Monde Numérique :
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0:11] De l'IA, des robots et de la souveraineté au programme cette semaine de Monde Numérique. De l'IA et des robots tout d'abord chez Nvidia, le géant américain des puces pour intelligence artificielle faisait son show et vous allez voir que la nouvelle star de la Silicon Valley a plus d'un tour dans son sac. L'actus est aussi Meta qui lance enfin son intelligence artificielle en Europe. L'Union Européenne qui de son côté s'en prend à Apple. et en Italie, la parution du premier journal entièrement écrit par une intelligence artificielle. Le débrief transatlantique avec Bruno Gugliel-Minetti, comme chaque semaine en direct de Montréal. On va s'intéresser à Alexa+, la future version de l'assistant intelligent d'Amazon, qui deviendrait apparemment très gourmand en données personnelles. On va parler aussi de souveraineté numérique de ce côté-ci de l'Atlantique, avec le coup de colère d'une centaine de grandes entreprises européennes. À propos de souveraineté, justement, on n'en sort pas. Un peu de hauteur dans la deuxième partie de cette émission, avec deux invités pour parler de démocratie en Europe face à l'intelligence artificielle, à l'occasion de la sortie d'un rapport qui brosse un tableau pas franchement encourageant sur le sujet. Je reçois l'ancien député européen Jean-Marie Cavada et le directeur de l'Institut français de la souveraineté, Bernard Benhamou.
Monde Numérique :
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1:29] Ce n'est pas tout. On s'intéressera enfin à des professionnels de la tech dans les entreprises qui sont de plus en plus mis sous pression. Ce sont les DSI, la présidente de l'événement Ready for It, qui aura lieu à Monaco au mois de mai, et mon invité. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 22 mars 2025.
Invité :
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1:51] Monde numérique, Jérôme Colombin.
Monde Numérique :
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1:58] C'est parti pour Monde Numérique, l'hebdo, le meilleur de la tech, chaque samedi, sur toutes les plateformes de podcast. Le meilleur de la tech, c'est notamment Froganz, dont je vous parle chaque semaine, cette technologie française innovante de diffusion de contenu sur Internet. Des mini-sites très graphiques qui fonctionnent partout, sur ordinateurs, smartphones, tablettes, ou même dans les casques de réalité virtuelle, mais qui ne passent pas par un navigateur classique. C'est assez innovant et pour assurer le développement de Frogans, la société F2R2 qui est au cœur de cette innovation lance actuellement une offre de titres ouverte au public. Ça veut dire que si vous voulez investir et soutenir un projet français unique en son genre, vous pouvez acquérir des actions, des actions de F2R2. Il s'agit d'une opération déposée à l'AMF. Pour souscrire, c'est simple. Il faut aller sur le site f2r2.fr. Et pour en savoir plus sur Frogans, partenaire de cette émission, retrouvez l'interview du fondateur Alexis Tamas en audio sur le fil du podcast Monde Numérique ou en vidéo sur la chaîne YouTube ou encore sur le site mondenumérique.info.
Monde Numérique :
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3:08] L'événement tech de la semaine, c'était un show comme la Silicon Valley seul peut nous en offrir et sait nous en offrir avec la star du moment, j'ai nommé Jensen Huang, le patron de l'entreprise de cartes graphiques Nvidia. Personne ne le connaissait il y a un an, aujourd'hui si vous êtes un peu geek, évidemment son nom vous dit quelque chose. Pourquoi est-il au sommet avec ses cartes graphiques ? Eh bien, parce que ça fait deux ans que les cartes graphiques ne sont plus seulement utilisées dans les ordinateurs de gamers pour le jeu vidéo, mais pour faire tourner les gourmands algorithmes d'intelligence artificielle. Et comme ça ne vous a pas échappé, la petite révolution Tchad GPT et qu'on sort est passée par là, eh bien, tout le monde se jette sur les cartes graphiques de Nvidia.
Monde Numérique :
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3:49] Résultat, l'entreprise est au sommet et mardi dernier, donc 18 mars, à San Jose, Californie, au fin fond de la Silicon Valley, Et dans un amphithéâtre visiblement trop petit pour accueillir la foule en délire qui se presse désormais à chaque prestation de Jensen Huang, il a donc fait les dernières annonces concernant la compagnie. Alors officiellement, l'événement était consacré à la nouvelle génération de puces hyper puissantes de Nvidia, les Blackwell Ultra. Mais au-delà de cela, ce qui est intéressant, c'est de retenir un peu deux choses. D'abord le contexte de cette annonce. Le contexte, c'est que le phénomène DeepSync est passé par là, le fameux modèle chinois d'intelligence artificielle, soi-disant beaucoup moins gourmand en ressources informatiques. Du coup, ça a un petit peu écorné l'image de la toute-puissance de Nvidia et le cours de bourse de la compagnie a un peu piqué du nez malgré la présentation très enthousiaste de Jensen Huang. Et puis, deuxième élément intéressant, c'est la stratégie qui se dessine pour Jensen Huang, qui semble être déjà passée à autre chose, Donc, pas grave si on a besoin de moins de puissance dans les data centers, car maintenant, lui, son obsession, ce sont les robots. Cap sur la robotique.
Monde Numérique :
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5:00] Pourquoi ? Parce qu'il a compris que l'intelligence artificielle dans les data centers, c'était bien, mais la prochaine étape... C'était de mettre également de l'intelligence artificielle hyperpuissante dans les robots humanoïdes qui sont en train d'être fabriqués par différentes entreprises aux Etats-Unis et en Chine principalement. Les machines sont là, il va falloir les rendre véritablement intelligentes et on ne pourra pas se contenter de simples petits modèles d'IA génératifs style ChatGPT qui répondent aux questions. Il faut vraiment des IA hyperpuissantes capables de traiter les données de manière multimodale, c'est-à-dire de comprendre à la fois le texte, le son, l'image, à travers des capteurs, à travers des caméras, etc. Pour cela, il faudra de la puissance informatique. Et là, Nvidia montre qu'il est prêt à fournir tout ce qu'il faudra. Nvidia va en quelque sorte fournir la matière grise des robots. C'est pour ça qu'il a présenté sur scène plusieurs robots, dont d'ailleurs une espèce de droïde que vous avez peut-être aperçu sur les réseaux sociaux. Un bonhomme, un personnage qui ressemble un peu au robot Wally du film de Walt Disney. Et d'ailleurs, ce droïde a été conçu conjointement par Disney. Et Google DeepMind. En résumé, donc, NVIDIA amorce peut-être un tournant, mais pour l'instant, tout va bien pour l'entreprise dirigée par l'homme au blouson de cuir.
Monde Numérique :
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6:20] Il aura fallu presque un an. Cette fois, ça y est, Meta va lancer en Europe enfin son intelligence artificielle, Meta AI. Voilà, ça arrive à partir de cette semaine, en fait. Ça a commencé déjà à être déployé dans 41 pays européens, 21 territoires d'outre-mer. Meta AI qui est sorti aux Etats-Unis en septembre 2023, mais dont le lancement en Europe a été retardé en raison de contraintes réglementaires. On en avait beaucoup parlé à l'époque, c'était l'une des premières conséquences, en quelque sorte, de l'entrée en vigueur des nouvelles réglementations sur le vieux continent. Ces réglementations que le monde entier nous envie, mais que les géants américains de la tech n'apprécient pas vraiment. Le groupe de Mark Zuckerberg a confirmé que ce retard était dû à des problèmes réglementaires. Alors, Meta.ai, c'est quoi ? C'est un ensemble de fonctions intégrées aux différentes plateformes Meta. Autant dire que ça en fait des plateformes Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, MetaQuest aussi, le casque de réalité mixte, ou encore les futures lunettes connectées Orion.
