltration d'éléments tels que le carnet d'adresse, les photos, la position, tout ce qui fait que notre vie privée est privée. Monde Numérique : [32:43] Autre phénomène ces dernières semaines, Benoît Grünemwald, c'est une arnaque à l'intelligence artificielle. Alors, on a déjà beaucoup parlé ensemble de la manière dont les pirates peuvent utiliser l'IA pour trouver des failles, pour fabriquer des logiciels spéciaux. Là, on est dans le deepfake. Et un deepfake qui, il faut le dire, là encore, fait un peu peur. Invité : [33:04] Oui. Alors, concrètement, quand on est un peu tech, on arrive à voir assez vite que c'est un montage, mais pour quelqu'un qui n'en a pas l'habitude ça peut paraître très vraisemblable et puis surtout on sait à la vitesse à laquelle l'IA avance et qu'aujourd'hui c'est moyen, demain ça sera mieux et après demain ça sera super on n'y verra que du feu et effectivement quelle est la relation avec les fuites de données c'est que le deepfake l'image que l'on reçoit est une image qui, qui présente les mains d'une personne avec un colis. Et sur ce colis, il y a notre nom, notre prénom, parfois même notre adresse postale. Et le message dit « Je suis le livreur et je n'ai pas réussi à livrer votre colis. Veuillez m'aider, cliquez ici, etc. » Et pour, encore une fois, faire matérialiser et nous faire croire que c'est légitime, et bien là, ils ont rajouté une photo. Monde Numérique : [34:00] Donc, on a vraiment l'impression que le livreur est dans la rue ou deux rues plus loin avec le paquet entre les mains. La preuve, il nous envoie une photo et évidemment, c'est pour nous inciter à aller sur un site où on va se faire détrousser. Invité : [34:12] Exactement. Et ce que ça marque en termes de technologie et d'organisation du côté des cybercriminels, c'est une industrialisation. Parce qu'auparavant, on recevait des SMS qui nous disaient votre code lead n'a pas pu être livré ou cliquer ici pour mettre à jour votre carte Amélie, des choses comme ça. Monde Numérique : [34:29] Ce n'était pas nominatif. Invité : [34:31] Exactement, ce n'était pas nominatif. Et là, on reçoit un message qui dit Jérôme Colombain, j'ai votre colis dans les mains et je n'arrive pas à le livrer. Et regardez, j'ai une photo et c'est bien vous qui êtes votre nom qui est sur le colis. Mais quand les cybercriminels font ça, ils ont industrialisé à la fois la production des SMS avec bonjour, nom, prénom, ainsi que la création de l'image associée qui elle aussi reprend le nom, prénom et en plus souvent l'adresse. Donc là, on est dans quelque chose qui qui est d'un autre niveau. Monde Numérique : [35:00] Mais en même temps, on sait que c'est faisable. Et en revanche, est-ce qu'on sait si ça leur a demandé beaucoup de travail ? Est-ce qu'ils font ça eux-mêmes à la main, image par image ? Ou il y a déjà des processus d'industrialisation qui peuvent, par exemple, créer ce type d'image par dizaine et ensuite automatiser les envois, etc. Invité : [35:20] Alors, on n'a pas encore d'informations complètes et détaillées. On n'a pas encore découvert comment fonctionnaient ces groupes d'attaquants. Mais connaissant s'il y a des. Monde Numérique : [35:29] Pirates qui nous écoutent. Invité : [35:30] Qui nous le disent qui le témoignent sur le monde numérique tu pourras flouter on les dénoncera bien entendu. Invité : [35:38] Et donc on imagine bien entendu qu'ils ne font pas cela à la main et ce qui me fait dire ça c'est que autour de moi j'ai quand même beaucoup de personnes qui en ont reçu donc ça voudrait quand même dire qu'ils ont une capacité de production, extraordinaire je n'y crois pas je crois plutôt que malheureusement ils sont malins malheureusement ils utilisent l'intelligence artificielle et quand on voit comment les kits d'hameçonnage on parlait de kits d'exploit tout à l'heure mais il y a vraiment un marché du kit d'hameçonnage vous ne savez pas forcément le faire ni comment et bien vous allez dans différents endroits et vous cliquez et vous achetez, Et vous pouvez avoir accès à un kit d'hameçonnage qui va, pour vous, faire beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Donc, on pourrait, moi, j'aurais plutôt tendance à imaginer que ces kits d'hameçonnage aient