Monde Numérique :
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0:01] Il faut parfois traverser l'Atlantique pour comprendre à quoi va ressembler le futur. Car oui, malgré les critiques, les interrogations, les bouleversements géopolitiques ou commerciaux, les États-Unis restent au centre des grandes révolutions technologiques. L'IA, les biotech, le spatial, les plateformes, tout continue de bouillonner avec une intensité que l'on a un peu de mal parfois à percevoir depuis l'Europe. Et pourtant, dans cette effervescence, on trouve aussi de plus en plus de Français, c'est des entrepreneurs, des ingénieurs, des chercheurs qui tentent leur chance dans la tech américaine, souvent faute d'avoir trouvé leur place dans l'écosystème hexagonal. Car pendant que l'innovation galope ici, aux États-Unis où je me trouve cette semaine, la French Tech en France semble marquer le pas. Levé de fonds en baisse, incertitude réglementaire, frilosité politique.
Monde Numérique :
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0:52] Bref, le contraste est saisissant. C'est dans ce contexte un peu tendu, donc, entre les États-Unis et l'Europe, où l'on parle beaucoup de souveraineté numérique, de dépendance industrielle et d'alignement stratégique, qu'il m'a semblé intéressant de faire un arrêt sur image, de venir voir, écouter, sentir ce qui se passe vraiment sur place, prendre le pouls, confronter les réalités, dépasser les fantasmes. Dans cet épisode enregistré en partie aux États-Unis, je vous propose donc un regard transatlantique sur la tech et l'innovation, d'abord avec un entrepreneur franco-américain, puis avec une carte postale depuis le Texas, ce nouvel Eldorado numérique, qui pourrait bien devenir la future Silicon Valley, et bien sûr avec de nombreuses news qui, comme souvent, viennent aussi des Etats-Unis. Voilà pour ce petit billet introductif qu'on essaiera de renouveler désormais dans le monde numérique. C'est parti pour le sommaire !
Monde Numérique :
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1:51] Encore des sanctions judiciaires contre les grands groupes de tech, et notamment Meta et Apple, cette fois-ci, ça vient de l'Europe. Apple qui se réorganise pour tenter de rattraper son retard en intelligence artificielle. Et Apple qui fête parallèlement les 10 ans de son innovation majeure, l'Apple Watch. Montres connectées d'un côté, lunettes connectées de l'autre. C'est le dada de Meta et aussi de Google, avec des annonces intéressantes cette semaine et de vraies avancées dans ce domaine. L'actu, c'est aussi OpenAI qui propose, tenez-vous bien, de racheter le navigateur Chrome. L'innovation de la semaine, Lino Tovena va nous parler de batterie pour véhicules électriques hyper puissantes et avec un temps de recharge incroyablement raccourci. Dans le débrief transatlantique avec mon camarade Bruno Guglielminietti à Montréal, on parlera du Texas, je viens de l'évoquer, et puis on s'intéressera aussi aux satellites d'Amazon qui entend bien concurrencer Starlink, mais ce n'est pas gagné.
Monde Numérique :
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3:00] Les interviews de la semaine, je reçois Ilan Abehassera, cet entrepreneur français installé à New York et qui connaît comme sa poche l'univers tech franco-américain. On va s'intéresser aussi à ce que l'intelligence artificielle peut apporter à l'apprentissage des langues avec la start-up iMigo. Et puis enfin, on va parler de jumeaux numériques avec notre partenaire Capgemini. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 26 avril 2020.
Invité :
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3:32] Monde numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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3:38] Connaissez-vous Froganz, cette technologie française innovante de diffusion de contenu sur Internet ? Ce sont des mini-sites, un peu comme des widgets, mais qui fonctionnent sur toutes les plateformes, ordinateurs, smartphones, tablettes et même casques de réalité virtuelle. Car la particularité de Froganz, c'est qu'il s'agit d'un véritable web alternatif sous forme de standards ouverts, des standards utilisables gratuitement par tous. Froganz est déjà présent en France, aux Etats-Unis et en Chine. Et pour aller plus loin dans son développement, la société F2R2, qui est au cœur de cette innovation, lance actuellement une offre de titres ouverte au public. Donc, si vous souhaitez investir dans une innovation française unique en son genre, vous pouvez acquérir des actions F2R2. Pour souscrire, c'est simple. Il suffit d'aller sur le site f2r2.fr. Et pour en savoir plus sur Froganz, retrouvez l'interview du fondateur Alexis Tamas, en audio sur le fil du podcast Monde Numérique ou en vidéo sur la chaîne YouTube ou sur le site mondenumérique.info.
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4:39] Et on commence par une nouvelle histoire judiciaire, des ennuis judiciaires pour les géants de la tech. Décidément, on n'en sort pas. La semaine dernière, on parlait des démêlés devant les tribunaux américains de Meta, d'une part de Google, d'autre part. Eh bien, cette semaine, c'est d'Europe qui est venue le coup avec des amendes à nouveau contre Meta et aussi contre Apple. Une punition infligée par la Commission européenne qui est tombée le 23 avril. 500 millions d'euros d'amende contre Apple pour clauses abusives liées à l'App Store, la boutique d'applications en ligne. C'est toujours les reproches qu'ont fait à Apple de défavoriser l'accès à des fournisseurs tiers d'applications. Et puis pour Meta, 200 millions d'euros pour avoir enfreint une règle encadrant l'usage des données personnelles. Ces sanctions sont les premières prononcées dans le cadre du nouveau règlement européen sur les marchés numériques, le fameux DMA qui est entré en vigueur l'an dernier. Des amendes qui toutefois sont modérées par rapport à celles imposées jusqu'à présent par l'Union européenne et au regard de la taille de ces big tech. Mais la Commission explique qu'elle veut essentiellement forcer ces entreprises à modifier leurs pratiques. En tout cas, l'administration Trump n'a pas franchement apprécié ce coup de massue et déplore une forme d'extorsion économique.
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5:55] C'est le branle-bas de combat chez Apple, visiblement, afin de rattraper son retard en intelligence artificielle. On se souvient du bad buzz il y a quelques temps concernant une réunion interne houleuse à propos de Siri, Siri qui aurait été en quelque sorte survendue lors de la dernière présentation d'Apple en juin 2024, par rapport à ses capacités techniques réelles.
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6:19] Et bien visiblement, Tim Cook a décidé de prendre le taureau par les cornes et d'accélérer sur le développement du futur nouveau Siri pour qu'il soit vraiment à la hauteur des promesses. Il vient donc de confier la direction du pôle Siri à Mike Rockwell, qui est un ingénieur en chef venant de l'équipe du Masque Vision Pro, qui est très connu, paraît-il, pour sa capacité à coordonner des projets complexes, lequel Mike Rockwell a immédiatement remanié l'équipe Siri. Il a notamment nommé un certain nombre des ingénieurs avec lesquels il avait travaillé sur le Vision Pro. Voilà, alors est-ce que ça contribuera à relancer Siri ? On verra. En tout cas, conséquences inattendues, ça c'est assez étrange. Ici aux Etats-Unis, j'ai eu pas mal de retours, de rumeurs selon lesquelles le projet Vision Pro serait carrément abandonné, ce qui, à mon sens, est sans doute allé un peu vite en besogne. On n'en est pas là, d'autant qu'on sait qu'au contraire, Apple travaille déjà sur une future version du casque de réalité mixte qui serait plus abordable, qui coûterait moins cher. Cela dit, de la réorganisation, il y en a aussi chez Meta, visiblement, car c'est tombé en fin de semaine. Eh bien, le groupe de Mark Zuckerberg aurait entrepris le licenciement de plus d'une centaine d'employés au sein du Reality Labs. Alors, le Reality Labs, c'est la division qui s'occupe notamment de tout ce qui est casque de réalité virtuelle. Voilà, et Meta, c'était quand même le métavers. Donc, que se passe-t-il ? Est-ce que c'est l'amorce d'un tournant ou juste un petit ajustement ? On verra ça peut-être dans les prochains mois, prochaines semaines.