Monde Numérique :
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7:25] Et très concrètement, par exemple, dans WhatsApp, si vous l'utilisez, vous allez pouvoir désormais interroger l'intelligence artificielle directement à l'intérieur du groupe WhatsApp avec vos amis. Vous tapez at MetaEi, donc arrobase MetaEi, suivi d'une question, et vous pouvez lui demander de l'aide, par exemple, pour préparer un voyage ou avoir des informations sur tel ou tel sujet, etc. Alors, à noter quand même que toutes les fonctions de MetaEi ne sont pas disponibles et notamment pas la création d'images par intelligence artificielle.
Monde Numérique :
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7:58] À propos de Meta encore, polémique aux Etats-Unis, à propos d'un livre incendiaire contre la firme de Mark Zuckerberg et contre Mark Zuckerberg lui-même d'ailleurs. C'est un livre écrit par une ancienne employée de Meta qui s'appelle Sarah Wynne Williams et qui se retrouve très rapidement en tête des ventes aux Etats-Unis. Il s'intitule « Careless People », autrement dit « Des gens indifférents ». Tout un programme, c'est le titre du bouquin, qui dépeint notamment Mark Zuckerberg lui-même comme un dirigeant pas très sympathique, froid, imprévisible, assez imbu de lui-même et également sur le plan du business, sans état d'âme pour transiger avec les autorités chinoises et censurer éventuellement les contenus sur les plateformes s'il le faut, pourvu qu'on puisse s'implanter dans le pays. Cela dit, c'est un peu le jeu de toutes les plateformes américaines et de plein d'entreprises, en réalité, dans des tas de secteurs, y compris des entreprises européennes, mais dont on parle moins. Bref, fin de la parenthèse. Meta, de son côté, se défend face à ce brûlot, en affirmant que l'employé a quitté le groupe en 2017 après de mauvais résultats professionnels et que son livre est, je cite, « un mélange de vieilles affirmations et de fausses accusations ». L'entreprise Meta qui a saisi en urgence un tribunal pour essayer de limiter un peu la casse.
Monde Numérique :
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9:20] Toujours à propos des grands groupes américains, Apple est dans le collimateur de l'Union Européenne, une fois de plus, avec un communiqué publié cette semaine qui a beaucoup énervé la marque à la pomme. En effet, l'Union annonce qu'elle va forcer Apple à rendre ses appareils plus interopérables. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'Apple va devoir faire en sorte d'ouvrir un peu plus ses systèmes iOS et iPadOS notamment, pour que ses concurrents puissent connecter leurs appareils au sien. Concrètement, par exemple, une montre connectée Samsung, il faudrait qu'elle puisse recevoir les notifications Apple comme une Apple Watch. En tout cas, c'est ce que souhaite l'Europe. Évidemment, cela n'enchante pas Apple, dont tout le modèle économique repose sur cette notion d'écosystème fermé. C'était la vision de Steve Jobs, à la fois pour des raisons commerciales, bien sûr, mais aussi techniques. Ça permet de mieux sécuriser tous les protocoles et tous les échanges de données. Apple met également en avant la sécurité des données personnelles des utilisateurs. Mais l'Europe ne voit pas les choses de cet œil. Et arc-bouté, pourrait-on dire, sur son dogme concurrentiel.
Monde Numérique :
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10:31] Bruxelles rêve d'un monde idéal où tous les équipements électroniques communiqueraient joyeusement entre eux. Et pour ça, il faut briser les chasses gardées. C'était difficilement possible avant. Maintenant, avec la nouvelle réglementation DMA, Bruxelles s'en donne à cœur joie visiblement. Bon, la question, c'est de savoir si vraiment le consommateur en sortirait plus heureux avec un système Apple ouvert aux 80, un peu comme Android.
Monde Numérique :
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10:59] En France, les messageries chiffrées comme Signal ou Télégramme resteront chiffrées et confidentielles. Ainsi, on a décidé cette semaine l'Assemblée nationale qui étudiait la proposition de loi contre le narcotrafic déposée par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. Ce texte proposait d'affaiblir en quelque sorte la protection des données sur ces messageries qui sont ultra sécurisées, qui sont en principe même inviolables. La solution proposée consistait à instaurer non pas une backdoor.
Monde Numérique :
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11:28] C'est-à-dire une faille de sécurité dans le système qui aurait été accessible pour les services d'enquête, mais plutôt de permettre des écoutes passives invisibles. C'est-à-dire que les policiers auraient pu se brancher sur une conversation en cours sans que les personnes s'en rendent compte. Mais finalement, ça ne se fera pas, en tout cas pas dans l'immédiat, car dans la nuit du 20 au 21 mars, les députés ont rejeté les amendements qui avaient été déposés en ce sens. Et pour la petite histoire, d'ailleurs, c'est assez amusant, parce qu'il y a eu une panne à l'Assemblée nationale dans le système de vote, une panne technique pour se prononcer sur un sujet technique, et il a fallu refaire la procédure de vote plusieurs fois. En tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est que derrière ça, il y a un vrai sujet de fond, qui revient régulièrement sur le tapis, dans différents pays d'ailleurs, et c'est difficile à trancher, car ce sont deux logiques qui s'affrontent. D'un côté, les forces de police qui butent sur ces messageries chiffrées utilisées par les criminels et qui voudraient bien pouvoir mettre en place des écoutes comme il y a des écoutes téléphoniques, ça paraît légitime, mais de l'autre, les défenseurs, on va dire, les plus farouches de la vie privée qui estiment que cela créerait un précédent dangereux. Alors les autorités affirment que les écoutes se feraient toujours dans un cadre légal, sous l'autorité d'un juge, certes, mais le problème, vous rétorqueront les autres, c'est que ce qui est sûrement vrai aujourd'hui en France à l'instant T sous un régime démocratique.
Monde Numérique :
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12:48] Pourrait ne plus l'être un jour avec un régime politique un peu moins respectueux de la vie privée. Or l'actualité nous montre en ce moment que ce genre de régime n'est jamais très loin.
Monde Numérique :
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13:00] Et on termine par une info qui en fera rêver certains et sans doute en fera pleurer d'autres. Le premier journal entièrement écrit par intelligence artificielle est sorti cette semaine. C'est en Italie que ça se passe. Un journal papier et une version numérique. Il s'agit d'une édition spéciale du quotidien italien Il Foglio. Une édition de quatre pages qui a été lancée en début de semaine. Et c'est quand même un événement parce que c'est un petit peu une sorte de dogme qui est remis en question avec ce journal 100% IA, quand on sait l'extrême prudence des médias traditionnels vis-à-vis de l'intelligence artificielle. Alors, il y avait déjà eu des expérimentations avec de l'IA dans certains médias, mais toujours jusqu'à présent sous contrôle humain. Et là, c'est présenté comme du 100% IA. Alors, ça ressemble à quoi ? Eh bien, il y a des articles, par exemple, de politique internationale. Il y a des articles sur Donald Trump, Poutine.
