Monde Numérique :
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0:10] Open AI est-il en train d'inventer le produit high-tech du futur qui nous fera
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0:15] oublier le smartphone et qui va transformer nos vies grâce à l'intelligence artificielle ? En tout cas, la maison mère de ChatGPT s'associe à l'ancien designer d'Apple pour créer un produit présenté comme révolutionnaire. C'est le gros buzz de la semaine et on en parle notamment avec le patron français d'Open AI. On parle aussi des évolutions futures de ChatGPT. Attention, interview exceptionnelle. Pendant ce temps-là, les poids lourds historiques n'ont pas dit leurs derniers mots et Google dévoile sa stratégie de l'IA partout, Gemini partout, notamment dans la recherche en ligne et dans les lunettes connectées. En France, tandis qu'Emmanuel Macron vante les mérites de l'Hexagone au sommet Choose France, 300 grandes entreprises tirent la sonnette d'alarme. Il faut limiter l'influence de la tech américaine. Je reçois le porte-parole de l'association IMA, qui fait 33 recommandations en faveur de la souveraineté numérique.
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1:20] Dans l'actu également, la pépite française du quantique Qandela explose les qubits avec une nouvelle machine hyper puissante. À Paris, une Tesla traverse la place de l'étoile en mode autopilote, comme qui rigole. Et puis, à Taïwan, le patron de Nvidia, Jensen Wang, fait sa rockstar. Enfin, l'IA au service de la santé, c'est une petite révolution qui arrive. On en parle en partenariat avec Capgemini.
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1:47] Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 24 mai 2025. C'est donc l'info de la semaine et on va commencer par ça. Un objet connecté, mystérieux, sans écran, boosté à l'intelligence artificielle, mieux que le smartphone, mieux que les lunettes connectées. Quel est donc cet objet mystère ? Eh bien, pour l'instant, on n'en sait rien. Mais c'est ce que préparent en grand secret deux grands noms de la tech. D'un côté, Sam Altman, le patron de la société OpenAI, maison mère de Tchad GPT, et de l'autre, Jonathan Ive, Johnny Ive, comme on dit, que le grand public ne connaît pas forcément, mais que la sphère de la tech idolâtre depuis toujours, puisque c'est l'ancien designer d'Apple, le créateur de l'iPhone, de l'iMac, enfin d'énormément de produits Apple. C'est donc l'info de la semaine, un mariage, un mariage symbolique ou en tout cas économique entre deux poids lourds de la tech, puisque OpenAI rachète la startup I.O., c'est son nom.
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2:53] I.O., tout simplement, créée par Jonathan Ive. C'est une petite start-up, à peine une cinquantaine d'ingénieurs, mais pour laquelle OpenAI débourserait 6,5 milliards de dollars, selon Bloomberg. L'annonce a été faite en milieu de semaine sous la forme d'une vidéo hyper scénarisée, comme seuls les Américains savent en faire. Ça se passe dans un café à San Francisco. On y voit les deux hommes discuter autour d'un café avec un air inspiré et parler de leur vision du futur. Et depuis cette vidéo, la planète tech s'embrase. Elle est en feu pour essayer de comprendre et de deviner ce que ces deux-là sont bien en train de concocter.
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3:31] Quel est ce fameux produit mystérieux ? Un hypothétique smartphone sans écran, boosté à l'intelligence artificielle de ChatGPT. On parle d'un appareil un peu plus grand que le AI-PIN, cet étrange objet sorti l'an dernier. Rappelez-vous, j'avais eu l'occasion de vous en parler dans le monde numérique, ça n'a pas été un franc succès. Bref, une sorte d'iPod qu'on pourrait peut-être porter autour du cou, mais rien n'est confirmé pour l'instant. Méfiez-vous des images qui circulent sur Internet, car pour l'instant, rien n'est officiel. Ce mystérieux appareil pourrait avoir le jour l'année prochaine, selon OpenAI, qui prévoit d'en vendre carrément 100 millions d'un coup. Alors, il faut savoir que les deux hommes et leurs équipes planchent sur ce truc-là depuis deux ans. Ça, on le savait, ce n'était pas mystérieux. Mais on ne sait pas vraiment sur quoi ça va déboucher. Aujourd'hui, c'est une sorte de coup d'envoi. Ils ont décidé de pousser le buzzomètre au maximum avec des déclarations lyriques, comme celle de Jonathan Ive au New York Times qui explique qu'il a le sentiment croissant que tout ce qu'il a appris au cours des 30 dernières années l'a conduit à cet endroit à ce moment. Voilà, qu'est-ce qui se cache derrière tout cela ? Eh bien, il va falloir attendre
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4:34] pour en savoir plus. On va patienter. On en reparle tout à l'heure avec Bruno Guillelminetti dans le débrief transatlantique. Et puis, on l'évoque aussi avec mon invité cette semaine. J'ai le plaisir de recevoir Arnaud Fournier, le dirigeant de la société OpenAI en France.
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4:50] L'actu cette semaine, c'était aussi Google, bien sûr, avec la traditionnelle conférence d'ouverture de la session Google I.O. édition 2025. Alors, je vous ai proposé en milieu de semaine, d'ailleurs, un épisode spécial, pour relatant les principales annonces. Et il était vraiment très spécial, cet épisode, puisqu'il était créé entièrement par intelligence artificielle en utilisant le système Notebook LM. Vous savez, cet outil qui permet de générer des pseudo-podcasts, en tout cas des conversations entre une voix d'homme, une voix de femme, etc. Donc, encore une expérience de journalisme assisté par intelligence artificielle dans le monde numérique. Et encore une fois, les réactions sont intéressantes parce que parmi vous qui avez écouté cet épisode, il y en avait clairement une partie qui trouve ça fantastique parce qu'ils sont époustouflés par la performance technique et d'autres qui n'aiment pas du tout et qui rappellent, et je ne vais pas m'en plaindre, qu'ils préfèrent écouter un humain et en l'occurrence que je leur parle directement. Voilà, donc c'était un épisode bonus, on va dire, un épisode supplémentaire. Et on va revenir sur ce sujet de Google en détail avec un vrai être humain. C'est Lino Tovena de la rédaction de Monde Numérique qui a suivi cette keynote et qui va donc nous expliquer en quoi Google a décidé véritablement de mettre l'intelligence artificielle plus que tout au service de ses produits.
Invité :
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6:12] Alors oui, cette édition 2025 a marqué un véritable tournant. Google veut mettre de l'IA partout dans tous ses produits, en l'occurrence l'IA Gemini. Parmi les annonces phares, Google Beam qui transforme un simple appel vidéo en échange en 3D avec une modélisation du visage à 60 images par seconde. Une prouesse technologique pensée pour les entreprises et les environnements collaboratifs afin de rendre les échanges à distance encore plus réalistes. Autre démonstration marquante, Google Flow, un studio de création vidéo boosté à l'IA qui permet de produire des films entiers à partir de quelques instructions écrites. IA gère le texte, l'image, la voix et même le montage. Et puis il y a Android XR, la plateforme pour lunettes connectées. Avec Gemini intégré, les lunettes traduisent, reconnaissent les lieux, suggèrent les actions, tout ça en direct. On parle ici d'un assistant virtuel intégré à votre champ de vision, impressionnant mais encore réservé à quelques partenaires comme Samsung ou Gentle Monster.
Monde Numérique :
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7:02] Alors, toutes ces démonstrations, Lino, ça montre une chose, c'est que Google veut vraiment imposer Gemini comme le nouveau cœur de tous ses services.
Invité :
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7:10] Effectivement, c'est le vrai message de cette conférence. Gemini devient l'interface universelle ou en tout cas le moteur central de Google. Dans Chrome, dans Gmail, dans Docs, dans Maps, sur Android, l'assistant IA est partout. Il résume les pages web, propose des réponses personnalisées, classe vos mails, génère les contenus, crée des tableaux, vous accompagne même en appel vidéo. Avec Gemini 2.5 Pro et Flash, Google ajoute aussi DeepThink, un nouveau mode de raisonnement qui permet à l'IA de considérer plusieurs hypothèses avant de répondre. En parallèle, Gemini Live arrive sur iOS, Gemini Vids transforme vos slides en vidéos et Canvas génère des quiz, des scripts et des infographies interactives. L'idée, c'est de ne plus jamais travailler seul.