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7:41] Apple, toujours avec un anniversaire cette semaine. C'était le 24 avril. On a fêté les 10 ans de la Watch, la montre connectée de la marque à la pomme, sorti donc en 2015. Et à côté de Siri, qui est à la peine, la Watch, c'est vraiment, à l'inverse, un véritable succès pour Apple, il faut le dire. Un succès discret, malgré tout, mais réel. Il se serait vendu, selon des estimations, plus de 280 millions d'Apple Watch dans le monde en 10 ans. C'est la montre connectée la plus vendue de la décennie. Et c'est l'un des produits les plus populaires de l'écosystème Apple. Donc, le pari de Tim Cook et du designer Johnny Hive est carrément gagné. Le pari, c'était de faire de ce produit multifonction qu'on porte toujours sur soi, eh bien, principalement le meilleur ami de notre santé, de notre bien-être. Et aujourd'hui, eh bien, il faut voir tout ce qu'intègrent les Apple Watch. Capteur d'activité physique, capteur d'activité sportive, application d'électrocardiogramme, détecteur de fibrillation auriculaire.
Monde Numérique :
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8:41] Un système de SOS d'urgence détecteur de chute et d'accident de voiture c'est des choses qui sont arrivées petit à petit, qui se sont améliorées au fil des années et puis également même la mesure du sommeil, la détection de l'apnée du sommeil etc. Sans oublier bien sûr des applications pratiques et de divertissement comme le paiement sans contact, la musique la notification de messages urgents etc. L'Apple Watch, un concept copié et imité par de nombreuses marques dans l'écosystème Android notamment Et tous ceux qui utilisent aujourd'hui une montre connectée savent à quel point elle est devenue indispensable, elle a su se rendre utile et à quel point on a du mal à s'en passer au quotidien.
Monde Numérique :
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9:20] Un autre produit connecté à portée sur soi, qui n'existe pas chez Apple, mais qui est en train de faire des progrès de géants chez d'autres marques. Je veux parler des lunettes connectées. La semaine dernière, Google a présenté un prototype vraiment intéressant de lunettes connectées boostées à l'intelligence artificielle avec son assistant Gemini, qui peut faire des tas de choses, comme par exemple, évidemment, répondre à vos questions, identifier ce qu'il voit et puis même retrouver des objets que vous avez perdus.
Monde Numérique :
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9:48] Et cette semaine, plus récemment, c'est Meta qui a mis à jour ces lunettes Ray-Ban version 2. Une mise à jour qui permet désormais d'avoir des nouvelles fonctions,
Monde Numérique :
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9:57] comme par exemple la reconnaissance des objets ou des paysages ou des monuments qu'on a face à soi, etc. Grâce à la caméra qui est sur la face avant des lunettes. Et aussi une fonction très attendue, car elle fait rêver depuis des années, c'est la traduction simultanée. vous demander aux lunettes de traduire ce que quelqu'un qui ne parle pas votre langue dit en face de vous. J'ai testé ce système qui vient d'arriver. Alors, c'est plutôt pas mal. C'est assez prometteur, mais c'est encore un peu balbutiant. En tout cas, des premiers tests que j'ai pu réaliser parce que déjà, alors outre les petits bugs du genre, il ne comprend pas quand il doit être véritablement en mode traduction simultanée ou au contraire en mode assistant et répondre aux questions. Et puis, l'une des limitations constatées aussi, c'est le fait qu'il faut attendre qu'une phrase se termine pour avoir la traduction. Donc, ça impose dans une conversation un rythme de parole qui peut être parfois un peu saccadé. Alors après, il comprend vite sur la vitesse d'élocution, mais voilà. Alors, il n'en reste pas moins que c'est assez fascinant comme outil. Et c'est peut-être le truc dont, là encore, on pourra plus se passer dans quelques années, avoir des lunettes qui traduisent à la volée quand on va à l'étranger, par exemple.
Monde Numérique :
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11:09] Voilà, je vous en parle de ces avancées en matière de lunettes connectées et notamment des implications techniques et sociétales aussi. Ce n'est pas inintéressant. Dans un édito de Monde Numérique en date du 25 avril, à retrouver sur le fil du podcast.
Monde Numérique :
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11:23] Savez-vous qu'être poli avec les intelligences artificielles ne serait pas une bonne idée ? Pourtant, on a dit dans le passé qu'il valait mieux parler avec courtoisie au tchat GPT et autres pour avoir de meilleurs résultats, parce que ça tiendrait à leur entraînement et puis aussi, ça influe sur le ton sur lequel ils nous répondent. Il y a même certains utilisateurs qui pensent qu'en étant poli avec les IA aujourd'hui, si jamais elles prennent le pouvoir, un jour, demain, elles s'en souviendront et nous épargneront. Ça, c'est un peu dans le domaine de la science-fiction. Non, en fait, le problème, c'est qu'être poli avec les IA serait consommateur de puissance, de calcul et donc d'énergie. C'est ce qu'a révélé cette semaine Sam Altman, le patron d'OpenAI. Il répondait à une question sur les réseaux sociaux d'un utilisateur qui lui a demandé si ça avait un impact. Et effectivement, le fait de, par exemple, dire bonjour, chat GPT, s'il te plaît, merci, etc. En apparence, ça peut paraître humain et courtois.
Monde Numérique :
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12:22] Mais ça nécessite à chaque fois plus de traitement, car ça fait des prompts plus longs, des instructions plus longues. Donc, ça fait tourner les processeurs plus que si les réponses, si les sollicitations sont plus courtes. Il faut analyser, il faut découper tout ça en tokens. En fait, c'est très mécanique. Et donc, in fine, cela pourrait représenter plusieurs dizaines de millions de dollars, selon Samatman, mais qui n'a quand même pas été très précis sur la question. Et malgré tout, a-t-il dit, eh bien, ça en vaut la chandelle, il vaut mieux être poli quand on parle aux IA, parce que, peut-être que tout simplement, ça contribue à maintenir un certain niveau de décence dans nos échanges parlés, c'est toujours bon à prendre, et évidemment, si au contraire vous l'insultez, ce ne sera pas mieux, ça consommera tout autant si ce n'est plus.
Monde Numérique :
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13:16] L'innovation de la semaine, on va s'intéresser à une batterie pour véhicules électriques révolutionnaires, en tout cas présentée comme telle. Elle a été dévoilée cette semaine au Salon de l'Auto de Shanghai en Chine et c'est Lino Tovena qui nous en parle. Salut Lino !
Invité :
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13:30] Salut !
Monde Numérique :
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13:31] Alors Lino, de quoi s'agit-il exactement ?
Invité :
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13:34] Alors l'annonce a secoué le salon avant même son ouverture. Imaginez une batterie capable de parcourir jusqu'à 1500 km sur une seule charge. C'est une innovation signée CATL, un fabricant chinois de batteries pour automobiles. Le secret de cette nouvelle Free Voice Dual Power de CATL est qu'il s'agit d'une batterie hybride qui combine deux types de chimie dans un seul pack. Un mix de batteries NMC, lithium nickel manganese cobalt oxyde et LFP, lithium fer phosphate. C'est un système à la fois performant et écologique avec une capacité pouvant aller jusqu'à 180 kWh. Pour faire un état de comparaison, les batteries sur les derniers modèles de Tesla varient entre 70 et 120 kWh. Bref, une réponse directe à ceux qui doutent encore de l'électrique pour les longs trajets.