Monde Numérique :
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13:54] Il y a des sujets plus légers aussi. Et le contenu, globalement, est plutôt propre, structuré, clair, sans faute, mais avec une particularité qui a été notée par les observateurs, c'est qu'il n'y a aucune citation de source humaine, c'est-à-dire que l'info est présentée de manière un peu étante comme ça, sans jamais s'appuyer sur des acteurs humains, c'est assez étrange. Même les courriers des lecteurs sont générés par des IA. Voilà, la prochaine étape, ce sera peut-être de remplacer aussi les lecteurs par des IA, Comme ça, les IA seront avec les IA et elles se raconteront des histoires d'IA.
Invité :
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14:31] Le débrief transatlantique.
Monde Numérique :
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14:33] Le débrief transatlantique. Nous traversons l'océan Atlantique pour passer de la France au Canada ou du Canada à la France. Salut Bruno Guglielminetti.
Invité :
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14:42] Salut Jérôme Colombel à Paris.
Monde Numérique :
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14:44] Merci de m'accueillir dans ton podcast, dans ton carnet. Tu es le bienvenu dans le monde numérique.
Invité :
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14:49] J'allais dire pareillement, mais c'est déjà fait.
Monde Numérique :
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14:52] Une actu de fou cette semaine, Bruno.
Invité :
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14:55] On est gâtés.
Monde Numérique :
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14:57] On est gâtés, mais je ne sais même pas si on aura le temps de parler de tout. Écoute, tout d'abord, il y a cette décision un petit peu surprenante qui ne fera pas forcément plaisir aux personnes comme toi et moi, gros utilisateurs de l'assistant intelligent Alexa d'Amazon, puisque apparemment, il y a du changement et il va se passer des choses à l'intérieur d'Alexa. Désormais, tout ce qu'on va dire à Alexa va partir sur les data centers d'Amazon, c'est ça ?
Invité :
[
15:26] Oui, mais c'est pour notre bien, tu comprends bien.
Monde Numérique :
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15:29] Bien sûr.
Invité :
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15:30] Oui. C'est donc Amazon qui a fait l'annonce officiellement. Donc, maintenant qu'elle a Alexa+, qu'elle est en train de faire le déploiement à travers le réseau, ils ont tout simplement enlevé le opt-in. Ce n'est pas tout le monde qui avait cette possibilité-là. Mais si tu utilisais un appareil éco avec un écran, donc tu avais toujours la possibilité, parce qu'il y avait assez de puissance dans le processeur. Donc, tu pouvais faire travailler la machine et régler la recherche localement. Mais là, avec cette nouvelle possibilité d'utiliser Alexa+, alors ils ont dit, regarde, on ne va pas se badrer, expression très québécoise.
Monde Numérique :
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16:10] On va pas se quoi?
Invité :
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16:11] Se badrer.
Monde Numérique :
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16:12] Se badrer.
Invité :
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16:12] On va pas se préoccuper.
Monde Numérique :
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16:14] Ah d'accord, OK, merci.
Invité :
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16:14] Alors on va pas se badrer et on va tout simplement couper cette possibilité d'obtain out et donc de facto, systématiquement, donc à la fin du mois, chaque fois que vous allez interpeller Alexa, comme on est en train de le faire, et là, j'imagine tous les appareils des auditeurs qui deviennent fous. Donc, toutes les demandes vont être faites. Ils vont traverser l'Atlantique ou être servis localement en Europe, mais ils vont aller dans les centres d'AWS pour être traités.
Monde Numérique :
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16:44] Alors, il y a une logique technologique. C'est-à-dire que comme Alexa Plus s'est boostée à l'intelligence artificielle, il faut des ressources, donc il faut aller les chercher dans un data center. Mais c'est vrai que quelque part, ça se comprend. Sinon, il faudrait des appareils. Il faudrait changer tous les appareils.
Invité :
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17:00] C'est ce qu'ils souhaitent. D'ailleurs, ils sont en train de travailler sur une nouvelle génération d'appareils.
Monde Numérique :
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17:04] Oui, mais c'est logique. Tu dis que c'est ce qu'ils souhaitent. Moi, je trouve que ce qui est quand même pas mal, c'est qu'Alexa Plus va fonctionner sur, y compris, des machines un petit peu anciennes. Alors, pas les plus anciens, mais sur des assistants qui ont déjà quand même quelques temps. Bon, le problème, c'est que, évidemment, ça va faire peur à tout le monde, ça, parce qu'en termes de confidentialité des données, déjà qu'il y a, Pour chez certains, un peu de méfiance par rapport à Alexa, même s'il faut rappeler que jusqu'à présent, c'est uniquement après qu'on ait déclenché l'appareil que ce qu'on peut dire est enregistré ou est envoyé. Mais bon, là, ça va faire un peu flipper, en fait.
Invité :
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17:45] Oui, mais il y a aussi, puis tu commences à l'évoquer, mais moi je vais poursuivre sur ta pensée. Merci beaucoup. Il y a une approche mercantile là-dedans aussi. C'est le fait que, bon, en enlevant le opt-in-out sur tous les appareils qui existent présentement dans le parc des bornes d'Alexa, ce qu'on va permettre de faire, c'est d'arriver avec des appareils évolués et évidemment, les gens vont vouloir avoir cette possibilité de faire le traitement localement. Alors, il y a probablement des super utilisateurs, comme toi et moi, qui vont décider d'acheter les nouveaux appareils pour ce qui se passe chez eux.
Monde Numérique :
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18:18] Tu crois que les gens vont acheter un nouvel appareil pour justement ne plus avoir à aller dans le data center?
Invité :
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18:26] Oui, mais évidemment, il y aura de la valeur ajoutée là-dedans.
Monde Numérique :
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18:30] Après, c'est des choses qui existent depuis longtemps avec les smartphones.
Invité :
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18:33] Oui, tout à fait.
Monde Numérique :
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18:34] Je veux dire, ça a toujours été ça. Siri a toujours tout envoyé dans le cloud. Et c'est maintenant, avec des smartphones plus puissants, qu'on arrive à faire
Monde Numérique :
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18:42] la machine arrière et à traiter localement. Dis-moi, il y a une autre news en matière d'IA. T'as vu ce truc? Instagram va faire des commentaires générés par l'intelligence artificielle.
Invité :
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18:54] Oui, mais c'est Méta qui est en train de tester ça. Heureusement, je ne suis pas tombé sur ce genre de test-là parce que j'aurais dit n'importe quoi. Mais c'est donc Instagram qui a décidé de tester la possibilité de laisser des commentaires, donc de les générer avec l'IA.
Monde Numérique :
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19:09] Tu vois une vidéo, Tu veux dire un truc. Tu n'as même plus besoin de l'écrire, en fait.