Monde Numérique :
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7:49] On sent que Google essaie de se réinventer face à la déferlante de l'IA, mais cette stratégie soulève une vraie question. Est-ce que la compagnie n'est pas en train de menacer son propre modèle économique en remplaçant par exemple la recherche classique par de l'intelligence artificielle ?
Invité :
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8:03] Et c'est là que ça devient le plus intéressant, car plus de la moitié des revenus de Google vient de publicité dans son moteur de recherche. Et avec le nouveau mode IA, l'utilisateur obtient une réponse directe sans cliquer sur aucun lien sponsorisé. Google cannibalise donc potentiellement ses propres revenus, mais la firme semble assumée, elle parie sur un basculement de l'usage, quitte à tout réinventer. Là où Microsoft mise sur l'entreprise et intègre son IA dans ses outils pro, Google joue une carte grand public avec des outils accessibles mais parfois très chers. Exemple, l'abonnement AI Ultra à 249 dollars par mois, qui donne accès aux fonctions les plus poussées.
Monde Numérique :
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8:38] Merci Lino Tovena pour ce coup d'œil sur quelques-unes des nouveautés annoncées par Google. Elles sont très nombreuses, on y reviendra tout à l'heure dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti.
Monde Numérique :
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8:51] Joli coup, et c'est l'innovation de la semaine de la part de la start-up Qandela, spécialisée dans l'informatique quantique, l'informatique quantique photonique pour être précis. Qandela vient d'annoncer le lancement d'un nouvel ordinateur quantique, il s'appelle Belenos, et il est 4000 fois plus puissant que la précédente version. Il est doté de 12 qubits physiques, soit le double de la puissance de son prédécesseur. Alors c'est une machine qui représente une vraie avancée significative en matière de quantique, et on rappelle qu'en informatique quantique, il existe Aujourd'hui, plusieurs technologies qui s'affrontent, qui se concurrencent, parce qu'on est encore un peu au stade de la recherche. Alors, la société Qandela utilise la technologie photonique, donc des photons, de la lumière, pour effectuer des calculs quantiques. Et l'avantage, c'est que l'ordinateur fonctionne à température ambiante, contrairement à des solutions concurrentes qui nécessitent un refroidissement vraiment très poussé. Et Qandela propose également un accès cloud à ces machines, donc du quantique à distance, en mode SaaS, en quelque sorte. Voilà, donc pour ce nouveau Belénos, qui devient en quelque sorte le fleuron, le fer de lance du quantique européen, et qui rappelle que la France est plutôt, Cocorico, en bonne position vraiment dans cette course vers l'informatique quantique.
Monde Numérique :
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10:08] Cette semaine, l'actu-tech était aussi à l'autre bout du monde, en Asie, du côté de Taïwan, avec le salon Computex, le plus grand salon du monde consacré aux semi-conducteurs, c'est-à-dire les puces. Alors dit comme ça, ce n'est pas forcément très sexy, c'est très hardware, c'est très le cœur des machines.
Monde Numérique :
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10:27] Jusqu'à présent, d'ailleurs, ça passait un peu sous silence ce salon, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, le hardware devient un peu plus visible, notamment grâce à l'intelligence artificielle et à des entreprises comme NVIDIA. Alors justement, NVIDIA qui fabrique les fameuses cartes nécessaires à l'entraînement et au fonctionnement des modèles d'intelligence artificielle, NVIDIA a été à la fête avec son PDG Jensen Huang, qui a littéralement fait son show, qui a fait une keynote à l'occasion du Computex et qui a été recueilli sur place comme une rockstar, comme partout où il va d'ailleurs en ce moment, mais encore plus à Taïwan puisque Jensen Huang est originaire de Taïwan.
Monde Numérique :
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11:03] Même si aujourd'hui il vit depuis l'âge de 8 ou 9 ans aux Etats-Unis. Alors rappelons que Taïwan en plus est le principal fabricant au monde de semi-conducteurs avec notamment des entreprises comme TSMC qui alimente la plupart des entreprises des sociétés du numérique comme Apple, Samsung et autres. Et l'île asiatique est en plus au cœur de tensions internationales entre les Etats-Unis et la Chine qui revendiquent ce territoire. Donc, c'est un peu une zone particulièrement sensible d'un point de vue politico-économique. Le salon Computex est donc un salon très spécialisé où les fabricants du monde entier dévoilent leurs nouveautés. Donc, Nvidia a fait pour sa part la promotion de ces nouvelles super cartes graphiques équipées de plus Blackwell, notamment la Grace Blackwell. Jensen Wang a également annoncé la construction prochainement à Taïwan d'un super ordinateur pour l'intelligence artificielle. Et puis d'autres annonces également ont été faites de la part de Intel, AMD, Asus, en fait tout l'écosystème des semi-conducteurs.
Monde Numérique :
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12:05] Et si l'assistant intelligent Siri que l'on adore sur les iPhones et tous les appareils de la marque Apple était un jour remplacé ou en tout cas concurrencé par d'autres assistants par intelligence artificielle ? Et pourquoi pas, si l'on en croit le journaliste spécialisé de Bloomberg, Mark Gurman, qui affirme qu'Apple serait en train de réfléchir à la manière d'ouvrir son écosystème pour pouvoir faire de la place à des assistants concurrents. Alors pourquoi cela ? Évidemment, ce n'est pas de bonne grâce qu'ils font ça, bien au contraire, mais simplement parce qu'ils y seraient obligés par la réglementation européenne. Concrètement, ça veut dire que si vous utilisez un iPhone aujourd'hui, il n'y a que Siri qui peut se déclencher à la voix, qui peut répondre tout de suite et qui peut agir sur les fonctions clés de l'appareil, comme ouvrir le calendrier, les mails, les applications diverses, etc.
Monde Numérique :
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12:52] Eh bien, demain, ça pourrait être ChatGPT ou Gemini de Google ou Cloud, ou pourquoi pas le français, le chat. En fait, ce serait une ouverture de plus dans le bastion Apple. Une première qui rappelle un peu cette histoire d'imposer un choix des navigateurs Internet dans Windows et qui surtout s'inscrit dans la longue liste des contraintes qui frappent aujourd'hui la marque Apple du fait de la réglementation européenne. Apple a déjà été obligé d'ouvrir son système pour faire la place à d'autres magasins d'applications en Europe. Donc, c'est la suite. Ils doivent être très, très énervés chez Apple à cause de cette contrainte. Cela dit, vu le retard d'Apple en matière d'intelligence artificielle et notamment au niveau de Siri, on se demande si finalement, pour les utilisateurs, ce ne serait peut-être pas une bonne nouvelle de faire de la place à d'autres produits un peu plus évolués.
Monde Numérique :
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13:46] Et on termine par une belle image que je vais vous raconter. Joli coup pour Tesla, le fabricant automobile américain qui a montré cette semaine que son système de pilotage automatique que l'on croyait surtout réservé aux routes américaines se débrouille aussi très bien en Europe et même en France et même en plein Paris. En fait, dans une vidéo assez courte publiée cette semaine sur les réseaux sociaux, Tesla montre un véhicule qui circule dans Paris en mode FSD, c'est-à-dire full self-driving, autrement dit en mode autonome. Alors il y a quand même un conducteur derrière le volant prêt à intervenir, c'est ce qu'on appelle de la conduite autonome supervisée, mais n'empêche, c'est la machine qui conduit, et tenez-vous bien, ça marche, et tenez-vous bien, en plus, ça se passe place de l'étoile, au cœur de la capitale, c'est-à-dire à l'arc de triomphe, là où, en principe, les règles du code de la route sont généralement explosées, et où il faut faire preuve d'une espèce d'instinct de survie pour arriver à passer, C'est assez spécial si vous connaissez l'endroit. Mais malgré tout, la Tesla a réussi à passer. Et visiblement, ça s'est plutôt bien déroulé. Alors, on rappelle déjà que Tesla fonctionne uniquement avec des caméras et ensuite un traitement d'images par intelligence artificielle. Et maintenant, avec des années d'entraînement sur la base de millions et de milliards de données qui ont été collectées un peu dans le monde entier, un peu partout. Mais il n'y a pas de LIDAR, donc des radars lasers comme sur, par exemple, les véhicules de Google.