Monde Numérique :
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14:20] Alors autre chose, outre la puissance de la batterie qui autorise cette autonomie, la vitesse de recharge est aussi un enjeu clé évidemment dans ce secteur-là. Et là-dessus, également, CATL propose du lourd avec une autre innovation.
Invité :
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14:34] Et oui exactement, le géant chinois a présenté Zhengxing 2.0, une batterie LFP, comme on a dit du coup lithium iron phosphate batterie, capable d'ajouter 520 km d'autonomie en seulement 5 minutes de charge. Une prouesse rendue possible grâce à une technologie dite 12C et une gestion thermique revue de fond en comble. Même en plein hiver, avec moins 10 degrés au compteur, la recharge rapide reste efficace et pour une recharge de 5 à 90%, il faut à peine 15 minutes. C'est mieux que ce que promettaient jusqu'ici des géants comme BYD ou Tesla. Une chose est claire, CATL ne se contente plus de suivre la concurrence et il veut la dépasser.
Monde Numérique :
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15:12] Reste une question, Lino. Est-ce que tout ça arrivera prochainement sur le marché ou c'est encore un prototype de salon ?
Invité :
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15:20] Bonne nouvelle pour les intéressés, CATL prévoit de déployer sa Shenzhen 2.0 dans 67 modèles de voitures électriques d'ici fin 2025. Et même si aucun nom n'a été donné, l'entreprise fournit déjà Tesla, BMW, Volkswagen ou encore Toyota. Les premières intégrations sont donc attendues très vite, notamment sur le marché chinois, mais aussi en Europe. Et avec le développement des bornes ultra puissantes, la recharge en quelques minutes pourrait devenir une réalité pour le grand public.
Monde Numérique :
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15:46] Eh bien voilà, une très bonne nouvelle pour les utilisateurs ou les futurs utilisateurs de véhicules électriques. Et puis, dans le même genre, on ajoute une autre news. En France, c'est l'opérateur de recharge Unity qui vient d'annoncer la mise en place de nouvelles bornes capables de recharger un véhicule électrique pour récupérer jusqu'à 300 km d'autonomie en moins de 8 minutes. Alors, c'est super intéressant, sauf qu'il faut que la voiture électrique le permette. Et apparemment, en France, pour l'instant, il n'y aurait qu'un seul modèle, la Lotus EMEA, qui serait capable de bénéficier de ce surplus de puissance.
Monde Numérique :
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16:20] Merci, Lino Tovena, pour l'innovation de la semaine. Et tout de suite, on se téléporte et on franchit l'Atlantique. Je vous emmène avec moi. On va tous de l'autre côté sur le continent nord-américain.
Invité :
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16:34] Le débrief transatlantique.
Monde Numérique :
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16:36] Salut Bruno Guglielminetti.
Invité :
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16:38] Salut Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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16:39] Eh bien, écoute, je suis ravi de te retrouver comme chaque semaine, toi à Montréal. Et bien, non, moi, je ne suis pas à Paris.
Invité :
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16:47] Ben non, c'est ça. Mais je ne veux pas faire la blague à laquelle tout le monde s'attend. Moi, le premier, c'est-à-dire qu'on te retrouve à Houston.
Monde Numérique :
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16:56] Eh oui.
Invité :
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16:56] Il y a tellement de blagues à faire par rapport à Houston et la communication et qu'on te rejoint. Mais je ne les ferai pas. Mais qu'est-ce que tu fais à Houston?
Monde Numérique :
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17:03] Houston, on a un problème.
Invité :
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17:05] Houston, we have a problem.
Monde Numérique :
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17:09] Non, je suis à Houston, je n'ai pas de problème, en fait.
Invité :
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17:13] Oui, qu'est-ce que je fais à Houston ? Encore un peu, tu es là pour aller chercher plein d'informations.
Monde Numérique :
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17:16] Exactement, comme d'habitude. Tu sais, c'est vrai que j'ai la chance d'avoir un peu des opportunités pour venir de temps en temps comme ça aux États-Unis, pour des raisons professionnelles, aussi pour des raisons personnelles, familiales. Donc, ça permet toujours de rester en connexion avec ce qui se passe ici. Et Houston, en fait, c'est assez intéressant, parce que c'est au cœur du Texas. Et le Texas, ce n'est plus les chevaux, ce n'est plus Yellowstone, ce n'est plus depuis bien longtemps. Aujourd'hui, c'est la nouvelle patrie de la tech, en fait.
Invité :
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17:45] Et permets-moi de profiter de ton passage à Houston pour me parler un petit peu du Texas, le nouveau Texas. On peut presque l'appeler comme ça.
Monde Numérique :
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17:55] Oui, tu veux que je te fasse une petite carte postale?
Invité :
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17:56] Allez, s'il te plaît.
Monde Numérique :
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17:59] Effectivement, c'est déjà là que pas mal d'entreprises de tech qui viennent de la Silicon Valley ont décidé de s'installer. Exemple Tesla, exemple X. Alors ça, ça fait penser à Elon Musk, mais il y en a d'autres aussi qui ont décidé de venir ici. Tesla, ils sont à Austin. X est dans la banlieue d'Austin à Bastrop. Ils viennent se faire construire un siège absolument énorme. C'est gigantesque.
Invité :
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18:25] C'est le Musketown maintenant. Ça va être baptisé dans quelques années.
Monde Numérique :
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18:28] Oui, tout à fait. C'est exactement ça. C'est des boîtes qui ont fui un peu la Silicon Valley pour différentes raisons. Le coût de la vie, les loyers, la politique aussi. On sait qu'Elon Musk, en priorité, considère que la Californie est devenue trop « woke ». Et puis, il y a aussi ici des dispositifs fiscaux qui sont plus intéressants, l'immobilier est plus abordable. Et surtout, et on a déjà eu l'occasion d'en parler ensemble, l'énergie. L'énergie est abondante et elle n'est pas chère. Donc, c'est là que, notamment, sont en train d'être construits des centres de données, des data centers, notamment dans le cadre du projet Stargate, dont on a déjà parlé ensemble. Il y a NVIDIA qui va investir 500 millions de dollars dans des data centers ici. Il y a de la place, il y a du soleil, il y a de l'énergie pas chère. Donc, ça réunit pas mal de choses. Et Houston en particulier, c'est un endroit qui est un peu le challenger dans l'histoire, il faut bien l'avouer. Ils essayent de concurrencer, d'une part, San Francisco et puis également Austin, donc l'autre ville de cet état. Mais ils sont vachement actifs. Il y a la NASA, bien entendu, mais ça fait presque partie du patrimoine.
Invité :
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19:37] C'est presque le folklore.
Monde Numérique :
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19:39] Oui, c'est presque le folklore. Mais il y a aussi toutes les grandes entreprises qui sont là. Il y a plus de 4000 startups et il y a notamment une espèce de zone qui s'appelle de Yon, qui est une espèce de station F, un hub technologique de près de 30 000 m2 qui réunit des tas de startups, des gens qui sont là. Des grandes entreprises, des chercheurs, des universitaires, des investisseurs, pour essayer de faire mousser tout ça et de faire émerger un écosystème tech. Et alors, il y a une particularité, c'est qu'ils sont très branchés biotech, santé et cleantech, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux technologies, aux services de l'environnement.