Invité :
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19:14] Tu n'as même pas besoin de penser à ce que tu veux dire. Il y a un petit crayon qui est là. Tu appuies dessus et il va te proposer des choses à dire sur la vidéo. Mais c'est bête comme ça parce qu'il peut analyser le contenu. Alors là, tu n'as même plus besoin. Tu sais, quand on parle de la paresse cognitive, ça, c'est tellement un bel exemple. Tu n'as même plus besoin de te faire une opinion sur ce que tu es en train de voir. L'IA va le faire à ta place.
Monde Numérique :
[
19:38] Oui. Ça se fait déjà sur LinkedIn. par exemple, pour les réponses aux e-mails, etc.
Invité :
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19:43] Oui, je comprends. Et puis aussi, dans Gmail, il y a déjà des outils qui existent comme ça. Mais quand même, pour laisser un commentaire un choix peu intelligent...
Monde Numérique :
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19:55] Est-ce que ça va faire baisser le niveau d'insultes? Enfin, il n'y en a pas trop sur Instagram, on n'est pas sur X. Mais voilà, est-ce que ça va assainir ou au contraire, ça va aseptiser, en fait, les commentaires?
Invité :
[
20:08] Mais les gens qui regardent, qui sont beaucoup dans l'analytique, moi, j'ai hâte de voir s'il va avoir un impact sur l'engagement. Est-ce que les gens vont laisser plus de commentaires parce qu'ils ont juste appuyé sur un bouton et envoyé n'importe quoi?
Monde Numérique :
[
20:20] Oui, c'est intéressant. Écoute, je ne sais pas si ce sera mieux, mais en tout cas, c'est amusant qu'ils le fassent. C'est une expérience sympa. Mais c'est fou, cette paresse cognitive dont tu parles. Moi, j'ai fait un édito cette semaine, justement, pour dire que de plus en plus, et on le sait depuis longtemps, les écrans ne nous rendent pas forcément intelligents,
Monde Numérique :
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20:39] scrollés comme ça pendant des heures. Mais avec l'intelligence artificielle, avec l'IA, on va l'être encore moins. En fait, je pense que ce n'est pas l'IA qui va devenir plus intelligente que nous. C'est nous qui allons devenir plus bêtes que l'IA. C'est ça, le problème.
Invité :
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20:51] Là, tu parles de ton édito de vendredi. Oui, c'est ça. Écoute, la veille, moi, j'avais vu un article de Bloomberg, qui est le patron de Bloomberg, qui en avait assez de voir toute la technologie débarquer dans les écoles. Et lui, c'est un grand coup de cœur en disant, là, il faudrait peut-être comprendre.
Invité :
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21:08] Que la technologie ne doit pas remplacer ce qu'on utilisait avant, mais doit assister, compléter ce qui est là. Et effectivement, il y a comme une prise de conscience qui doit être faite. La techno ne doit pas venir tout enlever, tout arracher, parce que, L'appareil cognitive est au rendez-vous au coin de la rue.
Monde Numérique :
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21:25] Mais il ne faut pas tomber ni dans un extrême ni dans l'autre parce qu'il s'agit de Pierre non plus de revenir à l'âge de Pierre. On ne va pas se passer de ces outils-là. Le problème, c'est les utilisations déviantes.
Invité :
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21:37] Jérôme, tu me permets de faire une parenthèse. Quand on parle de l'âge de Pierre, Pierre, il avait quel âge exactement?
Monde Numérique :
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21:42] Écoute, il était vieux. Il était malade aussi.
Invité :
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21:45] Ah oui?
Monde Numérique :
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21:45] Oui, oui.
Invité :
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21:46] Est-ce qu'il va mieux? On n'a plus de nouvelles. Je me suis toujours demandé. L'âge de Pierre, l'âge de Pierre. Mais il a quel âge, Pierre?
Monde Numérique :
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21:53] Ce n'est pas le même Pierre, parce que c'est un Pierre avec un P minuscule.
Invité :
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21:57] D'accord.
Monde Numérique :
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21:58] Cette blague est nulle, Bruno Guglieletti.
Invité :
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22:00] Non, elle est très amusante. On dirait du François Sorel. Oui, d'ailleurs, on le salue. Mais ça permet de passer au prochain sujet.
Monde Numérique :
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22:06] Oui. C'est quoi?
Invité :
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22:08] Je ne sais pas. Tu voulais parler de souveraineté, je pense.
Monde Numérique :
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22:10] Oui, souveraineté, souveraineté. Souveraineté quand tu nous tiens. Tu sais que c'est... Évidemment que tu le sais, puisque c'est C'est un gros, gros sujet en Europe et puis qui a pris encore plus d'importance avec le retour de Donald Trump et le fait que ça y est, les Américains ne sont plus nos amis en plus. Ils ne sont plus les vôtres d'ailleurs non plus. Mais heureusement que nous, on reste amis, Canada et France et Europe. Et donc là, en fait, c'est un truc très, très sérieux. C'est une prise de conscience, c'est une lettre de 90 grosses industries françaises, une centaine même de grandes entreprises de défense, notamment Airbus, Dassault Systèmes, etc., qui ont saisi la Commission européenne pour dire qu'il fallait prendre les choses en main et développer véritablement des technologies numériques souveraines. Ça passe par de l'argent, évidemment, donc ils appellent à la création d'un fonds d'infrastructure pour soutenir tout cela. En gros, ça veut dire, donnez-nous des technos françaises et investissez dans les technos françaises ou européennes, plus exactement. Parce qu'il y a un problème en Europe, c'est que la réglementation européenne, interdit de privilégier les entreprises européennes. Et du coup, on met tout le monde à égalité. Tu mets du Microsoft, du Google et puis des boîtes qui ne sont pas aussi avancées et à chaque fois, les entreprises se font coiffer.
Monde Numérique :
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23:39] Elles vont choisir les GAFAM pour s'équiper, etc. Alors qu'aux États-Unis, ce n'est pas comme ça puisque eux, ils ne se privent pas pour appliquer.
Invité :
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23:47] Ils priorisent les entreprises américaines.
Monde Numérique :
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23:49] Ils priorisent encore plus aujourd'hui, mais ils le faisaient déjà depuis longtemps. Aussi bien pour les grosses infrastructures que pour les petites, il y a ce qu'on appelle le Small Business Act qui oblige à faire appel aux petites entreprises américaines et puis même pour les grosses. Et c'est comme ça que les géants de la tech sont devenus ce qu'ils sont. SpaceX, Tesla, etc. Il ne faut pas oublier qu'Elon Musk est allé prendre de l'argent public.
Invité :
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24:12] Je pense qu'il est rendu à 32 milliards de dollars qui viennent des caisses de l'État.
Monde Numérique :
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24:17] Exactement. Alors, il a fourni des choses en échange. Il a fait des fusées, il a fait des voitures, il a fait plein de trucs.
Invité :
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24:23] Mais ça a été financé par les contribuables américains.
Monde Numérique :
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24:26] Exactement, complètement. Donc là, nous, voilà, c'est une prise de conscience supplémentaire.