évolué, les éditeurs de kits d'hameçonnage aient rajouté, pourquoi pas, une API ou un MCP ou des agents, des bots, il y a auxquels on va dire, voici la base de données, nom, prénom, adresse, le numéro de téléphone pour l'hameçonnage par SMS, l'adresse e-mail. Et voici un lien et un token pour aller créer la fameuse image en conséquence et donc ils vont créer tout ça soit dynamiquement soit a priori et puis ensuite utiliser un outil qu'on pourrait presque appeler un outil d'emailing marketing et dire bonjour monsieur Jérôme Colombain voici votre colis voici l'image et hop j'envoie tout ça Merci. Monde Numérique : [37:06] Beaucoup Benoît Grünemwald expert cybersécurité chez Eset pour cette météo en quelque sorte de la cybersécurité. Invité : [37:14] Merci Jérôme. Monde Numérique : [37:22] Bonjour Roberto Di Cosmo. Invité : [37:24] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [37:26] Chercheur en informatique et fondateur de Software Heritage. Software Heritage qui est une organisation qui s'est fixée pour but d'archiver les logiciels du monde entier. Ça paraît incroyable comme mission, racontez-nous ça, en quoi ça consiste exactement ? Invité : [37:42] L'idée, c'est pas difficile, en particulier dans le temps de mission, on voit bien que l'informatique et le numérique sont essentiellement les fondements de toute notre société moderne. Non, la tendance, oublier que derrière les numériques, il y a des logiciels, et derrière les logiciels, il y a des codes sources qui, normalement, sont écrits par des zoomers, et alors, plus récemment, par des zoomers avec l'aide d'intelligence artificielle, mais ça va y revenir, et que si on n'a pas ces codes sources-là, en réalité, on a perdu le contrôle de tout ce qu'on est en train de faire dans notre affaire, surtout l'informatique. Alors, nous, moi et les autres collègues avec qui on travaillait il y a plus de dix ans, on n'avait pas du tout vocation à se lancer dans une aventure, de construire en sorte des bibliothèques d'Alexandrie, de tous les codes de la planète. Donc l'idée, on faisait autre chose, on faisait des analyses des codes, on démontrait des théorèmes, on vérifiait s'il y avait des systèmes logiques pour améliorer la qualité des logiciels, tout ça. Mais à un moment donné, l'idée un peu forte était venant à dire et si on pouvait profiter du fait qu'on a plein de logiciels libres sur la planète, plein de consources disponibles pour essayer d'aller vérifier la qualité de tous ces codes. Invité : [38:46] Et donc, avant de nous la question, où est-ce qu'ils sont tous ces codes ? Et on a commencé à regarder autour et effectivement, ils étaient éparpillés de partout, sur des plateformes diverses et variées qui étaient utilisées par les gens pour collaborer ou alors pour distribuer des codes. Ces plateformes étaient un peu éphémères. On pensait à l'origine de l'informatique et de l'informatique numérique, inoxydable, alors ça s'oxyde très vite. Quand on a perdu une clé USB de 60 gigas, on a perdu 64 gigas de données, donc ce n'est pas sympa. Et on avait vu commencer à disparaître des codes importants. Et donc, c'est assez long. On a dit, attends, avant d'aller faire l'analyse des codes, on va peut-être essayer de voir s'il ne faut pas faire quelque chose pour sauver ces codes sources. Et on était très étonnés que personne ne se le coupait. C'est-à-dire, pour les web, il y a l'Internet à caille depuis le milieu des années 90 qui essaye de sauver les web. Pour les images, pour les vidéos, on a plein d'institutions qui se le coupent, même pour les jeux vidéo. Alors que les codes sources qui sont quand même la recette des fabrications des montrements de numéries, eh bien, il n'y avait personne. Et c'est là qu'est née cette idée de dire, bon, c'est un problème, oui. Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Oui. Est-ce qu'on sait comment le faire ? On pense que oui. Est-ce qu'on est légitime ? On va voir. Est-ce qu'on a les moyens de le faire ? On va demander. Et donc là, on a commencé l'aventure. Monde Numérique : [40:05] Mais alors, attends, parce que tu dis, on n'a rien pour stocker, mais il y a quand même des choses. Il y a GitHub, par exemple, où tout le monde publie aujourd'hui, enfin, tous les développeurs publient leurs codes. Donc est-ce que ça c'est pas déjà une sorte de bibliothèque. Invité : [40:20] Ah oui, oui, mais effectivement, là, c'était le moment où on a un peu réalisé qu'on confond plusieurs choses. Donc, il y a des plateformes de développement. GitLab est la plus connue aujourd'hui, mais il y en a plein d'autres. Donc, il y a GitLab et des dizaines de milliers d'instances de GitLab. À l'époque où on travaillait sur ça c'était plutôt Sourceforge qui était l'ancienne plateforme phare à l'époque on pensait qu'il y avait des centaines de milliers de projets, c'était énorme maintenant sous Guita on a des centaines de millions, mais ce sont des plateformes de collaboration, donc moi je peux aller là, je peux créer un projet, je peux travailler avec quelqu'un d'autre, après je décide que je m'en vais, j'annule mon projet je le fasse, je le modifie donc c'est pas du tout un archive et après d'aller passer en 2015 en particulier et juste après qu'on avait commencé notre travail, il y avait des grandes plateformes à l'époque qui étaient beaucoup plus populaires des Gitabs, comme Google Code ou Gitterius, qui ont fermé. Et donc, en fermant, ils ont supprimé des centaines de millions. En réalité, si je fais le calcul, on a sauvé plus d'un million trois cent mille projets qui ont été supprimés comme ça en claquant les doigts parce qu'on a déconnecté les serveurs, pour une raison ou pour une autre, des raisons business. Et donc, ça, c'est merci d'avoir posé la question. Souvent, beaucoup de développeurs, beaucoup de nos collègues même dans le monde. Invité : [41:41] Informatique, ils pensent que mettre un projet sur GitHub ou mettre un projet sur GitHub, etc., c'est lui garantir une vie infinie, alors que pas du tout. Invité : [41:51] Voilà. Et donc, c'est là qu'il y avait le besoin d'un archive. L'archive, la promesse d'un archive, c'est que tu mets dedans, va rester dedans. Alors que dans nos plateformes de développement, il n'y a aucune promesse de maintenir à temps de déterminer ce qui est à mettre dedans. Monde Numérique : [42:04] Oui, mais Roberto, alors c'est quel type de logiciel ? Parce que des logiciels, comme tu dis, il y en a des millions, voire des milliards peut-être, ils évoluent tout le temps, on en crée tout le temps des nouveaux, on crée des nouvelles versions, etc., etc.. Invité : [42:19] Exactement. Effectivement, quand on s'est posé la question, c'était l'été 2014, qu'est-ce qu'on fait ? On a pris une approche un peu scientifique. On a regardé ce qui était disponible, ce qui n'était pas disponible, quelles étaient les façons utilisées par développeurs pour travailler ensemble. Parce qu'effectivement, comme tu dis, il y a plein de logiciels, mais c'est pire. Déjà depuis le milieu des années 2010, on a commencé à travailler avec des plateformes de collaboration comme GitLab, GitLab, etc., dans lesquelles, pour apporter la moindre modification sur un logiciel, je vais changer une virgule dans un des dizaines de milliers de fichiers sources d'un logiciel. Invité : [42:57] Je suis obligé, on me conseille, on fait une copie. D'abord, je fais une copie de tous les logiciels, après, je modifie la virgule, et après, je demande au propriétaire de la version originaire de venir chercher ma modification. C'est ce qu'on appelle les pull requests. D'abord je fais un fort comme copie et après je vais demander aux gens de faire une copie, résultat, non seulement il y a des millions de logiciels, mais il y a des millions de copies de logiciels déjà irristants, dont les gens ont fait des copies juste parce qu'ils ont besoin de modifier une virgule ou plus qu'une virgule du coup la problématique de dire mais combien d'espace ça va occuper tout ça, est-ce qu'on arriverait à survivre, à tenir un peu la montée impuissante de tous ces objets était un sujet majeur et quel logiciel mérite d'être archivé Est-ce qu'on doit tout archiver ou est-ce qu'on archive seulement quelques-uns ? Et donc, on a donné des réponses très simples. Numéro 1, on archive vraiment tout. Y compris logiciels pourris qui ne valent rien. Pourquoi ? Monde Numérique : [43:54] Ah oui. Invité : [43:56] Pourquoi vous allez archiver des choses qui ne servent à rien ? Parce que dans les membres du logiciel, les choses évoluent. Le logiciel vit. Le logiciel évolue avec les temps. Donc, au début, si on regarde un temps T, c'est un peu difficile de juger que quelque chose est totalement non intéressant. J'ai un exemple un peu mythique qui ne m'étonne pas trop. En 1995, je me rappelle, j'étais encore à une. Je vois passer un message sous les messageries de l'époque. On n'avait pas forcément tous les web ni les réseaux sociaux. Et il y a un monsieur qui s'appelle Rasmus Lerdorf qui était sur Internet comme ça. Il disait, je suis un peu fatigué de refaire tous les pages web à la main. Donc, j'ai réalisé une petite série de micro-logiciels simple vite fait que je fais chez moi. Je vous les donne à la disposition, vous pouvez faire ce que vous voulez. Je les ai appelés Personal Home Page Tools. P, H, P, qui, à l'époque, si on devait juste dire est-ce que j'ai l'archive ou pas, on disait mais pas du tout, c'est un truc qui est passé comme ça, qui n'a pas beaucoup d'intérêt. Et alors PHP, maintenant ça ne s'appelle plus Personal Homepage, plus tout. Donc HP, c'est Hyper Processor, les premiers pages, je ne m'appelle plus. Mais ça a fait fonctionner une grande quantité de citoyens de la planète. Donc si on avait décidé de ne pas l'archiver... Monde Numérique : [45:18] Oui, c'est devenu un langage vraiment omniprésent ou presque. Invité : [45:24] Et donc, c'est pour ça que la décision a été prise, de dire, on archit tout. Et le jugement sur la qualité ou l'intérêt, ça sera plus tard. Les gens vont venir voir s'il y a des choses intéressantes, ils vont les trouver. S'il y a des choses pas intéressantes, c'est pas grave, on va laisser se démenter. Monde Numérique : [45:39] Et est-ce que ça va se poursuivre ? Parce qu'aujourd'hui, est-ce qu'on ne va pas vers un système avec la programmation par intelligence artificielle, le vibe coding, etc. Est-ce qu'on ne va pas vers de plus en plus du code jetable qu'on va produire comme ça et puis qu'on remplacera très vite. Qu'est-ce que tu en penses ? Invité : [46:00] C'est une très bonne question. Alors, moi, je n'ai pas des boules de cristal. Je suis quand même ces objets depuis un certain moment, parce que c'est assez fascinant de voir la capacité et la vitesse avec laquelle ces modèles évoluent. Mais bon, il y a deux niveaux d'observation. L'observation un peu des vieux garçons, qui veut dire, moi, j'ai assez vécu, j'ai 62 ans aujourd'hui, donc j'ai vu, j'ai crois, 5 moments, dans l'histoire de l'informatique dans lesquels on nous a annoncé c'est la mort de la programmation. Donc, il n'y aura plus de programmeurs. Chaque fois qu'on nous annonçait la mort de la programmation, dix années après, on avait doublé, triplé, quadruplé le nombre de gens qui faisaient le programme. Parce qu'il y a un grand-mère, on a fait un boomerang. Ça porte un homme, ces doigts-là, qui dit que quand ça devient plus facile de faire quelque chose, ce n'est pas qu'on en fait moins, on en fait plus. Invité : [46:52] Donc là, on écrit de plus en plus de codes. Est-ce que c'est du code vraiment jetable ? Ça, c'est un sujet intéressant. Au début de l'explosion du logiciel libre, de l'open source au début des années 2000, les gens trouvaient génial de pouvoir copier-coller les codes des autres. C'était un peu générer du code à la volée parce que tu prends les codes que tu trouves de quelqu'un de part, tu les mets chez toi. Au tout début, c'est une bonne idée parce que tu gagnes du temps. Tu ne dois pas écrire ton code, tu as juste le code qui marche ailleurs. Au bout d'un moment, c'est devenu très cher à maintenir. Les gens ont découvert que les codes qui étaient développés à côté, ils avaient été corrigés et évolués. Par contre, toi, tu avais une copie chez toi de codes qui n'étaient pas du tout mis à jour, pas du tout alignés. Et donc, au bout d'un moment, tout le monde s'est mis d'accord sur le fait que ce n'était pas une bonne idée de faire du copier-coller. On essayait de se structurer. Aussi, la création des projets open source, des fondations open source, etc., ça vise un peu à éviter ce type de dérive. Donc, moi, je m'attends. Invité : [47:55] Pas sûr à 100%, mais j'imagine qu'il y aura un moment de sagesse