Monde Numérique :
[
20:15] Il y a des startups vraiment intéressantes dans ce domaine. Et je trouve que c'est amusant parce qu'il y a notamment une boîte qui s'appelle Carbon Clean, qui est une start-up qui est spécialisée dans la capture des émissions industrielles, c'est-à-dire tu sais qu'il capte le CO2 pour essayer de le résorber. Et c'est amusant, en fait, quand on prend un peu de recul, parce que c'est aussi l'état du pétrole, c'est Dallas, etc. Donc, c'est vraiment l'Amérique qui pue, en fait, mais qui est en train, petit à petit, d'investir aussi toute cette dimension-là de technologies au service de l'environnement, biotech, etc. Donc, il y a une espèce de contraste qui est assez amusant. Et puis, il se passe des choses. Tiens, écoute, pour la petite histoire, il y a beaucoup de monde en ce moment, ce week-end, à Houston, parce qu'il y a une course Ironman. Je ne sais pas si tu sais ce que c'est qu'une course Ironman.
Invité :
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21:11] Ce sont pour des gens qui sont très forts.
Monde Numérique :
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21:14] Et qui sont très fous, aussi.
Invité :
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21:15] Oui, très haussi. Je dois être polis.
Monde Numérique :
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21:18] C'est un triathlon, en fait. Il y a de la natation, du vélo, de la course à pied, etc. Il y a même de la tech là-dedans parce que tu verrais leur vélo, mais c'est des vélos de folie. C'est des trucs de fou. Je sais parce que j'ai quelques connexions avec des coureurs de cette course Ironman. Ils ont un radar à l'arrière du vélo, un écran tactile à l'avant, les pédales connectées qui traduisent l'effort. Tout est analysé en temps réel et tout. C'est des vélos qui sont hyper légers et en même temps hyper tech. Mais là, je t'écoute.
Invité :
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21:51] Là, t'as l'air vraiment intéressé. Est-ce que tu vas te lancer là-dedans?
Monde Numérique :
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21:54] Alors, ça me donnerait presque envie de faire du triathlon, en tout cas du vélo. Non, mais voilà, il y a une espèce d'énergie, une énergie positive qui est assez sympa. Écoute, voilà pour cette petite carte postale de Houston, mon cher Bruno.
Invité :
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22:08] Merci beaucoup. Et puis, tu as mentionné la NASA qu'une fois. Je te félicite parce que quand on est à Houston.
Monde Numérique :
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22:14] C'est comme la contournade. Normalement, on en parle pour les trois mots. Toutes les phrases commencent par « allo » et terminent par « nasa ».
Invité :
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22:22] Sinon, moi, je pensais à toi, sachant qu'on allait te rejoindre à Houston.
Invité :
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22:26] J'ai vu une information passer, et évidemment, ça a une connexion avec le folklore de Houston, c'est-à-dire l'espace. C'est Amazon qui semble être….
Invité :
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22:38] Un peu dans le tracas, parce qu'il y a quelques années de ça, ils avaient déjà annoncé, ils avaient demandé la permission à l'agence américaine qui s'occupe de la gestion de l'espace, d'avoir le permis pour exploiter un parc de 1600 satellites. C'était le projet Cuba. Et ça, ça devait être dans l'espace d'ici l'été prochain, mais 2026, pas 2025. Mais là, ça va mal parce qu'il y a des journalistes qui ont fait enquête pour avoir un peu le point de la situation. Puis finalement, on se rend compte que l'usine qui est dédiée à la fabrication des satellites, ils arrivent aujourd'hui à produire qu'un satellite par jour. Si tu fais le compte, on n'arrive pas dans un an à 1600 satellites, sachant qu'il n'y a seulement qu'une dizaine de satellites qui ont déjà été construits. Et là, Amazon, de son côté, voyant l'intérêt sur son cheminement, sa préparation, Non, mais on est en train de changer la cadence et on va bientôt passer à cinq satellites fabriqués par jour pour atteindre l'objectif de l'été 2026. Évidemment, il faut les envoyer dans les airs, ça c'est une autre histoire. Mais c'est pour te dire comment on fondait énormément d'histoires sur ce compétiteur, ce concurrent à Starlink et puis finalement, ce n'est pas fait.
Monde Numérique :
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23:56] Ce n'est pas fait, ce n'est pas gagné. Oui, parce que l'idée c'est vraiment de rivaliser avec Starlink en fait.
Invité :
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24:00] Oui, tout à fait.
Monde Numérique :
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24:00] C'est complètement ça.
Invité :
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24:02] En tout cas, j'ai l'impression que ça va déchanter du côté d'Amazon. Ils vont mettre les bouchées plus que double pour arriver à atteindre l'objectif.
Monde Numérique :
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24:12] Et tu penses qu'ils peuvent l'atteindre quand même suffisamment tôt pour être compétitif?
Invité :
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24:20] Tu sais que Shakespeare disait « when there's a will, there's a way ». Alors, j'imagine qu'ils vont trouver la façon de s'y rendre, mais de monter, écoute, un satellite, puis l'époque n'est pas tellement si lointaine où ça prenait des mois, sinon des années, pour fabriquer un satellite. Puis là, ils veulent monter la cadence à 5 satellites par jour.
Monde Numérique :
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24:40] Ah oui.
Invité :
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24:40] C'est énorme au niveau de la fabrication. Donc, en tout cas, eux, ils ont toujours l'espoir, mais évidemment, j'ai l'impression qu'ils vont demander un prolongement et que ça ne sortira pas de la Terre avant 2026. Probablement que ça va être en 2027, peut-être en 2028. Mais ils sont toujours dans le dossier et ils investissent encore des centaines de millions dans le projet.
Monde Numérique :
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25:02] Mais attends, fabriquer les satellites, c'est une chose, mais il faut les lancer surtout après.
Invité :
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25:07] Et je sais que pour avoir suivi le dossier d'un peu loin, mais quand même de le suivre, ils ont des discussions avec les gens de SpaceX pour carrément prendre, évidemment, quand même, SpaceX va réussir à faire des profits sur le dos de son concurrent. Ça, c'est énorme.
Monde Numérique :
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25:24] Ça, c'est fantastique. Parce qu'ils ne peuvent pas le faire avec son infrastructure spatiale à lui, avec Blue Origin et son panier. Non, c'est fait que pour emmener les Starlettes dans l'espace.
Invité :
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25:34] Exactement. On monte jusqu'à un certain niveau, mais après, c'est tout. Mais ils ne sont pas dans la technique du déploiement de satellites. Ce qu'on a, évidemment, réussi maintes et maintes fois. Je ne me souviens plus à combien de milliers, je ne veux pas dire des bêtises, Mais c'est des milliers de satellites aujourd'hui qui sont dans le ciel. On a passé le cap des 6 000 il n'y a pas tellement longtemps.
Monde Numérique :
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25:54] Oui, oui.
Invité :
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25:55] Du côté de SpaceX, alors il y a un savoir-faire.
Monde Numérique :
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25:58] Ben oui, oui, c'est ça.
Invité :
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25:59] Et on ne demanderait pas à Boeing d'aller faire ça parce que ça risque peut-être même pas le vide de terre.
Monde Numérique :
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26:06] Oui, c'est grandeur et décadence des États-Unis quand même. C'est fou, c'est grandeur de nouveaux entrants. Bon, en priorité, Starlink, SpaceX, etc. Et puis, quand même, pas de décadence, mais en tout cas, quand tu vois que des boîtes comme Boeing sont à la ramasse ou même Amazon, qui est l'un des pionniers du numérique, de toute la tech-industrie, c'est assez troublant.
Invité :
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26:32] Enfin, on va suivre le dossier.