Monde Numérique :
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15:16] Et pour comprendre un peu mieux comment ça s'est passé, Je trouve que c'est intéressant de regarder la vidéo au ralenti et non pas en accéléré comme elle a été diffusée sur les réseaux. Et on comprend bien en fait que d'une part, ce qui est assez surprenant, c'est que contre toute attente, les Parisiens ne roulent pas si mal que ça. Et en fait, même Place de l'Étoile, c'est quand même un peu les règles de base qui s'appliquent, il faut l'avouer, contrairement aux apparences. Et puis surtout, on comprend à quel point un tel véhicule est capable de traiter une quantité d'informations phénoménales. En gros, de regarder en même temps, devant, derrière, à droite, à gauche, vers l'avant, vers l'arrière, ce que finalement un être humain ne peut pas faire dans un environnement aussi compliqué, aussi rapide que la place de l'étoile. Et c'est peut-être là où on comprend la supériorité d'un véhicule autonome sur un être humain, alors qu'on pensait que dans un contexte comme ça complètement sauvage, eh bien, il n'y arriverait pas. Voilà, petite vidéo à voir. C'est un petit coup de pub pour Tesla, mais il faut dire que là, ils s'en sont bien sortis.
Monde Numérique :
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16:19] Voilà pour l'actu. Alors, Monde numérique, vous le savez, c'est le podcast qui explore les innovations d'aujourd'hui et aussi celles de demain,
Monde Numérique :
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16:26] y compris celles qui sont en avance sur leur temps. Et c'est le cas de Frogans, cette technologie française discrète mais innovante qui permet de publier, de consulter du contenu sur Internet. Frogans, alors ce ne sont pas des sites web classiques, ce sont des interfaces légères, accessibles sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation. Une sorte de web parallèle basé sur des standards ouverts, sans tracking, ultra sécurisé. Donc si cette philosophie de technologie vous intéresse, vous pouvez contribuer à son développement, car la société F2R2, qui porte le projet Frogans, ouvre son capital au public. C'est une opportunité d'investir dans une innovation made in France, porteuse d'un vrai changement de paradigme. Toutes les infos sont sur f2r2.fr. Et pour en savoir plus sur Frogarns, partenaire de Monde Numérique, retrouvez l'interview de son fondateur Alexis Tamas sur mondenumérique.info.
Invité :
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17:22] Le débrief transatlantique.
Monde Numérique :
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17:24] Salut, Bruno Guglielminetti.
Invité :
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17:26] Salut, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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17:27] Tu es là, mon fidèle camarade à Montréal. Comment vas-tu?
Invité :
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17:31] Je suis là, mais je ne pourrais pas te dire mon fidèle camarade à quelque part parce que je ne sais pas où tu es. Mais je sais que tu n'es pas chez toi.
Monde Numérique :
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17:37] Non, c'est vrai, je ne suis pas chez moi cette semaine. Je suis en balade. Je suis venu prendre un petit peu le soleil. Mais tu vois, ce ne sont pas des vraies vacances non plus.
Invité :
[
17:43] Alors, toi, tu fais du télétravail.
Monde Numérique :
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17:45] Exactement, voilà. Avantage, c'est qu'on peut travailler de partout quand on fait du podcast. mais l'inconvénient, c'est qu'on ne s'arrête jamais.
Invité :
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17:52] Ça ne t'a pas empêché de suivre l'actualité ?
Monde Numérique :
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17:54] Ah, mais alors, franchement, mais quelle semaine ! Quelle semaine !
Invité :
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17:58] Pas de vacances !
Monde Numérique :
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17:59] Mais fantastiques, ces annonces. Je pense qu'il faut qu'on revienne sur principalement les annonces Google, qui sont quand même... Je ne sais pas ce que tu en penses, mais cette keynote, moi, j'ai été obligé d'y revenir plusieurs fois, parce que, de prime abord, je me suis dit, ouais, en fait, ce n'est pas transcendant, c'est des choses qu'on a déjà vues. Ils nous présentent Astra, Starline, etc. Mais en réalité, quand tu creuses, c'était un déluge d'annonces dans tous les domaines. Des choses très spécialisées, très professionnelles et puis d'autres qui concernent plus le grand public. Mais au final, il nous faudrait une heure pour débriefer ces annonces Google du début de semaine.
Invité :
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18:37] Et je pense que, je n'exagère pas, mais j'ai l'impression qu'ils ont prononcé le mot « androïde » seulement cinq fois, tellement c'était « l'ia, l'ia, l'ia, l'ia ».
Monde Numérique :
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18:48] Gemini, Gemini.
Invité :
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18:50] Oui, et le nom des nouveaux produits, puis particulièrement Gemini. Et donc, c'est ça. Alors, c'est un peu comme s'ils avaient évacué tout ce qui était, j'exagère un peu là, mais tout ce qui était Google et que là, maintenant, on focus sur Gemini et on mise le tout pour le tout. J'avais l'impression d'être au casino et de voir, bon, bien, on prend notre fortune, ça passe ou ça casse.
Monde Numérique :
[
19:09] Toi, qu'est-ce que tu as retenu, Bruno, de plus spectaculaire?
Invité :
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19:13] Bien, je pense qu'il y a deux choses que je retiens, bien, pas je pense, je retiens deux choses. D'une part, c'est le mode AI qui arrive dans le Google Search, donc qui va finalement, et il devait faire quelque chose, on s'entend, mais ce n'est pas la première fois qu'on en parle. Google a de la pression, GPT qui est dans ses jambes, perplexité qui est encore plus fort que GPT dans la recherche, qui prend des parts de marché. Et puis là, Google devait faire quelque chose. Ils arrivent avec la force qu'ils sont capables, mais ce n'est pas simplement d'arriver avec un résumé de recherche, c'est par la suite de pouvoir les décliner de différentes façons. Et c'est ça que je trouve intéressant. Alors, c'est comme si c'était perplexité, mais sur à la 10, à la 15. C'est vraiment puissant. Ça, c'est intéressant. L'autre truc...
Monde Numérique :
[
20:01] Pardon, c'est AI overviews, c'est ça ?
Invité :
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20:03] Oui.
Monde Numérique :
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20:04] C'est ce truc-là.
Invité :
[
20:05] Et du mode AI qui apparaît.
Monde Numérique :
[
20:06] Voilà, mais qui va poser plein de problèmes parce que ça remet en cause toute la logique économique de Google avec ses liens sponsorisés parce que c'est une aspiration des contenus et les gens n'ont plus besoin d'aller sur les sites.
Invité :
[
20:18] Et les producteurs de contenus comme nous, ils se font attirer leur matériel.
Monde Numérique :
[
20:22] Pas nous, Bruno, puisque nous, au podcast, nous sommes au-dessus de la mêlée quand même.
Invité :
[
20:26] Complètement. Oui, mais malheureusement, dans mon cas, j'écris encore et les textes, ils sont aspirés par la machine. Ils vont être attirés.
Monde Numérique :
[
20:33] Oui.
Invité :
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20:33] Je sais que ça ne va pas être disponible en France.
Monde Numérique :
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20:35] Ce système-là. Non, mais juste ça, parce qu'il faut qu'on en parle quand même de AI Overview. Ça ne sera pas dispo en France, en fait. C'est le seul pays du monde, quasiment, que ça ne va pas arriver dans un premier temps. Toujours pour les mêmes raisons.
Invité :
[
20:47] J'aurais le goût de te dire que merci, la réglementation, mais ça, c'est un autre sujet. On en parlera plus tard.
Monde Numérique :
[
20:51] Ne commence pas. Ne commence pas à me parler de réglementation parce qu'après, je me fais engueuler par mes auditeurs.
Invité :
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20:57] Oui, ça, je le sais.