Invité :
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24:31] Mais ce que je trouve intéressant, moi, dans cette déclaration ou cette lettre qui a été envoyée, c'est que d'habitude, on entend ça de la part des politiciens. Mais là, ce sont des gens du secteur privé qui disent, « Hé, oh, c'est important qu'il y ait une prise de conscience et qu'on bouge, parce que, justement, la souveraineté du pays et du continent est en jeu. Et ça, moi, je trouve que c'est un geste fort de ramener 90 entreprises dans un même document. Tout le monde n'a pas les mêmes intérêts. Mais là, on voit finalement qu'il y a un truc. D'autant plus que, moi, cette semaine, quand j'ai vu ça passer, j'étais sensible parce que notre nouveau premier ministre, Mark Carney, il s'est rendu en Europe cette semaine pour, justement, dans le cadre des accords militaires de défense et autres, s'assurer que les Européens, et la France aussi, parce qu'il est passé voir son bon ami Emmanuel Macron, s'assurer que les Européens, S'assurer que l'Europe était toujours là, prête à aider le Canada, mais aussi rappeler que le Canada était là pour jouer avec les Européens. Donc, j'ai été sensible à cette tabelle-là parce qu'on a la même réalité.
Monde Numérique :
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25:43] Exactement. Aujourd'hui, il y a un axe européano-canadien qui est beaucoup plus fort qu'avant, je pense.
Invité :
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25:49] Oui, tout à fait. Et d'ailleurs… Et vous.
Monde Numérique :
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25:51] Il y a des choses, il se passe des choses aussi. Il y a une prise de conscience aussi.
Invité :
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25:54] Oui, bien, tu m'amènes là. Écoute, on est sur un autre niveau, mais il y a une campagne qui a été lancée par un podcasteur de longue date canadien qui est en train de balayer le pays et il a simplement invité les podcasteurs canadiens, en grande partie canadiens et anglais, à carrément ajouter à leur couverture de podcast, donc ce qu'on voit quand on cherche sur iTunes ou Spotify un podcast. Donc, d'ajouter une feuille d'érable pour identifier que le podcast est canadien. Et la raison pour laquelle il a dit ça, c'est que quand on va sur les plateformes qui font l'agrégation de podcasts, ça commence, ça commence depuis le début, c'est difficile de faire la différence
Invité :
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26:39] entre un podcast canadien-anglais et un podcast américain. Et là, ils se sont dit, quand on regarde les palmarès, on ne voit plus qu'est-ce que c'est. Et quand on demande maintenant aux gens, par solidarité, de consommer local et donc d'écouter des podcasts canadiens, on ne sait plus qu'est-ce qui est canadien et ce qui ne l'est pas. Alors, ils ont dit, en apposant la feuille d'érable, maintenant, rapidement, quand on voit sur un site d'agrégation de podcasts, on pourra voir. Oui, non, je crois que c'est un beau geste.
Monde Numérique :
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27:08] Ils vont le faire aussi pour les podcasts francophones ou pas du tout? Parce que le problème, il se pose aussi pour les podcasts francophones. Quand tu cherches des podcasts qui parlent en français, aujourd'hui, on ne sait pas si ça vient de France, si ça vient du Québec, si ça vient de Suisse, etc.
Invité :
[
27:23] Ça, c'est encore la belle surprise à découvrir quand on l'écoute. C'est pas faux. Mais là, on parle vraiment d'un truc. Écoute, c'est presque de l'ordre du politique quand on est en train de faire ça entre le Canadien et les Américains. Mais le geste est... Le geste est symbolique, mais le geste est aussi fort.
Monde Numérique :
[
27:41] Bon, Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[
27:45] De quoi je parle? Tu sais que Ubisoft sort un grand jeu vidéo.
Monde Numérique :
[
27:49] Oui, absolument.
Invité :
[
27:51] Un nouvel Assassin's Creed. Moi, je parle avec un des grands patrons du studio de Québec parce qu'il a été fait au Québec, ce jeu-là. Ça suit les grands thèmes et ça honore la culture japonaise. Et puis sinon, je parle avec l'animateur d'une nouvelle série de balado qui sort, qui est produite par Médecins du Monde. Et c'est Pierre Craig, qui est un ancien animateur de Radio-Canada, qui s'est lancé dans une grande série de six épisodes où il rencontre des gens, donc des médecins et des infirmières qui ont décidé de... Donner de leur temps, de leur carrière pour aller aider les gens qui ont besoin d'aide. Autant des migrants, les gens qui partent de l'Amérique du Sud pour monter jusqu'au Canada. On parle à des gens comme ça. Il y a aussi des médecins qui sont en Afrique. Il y a des gens un peu partout. Et puis aussi, il y a des gens qui s'occupent des itinérants ici à Montréal. Donc, c'est une grande série humanitaire sur laquelle j'ai travaillé aussi. Alors, je sais de ce que ça... À quoi ça ressemble. Et puis, c'est une entrevue avec Pierre Craig, qui est l'animateur. C'est vraiment intéressant. Puis, juste l'entrevue avec Pierre Craig, c'est très touchant. Alors, imaginez quand on l'entend avec ses invités, ça vous arrache le cœur à l'occasion.
Monde Numérique :
[
29:13] Voilà. On écoutera ça. Salut, Bruno. À la semaine prochaine. Ciao, ciao.
Invité :
[
29:18] Merci pour ta visite. Salut, bye.
Monde Numérique :
[
29:24] Et c'est avec ce nouveau petit jingle que j'ai le plaisir de vous présenter l'innovation de la semaine maintenant. Chaque semaine, un coup d'œil sur un fait innovant, particulièrement intéressant. Et l'innovation de la semaine se déroule dans le ciel avec le lancement récent de nouveaux satellites européens. Il s'agit de la constellation Kineis, que personne ne connaît, mais qui est pourtant un phénomène et une initiative à remarquer et à noter. C'était le 17 mars dernier. Une fusée a décollé depuis une base de Nouvelle-Zélande lancée par une compagnie néo-zélandaise enfin plutôt américaine mais basée née en Nouvelle-Zélande c'est Rocket Lab, c'est moins connu que SpaceX mais ça existe et donc cette fusée a lancé les 5 derniers nanosatellites, donc des petits satellites de la flotte Kineis. Kineis c'est une société toulousaine et ce projet c'est un peu le prolongement, du système Argos, tout le monde connaît les balises Argos utilisée par le navigateur. Et là, il s'agit en fait de bâtir une constellation dédiée aux objets connectés, ce qu'on appelle l'Internet des objets, l'Internet of Things, toutes sortes d'objets connectés, par exemple la détection des incendies de forêt, la gestion des ressources en eau, la surveillance des infrastructures énergétiques, le suivi logistique, etc.
Monde Numérique :
[
30:43] Le premier satellite doit entrer en service le 1er juin 2025, commercialement. Voilà, donc c'est intéressant. Une constellation pour l'IoT, 100% française. En ces temps de quête de souveraineté numérique, c'est toujours bon à prendre.