Monde Numérique :
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26:34] On va suivre. Mais il y a un vrai enjeu derrière, de toute façon. Je pense qu'on ne mesure pas. Et là, je vais remettre ma casquette d'Européens et d'Européens convaincus. Nous, on est en train de prendre beaucoup de retard aussi là-dedans. Alors pourtant, on a aussi des constellations, mais ce n'est pas les mêmes. Ce ne sont pas des constellations en orbite basse. On n'est pas du tout sur cette idée de développer des flottilles entières. C'est une autre technologie. C'est un peu comme si on était, nous, en train de faire du... Je ne sais pas, de l'ADSL pour tous, alors que lui, il est en train de faire de la fibre pour les endroits stratégiques. Il va falloir aussi qu'on se remue un peu.
Monde Numérique :
[
27:12] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton podcast?
Invité :
[
27:14] Écoute, cette semaine, j'ai eu une conversation avec la présidente de la commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux chez les jeunes. Il y a environ dix mois, il y a le premier ministre du Québec qui a donné le mandat, évidemment, à cette députée de présider ce comité-là. Mais c'est un comité bipartisan et il y a vraiment une volonté de voir c'est quoi l'impact du nouvel environnement numérique chez les jeunes. Ça fait dix mois qu'ils ont fait le tour du Québec. Ils ont rencontré les directions, les jeunes eux-mêmes, les professeurs, les spécialistes autour. Et là, le 30 mai, ils déposent leur rapport. Mais entre-temps, ils ont laissé couler une information qui est quand même importante. C'est-à-dire que ce qu'ils recommandent au gouvernement, c'est que dès septembre prochain, à la rentrée, le téléphone cellulaire et les appareils mobiles personnels soient interdits sur le terrain de l'école. Donc, ça veut dire, c'était déjà le cas en classe, mais là, c'est pendant les récréations, pendant les heures de dîner. Bref, lorsque tu rentres sur le terrain de l'école, tu n'as plus accès à ton téléphone.
Monde Numérique :
[
28:20] Ah ouais, gros sujet, ça. Ça vient dans l'air. Je me demande si on ira vers ce genre de choses aussi en France. Évidemment, les enfants, si on les interroge, ils sont carrément contraints.
Invité :
[
28:29] Oui, tout à fait. Oui, sauf que ce qui est intéressant, et on en parle avec la présidente de la commission, ils ont rencontré des écoles où ça se faisait déjà. Ils ont eu le témoignage du personnel et le témoignage des étudiants. Et ce qu'en sable, je ne vais pas te raconter toute l'histoire parce que je vais inviter...
Monde Numérique :
[
28:46] Non, mais c'est intéressant, je veux la suite.
Invité :
[
28:47] Oui, mais ils se sont rendus compte que les jeunes sont en train de réaliser qu'ils peuvent avoir du temps de qualité entre eux. Et tous les jeunes se disent qu'on parle beaucoup plus ensemble, nos relations sociales ont changé. Et bien voilà, il faut le faire. Et il y a même des jeunes qui ont trouvé du temps maintenant pour faire des activités, ce qu'ils ne faisaient pas parce qu'ils étaient sur leur téléphone.
Monde Numérique :
[
29:10] Non, ils jouent ensemble, ils redécouvrent le fait de jouer ensemble.
Invité :
[
29:14] Exactement, comme à une certaine époque quand toi, tu étais tout jeune et tu combattais dans la cour d'école.
Monde Numérique :
[
29:16] Bien sûr, puis tu sais, comme on dit, nous, à nos enfants, « Ah, mais allez vous distraire. Nous, on s'amusait avec un bout de ficelle et un morceau de bois et ça nous faisait une journée entière. » Ce qui n'est pas faux. Non, mais je suis sûr qu'un jour, ça va se généraliser puis on se dira, mais comment, ça va être comme la cigarette dans les restaurants. Mais comment on a pu fumer dans les restaurants?
Invité :
[
29:34] Ou dans l'avion.
Monde Numérique :
[
29:35] Ou dans l'avion. Et ce sera pareil. Comment on a pu autoriser le téléphone portable à l'école?
Invité :
[
29:40] Bref. Alors ça, c'est un des sujets de cette semaine.
Monde Numérique :
[
29:43] Très intéressant.
Invité :
[
29:44] Alors, j'invite tes auditeurs à venir faire un tour lorsqu'ils auront terminé le monde numérique. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine?
Monde Numérique :
[
29:51] On se retrouve la semaine prochaine, oui. Salut, Bruno.
Invité :
[
29:53] Salut, bon séjour.
Monde Numérique :
[
29:54] Très bonne fin de podcast et à bientôt.
Invité :
[
29:55] Et merci pour la carte postale. Salut. Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
30:11] Monde numérique, le meilleur de la tech se poursuit avec donc cette petite incursion
Monde Numérique :
[
30:15] sur le territoire américain. Avant de retrouver notre partenaire Capgemini pour nous intéresser aux jumeaux numériques cette semaine, avant de découvrir une application d'apprentissage des langues grâce à l'intelligence artificielle, ça c'est côté français, Eh bien, on reste aux Etats-Unis et on va à New York pour retrouver un franco-américain qui est une sorte de phare pour la tech française ici aux Etats-Unis que j'ai le plaisir de recevoir tout de suite, c'est Ilan Abehassera. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcast et sur Spotify. Sinon, retrouvez-les en long format, en épisodes séparés la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Ilan Abehassera.
Invité :
[
30:59] Hello, Jérôme.
Monde Numérique :
[
31:01] On est en distanciel, en visio, mais en fait, on s'est vu il y a à peine deux jours à New York, en vrai de vrai. Voilà, on n'a pas pu faire l'interview sur le coup, donc je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui dans le podcast Monde Numérique. Tu es un entrepreneur français basé, installé aux États-Unis depuis longtemps. Tu as vécu à San Francisco, à New York, etc. Tu es également investisseur et tu es surtout très proche de la communauté tech française aux États-Unis. On va parler un peu de ça justement. Elle en est où cette espèce de communauté française tech aux Etats-Unis aujourd'hui ?
Invité :
[
31:33] Écoute, il y a eu pas mal de phases. Moi, je suis arrivé il y a 20 ans. Quand je suis arrivé, on était honnêtement quelques entrepreneurs français aux US. New York, très peu.
Invité :
[
31:45] Californie, un peu plus. Mais c'était vraiment balbutiant. Donc, c'est vrai que j'ai vu un peu toutes les phases. Et puis, il y a eu, on va dire, entre 2010 et 2020, beaucoup, beaucoup d'arrivages. Pourquoi ? Parce qu'entre-temps, tu as eu des incubateurs comme Y Combinator qui ont recruté beaucoup d'entreprises françaises parce qu'on a des très bons ingénieurs en France. Et donc, tu as eu des Algolia, des Checker, des boîtes comme ça qui sont presque nées aux États-Unis. Algolia a été née en France, mais ensuite a connu son succès aux États-Unis. Checker, par exemple, c'était le français qui était déjà basé à Palo Alto. Mais en fait, tu as eu une génération d'entrepreneurs français qui ont donné envie à beaucoup d'autres de venir. Et la majorité allait en Californie et 10-15% qui arrivaient à New York et encore un autre 5-10% qui allaient ailleurs aux Etats-Unis. On va dire que c'était les deux pôles principaux. Il y a eu beaucoup, beaucoup d'arrivages parce qu'ils commençaient à avoir un playbook, tu vois, de... Tu es un entrepreneur français, comment tu t'installes aux Etats-Unis ? Comment tu recrutes tes premiers employés ? Quels sont les VCs qui aiment bien les Français ? Qu'il faut aller voir pour pitcher. Et puis, tu commençais à avoir un peu tout cet écosystème qui s'est mis en place naturellement et qui fait que ça a attiré beaucoup de monde. Depuis COVID, franchement, beaucoup moins d'arrivage. Forcément, au moment du COVID, déjà.