au bout d'un moment dans lequel on s'aperçoit que les codes jetables, comme tu dis, en réalité, ça pollue notre système informatique. Il faut les maintenir. Donc, à un moment donné, il faudra les maintenir et à ce moment-là, on va peut-être voir apparaître des façons plus efficaces, plus denses, plus structurées, les mêmes structures que tu avais une fois dans les sociétés de service. D'une certaine façon, ils souhaitaient des services à récouter des stagiaires pour écrire du code, intrimé, jetable, parce qu'il n'était pas très bon. Mais il fallait quand même quelqu'un d'intelligent qui va faire fonctionner la machine, malgré le fait que les gens arrivent, partent, s'en vont et compagnie. Donc là, peut-être qu'il faudrait arriver dans cette direction-là. Mais attention, j'ajoute un élément. On arrive aussi à un moment historique important dans lequel, autant il devient facile d'écrire du code, parce qu'on a l'assistance de ces systèmes, au moins pour les personnes comme moi qui ont appris à faire du code sans ces outils c'est merveilleux parce que ça nous fait gagner un temps incroyable mais c'est aussi parce qu'on comprend ce que les codes qui sont écrits vont faire, et donc ma grosse question est qu'est-ce qui se passe avec les plus jeunes qui disent il suffit de dire à chat GPT ou à cloud code fais-moi un site web et ils ne savent pas du tout ce qui se passe c'est un autre sujet sur lequel on discutait beaucoup avec des collègues mais. Invité : [49:15] Vraiment toi En parallèle, tu as des réglementations qui arrivent, par exemple les Cyber Resilience Act, qui imposent de ne pas diffuser. Invité : [49:25] Peut-être que les gens n'ont pas encore entendu parler beaucoup, mais toi, fin 2027, il est là, les Cyber Resilience Act, il sera impossible de mettre sur le marché européen n'importe quel produit qui a des codes ou qui a des vulnérabilités connues. Donc, il y a une obligation de signaler les vulnérabilités, les vulnérabilités, ça veut dire des erreurs qui peuvent avoir des conséquences sur la sécurité. Ça peut aller de la chose très banale, des caméras IP qu'on achète en Chine à deux balles et qui ont les mots de passe admin, admin, donc c'est un réseau des zombies pas possible, à des choses plus sérieuses, plus graves. Et donc, là-dedans, si tu génères tout le temps du code nouveau, comme ça, jetable, etc., comment tu fais à respecter tes obligations légales qui sont en train d'arriver ? Ils ne sont pas encore là, mais ils arrivent l'année prochaine donc voilà. Monde Numérique : [50:14] Voyons voir où est-ce qu'on va Merci Roberto Di Cosmo fondateur et directeur de Software Heritage accessible à l'adresse softwareheritage.org, Et voilà, voilà, c'est fini pour cet épisode de l'hebdo. C'était l'hebdo du 28 mars 2026. Toute l'actu à retrouver également en vidéo, d'ailleurs, l'actu, je vous le signale. Le segment actu du début d'émission est disponible également sur YouTube, puis sur le site mondelumérique.info. Monde Numérique : [50:54] Avant qu'on se quitte, notez sur vos tablettes, ce dimanche 29 mars, nouvel épisode du Grand Débrief avec François Sorel et Bruno Guilleminetti. On parle de plein de trucs intéressants. Ça va des agents IA jusqu'à Sony. Monde Numérique : [51:05] Le géant japonais en perte de vitesse totale en passant par le nouveau MacBook en couleur, le Neo d'Apple. Bref, plein de sujets. Et puis, si ça vous intéresse également, il y a un nouvel épisode du podcast Maison Connectée. Avec Gonzague Dambricourt, on s'intéresse au système Home Assistant, une plateforme open source pour programmer sa maison comme si c'était un véritable ordinateur. Voilà donc plein de bonnes choses à découvrir sur le site mondenumérique.info sur l'application également sur iPhone et Android, application Cine Good Barber et puis je vous retrouve sur les réseaux sociaux notamment n'hésitez pas à m'envoyer des messages merci en tout cas pour votre fidélité, on se retrouve j'allais dire la semaine prochaine mais même avant puisque Monde Numérique c'est quasiment un épisode par jour voilà portez-vous bien, passez une très bonne semaine pleine de tech, salut !
innovation,informatique,technologies,tech news,High-tech,numérique,actualités,tech,actu tech,