Invité :
[
31:07] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
31:17] Et nous allons passer à la deuxième partie de cette émission. Comme chaque semaine, elle place aux interviews et aux invités de Monde numérique. Pour une fois, on va aller un peu en profondeur sur un sujet qui concerne surtout les entreprises. On va s'intéresser au DSI, ces personnages clés de la technologie dans les entreprises. Je reçois l'organisatrice de l'événement Ready for IT qui aura lieu au mois de mai à Monaco. Mais avant cela, on va rester sur le thème de la souveraineté numérique et de l'Europe. Et on va prendre un peu de hauteur. Attention, ça va voler haut. Accrochez-vous avec deux personnalités de premier ordre. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale. Si vous écoutez Monde numérique hebdo premium sur Apple Podcast et désormais aussi sur Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés longs formats la semaine prochaine sur toutes les plateformes de podcast. Deux invités pour cet épisode, deux invités et non des moindres. Je suis ravi d'être en ligne avec, d'une part, Jean-Marie Cavada. Bonjour Jean-Marie.
Invité :
[
32:18] Bonjour à vous et bonjour à tout le monde.
Monde Numérique :
[
32:19] Ancien député européen, président de IDF Rights, qui, pour faire court, défend les droits fondamentaux numériques.
Invité :
[
32:28] Exact.
Monde Numérique :
[
32:29] Et avec nous également, Bernard Benhamou, sous-secrétaire général de l'Institut de la Souveraineté numérique. Bonjour Bernard. Alors, messieurs, vous êtes deux parce que vous co-signez, en tout cas vos organismes respectifs viennent de réaliser un rapport sur l'intelligence artificielle sous l'angle des enjeux pour les droits humains en Europe, qui sera présenté la semaine prochaine, jeudi 27 mars, à l'occasion d'une conférence débat que vous organisez à Paris. Alors, que dit ce rapport ? Est-ce que, face à la révolution de l'intelligence artificielle, les démocraties européennes sont particulièrement menacées parce que particulièrement vulnérables ? Qu'est-ce qu'il faut retenir de tout ça, Jean-Marie Cavada ?
Invité :
[
33:14] Il s'agit de trier l'ivraie et le bon grain. Personne n'est contre l'intelligence artificielle dans l'absolu, mais à condition que les régulations fassent en sorte qu'elles ne détruisent pas les valeurs démocratiques sur lesquelles se sont bâties les démocraties européennes notamment, d'une part, et d'autre part que l'on puisse dans ces régulations bien avoir un œil aigu et surveiller les opérateurs. Ce n'est pas l'intelligence artificielle en tant que soi qui me semble par moment menaçante, c'est quelque chose d'autre, ce sont les monopoles. Et je vais juste, pour terminer, rappeler une phrase assez simple. Elle appartient au sénateur Sherman, fin du 19e siècle et début du 20e. Il a dit d'une chose extrêmement simple. Les monopoles sont les ennemis des démocrates. On comprend ce que ça veut dire. C'est un excès de puissance qui fait que les monopoles finissent pas à attaquer les États.
Monde Numérique :
[
34:11] Bernard Benhamou, c'est un problème économique aujourd'hui, cette menace finalement ? Hostiles, qu'elles soient religieuses, politiques, étatiques ou même des entités privées. Jean-Marie Cavada, vous dites qu'il faut de la régulation. Mais on en a de la régulation maintenant. On a l'AI Act, on a eu le DMA, on a le DSA. On a l'impression qu'on a un arsenal infernal. Oui, j'allais dire infernal, parce qu'il a aussi un petit côté infernal. Il a un petit côté très coercitif, qui risque aussi d'entraver, qui peut entraver l'innovation d'une certaine manière. Vous en voulez encore plus ?
Invité :
[
37:02] Cher Jérôme, prenons de la hauteur sur cette affaire. Il y a de la régulation et parfois même un excès de régulation, parce que quand il n'y a plus de pouvoir politique central, souvenez-vous du Covid, absence de pouvoir politique central, Puis tout d'un coup, l'actuelle présidente de la Commission européenne, qui exerçait son premier mandat, a dit « Moi, j'achète au nom de l'Union des masques et des vaccins pour tout le monde. C'est ce dont nous avions besoin, c'est ce qui a marché, c'est ce qui nous a protégés. » Elle avait excédé ses pouvoirs. Normalement, les traités ne lui attribuent pas ce pouvoir. Là, actuellement, le pouvoir politique, c'est-à-dire celui de la réflexion stratégique.
Invité :
[
37:40] Qu'est-ce qu'on va faire de ces outils ? Comment va-t-on faire en sorte de s'en servir pour développer les valeurs de nos démocraties construites après la Deuxième Guerre mondiale et CEDESAT ? Il n'est plus là, il n'y en a plus. Depuis Jacques Delors, Coll et Mitterrand, le pouvoir politique central de l'Union a disparu. Et l'Union, dans ce cas-là, qu'est-ce qu'elle fait ? Sous prétexte de régulation, elle fait surtout une production, je dirais, surabondante de normes, de choses comme ça. Et naturellement, quand il n'y a pas de pouvoir politique, les lobbies s'exercent. Comme elle veut contenter les utilisateurs, ou bien ceux qui défendent les valeurs, ou bien aussi faire plaisir, ne pas tout à fait être hostile au grand monopole. Qu'est-ce que fait la Commission européenne ? Elle saucissonne ce qui devrait tenir en un ou d'autres textes. Il n'y a pas, il y a trop de normes et il n'y a pas la vraie régulation dont nous avons besoin. Il faut qu'à l'intérieur, et j'en termine par là, des régulations deux ou trois, il faut qu'à l'intérieur de ça, les valeurs européennes qui ont servi à construire nos systèmes sur lesquels nous vivons, soient inclus dedans. Mais ce n'est pas la peine en effet d'aller produire des normes tous les matins et tous les soirs, parce que ça c'est critiquable.
Monde Numérique :
[
38:52] Bernard Benhamou, vous êtes d'accord ? Oui, entièrement d'accord, c'est-à-dire qu'on a malheureusement deux mains dans l'action, par an, c'est-à-dire 5% de la richesse européenne tous les ans. C'est considérable. C'est étrangement la même somme qu'a mis en avant pour le réarmement militaire. Merci beaucoup, messieurs.
Invité :
[
40:00] Merci à vous.
Monde Numérique :
[
40:01] Merci d'avoir fait le débat avant le débat dans le monde numérique. Le vrai débat, entre guillemets, il aura lieu jeudi prochain, 27 mars, à l'occasion de cette conférence débat que vous organisez à Paris. Il y a les renseignements sur le site à la fois de l'Institut pour les droits fondamentaux que vous présidez, Jean-Marie Cavallat, l'Institut IDF-Rights.
Invité :
[
40:22] IDF-Rights.org.
Monde Numérique :
[
40:23] Voilà. Et souveraineté-numérique.fr, qui est effectivement le site de l'Institut. Voilà, merci également Bernard Benhamou. Merci beaucoup à tous les deux. Bonjour, Maria Iacono.
Invité :
[
40:42] Bonjour.
Monde Numérique :
[
40:43] Vous êtes la directrice de l'événement Ready for IT qui aura lieu à Monaco du 20 au 22 mai 2025. Cet épisode est réalisé en partenariat avec Ready for IT. On va parler des DSI, on va parler de ces directeurs de systèmes d'information. On dit aussi, on disait, directeurs informatiques ou en anglais.
Invité :
[
41:04] Plus à la mode.
Monde Numérique :
[
41:04] Oui, ça ne se dit plus. En anglais, Chief Information Officer, ça se dit toujours ça.
Invité :
[
41:07] Voilà, ça va. La tendance à l'anglais, ça marche.