Invité :
[
33:15] Ça valait moins le coup pour un entrepreneur français de venir s'installer ici, de dépenser beaucoup d'argent pour finalement rencontrer personne. Donc, il y a eu deux ans vraiment très calmes. Et puis, depuis, post-Covid, on va dire, 2022, eh bien, c'est plus ce que c'était. La tech, l'investissement, il y a quand même moins d'activité, les valorisations se sont un peu cassées la gueule. Et puis maintenant, tu as l'avènement de l'EI qui est arrivé, on va dire, depuis deux ans, où là, tu as une nouvelle vague. Et donc, tu revois à nouveau des entrepreneurs français qui reviennent aux Etats-Unis, un petit peu à New York, et pas mal dans la Silicon Valley, beaucoup chez YC, chaque cohortes, tu as pas mal d'entreprises françaises, donc là j'ai l'impression que ça repart un peu.
Monde Numérique :
[
33:59] Voilà, les phases un peu que j'ai vu Il faut le rappeler, il y a quelques beaux noms historiques qui font maintenant partie du paysage aux Etats-Unis, à New York ou en Californie, qui sont qui ont été créés par des français C'est bon.
Invité :
[
34:13] T'en as beaucoup maintenant. T'as des très, très belles boîtes.
Monde Numérique :
[
34:17] On oublie même qu'elles sont françaises parfois.
Invité :
[
34:19] Oui, d'ailleurs, c'est dur de savoir celles qui sont restées françaises, de celles qui sont américaines ou celles qui sont nées aux États-Unis, mais qui sont montées par des Français. Mais t'en as vraiment pas mal. Des Billions Dollars Companies montées par des Français. T'en as maintenant quand même quelques-uns.
Monde Numérique :
[
34:34] Ouais, il y a quoi ? Je ne sais pas si on devait en citer. Tu penses à quoi ? Il y a Datadog ?
Invité :
[
34:39] Datadog, c'est le premier qui me vient en tête. t'as Snowflake qui est monté par des français mais qui est une boîte pour le coup assez américaine aujourd'hui t'as Content Square qui fait vraiment partie de ces boîtes là que tu as rejoint récemment et on va en parler mais qui a 40% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley t'en as encore pas mal d'autres t'as Algolia, t'as Checker que je citais tout à l'heure qui pèse déjà plusieurs milliards, en valorisation il y en a plein en fait, donc ça ça a aussi en fait les français qui ont réussi à construire un vrai business aux Etats-Unis et qui sont pas juste une filiale de la boîte française parce qu'il faut avoir une filiale aux Etats-Unis, là maintenant tu commences à en avoir beaucoup Qu'est-ce.
Monde Numérique :
[
35:28] Que tu dirais aux jeunes entrepreneurs aux aspirants entrepreneurs aujourd'hui, sachant qu'en France il y a eu quand même aussi un mouvement très fort de création d'entreprises notamment dans la tech, la French tech, etc. Et de la même manière, depuis le Covid et post-Covid, les temps sont beaucoup plus durs. Il y a eu des faillites très récentes, etc. Enfin, en tout cas, des baisses d'activité fortes. Qu'est-ce que tu dirais ? Tu leur dirais rester en France ou en Europe et aller-y à fond ou bien non, ça vaut le coup encore de venir tenter aux États-Unis parce que ça va plus vite, parce que ça se passe mieux, etc.?
Invité :
[
36:06] Non, 100%. Moi, à chaque fois qu'on me demande, je pousse tout le monde à venir aux États-Unis pour une raison assez simple, c'est qu'en fait, quitte à passer beaucoup de temps et d'énergie et de ressources et d'argent à faire réussir ta boîte, dans la tech, je parle de la tech, autant le faire là où le marché est le plus gros, le marché est le plus prêt à des nouveaux produits, des nouveaux usages, où les budgets sont là, où les Américains n'ont pas peur du risque de tester des produits. nouvelles choses, etc. Et aussi, là où il y a le plus de liquidités, là où il y a le plus d'exits, là où il y a le plus d'investissements, d'argent, de talents. Il y a beaucoup de talents en France aussi, engineering. Et souvent, d'ailleurs, le bon schéma, c'est d'avoir Tatek en France et le GoToMarket est l'un des fondateurs aux Etats-Unis. Ça, c'est ce qui marche le mieux. Ça marche encore aujourd'hui et ça marchait il y a 20 ans. C'est comme ça que j'ai démarré aussi. J'avais des ingénieurs en France. En fait, ça, c'est un excellent modèle.
Monde Numérique :
[
37:06] En fait, je suis pieds de chaque côté de l'Atlantique, en fait.
Invité :
[
37:08] Moi, je trouve que ça, c'est le bon modèle. Mais après, tu peux avoir tout le monde aux États-Unis et ça se justifie très bien aussi. Évidemment, ça a un coût. C'est plus cher de faire tourner une boîte aux États-Unis, de vivre ici pour les fondateurs, pour une petite équipe, de payer les salaires. C'est plus cher. Mais je pense quitte à investir et si tu as suffisamment de fonds pour le faire, pour moi, il n'y a pas photo entre les États-Unis aujourd'hui et le reste du monde. Ce n'est même pas que la France ou l'Europe.
Monde Numérique :
[
37:36] Ce que tu disais le discriminant l'élément important c'est ce que tu appelles l'exit c'est-à-dire la possibilité véritablement de réaliser un bénéfice notamment pour les investisseurs à un certain point c'est ça ?
Invité :
[
37:47] Oui après quand on est entrepreneur je pense que ça doit pas être du tout notre focus de penser à une exit moi tout à l'heure tu disais que j'avais un profil de sarrer l'entrepreneur mais en fait, je pense qu'un vrai entrepreneur à chaque fois qu'il monte une boîte c'est sa dernière moi c'est vraiment ce que je me suis dit à chaque fois que j'ai monté ma boîte c'est pas c'est quoi la boîte d'après que je vais monter ? Et donc, en fait, tu montes une boîte, tu as envie d'avoir le maximum d'impact possible. Il se trouve que quand tu lèves de l'argent avec des investisseurs, à un moment, il faut sortir de l'argent. Mais ce n'est pas forcément une exit de vente à boîte. Ça peut être une IPO, mais ça, c'est très dur. Et ça peut être aussi de la vente secondaire, de stock, de faire rentrer d'autres investisseurs qui rachètent les premiers, etc. Et dans tous les cas, aux États-Unis, tu as plus de liquidité, tu as plus d'options.
Monde Numérique :
[
38:32] Merci beaucoup Ilan Abe Asera. entrepreneur français aux Etats-Unis et donc
Monde Numérique :
[
38:37] aujourd'hui chez Content Square Merci.
Invité :
[
38:40] Beaucoup Jérôme pour l'invier.
Monde Numérique :
[
38:51] Bonjour Antoine Brenner.
Invité :
[
38:53] Bonjour Jérôme Colmar.
Monde Numérique :
[
38:54] Vous êtes cofondateur de Emigo. Donc l'un des systèmes originaux que vous avez mis en place, c'est un système de conversation pour l'apprentissage des langues.