Monde Numérique :
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20:58] Mais oui, mais j'ai reçu un message cette semaine. Je prends deux secondes pour en parler. D'un auditeur qui me dit qu'on en fait trop contre la réglementation européenne et qu'il a l'impression qu'à l'inverse on valorise trop la tech américaine, et ça je pense que enfin je voudrais répondre si tu je ne sais pas ce que tu en penses mais c'est un peu un mauvais procès c'est un peu un faux procès qu'on nous fait parce que oui on est critique par rapport à trop de réglementation européenne parce que ça pose des problèmes, mais moi je suis le premier aussi à valoriser les technologies les innovations françaises etc et toi je ne sais pas comment tu vois les choses de l'autre côté de l'Atlantique mais c'est quand même réaliste.
Invité :
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21:33] Je suis le premier à faire des blagues à ce sujet-là, mais de l'autre côté, je suis le premier à remercier la France d'en faire autant parce que ça fait par la suite un donnage à travers la planète. Et donc, chaque fois que vous réglementez, j'ai un petit sourire, mais dans le fond, je le sais que par la suite, on va tous en bénéficier. Et combien de fois je l'ai remercié chez toi, sur le plateau de François Sorel, mais ça ne m'empêche pas de dire quand même que la France, c'est un pays qui aime bien réglementer, réglementé, ce qui n'est pas faux. C'est tout.
Monde Numérique :
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22:03] Bien sûr. Il faut prendre un peu ce qu'on dit, en plus, parfois, un peu au second degré. Et puis, de toute façon, cette histoire n'est pas simple, parce qu'il y a autant de bonnes choses que de mauvaises choses. On revient à Google?
Invité :
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22:12] Oui, on revient à Google, parce que la deuxième chose que moi, j'ai trouvé très intéressante, c'est cette fameuse paire de lunettes. Parce que, à l'heure actuelle, il n'y en a que pour Meta, et c'est Ray-Ban. Et là, il y a le précurseur dans le domaine qui est en train de revenir dans le décor avec quelque chose d'intéressant. Et ça, c'est assez prometteur. J'ai des collègues qui étaient en Californie, qui les ont essayés, puis ils ont dit, ah, ce n'est pas désagréable.
Monde Numérique :
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22:40] Ah, cool. Ah oui, d'accord. Donc, ce serait la version, en fait, c'est un revival des Google Glass. Ils ont été les premiers à lancer un truc comme ça.
Invité :
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22:50] Je vais dire, eux, ils n'inventent rien, parce qu'ils reviennent à ce qu'ils avaient déjà fait, mais ils bonifient qu'ils ont fait évoluer le modèle. Mais de ton côté, qu'est-ce que tu retiens?
Monde Numérique :
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23:00] Moi, je retiendrai deux choses vraiment spectaculaires. D'abord, les démonstrations qu'ils ont faites de traduction simultanée dans Google Meet.
Invité :
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23:08] Oui.
Monde Numérique :
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23:09] Wow, wow, wow, wow. C'est-à-dire que cette histoire de pouvoir faire une vision avec quelqu'un qui ne parle pas ta langue et qu'il y a une traduction simultanée, l'idée n'est pas nouvelle, il y a déjà eu plein de démos, etc.
Invité :
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23:20] Mais il n'y a rien qui marche vraiment bien.
Monde Numérique :
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23:22] Oui, enfin, nous, on parle la même langue. C'est quand même plus pratique. nativement.
Invité :
[
23:26] De temps en temps, quand je t'écoute ou quand il y a des auditeurs qui m'entendent, ils ne sont pas certains. Enfin, poursuit.
Monde Numérique :
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23:32] Ce n'est pas faux, mais c'est un autre débat. Mais grosso modo, c'est à peu près la même langue, quand même, on va dire. Tandis que là, si vraiment tu peux discuter, alors pour l'instant, ça ne fonctionne qu'en espagnol, en anglais, je crois.
Invité :
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23:46] Oui, j'ai les deux langues.
Monde Numérique :
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23:47] C'est ça, les deux langues. Oui, les deux langues les plus parlées au monde.
Invité :
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23:51] Ce ne sont que des démonstrations. c'est d'abord et avant tout ils testent sur le marché mais dans quelques temps il y a d'autres langues qui vont arriver dont le français comme d'habitude mais.
Monde Numérique :
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24:02] En tout cas si ça marche aussi bien que ce qu'ils ont montré c'est incroyable et ça c'est un game changer comme dirait l'autre ça va être assez fantastique.
Invité :
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24:09] Et puis là écoute je sais pas si c'est sur Wired ou The Verge ou The Bloomberg que j'ai vu mais il y a une journaliste qui a fait un test avec les deux personnes qu'on voit dans la fameuse démo de Google l'autre jour, et ils ont repris. Il y avait donc celui qui a développé, les deux personnes qui étaient là, et puis la journaliste, et elle a eu la même expérience. Elle dit évidemment, à l'occasion, ça jure un peu et que la traduction n'est pas juste, mais, somme toute, l'expérience est vraiment prometteuse. Ah, c'est intéressant. Mais tu le sais, c'est avec le temps que ça va se bonifier, en apprenant des utilisateurs, et ça va être, dans un an, on rira, ça sera comme un... L'autre chose que tu as trouvée intéressante ?
Monde Numérique :
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24:54] Alors, l'autre chose que j'ai trouvée intéressante, c'est VO, VO3, qui est donc plus un autre outil qui s'appelle, je crois, l'IRIA. Et les deux mis bout à bout, en fait, en gros, c'est la possibilité de fabriquer des vidéos, mais à partir de rien, à partir de prompt. Mais alors ça, ça se faisait déjà. Il y a déjà eu pas mal de choses dans ce domaine. Mais un, ce n'était pas parfait. Et deux, il n'y avait pas la bande-son là. Ça te sort également les dialogues. Les bruitages derrière et on voit depuis quelques jours sur les réseaux sociaux des petits bouts de vidéos apparaissent.
Invité :
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25:28] Ah, c'est faux, hein ?
Monde Numérique :
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25:28] C'est hallucinant. C'est fini, on est mort. Enfin, il faut arrêter. Moi, je suis contre ça, là. Je suis trop vieux, c'est pas possible. C'est des micro-trottoirs, des gens interrogés dans la rue. Tu as vu le faux reportage sur un salon automobile de quelques secondes ?
Invité :
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25:43] Oui, c'est ce que j'avais cité comme exemple.
Monde Numérique :
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25:45] Un micro-trottoir. Mais c'est dingue, mais plus personne ne peut dire que c'est de l'intelligence artificielle. On rentre dans un fake monde, dans un fake world total. Je suis contre. Mais bon, j'ai envie d'essayer.
Invité :
[
26:02] Moi, je ne suis pas contre, mais j'avoue que ça relève déjà qu'au niveau de la désinformation, on commençait à avoir des gens qui faisaient des choses assez impressionnantes. Avec ce type d'outil-là qui justement te permet de créer de toutes pièces des personnages qui parlent, qui s'expriment. Il y a aussi cette scène qui a été utilisée dans la démo où on voit un vieux marin dans son embarcation avec l'eau. On entend les vagues qui frappent sur le bateau et sa voix qui… Je me dis, non, mais à quand le premier court-métrage fait avec cet outil-là?
Monde Numérique :
[
26:39] Mais là, tu te dis, oui, c'est le cinéma qui va en prendre un coup.
Invité :
[
26:44] Oui.
Monde Numérique :
[
26:44] Tu n'as plus besoin d'aller mettre Tom Cruise sur une moto?
Invité :
[
26:48] Oui, bien, ça ne sert pas à Tom Cruise. Ça va être d'autres personnages qu'on va mettre là-dessus. Mais j'aime bien dire que Spielberg, à l'époque, avait quand même révolutionné le cinéma avec sa petite caméra familiale dans son sous-sol quand il avait commencé à faire ses premiers films. Puis c'est avec ça que c'est fini à tourner. Puis après, il a évolué. Bien, c'est ça. Alors là, il y a des gens qui sont derrière leur écran, qui probablement peut-être nous écoutent, on les salue, qui sont en train de travailler sur le prochain court-métrage qui va sortir et qui va faire toute une différence. On est là. Une fois de plus, c'est l'histoire qui serait écrite. Ce coup-ci, c'est dans le cinéma.
Monde Numérique :
[
27:25] Voilà pour ces annonces Google qui, sans doute, marquent quand même un tournant assez intéressant. Il y avait autre chose cette semaine, Bruno, qui, comme moi, t'a fait réagir. C'est un personnage historique qui revient, je dirais.
Monde Numérique :
[
27:41] Oui, puis derrière ça, c'est deux personnes, deux hommes. C'est quand même cette association entre Sam Altman d'OpenEye et Jonathan Ive Johnny Ive l'ex-designer d'Apple qui vont fabriquer apparemment le produit mystère du futur mais on ne sait pas ce que c'est à moins que t'aies des infos sur le sujet.
Invité :
[
28:00] Le iPhone Keller. Oui, mais c'est ça. Eux, quand ils ont créé l'entreprise en 2023, je dis eux parce qu'Yves était officiellement le PDG. Officieusement, on se dit qu'Alpement ne doit pas être très loin parce qu'il y a la coupe pour créer cette entreprise-là. Mais bon, on dit qu'officiellement, il n'y a pas de lien administratif avec l'entreprise. Mais donc, les deux étaient quand même là. C'est un truc qu'ils ont fait en disant qu'ils allaient créer un objet, un appareil qui allait permettre de faire tout ce qu'un iPhone fait, mais sans écran et donc uniquement par la voix. Et donc, ça fait penser un petit bidule que tu t'époumonais à nous vanter les mérites.
Monde Numérique :
[
28:42] Oui.
Invité :
[
28:44] Une à deux années.
Monde Numérique :
[
28:46] Complètement, le AI pin, ça fait exactement penser à ça.
Invité :
[
28:49] Oui, c'est ça. Mais moi, ça me fait penser à ça. Mais là, donc, on est en train de travailler là-dessus. 55 ingénieurs qui font cette entreprise-là. Et donc, OpenAI fait l'acquisition de la chose pour 6,5 milliards de dollars. Il faut quand même dire dans cette histoire-là qu'OpenAI avait quand même des liens, à part de son grand patron qui est un bon ami du patron de la nouvelle acquisition, AI Product, mais aussi, ils étaient actionnaires. Ils avaient 23 % des parts de l'entreprise. Alors là, c'est un peu comme une acquisition finale. Et moi, j'ai l'impression que, mis à part la production de ce produit qui va permettre à OpenAI d'accéder à une vague de contenu qui sera générée par des utilisateurs, je pense que c'est une des raisons pour lesquelles ils veulent créer ça, c'est aussi la possibilité de bénéficier du savoir-faire au niveau du design de l'ex-Taple pour revoir toute l'interface d'opération du monde d'OpenAI, donc les chats GPT et compagnie.
Monde Numérique :
[
29:50] Mais c'est super intéressant parce que le succès de l'intelligence artificielle générative, il est intimement lié à l'interface. Il faudra, tout dépend par quel type d'outil et par quel type d'interface on va utiliser ces outils, et effectivement avoir un grand nom comme ça du design, parce que Johnny Hive, quand on dit design, ce n'est pas juste dessiner des jolis produits sur un coin de table avec son stylo et sa feuille de papier. C'est un type qui, pendant des années, a travaillé à côté de Steve Jobs et qui étaient capables de mettre un petit peu la vision de Steve Jobs dans des produits que les utilisateurs allaient aimer à cause de leur élégance et en même temps d'intégrer toutes les contraintes techniques. Parce que c'était ça la magie du truc, c'était miniaturiser, bien placer les composants pour que à l'extérieur ce soit beau et qu'à l'intérieur ce soit efficient. Et le succès de l'IA, je pense, effectivement va passer, en tout cas succès auprès du grand public va passer par ce type d'outils alors est-ce qu'il faut que ce soit quelque chose de complètement nouveau, de différent du smartphone ou des lunettes comme ils nous le disent on verra bien après j'ai l'impression que c'est toujours un peu dangereux de faire mousser comme ça quelque chose en disant attention tenez-vous bien on va révolutionner le monde l'année prochaine quand on va sortir notre truc on pourrait, être assez déçu enfin on a déjà vécu ce genre d'événement ce genre d'histoire C'est vrai.
Invité :
[
31:18] Et c'est important de le rappeler.
Monde Numérique :
[
31:20] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[
31:24] Qu'est-ce que je suis content que tu me poses finalement cette question. La semaine dernière, on parlait des téléphones à l'école. Là, cette semaine, je m'attarde avec Lionel Tardy, quelqu'un que tu connais, qui est un des deux auteurs du fameux guide du CES. Lui, dans la vie, il est en charge de la direction des études dans une école chez vous en France. Et donc, on parle de l'implication de l'IA au niveau de l'éducation. Ce n'est pas seulement une histoire de triche dans les examens, mais c'est beaucoup plus loin. C'est que là, on est en train, si on n'arrive pas à bien encadrer l'utilisation de l'IA, on va tout simplement empêcher toute une génération de travailler le muscle de la pensée et de la réflexion. Et ça, ça pourrait avoir un impact fort important sur le développement de nos sociétés, de nos démocraties. Alors, c'est un vrai sujet en tant que tel. J'étais content d'avoir Lionel Tardy pour nous partager sa réflexion. Et puis, sinon, j'ai la chance d'accueillir Josélito Michaud, qui est un manager d'artistes, un agent, comme on les appelle chez nous. Quelqu'un qui a presque le même parcours que René Angélil, mais avec une certaine Isabelle Boulay.
Monde Numérique :
[
32:36] Ah, Isabelle Boulay, oui.
Invité :
[
32:38] C'est l'homme derrière la carrière de la femme. Et puis, mais là, récemment, il a pris d'assaut Facebook. Et il a carrément créé une méga communauté de gens avec qui il s'est retiré du monde du show business. Il était très connu. Il y avait des éditions de télé à la Nagui ici ou à la Michel Drucker. Il avait pris le devant de la caméra. et donc il s'est retiré pour des raisons personnelles et maintenant il revient dans l'œil du public mais par le biais de Facebook et c'est vraiment intéressant donc de parler à un homme qui a su utiliser la machine médiatique pour faire passer des messages avec toutes ses contraintes et du jour au lendemain se retrouver directement avec une communauté, avec le public et de voir comment ça a changé sa vision de la discussion avec le public c'est une belle discussion.
Monde Numérique :
[
33:30] Eh bien je propose qu'on se retrouve la semaine prochaine comme d'habitude.
Invité :
[
33:32] Vraie proposition acceptée.
Monde Numérique :
[
33:34] Salut Bruno, à la semaine prochaine.
Invité :
[
33:36] Bye Jérôme. Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
33:51] L'intelligence artificielle révolutionne la santé, y compris dans des domaines peu connus du grand public, comme les essais cliniques. On en parle dans un instant avec Capgemini. C'est la séquence invitée de Monde Numérique. Avant cela, la parole aux entreprises françaises qui s'inquiètent de la perte de souveraineté numérique. Et tout d'abord, je suis ravi de recevoir dans Monde Numérique, en exclusivité, le responsable de la société OpenAI en Europe. Vous le savez, si vous souhaitez écouter ces interviews en version intégrale tout de suite, il faut vous abonner à la version premium de Monde Numérique sur Apple Podcast ou sur Spotify. Sinon, vous retrouvez ces interviews en version intégrale la semaine prochaine en épisode séparé sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Arnaud Fournier.
Invité :
[
34:39] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
34:40] Vous êtes le responsable du tout nouveau bureau d'OpenAI en France qui a ouvert en 2024. Ravi de vous recevoir dans Monde Numérique. Alors, OpenAI qu'on ne présente plus, maison mère de ChatGPT. Tout d'abord, ce bureau en France, c'est le premier en Europe. Il va servir à quoi ? Quel est l'intérêt pour une entreprise comme OpenAI de s'implanter en Europe et particulièrement en France ?
Invité :
[
35:03] D'abord parce que la France, c'est un terreau d'innovation. Je pense que vous le voyez tous les jours, les startups, l'investissement, l'innovation, les ingénieurs. On a beaucoup d'ingénieurs français chez OpenAI. Et donc, s'installer à Paris, c'était faire le choix de venir dans une des capitales européennes qui est le plus en avant sur ce sujet de l'IA. C'était aussi rentrer en Europe avec un gouvernement, avec cette terre d'innovation qui nous a accueillis et sur lequel on pense qu'on va pouvoir venir travailler au plus près de nos clients, des développeurs et de la communauté grand public qui utilise ChatGPT. Il faut savoir qu'aujourd'hui, ChatGPT dans le monde, c'est 500 millions d'utilisateurs par semaine. Et la France, c'est dans le top 5 des pays dans le monde, en dehors des US avec le plus grand nombre d'utilisateurs de ChatGPT.
Monde Numérique :
[
35:53] Alors, depuis le lancement de ChatGPT, on a des annonces à répétition. On a l'impression que c'est quasiment toutes les semaines ou presque. Résultat, aujourd'hui, en fait, il y a plein de versions de ChatGPT. Il y a plein de modèles différents. On s'y perd un peu. Est-ce que, comme l'a laissé entendre Sam Altman, vous pensez prochainement rationaliser un peu tout ça et simplifier un peu les choses ?
Invité :
[
36:16] C'est une bonne question. je pense qu'il y a plusieurs éléments là-dessus d'abord pour remettre un peu le contexte on parle souvent d'une révolution de l'IA, mais finalement il y en a plusieurs la première c'est celle qu'on a vécue il y a deux ans et demi avec la sortie de chat GPT donc une interface conversationnelle qui était une manière pour tout le monde d'interagir avec des modèles qui étaient jusqu'à présent extrêmement techniques et réservés à quelques ingénieurs qui connaissaient cette technologie, Mais finalement, il se passe aussi beaucoup de choses aujourd'hui sur ce qu'on appelle les agents, sur des solutions plus verticalisées, un peu plus spécifiques. Et donc, la vision qu'on a pour ChatGPT, c'est de mettre à disposition toutes ces différentes technologies-là. Donc, si vous êtes un développeur, si vous êtes un ingénieur, si vous êtes un chercheur, si vous êtes simplement quelqu'un qui veut automatiser sa prise de rendez-vous, en fait, ChatGPT de demain va devenir votre interface pour réaliser toutes ces actions-là.
Monde Numérique :
[
37:15] Qu'est-ce que c'est pour vous un agent ? Est-ce que ChatGPT est déjà un agent ? Est-ce que Codex, que vous avez lancé récemment pour les développeurs, est un agent ? C'est quoi, en fait, pour OpenAI, un agent ?
Invité :
[
37:25] Pour définir un agent, je pense qu'il y a trois éléments importants. Le premier, c'est une expérience qui automatise une tâche en fonction d'un plan que vous avez donné. La deuxième chose, c'est que vous donnez à cette expérience accès à des outils. Ça peut être chercher sur Internet, ça peut être accès à votre répertoire de contacts, ça peut être accès à votre boîte mail. Et le troisième élément, ça va être un set de garde-fou de sécurité pour vous assurer que l'agent, et donc cette expérience automatisée, va réaliser une tâche telle que vous l'espérez ou vous le voulez. Ces trois éléments, en fait, c'est un peu les briques élémentaires des agents.
Invité :
[
38:08] Aujourd'hui, le travail qu'on fait chez OpenAI, c'est de rendre accessible cette technologie qui est très disruptive. Ce qu'il faut se rendre compte, c'est qu'encore une fois, quand on parle d'une révolution de l'IA et de tchat GPT, en fait, on est en train de vivre une deuxième révolution qui a commencé début 2025, sur laquelle nous, on investit massivement. Il y a un changement de paradigme, c'est-à-dire que vous n'êtes plus dans une interface uniquement conversationnelle, mais cette expérience va aussi pouvoir réaliser des tâches pour vous. Et donc, ce qu'on fait chez OpenAI, c'est deux choses. La première, c'est développer ces agents et les intégrer à ChatGPT pour que tout le monde puisse y avoir accès, que cette technologie puisse bénéficier à tous les gens qui le souhaitent et qui ne sont pas forcément des ingénieurs. Et la deuxième chose, c'est développer des outils qui vont permettre aux développeurs d'intégrer cette technologie-là dans leur métier. Pour vous donner un exemple, on travaille avec Pigment, par exemple, qui est une des plus grandes réussites françaises, une startup qui fait des outils pour les entreprises et les services financiers des entreprises. Et donc Pigment intègre nos technologies, à la fois nos modèles mais aussi les outils qu'on a créés pour construire des agents dans leur système pour que les directeurs financiers des entreprises puissent interagir avec. Vous parliez de Codex tout à l'heure. Codex, c'est un exemple d'un agent qu'on a intégré à ChatGPT et qui permet aux développeurs de créer une suite, par exemple, de tests pour leur code ou de créer des features automatiquement.
Invité :
[
39:30] En générant du code pour eux. Donc, c'est un agent qui est réservé, je vais dire, aux développeurs, mais qui fait partie de cette suite d'agents qu'on a sorti et qu'on a intégré à ChatGPT pour que ça devienne une expérience unifiée et plus simple pour accéder à la valeur de ces agents et à aujourd'hui.
Monde Numérique :
[
39:47] Alors, OpenAI travaille avec l'ancien designer d'Apple, Jonathan Haif, sur la réalisation d'un mystérieux produit qui devrait sortir l'an prochain, qui serait bourré d'intelligence artificielle. Est-ce que c'est ça le futur de l'IA ? C'est d'aller vers forcément des équipements physiques et aussi notamment vers la robotique ?
Invité :
[
40:05] OpenAI s'est lancé il y a dix ans comme une entreprise de robotique. Je ne sais pas si vous le saviez. Bien sûr, c'est un sujet sur lequel on réfléchit. Il y a beaucoup de choses qui se passent. Je n'ai pas d'infos spécifiquement sur l'exemple que vous me donnez. Par contre, ce qui est sûr, c'est que le travail qu'on fait chez OpenAI, c'est de rendre cette technologie accessible à tous. Et donc, si ça doit passer par de la robotique, si ça doit passer par des interfaces différentes, on le fera. Aujourd'hui, on est vraiment hyper concentré sur ChatGPT, sur les modèles et sur donner des outils accessibles à tout le monde pour créer ces agents. Le jour où ce sera nécessaire d'étendre à d'autres choses, bien sûr, on regardera et on sera très heureux de développer des expériences différentes.
Monde Numérique :
[
40:55] Dans le grand public, il y a une utilisation aussi qui est faite très largement de ChatGPT, c'est de l'utiliser aujourd'hui de plus en plus comme un moteur de recherche. Est-ce que la recherche en ligne du futur, c'est ChatGPT Search ou d'une manière générale, est-ce que c'est l'IA générative ?
Invité :
[
41:12] Effectivement, je pense qu'on vit un grand changement d'usage. Je vais vous parler de mon expérience à moi, mais je me retrouve souvent à utiliser Challenge GPT pour poser mes questions et je me rends compte que jusqu'à il n'y a pas si longtemps, quand j'allais sur un moteur de recherche, je finissais par cliquer sur 5 ou 10 liens, j'avais plein d'onglets ouverts et je faisais ma recherche et ça devenait quelque chose d'assez lourd. Aujourd'hui, en utilisant Challenge GPT Search, je me retrouve à avoir une expérience unifiée où je pose ma question et directement j'ai la réponse, j'ai les liens que je peux aller consulter sur les différents sites si je veux creuser un ou plusieurs sujets. Donc, je pense que ça change complètement l'usage. Deep Research, c'est un peu une version de la recherche sous stéroïde, c'est-à-dire que vous avez probablement fait dans le passé et que vous préparez ces podcasts.
Invité :
[
41:57] En fait, chercher sur un sujet pour comprendre qui est une personne ou un sujet pour avoir vraiment une vue holistique de ce sujet-là. Ça va vous prendre une journée, deux jours. Potentiellement, vous n'allez pas vous retrouver avec dix onglets, mais sans onglets ouverts. Et après, vous devez rédiger un rapport pour être sûr d'avoir des notes un peu exhaustives sur ce sujet-là. En termes d'expérience à l'utilisateur, moi, je me retrouve souvent sur mon vélo à me dire, en fait, j'ai envie de creuser ce sujet-là, je vais faire une query deep research et puis j'arrive chez moi et en fait, j'ai un rapport d'une dizaine de pages, sur ce sujet que je peux lire et qui, en fait, me donne tout ce que je dois savoir, en dix minutes sur un sujet que je veux creuser. Et le deuxième, c'est operator. Donc, operator, c'est un agent qui est capable d'interagir directement avec un navigateur Internet.
Invité :
[
42:43] Ce que ça veut dire, c'est que vous n'avez plus besoin d'être ingénieur et de coder pour pouvoir automatiser vos processus. Vous pouvez simplement expliquer en langage naturel et via un navigateur, vous allez voir, et c'est visuel parce qu'on l'a intégré avec cette interface visuelle, vous allez voir un agent IA venir faire la tâche pour vous. Il va vous poser des questions à des moments clés, notamment si vous devez vous authentifier sur un système ou si vous voulez faire une action qui est sensible. Mais en fait, il va automatiser cette tâche pour vous. Et donc ça, c'est deux choses qui sont, je pense, assez nouvelles et qui montrent bien que ChatGPT est en train de changer de cette interface uniquement conversationnelle vers une expérience beaucoup plus unifiée. Et les chiffres parlent de même. Récemment, on a passé la barre des 1 milliard de messages par jour envoyés sur ChatGPT. Donc, on se rend bien compte que ça devient finalement une interface de plus en plus importante pour les gens qui l'utilisent.
Monde Numérique :
[
43:37] Merci beaucoup Arnaud Fournier, responsable du bureau d'Oponei à Paris.
Invité :
[
43:43] Merci Jérôme et peut-être juste une petite chose, on recrute activement en France, donc allez sur notre site de carrière, on sera très heureux d'avoir des applications, on aime beaucoup les Français et on est hyper heureux. Merci beaucoup Jérôme de m'avoir accueilli aujourd'hui.
Monde Numérique :
[
43:59] Merci à vous. Bonjour Christophe Grosbost.
Invité :
[
44:05] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
44:06] Vous êtes directeur stratégie de l'IMA, l'Innovation Makers Alliance, qui est une association qui regroupe les plus grandes entreprises françaises
Monde Numérique :
[
44:15] du CAC 40 pour les thèmes précisément de l'innovation technologique. Alors, vous publiez un manifeste dans lequel vous faites 33 propositions concrètes pour rétablir la souveraineté numérique en France dans ces entreprises. Quel est le constat que vous faites ? Ça veut dire qu'il faut, dans les entreprises françaises, moins de Microsoft Office, de Google, etc., et plus de solutions logicielles, notamment françaises ?
Invité :
[
44:42] Pour moi, l'urgence, c'est capital. Absolument capital, parce que ma vision du marché est qu'on ne se rend pas compte à quel point l'IA accélère. Donc, on ne se rend pas compte à quel point l'IA décisionnelle va arriver très vite. L'agentique, la première fois que j'en ai dû parler, c'était il y a un an et demi. Aujourd'hui, l'ensemble de nos groupes sont tous en train d'implémenter de l'agentique de manière massive. Quand on va passer à l'IA décisionnelle et donc à une IA qui prendra les décisions pour nous, pour nos entreprises, à ce moment-là, si on n'a pas fait le travail qu'on a besoin de faire pour être capable d'avoir recréé une autonomie stratégique sur l'IA qu'on utilise, pour prendre ces décisions, ce sera potentiellement très problématique pour le futur de l'Europe, parce que dans 30 ans, dans 40 ans, on ne sait pas comment les choses peuvent évoluer, et comme on n'aura pas créé ces champions, on n'utilisera que des champions étrangers, et à ce moment-là, ce sera, je pense, un vrai risque d'ingérence, un vrai risque de fin de notre indépendance. En fait, pour répondre à votre question, parce que je la trouve hyper pertinent, en fait, le sujet de la souveraineté numérique est un sujet dont tout le monde parle depuis très longtemps, le sujet du cloud européen tout le monde en parle et on sait avec quel succès depuis très longtemps mais parce qu'à l'époque c'était pas si important, mettre vos données à l'étranger c'est problématique certes mais c'est pas aussi important c'était.
Monde Numérique :
[
45:56] Un risque théorique.
Invité :
[
45:58] Là aujourd'hui ça va être un vrai risque vous allez acheter votre intelligence ailleurs je pense que c'est assez évident pour n'importe qui, même quelqu'un du grand public qui ne comprend pas forcément très bien les marchés technologiques, que c'est extrêmement risqué que d'acheter vos décisions, d'acheter vos choix personnels, un acteur étranger.
Monde Numérique :
[
46:16] Alors, dans votre manifeste, vous faites 33 propositions pour rétablir une souveraineté numérique. Quelles sont-elles, ces propositions, par exemple ?
Invité :
[
46:25] Parmi les 33 recommandations, vous avez des choses qui se gèrent au niveau de l'Europe, vous avez des choses qui se traitent au niveau de la France, qui sont des actions de régulation des marchés, créer un small business act, par exemple, on pourrait le faire en France avant de le faire en Europe.
Monde Numérique :
[
46:38] Le fameux small business act, qui n'a jamais vu le jour.
Invité :
[
46:41] Qui n'a jamais vu le jour. et enfin ce que je voulais vous dire c'est qu'il y a d'autres choses qui sont beaucoup plus pratiques et qui en fait se font directement entre entreprises pour lesquelles on n'a pas forcément besoin, des pouvoirs publics ou de l'Union Européenne comme par exemple, centraliser les besoins technologiques de tous les grands groupes français aujourd'hui il y a beaucoup d'opacité malheureusement pour les start-up sur les besoins des grands groupes, vous avez des appels d'offres vous partez à certains niveaux mais pour tous les besoins technologiques de plus petite taille souvent ce qui se passe c'est qu'un grand groupe travaille avec son ESN préféré cette ESN travaille avec des acteurs qui sont déjà identifiés qui sont déjà référencés et en fait l'esn.
Monde Numérique :
[
47:18] Entreprise de services numériques.
Invité :
[
47:19] Oui exactement excusez-moi et donc l'ensemble, finalement des startups du pays qui ont peut-être des solutions superbes qu'elles pourraient proposer à ces grands groupes n'ont même pas connaissance en fait de ses besoins ça c'est quelque chose pour lequel enfin en tout cas à mes yeux on n'a pas besoin des pouvoirs publics pour le faire c'est d'ailleurs ce que l'IMA compte faire, on centralise l'ensemble des besoins de nos groupes sur une plateforme, on les expose aux startups, ça permet aux startups d'avoir visibilité sur les besoins de ces groupes et donc d'aider au développement de la souveraineté numérique puisque ça va aller renforcer les liens entre startups et grandes entreprises. Et l'idée de ce manifeste n'est pas d'être, et ça je le précise, un plan d'action, L'idée, ce n'est pas de dire voici la recette, voilà ce qu'il faut faire. L'idée, c'est de dire collectivement à plusieurs centaines d'acteurs, on a remonté tout ce qui était possible, toutes les options sur la table. Maintenant, l'objectif, c'est qu'est-ce qu'il y a qu'on peut faire nous-mêmes, que nous, grands groupes d'administration, pouvons faire de manière collective et pour le reste, que les pouvoirs publics l'analysent et décident ce qui est applicable, ce qui est non applicable, ce qui est pertinent, ce qui est non pertinent.
Monde Numérique :
[
48:12] Ce manifeste arrive au moment où la France, et en l'occurrence le gouvernement, Emmanuel Macron célèbre la France avec le sommet Choose France qui vise à attirer les investisseurs étrangers. Est-ce que c'est une espèce de contrefeu pour dire « attention, il y a la vitrine de Choose France, mais derrière, il y a encore beaucoup de travail à faire pour que les entreprises puissent passer véritablement au numérique sans être totalement esclaves de ces technologies étrangères ?
Invité :
[
48:40] » Je pense que ce n'est pas forcément un contrefeu. Ça va un peu dans la même logique. C'est pour aider au développement technologique du pays et du territoire européen. Choose France, d'ailleurs, a cette dimension particulièrement nationale, là où le manifeste qu'on a sorti a surtout une dimension européenne, puisque je pense que la souveraineté numérique est un sujet qui doit être porté par l'Europe. Tout ce qu'on va faire aujourd'hui en France, on doit pouvoir le répliquer ensuite dans les autres pays. On doit d'ailleurs, à mon avis, souvent montrer l'exemple, c'est comme ça que je le vois, la France doit pouvoir montrer l'exemple sur des sujets, pour qu'ensuite les autres pays se disent que c'est possible et qu'ils aient envie de le faire. Si on ne le fait pas comme ça, et qu'on imaginait par exemple que chaque pays européen soit concurrent sur les marchés technologiques. Et je pense qu'on n'arriverait malheureusement pas à pouvoir lutter de manière à arme égale avec les Américains ou avec les Chinois.
Monde Numérique :
[
49:30] Parmi vos propositions, il y a également la création d'un bonus souveraineté. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Invité :
[
49:36] C'est une idée qui a été remontée par plusieurs acteurs, que d'ailleurs j'ai trouvé très intéressante, qui est de se dire que de la même manière qu'on a un bonus écologique, par exemple sur l'achat de voitures, ou de la même manière que vous avez pour le mécénat, par exemple, ou pour l'art, souvent une défiscalisation, on pourrait imaginer une défiscalisation, ou en tout cas un bonus apporté par l'État, pour l'achat d'une solution technologique souveraine. Ce qui ferait que soit vous avez une réduction d'impôt sur les sociétés, ou un bonus qui est apporté par l'État quand vous devez acheter une licence, par exemple une solution SaaS de quelque chose qui est créé en France ou créé en Europe, ça permettrait de rendre encore plus intéressants, évidemment en termes de prix, les offres technologiques souveraines.
Monde Numérique :
[
50:19] Mais on n'a pas le droit de faire ça. Est-ce qu'au regard des règles européennes, ce serait possible ?
Invité :
[
50:24] En ce qui est d'un bonus, on a absolument le droit, bien sûr. L'État pourrait complètement avoir un fonds de solidarité à la souveraineté numérique et décider que pour l'achat de solutions souveraines, l'État va payer un bonus aux entreprises pour choisir ces solutions.
Monde Numérique :
[
50:37] Sans que ce soit pour autant une distorsion de concurrence.
Invité :
[
50:40] Sans que ce soit pour autant une distorsion de concurrence, puisque ce serait un bonus qui serait basé sur des marchés qui seraient considérés comme des marchés stratégiques. Et que sur des marchés stratégiques, vous avez le droit de considérer que vous faites une défense du territoire sur des aspects.
Monde Numérique :
[
50:53] Merci Christophe Grosbost, directeur stratégie de l'Innovation Makers Alliance. À propos de ce manifeste pour la souveraineté numérique.
Invité :
[
51:04] Merci beaucoup, Jérôme. Au revoir.
Monde Numérique :
[
51:08] Bonjour Mathieu Deboeuf-Rouchon.
Invité :
[
51:10] Bonjour Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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51:11] Responsable de l'innovation pour la France chez Capgemini Engineering. Ravi de vous accueillir à nouveau dans le monde numérique pour ce rendez-vous
Monde Numérique :
[
51:18] mensuel en partenariat avec Capgemini. Alors on s'intéresse ce mois-ci à l'apport de l'IA dans le domaine de la santé, la médecine. On sait qu'il y a énormément de choses qui se préparent et notamment dans un domaine, alors qui n'est pas très connu mais qui est fondamental, c'est ce qu'on appelle les essais cliniques, c'est-à-dire les tests de médicaments, de traitements, etc. Là aussi, l'IA peut aujourd'hui nous rendre service.
Invité :
[
51:43] Naturellement, dans ce qu'on va couvrir quand on va parler de tests cliniques, il faut bien rappeler qu'on est sur quelques dizaines d'individus jusqu'à plusieurs milliers. C'est un processus qui est extrêmement long, qui est très intéressant, qui nécessite de documenter. Et c'est là que l'intelligence artificielle va vraiment avoir un point très important pour mieux concevoir notamment le protocole. Pour mieux travailler la partie réglementaire et puis aussi surtout pour mieux recruter les cohortes de patients. Alors quand on doit recruter des patients qui vont tester la formulation, on va devoir naturellement identifier les zones géographiques, tester sur certaines personnes atteintes de certaines pathologies, identifier plus d'hommes que de femmes, etc. Donc il y a tas de critères qui sont intéressants. L'IA permet d'optimiser ce processus et puis elle permet de documenter beaucoup plus facilement. Et ça, c'est quelque chose qui est intéressant. Et au-delà de la documentation, l'impact véritable de l'IA aussi, c'est d'optimiser ce qu'on appelle le taux d'observance et d'être en mesure, finalement, grâce à l'intelligence artificielle, de mieux observer tout ce qui se passe et d'être en mesure de mieux comprendre sur plus de 80% ou 50% ou 70%, après on met la variation où on en a besoin, l'ensemble des symptômes bien identifiés, bien documentés pour optimiser tout ce processus grâce à l'IA et que ça aille naturellement plus vite.
Monde Numérique :
[
53:07] Plus vite, dans quelle proportion ?
Invité :
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53:09] Un des sujets, alors tout est question de variation. On sait qu'il faut plusieurs années pour lancer un nouveau médicament. Les contraintes réglementaires sont très fortes. La documentation est un des sujets et un des enjeux extrêmement forts. Mais par exemple, quand on est en mesure de prendre de l'intelligence artificielle, d'utiliser de l'IA, et on va prendre un exemple avec Pfizer notamment pendant le Covid, qui, grâce à des modèles prédictifs, a été en mesure d'enrôler près de 50 000 volontaires en six mois sur 750 sites qui ont été connectés. Et donc, ça permet vraiment de travailler à l'optimisation du recrutement et puis à densifier nettement plus la capacité d'utiliser ces nouveaux patients augmentés pilotés par l'IA pour observer sur les sujets qui sont ceux de la réaction à une formulation et aux potentiels effets secondaires qu'on aurait à subir.
Monde Numérique :
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54:10] Je crois qu'il y a pas mal de projets qui sont menés, notamment en France. Vous, vous avez participé à des choses, notamment dans la région de Lyon, sur l'endométriose, c'est ça ?
Invité :
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54:22] Oui, effectivement. C'est un des projets de recherche qu'on a. Il faut savoir qu'on en a 65 projets de recherche actifs aujourd'hui, dont certains dédiés à la santé. Et dans ce projet qui s'appelle DIMEDIA, il y a effectivement une brique technologique qui s'appelle Endoscore, qui a donné naissance à Endopas, et qui est un outil qui permet aux médecins de mieux identifier l'ensemble des sujets liés à l'endométriose, puisqu'on sait que c'est des maux de ventre, notamment, mais pas que, et qu'on pourrait très vite les confondre avec d'autres pathologies. Et cette brique technologique permet de mieux identifier ce qui est relatif à l'endométriose, aussi l'état mental des patientes en question et de mieux prévenir potentiellement les différents soins qu'il y aurait opérés et traitements que l'on pourrait apporter aux patients pour qu'il y ait un confort de vie un peu plus facile. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, l'endométriose, en tout cas aujourd'hui, il y a quelques années, c'est un sujet sur lequel il y a assez peu de formation, assez peu de sensibilisation du corps médical. Il y a quelques experts qui sont vraiment spécialisés sur le sujet. Et là, on voit que l'IA permet également à des sachants non formés d'être assistés pour mieux identifier très vite cette pathologie par rapport à d'autres avec lesquelles on pourrait la confondre.
Monde Numérique :
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55:44] Merci Mathieu Deboeuf-Rouchon, responsable de l'innovation pour la France chez Capgemini Engineering.
Invité :
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55:49] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
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56:00] Retrouvez ces interviews en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique 4.
Monde Numérique :
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56:07] Merci d'avoir suivi Monde Numérique Lebdo du 24 mai 2025. J'étais ravi de passer ce moment avec vous. Merci pour votre fidélité. N'oubliez pas de laisser 5 étoiles sur Apple Podcast et éventuellement aussi sur les autres plateformes, si celles-ci le permettent, et bien sûr de laisser des commentaires. On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle dose de tech, des news, des interviews. On fait au mieux, merci pour votre fidélité retrouvez ce podcast sur toutes les plateformes y compris sur Youtube, plus des vidéos également de vraies vraies vidéos, sur la chaîne Youtube de Monde Numérique, voilà, portez-vous bien je vous souhaite une bonne semaine, pleine de tech salut !