Monde Numérique :
[
41:10] Et en particulier, ces professionnels dans les entreprises de taille intermédiaire, les ETI. Vous allez nous expliquer leur rôle, les défis qui les attendent en 2025 et dont il sera question au Salon de Monaco au mois de mai. D'abord, un mot de ce Salon, c'est la sixième édition. De quoi s'agit-il exactement ? À qui ça s'adresse ?
Invité :
[
41:29] Alors, le premier mot, c'est interdiction de parler de Salon, s'il vous plaît. Voilà, on commence par là.
Monde Numérique :
[
41:37] Alors, c'est quoi si ce n'est pas un Salon ?
Invité :
[
41:39] C'est un événement one-to-one. C'est une rencontre d'affaires, un grand format, du networking. C'est un deux jours compacts de rendez-vous entre frères de solutions et DSI, justement. J'y tiens parce qu'en fait, à un salon, on peut s'inscrire tout simplement. Il y a beaucoup de valeur dans les salons. Mais notre format, c'est tout autre. On sélectionne des participants selon les projets d'investissement qu'ils ont au sein de leur structure. Donc, il y a vraiment un côté business qui est très important, qui est au cœur de l'événement. mais aussi stratégique en termes de contenu, d'où l'étude dont on va parler. Parce que le nerf de la guerre, avec Réli Forit et avec cet événement que nous menons depuis six ans, on va être à la sixième édition dans deux mois, le nerf de la guerre, c'est comment accompagner au quotidien le travail des DCI, des ETI françaises.
Monde Numérique :
[
42:28] C'est quoi une ETI ? Rappelons un peu le basico-basique.
Invité :
[
42:32] On est dans une définition très large parce qu'on peut aller jusqu'à moins de 5000 employés. donc la diminution est très large ce qui est important de retenir on a presque on a presque, Selon l'INSEE, 7000 sociétés en France éparpillées sur le territoire français.
Monde Numérique :
[
42:47] Ce qu'il faut retenir.
Invité :
[
42:49] C'est non seulement la quantité, mais c'est surtout justement le point économique. Parce que notre territoire français est un réseau d'ETI qui sont indépendantes les unes des autres, mais qui sont aussi dépendantes des grands groupes, des grands comptes, parce que soit en forme de filiale, soit en forme de prestataire de service. Donc, il y a un réseau qui est très important pour la France.
Monde Numérique :
[
43:10] Et dans tous les secteurs, évidemment.
Invité :
[
43:11] Et dans tous les secteurs, bien évidemment, qui ont été, ces entreprises ont été sous le radar spécial chez Redefoy dernièrement, d'où leur fragilité, parce qu'il y a eu une reconnaissance des attaques, des menaces autour de ces structures. Et donc, notre attention depuis six ans, c'est porter envers le travail de ces DSI pour les accompagner, non seulement, bien évidemment, au niveau de la défense, mais dans la totalité de leur travail au quotidien.
Monde Numérique :
[
43:39] C'est ça le travail d'un DSI, finalement. C'est protéger et puis avoir une vision stratégique, aider l'entreprise à travailler.
Invité :
[
43:46] Et bien, figurez-vous que ce travail, il évolue de plus en plus. C'est justement notre étude qui nous a pas mal éclairci là-dessus. C'était déjà le cas dans notre étude du marché des ETI françaises. On avait déjà remarqué depuis deux ans des bousculements vraiment au niveau du rôle du DSI. De plus en plus, le DSI a été projeté au devant de la scène, parlé avec des investisseurs lorsqu'une entreprise est rachetée pour prouver la solidité informatique et de sécurité, bien évidemment, dans l'entreprise, mais aussi le côté green, le côté RSE. Donc, il y a eu des évolutions parce que le marché économique français, ce réseau dont on parlait, a évolué. Donc, c'est une tendance, un métier qui bouge depuis 2-3 ans. Et notre étude nous a éclaircés encore plus sur les défis de 2025.
Monde Numérique :
[
44:33] Alors, parlons-en justement de cette étude que vous avez fait réaliser en prévision de l'événement de Monaco. Vous avez intitulé ça « Le grand saut ».
Invité :
[
44:43] Oui, de manière emblématique, provocative.
Monde Numérique :
[
44:47] Qu'est-ce que ça veut dire ?
Invité :
[
44:48] Tout d'abord, on a voulu évoluer dans la mise en place de la sixième édition de Relief Hoyt de manière factuelle. On a voulu vraiment commander une étude à une société sérieuse comme Pâques, exclusive pour nous, pour dire, pour cette sixième édition, les contenus qu'on va exposer, tout ce dont on va parler, c'est vraiment basé sur du factuel, sur une vraie connaissance du marché. Donc, on a mené cette étude qui nous a porté, justement, à comprendre au mieux les défis de cette année. Et le titre de cette étude a tellement été emblématique qu'il a donné le fil rouge de toute l'édition. Et donc, c'est Le Grinçot. Comme je disais, titre emblématique, provocateur un tout petit peu parce que Le Grinçot, quelque part, il y a... Voilà. Le Grinçot, c'est inspirationnel. Il y a une évolution... Le grand saut vers où ? Donc, c'est une manière pour nous d'être face à la réalité de l'inspiration de cette évolution que les ETI françaises sont en train de vivre cette année sous le contexte de la pression économique globale, mondiale et géopolitique. Mais de l'autre côté, ce grand saut, s'il n'est pas préparé, on ne sait pas où il va mener. Donc, il peut y avoir un manque de visibilité qu'il faut combler. Il faut combler ce manque de visibilité pour aider nos DSI et nos organisations à sortir de cette année assez complexe.
Monde Numérique :
[
46:12] On voit bien que la mission des DSI aujourd'hui, elle est 360.
Invité :
[
46:17] Éclatée.
Monde Numérique :
[
46:18] Éclatée.
Invité :
[
46:18] Éclatée et de plus en plus. Je vous parlais du fait qu'on a vu évoluer ce poste, ce job, sur les deux ou trois dernières années. Il était plus projeté avec le COMEX, avec les investisseurs, avec les hommes, pour prouver vraiment comme une brique hyper fondamentale des organisations. Là, ce que notre étude a révélé sur la pression économique de 2025 le métier du déci est en train d'évoluer plutôt vers.
Invité :
[
46:47] Un modèle de business partner de l'entreprise. C'est-à-dire qu'il est fini de penser qu'un DSI peut être juste gestionnaire des infrastructures, en mode « j'essaie de ne pas trop dépenser et la vie est belle », c'est fini, c'est dead. Aujourd'hui, le DSI doit contribuer à la marge, au ROI, au business, par ses infrastructures, par ses logiciels, par l'IA, par tout cela. Il doit contribuer à la concurrence, à dépasser la concurrence, à prouver au métier, à donner plus de gains au métier, de productivité. Et là, on voit vraiment un changement total parce qu'on passe de l'ancien ingénieur qui devient vraiment un directeur commercial, un manager qui sait aussi fédérer au sein de toute l'entreprise. Parce que certains choix sont aussi de contraintes, surtout au niveau des menaces, parce que n'oublions pas, nos études françaises, elles ont vécu des moments de difficulté au niveau des attaques parce qu'il n'y avait pas assez de maturité sur la défense informatique. Donc, il y a aussi ce rôle de fédérer l'entreprise, fédérer le COMEX, fédérer les dirigeants pour prouver qu'il faut anticiper aussi au niveau des attaques. Donc, c'est un rôle 360.
Invité :
[
48:03] Personnellement, je le trouve très enthousiasmant. On le voit et on est très attaché à Redifrit parce qu'on a ce rôle auprès de la communauté. Mais bon, il ne faut pas se louper, il ne faut pas rester dans des méthodologies de travail qui seraient dépassées.
Invité :
[
48:20] Parce que le deuxième constat de l'étude, des interviews diverses et variées qu'on a faites, c'est justement que la vitesse, la vitesse technologique, la vitesse concurrentielle, donc liée technologie, IA et concurrence, fait que du coup, aujourd'hui on implante un système dans une semaine il est mort, il est déjà dead donc il faut être dans l'anticipation constante, Quand avant, on ne réfléchissait qu'un mode stratégique, l'un stratégique sur trois ans présentait, validait. Aujourd'hui, certes, il faut toujours être...
Monde Numérique :
[
48:51] C'est comme les politiques, en fait. Tout s'est accéléré et il faut faire des...
Invité :
[
48:56] En fait, si on n'est pas dans l'anticipation et dans ce constat attentif sur les technologies qui arrivent de manière constante, constante, si on n'implémente pas des modes agiles de manière ample et pas juste un silo sur un projet, on est perdu face à la concurrence. Parce qu'on perd le terrain et c'est toutes les semaines, toutes les semaines. C'est une vraie forte pression, du coup, au sein de l'entreprise que subissent nos décès.
Monde Numérique :
[
49:20] D'ailleurs, ils le disent dans votre étude, vous citez des professionnels qui disent on doit réapprendre notre métier aujourd'hui.
Invité :
[
49:26] Il y a un moment de changement total et le réapprendre en plus en vitesse, en plus avec une pression économique qui est assez lourde.
Monde Numérique :
[
49:35] Donc, il faut de l'agilité et il faut savoir prendre des risques aussi.
Invité :
[
49:39] J'imagine. Absolument. Il faut prendre les risques pour investir sur les bonnes technologies. Sur les deux dernières années, on a eu l'invasion des nouvelles technologies menées par l'IA générative. C'est un vrai sujet qui est ressorti à l'étude et j'ai été assez surprise sur tout cet angle. Sur, en 2025, de par la pression économique dont nous témoignons, l'IA générative, les projets d'IA générative devront de plus en plus prouver leur ROI. Sinon, ils vont être juste stoppés. Donc, il y a un nouvel angle.
Monde Numérique :
[
50:10] Donc, que ça serve à quelque chose, que l'argent investit. Parce qu'au début, on a investi pour voir un peu ce qu'on pouvait faire avec. Maintenant, au bout de la première, deuxième, troisième année, pour prouver que ça rapporte.
Invité :
[
50:21] La contribution à la marge, la contribution au business, Ce n'est que dans cet angle-là que l'IA aura une nouvelle version, donc une vraie remise en question de tous ces nouveaux process qui sont en train d'arriver.
Monde Numérique :
[
50:32] Mais il n'y a pas que le DSI qui est en jeu dans ce cas-là. Je veux dire, il met des outils à disposition des collaborateurs. Il faut que les collaborateurs sachent l'utiliser, éventuellement soient formés, etc.
Invité :
[
50:41] C'est même plus complexe parce que si on parle d'outils d'IA générative, il y a ceux que le DSI apporte, mais aussi ceux que le business apporte. Et donc, il y a une complexité parce qu'à un moment donné, c'est qui le décideur ? C'est le DSI, c'est les métiers, c'est le business. Donc, il y a un vrai rôle de compromis entre les structures diverses avec une grande problématique, c'est que souvent, des nouveaux logiciels menés par les métiers... N'ont pas eu le check de sécurité qu'un DSI peut faire. Donc, il y a encore une complexité parce que le DSI ne peut pas juste accepter ce que vient des métiers. Il faut coopérer avec parce que c'est tout le monde.
Monde Numérique :
[
51:24] C'est-à-dire des employés d'entreprise.
Invité :
[
51:27] Directeur marketing, directeur de vente qui amène de nouveaux logiciels pour aller plus vite, pour vendre plus vite.
Monde Numérique :
[
51:32] Qui peut-être de leur côté travaille sur TchadjpT, sur leur ordinateur personnel.
Invité :
[
51:36] Et là, il y a une faiblesse, il y a une menace potentielle à l'entreprise en termes de cybersécurité. Donc, le DSI doit être là. C'est ambivalent parce que d'un côté, le DSI doit être là. On lui dit, tu dois contribuer au ROI et donc être un business partenaire. Mais de l'autre côté, si les outils qui arrivent peuvent mettre en danger la société, l'organisation, c'est son job aussi de freiner. Freiner tout en aidant l'héroïe. Donc, il y a une ambivalence qui doit être faite avec un grand rôle de ne pas céder à la pression tout en prouvant sa propre capacité à contribuer dans tout ça.
Monde Numérique :
[
52:13] Voilà, Ready for it à Monaco du 20 au 22 mai. Merci beaucoup.
Invité :
[
52:16] Un grand merci de m'avoir accueilli.
Monde Numérique :
[
52:17] Merci à vous.
Invité :
[
52:18] Bonne continuation.
Monde Numérique :
[
52:28] C'est la fin de cet épisode de Monde numérique l'hebdo du 22 mars 2025. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. J'étais ravi de passer ce moment avec vous. Surtout avant de partir, n'oubliez pas si vous écoutez ce podcast sur Apple Podcast, de cliquer sur les 5 petites étoiles pour, favoriser le référencement et la visibilité de ce podcast vous pouvez faire la même chose également, sur les plateformes qui l'autorisent, notamment Spotify et d'autres vous pouvez également laisser des commentaires on ne va pas rentrer dans les détails parce que chaque plateforme a ses spécificités, maintenant sur Spotify on peut ou on va pouvoir bientôt mettre des emojis par exemple et puis sur d'autres on peut laisser des commentaires sur l'ensemble de l'émission mais pas sur un programme en particulier mais dans tous les cas vous pouvez également écouter tous ces épisodes sur le site mondenumérique.info abonnez-vous également si vous le souhaitez à la newsletter de Monde Numérique qui est un petit peu la version écrite de tout ce que vous écoutez là mais parfois on va même plus loin et vous retrouverez notamment toutes les interviews au jour le jour n'hésitez pas à parler de ce podcast à vos amis à les inviter à les inciter à écouter à s'abonner mais vous êtes ambassadeur de Monde Numérique et je vous en remercie. On se retrouve la semaine prochaine. Ne ratez pas ce week-end sur la chaîne YouTube de Monde Numérique l'interview de Clément Delangue de Hugging Face en version vidéo. Donc c'est l'occasion de l'écouter ou de la réécouter si vous l'avez suivi déjà en version audio.
Monde Numérique :
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53:55] Je vous retrouve la semaine prochaine. Je vous souhaite une très bonne semaine pleine de tech. Salut !