Invité :
[
39:03] Exactement. Donc ça c'est nouveau. On avait avec Jim Glees un système d'apprentissage adaptatif, donc en fonction du modèle de l'apprenant qui évoluait tous les jours avec toutes les traces que l'apprenant laissait après avoir interagi avec nos systèmes. La possibilité de faire la grammaire, le vocabulaire, la compréhension écrite, la compréhension orale. En revanche, techniquement, on n'était pas en mesure de façon informatisée et nous, on n'avait pas le savoir-faire pour gérer des flottes de professeurs qui auraient pu faire des conversations téléphoniques avec nos apprenants. Il fallait que ça soit fait de façon logicielle et à l'époque, il n'y avait pas les technologies qui permettaient de faire l'expression orale des apprenants. Et depuis ces trois dernières années, les avances en intelligence artificielle générative, aussi bien générative de texte pour la partie dialogue que générative audio pour la partie expression orale des contreparties des apprenants, et aussi la partie speech-to-texte qui permet de comprendre ce que l'apprenant exprime.
Invité :
[
40:18] Les progrès ont été tels que c'est désormais possible, et dans nos produits, d'avoir en plus des offres historiques la partie conversation, qui était la grande brique, disons, pédagogique, en termes de fonctions pédagogiques qui manquaient dans nos produits.
Monde Numérique :
[
40:35] Vous avez l'impression vraiment qu' l'IA a permis de faire un bond important en matière d'apprentissage des langues ?
Invité :
[
40:42] De façon très concrète, il n'y avait pas possibilité de faire convenablement de la conversation en self-learning avec un logiciel. Avant 2022, 2021, c'était impossible de faire ça bien. Alors, il y avait des trucs qui existaient.
Monde Numérique :
[
41:04] Mais c'était la reconnaissance locale et tout qui ne fonctionnait pas bien aussi.
Invité :
[
41:08] La reconnaissance ne fonctionnait pas super bien.
Monde Numérique :
[
41:10] La conversation avec les gens n'existait pas.
Invité :
[
41:12] La conversation n'avait pas forcément de sens. C'était plus gadget que réel. Aujourd'hui, c'est réel. Aujourd'hui, on peut vraiment discuter, on peut vraiment parler pendant des heures à l'oral avec une IA. Lorsque cette IA, elle est, comme c'est le cas chez nous, calibrée pour vous aider dans l'enseignement des langues, elle va vous signaler quand vous n'utilisez pas les bons idiomes ou qu'on fait des fautes de grammaire, elle va vous corriger, elle va vous accompagner. Ça, c'est des choses qui n'étaient pas possibles avant. Ça ne veut pas dire qu'avant, on ne faisait rien en langue, puisque pendant 20 ans, on a quand même fait des trucs qui étaient vraiment super, mais il n'y avait pas cette partie expression orale discussion. Et maintenant, elle est possible. Donc là, rien que ça, sur les langues, c'est une énorme avancée. Et ce qu'on va proposer aussi, nous, chez Amigo maintenant, avec le coaching, au-delà juste du cours, c'est aussi possible parce qu'on a ces avancées. Et ça, ça ne couvre pas que les langues. C'est de façon générale pour l'apprentissage. Ces nouveaux outils ouvrent des perspectives qui sont super et qu'on n'avait pas avant.
Monde Numérique :
[
42:26] Mais Antoine, qu'est-ce qu'une application comme Amigo apporte de plus que simplement si je me mets devant, si j'utilise OpenAI en mode vocal, je lui dis de jouer au prof parce que c'est possible de lui tenir un rôle et puis d'entamer une conversation dans une langue étrangère avec lui, ce qu'il sait parfaitement bien faire.
Invité :
[
42:49] Alors ça, c'est une très bonne question. Sur la première heure que vous allez faire ça, il n'y aura pas fondamentalement de différence. Discuter avec Bruno Delavigne ou discuter avec OpenAI, la première heure, si vous lui avez donné les bonnes consignes en lui disant je veux apprendre la langue, il fera de son mieux. En revanche, l'apprentissage va être pertinent s'il est fait sur la durée. Et OpenAI sur la durée, lui, il ne va pas être capable de savoir identifier vos points faibles, de vous faire retravailler, sur tel et tel point dans une semaine, dans un mois et demi, dans trois mois et dans six mois pour consolider l'apprentissage. Et c'est ça que nous, on apporte, c'est-à-dire le mariage de la partie générative et de la partie adaptative. C'est-à-dire qu'une fois qu'on a fait cette discussion, une fois qu'on a fait une heure, qu'on a des traces comme ça qui sont d'excellente qualité de ce que vous avez dit, on peut analyser les difficultés, les problèmes grammaticaux. Eh bien, il faut le faire. Et puis ensuite, créer ce modèle d'apprenant et ensuite, l'utiliser ce modèle d'apprenant. Et ça, OpenAI, ne le fait pas. Le jour où, peut-être...
Monde Numérique :
[
44:06] Oui, c'est tout ce qui touche plus à la pédagogie et au suivi sur le long terme.
Invité :
[
44:11] Exactement. Exactement.
Monde Numérique :
[
44:13] Merci beaucoup Antoine Brenner, cofondateur de iMigo. Bonjour Matthieu de Boeuf-Rouchon.
Invité :
[
44:33] Et bonjour Jérôme Colombat.
Monde Numérique :
[
44:34] Responsable de l'innovation pour la France, chez Capgemini Engineering. Bienvenue dans Monde Numérique pour ce rendez-vous en partenariat avec Capgemini. On décrypte les grandes tendances du moment et on parle cette semaine de jumeaux numériques. Et vous avez travaillé sur un très gros chantier récemment. C'est le jumeau numérique de l'aéroport de Vancouver au Canada. Qu'est-ce que ça apporte exactement ?
Invité :
[
45:00] Ça, ça nous apporte quelque chose qui est extrêmement intéressant parce qu'on a ce modèle 3D qui représente l'aéroport dans lequel on peut interagir à distance comme si on était au-dessus du bâtiment et on va avoir ces données temporelles qui ont été rajoutées et puis l'ensemble des données liées par exemple aussi à la climatisation, à la gestion de la circulation, au traitement potentiellement des bagages. Et donc, on va pouvoir avoir un jumeau numérique qui apporte finalement une gestion proactive du projet et qui offre une représentation virtuelle mais dynamique de la façon dont on peut gérer et piloter un bâtiment. Ça c'est quelque chose de très précieux quand on doit gérer notamment une infrastructure extrêmement lourde qui fait converger sur elle de nombreux corps de métier en maintenance, en gestion de sécurité, en traitement logistique avec en plus de multiples partenaires, des boutiques, des compagnies aériennes, des entreprises de nettoyage et c'est un véritable outil de pilotage.
Monde Numérique :
[
46:03] C'est-à-dire que concrètement, ça sert à quoi au-delà de cet aspect un peu jeu vidéo que vous décrivez ? Ça permet par exemple de voir tout de suite les conséquences, je ne sais pas, je dis n'importe quoi, d'une panne de climatisation, d'une panne de tapis de délivrance de bagages, etc.
Invité :
[
46:17] Il va y avoir notamment par la captation des informations, parce qu'un projet de jumeau numérique peut être plus ou moins intéressant en fonction des données qu'on va mettre à l'intérieur. Toute la force de cette représentation virtuelle et dynamique que l'on cherche à avoir, c'est de piloter notamment par la donnée. Donc, ça reste néanmoins des projets qui sont des données, des projets de données à part entière, de qualité, de traitement de cette dernière et d'ajout d'une couche d'intelligence. Ce qui est intéressant, c'est qu'on va vraiment pouvoir être proactif aussi à terme. Alors, l'état de l'art est ce qu'il est. On voit la complexité déjà de rendu, de traitement des données 3D quand on est sur une représentation sur un écran. Là, on va pouvoir imaginer qu'à terme, ce sont des scénarios que l'on va pouvoir estimer de gestion de flux visiteurs, de traitement notamment d'une surcharge que l'on pourrait avoir d'activité en fonction, et on a connu les Jeux Olympiques récemment par exemple, d'imaginer tous les quatre scénarios et de pouvoir les modéliser au mieux, au plus fin d'une réalité probable, justement pour prendre les meilleures décisions en termes d'arbitrage, d'organisation, puisque in fine derrière, au-delà du virtuel, il y a quand même de l'humain qui est notamment dans ces sujets-là. Et quand on pense à l'aéroport, on peut aussi penser à la chaîne de production, on peut aussi penser sur toute la chaîne de valeur qui nous permet de gérer tout un bâtiment. Ce sont des éléments qui sont importants. Donc, être en mesure aussi de scénariser le potentiel à venir des différents cas auxquels on sera confronté d'un point de vue gestion opérationnelle.
Monde Numérique :
[
47:43] D'autres exemples d'applications de jumeaux numériques ?
Invité :
[
47:46] Alors, il y a des applications qui sont extrêmement faciles ou évidentes, on pourrait dire notamment tous les sujets autour de la conception, du design, Je pense notamment à l'aérospatial, je pense aux navires, je pense aux bateaux, aux bâtiments, aux espaces de vie. Ce sont des éléments sur lesquels, naturellement, le jumeau numérique apporte aussi une capacité à concevoir plus vite, à tester plus rapidement les choses. Imaginez qu'il y a encore quelques années, on faisait des maquettes réelles, physiques, que l'on pouvait modéliser. et maintenant, on s'aperçoit que le prototypage est finalement de plus en plus abouti tout de suite. Et ça, c'est une force exceptionnelle que nous offre la virtualisation autour des jumeaux numériques, de concevoir, de prototyper, de tester en situation digitale, numérique, pour pouvoir avoir des prototypes plus proches de la réalité, plus efficaces tout de suite, et donc d'avoir un time to market aussi qui s'accélère. Donc, il y a aussi cette notion qu'on va utiliser ou que l'on va utiliser dans les jumeaux numériques et qui permet de prototyper beaucoup plus rapidement et d'avoir de manière plus efficace le bon prototype tout de suite en ayant esquissé tous les scénarios possibles.
Monde Numérique :
[
48:59] Est-ce que le côté 5D, l'intégration d'éléments, de consommation, de coûts, etc., ça permet du coup, par exemple, de faire des économies, d'optimiser des process, etc. ?
Invité :
[
49:14] De manière sensible, oui. Pourquoi ? Parce que le fait de tester, de simuler et de pouvoir potentiellement prédire amène une vision beaucoup plus éclairée des décisions que l'on va pouvoir prendre. En termes d'économie, ne serait-ce qu'opérationnel sur la gestion d'un bâtiment, on peut aller chercher entre 5 et 20% de points dans la gestion de sa climatisation, de ses différents espaces de vie, de la façon d'optimiser peut-être aussi les mètres carrés et le plein emploi de ces plateaux de collaboration. Ce sont des éléments qui sont assez faciles à aller chercher. Si on prend le cas d'une grande entreprise comme Unilever par exemple, et d'ailleurs je vous invite à retrouver cette publication sur notre site internet.
Invité :
[
50:05] Le projet qui a été celui de travailler à la baisse de la consommation énergétique sur notamment le processus industriel a été évalué grâce au jumeau numérique à plus de 2 milliards d'euros d'économie. Donc on voit que sur ces éléments qui permettent de mieux tracer la productivité, de mieux optimiser la chaîne de prod. Ce sont des éléments qui sont intéressants. Et dans ce cadre-là, on voit, et on en parlera peut-être, que les accélérateurs, les partenaires technologiques avec lesquels on travaille sont nécessaires. C'est un peu comme dans le cloud. On a besoin aussi de grands partenaires qui nous permettent de modéliser plus vite, d'intégrer ces données et de faire en sorte qu'on puisse les modéliser, modéliser nos procédés au mieux de ce qu'il est possible de faire.
Monde Numérique :
[
50:51] Justement, est-ce qu'on a, et notamment en France, les outils nécessaires ? Est-ce qu'on a accès aux solutions technologiques adéquates ? Est-ce qu'elles sont au top du top ? Est-ce qu'il y a des acteurs particulièrement remarquables dans ce secteur ?
Invité :
[
51:07] Il y en a énormément, je dirais que la France n'a pas à rougir de ces sujets-là, et notamment sur tout ce qui va être simulation numérique. On pense nativement à Dassault. À Dassault Systèmes, bien sûr. Exactement, qui sont des entreprises, qui sont le fleuron. Alors, il y en a plein d'autres, de modélisation. On pense aussi à Autodesk ou autres, par exemple, qui vont travailler sur ces sujets. Je crois que la suite d' Dassault est celle sur laquelle il y a une expertise qui est historique et qui est reconnue par ailleurs, avec laquelle on travaille énormément. Mais derrière cette représentation, il ne faut pas oublier que le jumeau numérique, et je le disais, est vraiment associé à de la donnée, la qualité de cette dernière. Donc, on a besoin naturellement de capter de l'information, donc beaucoup de capteurs qui vont se connecter. Donc, il y a de la captation d'informations, on pourrait dire de l'IoT en général. Il va y avoir, alors l'IoT peut être à la fois du son, de la vibration, du visuel à proprement parler.
Monde Numérique :
[
52:05] Donc, IoT, Internet des objets.
Invité :
[
52:08] Exactement, comprenant de la computer vision qu'il pourrait y avoir si on regarde par une caméra ou l'utilisation de lidar. Plus récemment, on voit une startup comme Outside, par exemple, qui, elle, fait de la surveillance en aéroport grâce à des lidar. Donc, c'est des nuages de points qui sont captés et pas de la vidéo.
Monde Numérique :
[
52:23] Il a signé un très gros contrat avec un aéroport américain, d'ailleurs.
Invité :
[
52:26] Voilà. Et donc, on a effectivement beaucoup de corps de métier qui sont dans le Digital Twin. Et puis, on a ensuite toute la couche d'intelligence qu'il va y avoir derrière, pour laquelle naturellement des acteurs comme nous, mais pas que, sont importants et font que les pistes de recherche que l'on exploite aujourd'hui, prédestinent finalement les innovations qu'on va pouvoir ensuite passer à l'échelle sur l'ensemble de notre expertise et notre présence sur le marché. Donc il faut voir qu'il y a plusieurs corps de métier à l'intérieur, mais que très clairement en France, nous n'avons pas à rougir des compétences que nous avons et on le démontre assez bien, je pense, à l'international.
Monde Numérique :
[
53:01] Merci Matthieu Deboeuf-Rouchon, responsable de l'innovation pour la France chez Capgemini Engineering.
Monde Numérique :
[
53:18] Et voilà, c'est la fin de cet épisode de l'hebdo du 26 avril 2025. J'étais ravi de passer ce moment avec vous. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Et comme d'habitude, merci pour votre fidélité. Merci pour vos messages également. Merci pour votre soutien, toujours très actif. Une audience qui continue de progresser pour Monde Numérique et j'en suis ravi. Alors pour autant, n'hésitez pas à m'envoyer des messages sur les réseaux ou via le site mondelumérique.info ou encore surtout à commenter ce podcast sur votre plateforme d'écoute. Et à mettre les cinq petites étoiles fatidiques, notamment sur Apple Podcasts, pour contribuer à la visibilité de monde numérique. On se retrouvera la semaine prochaine, comme d'habitude, pour un magazine de 50 minutes ou plus si vous êtes abonné à la version premium. Et puis, comme d'habitude, les interviews en épisodes séparés, des actus, des éditos, etc., au fil de l'eau, au fil de l'actu tech. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !