📆 L'HEBDO 20/12 - 2025, l’année où l’IA a tout accéléré
Monde Numérique20 décembre 202501:00:45

📆 L'HEBDO 20/12 - 2025, l’année où l’IA a tout accéléré

L’intelligence artificielle, la robotique, la cybersécurité et la désinformation ont marqué 2025. Dans ce dernier Hebdo de l’année, on dresse le bilan d’un millésime technologique hors norme et se projette déjà vers 2026.

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L’actu de la semaine : cyberattaques, deepfakes et grandes manœuvres numériques

L’actualité est dominée par une cyberattaque d’ampleur visant le ministère français de l’Intérieur, suivie de soupçons de fuites massives de données impliquant la CAF et le ministère des Sports.

On revient aussi sur une fausse vidéo générée par IA annonçant un coup d’État en France, largement diffusée sur Facebook, qui a suscité la réaction d’Emmanuel Macron et relancé le débat sur la désinformation et la responsabilité des plateformes.

Côté innovations, OpenAI ouvre un App Directory intégré à ChatGPT, tandis que Google dévoile Gemini 3 Flash, un modèle plus léger destiné aux usages quotidiens.

Enfin, TikTok trouve un accord pour passer sous contrôle majoritairement américain aux États-Unis, mettant fin à plusieurs années d’incertitudes politiques.

IA : course aux modèles et investissements records

Avec Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de Mon Carnet, le débrief transatlantique revient sur l’année 2025 marquée par une accélération spectaculaire de l’IA. Bataille féroce entre OpenAI et Google, investissements colossaux chiffrés en dizaines de milliards de dollars et montée en puissance des usages en entreprise : l’IA s’impose comme un pilier stratégique, malgré les interrogations persistantes sur une possible bulle financière.

Le débrief revient sur l’émergence de la robotique humanoïde, particulièrement portée par la Chine, et sur les avancées des lunettes connectées, notamment celles de Meta en partenariat avec Ray-Ban. Entre espoirs d’usages concrets et inquiétudes liées à la sécurité et aux attentes excessives, 2025 apparaît comme une année charnière pour ces technologies.

Agents IA et dark factories : le regard de Capgemini

Patrice Duboé, Directeur de l’innovation Europe du Sud chez Capgemini, analyse les grandes tendances technologiques de l’année. Il décrypte l’essor des agents IA déjà déployés à grande échelle dans les entreprises, notamment dans les centres de support, ainsi que le phénomène des « dark factories » chinoises, où robotique et automatisation redéfinissent la production industrielle [PARTENARIAT].

Cybersécurité : une année noire pour les données personnelles

Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez ESET, dresse un constat préoccupant : fuites de données massives, attaques en série contre des institutions publiques, fédérations sportives et entreprises françaises. Il alerte sur l’utilisation croissante de l’IA par les cybercriminels, capables désormais d’automatiser certaines attaques via des agents intelligents, tout en soulignant que les outils de défense progressent eux aussi [PARTENARIAT].

Un ancien commando face aux drones

Enfin, Louis Saillans, cofondateur d’Askalon Industries et ancien commando de marine, présente une technologie innovante de détection de drones basée sur des capteurs acoustiques et l’IA. Pensé pour les aéroports et les sites sensibles, ce système illustre comment l’expérience militaire peut nourrir des solutions civiles face aux nouvelles menaces aériennes.

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Monde Numérique : [0:10] Intelligence artificielle, robots, lunettes connectées, cybercriminalité aussi. Que faut-il retenir de l'année 2025 ? C'est l'heure des bilans dans Monde Numérique cette semaine. Avec Bruno Guglielminetti dans le débrief transatlantique, on verra comment l'IA fait un pas de géant cette année, à la fois sur le plan technique, mais aussi sur le plan des affaires, avec des investissements records et des attentes encore plus fortes, évidemment, pour 2026. Monde Numérique : [0:42] Avec Patrice Duboé et de Capgemini, on s'intéressera au grand mouvement de fond des agents IA et puis aussi au phénomène des dark factories chinoises qui sont en train de réinventer la production industrielle à l'heure de la robotique. Avec Benoît Grunemwald, expert cybersécurité chez EZ, on va faire le bilan de l'année sur le front des cyberattaques et des fuites de données. Ce n'est pas triste, elles ont été nombreuses cette année. Et puis avant cela, l'actu de la semaine bien sûr. On va tout vous dire sur cette cyberattaque plutôt surprenante contre le ministère français de l'Intérieur. On va revenir sur la fausse vidéo qui a beaucoup énervé Emmanuel Macron. Et on jettera un coup d'œil sur les innovations en IA signées OpenAI. D'un côté Google, de l'autre, comme chaque semaine, il y a des nouveautés. Enfin, vous découvrirez une étonnante invention française, un détecteur anti-drone. En plus, son inventeur est un ancien commando de marine. Et autant vous dire qu'il a pas mal d'anecdotes, notamment sur la tech, à raconter. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 20 décembre 2025. Invité : [1:52] Monde numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:58] Ravi de vous retrouver comme chaque semaine pour ce nouvel épisode de l'hebdo 50 minutes de news, de talk d'interview également, dernier épisode avant l'année 2026 et d'ailleurs cet épisode est un peu plus long allez, une heure, c'est cadeau puisque c'est le dernier de l'année. La semaine prochaine, on n'est fait pas d'hebdo on va marquer une petite pause, c'est Noël et puis on se retrouvera le 3 janvier pour démarrer sur les chapeaux de roue avec, dans le viseur le CES de Las Vegas, et puis à l'occasion de cette nouvelle année, quelques petites nouveautés, des petits changements cosmétiques pour Monde Numérique, je vous en dirai plus à ce moment-là. Avant cela, un rappel, toujours, vous pouvez noter et commenter ce podcast sur votre plateforme d'écoute, c'est très important pour la visibilité de celui-ci, son référencement, etc. Vous pouvez également retrouver Monde Numérique en application mobile, Android ou iPhone, vous le savez, application signée GoodBarber, et puis sur le site web mondenumérique.info. C'est parti pour l'actu. Monde Numérique : [2:58] L'actu avec tout d'abord cette affaire qui a fait beaucoup de bruit cette semaine et pour cause, piratage du ministère français de l'Intérieur. Normalement, au lieu de la sécurité, le ministère de l'Intérieur, les services ont fait l'objet d'une intrusion informatique qui a été reconnue par les autorités. Mais l'affaire est quand même un peu trouble, un peu compliquée. On a du mal à bien comprendre ce qui a pu se passer et où on en est. Pour tirer les choses au clair, voici les explications de Séraphin Bette qui a planché sur le dossier. Invité : [3:28] L'intrusion était détectée la semaine dernière sur les serveurs du ministère de l'Intérieur. Une attaque qualifiée de très grave par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Les pirates ont compromis des boîtes mail professionnelles, ouvrant un accès potentiel à des logiciels internes sensibles. Des mesures de protection ont immédiatement été mises en place, dont l'authentification à deux facteurs pour l'ensemble des agents et le verrouillage d'accès informatique. Le samedi 13 décembre, un groupe se faisant appeler Intra a revendiqué l'attaque sur un forum cybercriminel. Ils affirment avoir volé 16 millions de données, dont le TAJ, le fichier des personnes recherchées, ainsi que des données d'identification et financières. Une revendication prise au sérieux, mais qui interroge. Aucun échantillon de données n'a été publié pour prouver leur attaque et faire pression. Ce mercredi, un homme d'une vingtaine d'années a été interpellé et placé en garde à vue. il avait été déjà condamné pour des faits similaires en 2025. Deux enquêtes judiciaires et administratives sont toujours en cours et menées Invité : [4:28] par l'Office d'Anti-Cybercriminalité. Le ministère reste discret sur l'étendue exacte des données compromises. Monde Numérique : [4:35] Alors ce n'est pas tout, Séraphin. Quelques jours plus tard, autre alerte au cyberpiratage, cette fois-ci du côté de la CAF, la Caisse d'Allocations Familiales. Invité : [4:43] Dans un premier temps, les mêmes pirates que ceux du ministère de l'Intérieur seraient parvenus à récupérer plus de 22 millions de données personnelles concernant plus de 8 millions de Français. En tout cas, c'est ce dont ils se sont vantés sur un forum spécialisé, Branch Forum, en fanfaronnant et en parlant de cadeau de Noël pour la France. Sauf que la CAF assure qu'aucune intrusion n'a été détectée. Elle précise que, contrairement aux affirmations relayées par ce groupe, aucune intrusion ni faille n'était détectée dans nos systèmes. Notre système d'information n'a jamais été piraté et reste pleinement sécurisé. Et c'est ce vendredi que le ministère des Sports a confirmé avoir subi un vol de données concernant 3,5 millions de personnes. Le lien très probable entre les deux affaires, le vol de données du ministère des Sports concerne ceux du dispositif d'aide PASS Sport reposant sur un croisement avec les bases de la CAF. Bref, pas mal de désaffirmations au sujet de ces affaires, désaffirmations erronées. Monde Numérique : [5:44] Voilà, et en effet, méfiez-vous de ce que vous pouvez lire sur les réseaux sociaux, sur ce genre d'affaires, parce qu'en général, on se noie dans les détails et dans les interprétations parfois un peu douteuses. Merci Séraphin Bette, que l'on retrouve également par écrit sur le site mondenumérique.info, dans la rubrique actualité, où vous retrouverez d'ailleurs pas mal de news qui ne sont pas forcément traitées dans ces différents épisodes de podcast. Monde Numérique : [6:09] De la cybercriminalité à la désinformation en ligne. Incroyable histoire cette semaine à propos d'une fausse vidéo qui a enflammé la sphère tech et aussi politique. En fait, l'affaire a été lancée par Emmanuel Macron de passage à Marseille. Le président qui s'inquiète beaucoup, on le sait, de la désinformation sur les réseaux sociaux, a évoqué une vidéo qui circulait sur Facebook et un message que lui aurait envoyé un chef d'État africain, lui disant « Cher président, qu'est-ce qui se passe chez vous ? Je suis très inquiet. » En effet, la vidéo ressemblait à un reportage assez crédible avec une présentatrice face caméra qui évoquait un coup d'État en France, le renversement du président et la prise de pouvoir par un militaire. Évidemment, c'était un deepfake généré par IA. Mais Emmanuel Macron s'en est ému et il a expliqué, il a raconté l'histoire. D'abord, il a rassuré apparemment son homologue africain. Et puis surtout, il serait intervenu auprès de Facebook pour demander à ce que la vidéo soit retirée. Mais voilà, le groupe Meta aurait affirmé qu'il n'était pas question de l'enlever parce que ça ne contrevient pas aux conditions d'utilisation de la plateforme. Monde Numérique : [7:16] Alors, cette affaire est intéressante pour plusieurs raisons. Parce que d'abord, selon le Figaro, si Meta a fait cette réponse, c'est parce qu'en réalité, la vidéo était bien étiquetée comme une vidéo possiblement fake. Il y avait une étiquette disant qu'il pouvait s'agir d'un contenu créé ou retouché numériquement qui pourrait sembler réel. Autrement dit, une vidéo générée par IA. Bon, est-ce que c'est vrai ? Est-ce que l'étiquette en question était là depuis le début ? Est-ce que ça suffit ? C'est pas sûr, il n'est pas certain que META ne contrevienne pas malgré tout au règlement européen DSA. Et donc il y a des enquêtes en cours et on verra ça sans doute plus tard. Mais ensuite, en attendant une éventuelle réponse judiciaire, ce qu'on peut retenir aussi, c'est que. Monde Numérique : [8:02] Étonnamment, un chef d'État, et là je parle en l'occurrence du chef d'État africain en question, dont on ne connaît pas le nom d'ailleurs, un chef d'État, même lui, peut se laisser abuser par une vidéo aussi énorme soit-elle, sans peut-être se poser la question qu'on doit tous se poser aujourd'hui, vu le monde dans lequel on vit, qui est « Est-ce que c'est vrai ? Cette vidéo est-elle authentique ou bien s'agit-il d'un fake ? » On se l'a dit, peut-être qu'il s'est posé la question, mais il a quand même sollicité directement Emmanuel Macron. Je n'étais pas dans l'intimité de la conversation. Mais c'est quand même intéressant de toujours mettre en évidence le manque de prudence qu'on peut avoir parfois face à ces contenus, même si, par ailleurs, ils sont problématiques, voire illégaux. Enfin, troisièmement, la vidéo en question, d'où vient-elle ? Alors, elle avait été créée par un petit malin, un jeune Burkinabé, qui voulaient se faire connaître et qui voulaient faire de la publicité pour des formations en IA, précisément. Ils vendent des formations pour apprendre à faire des fausses vidéos. Alors il s'est dit, tiens, je vais en faire une fausse. Ça a marché puisqu'il affirme avoir enregistré 330 000 abonnés juste en créant celle-ci, mais d'autres vidéos aussi. Quand on va sur sa page Facebook, on trouve des trucs un peu bizarroïdes. Monde Numérique : [9:11] Genre des lions qui s'attaquent à des motards, des baleines qui volent, ou encore d'autres faux reportages télé, notamment sur la guerre en Ukraine. Voilà, ça c'est la réalité. Il y a de plus en plus de fausses vidéos, pourtant hyper crédibles, qui circulent sur les réseaux. Pas forcément à mauvais escient, parfois c'est juste insolite pour faire du buzz ou surtout pour faire de l'argent. Car ne l'oublions pas, tout cela, ça rapporte des sous aux créateurs de fausses vidéos. Il y a un vrai business qui est en train de se mettre en place. La question de la légalité de ces vidéos n'est pas simple, parce que ça touche à la fois à la liberté d'expression, la liberté de création, mais ça peut se heurter à l'interdiction de faire de la désinformation, donc en attendant, prudence toujours et en ce qui concerne la vidéo du pseudo coup d'état en France elle a été retirée finalement parce que le jeune homme a expliqué qu'il ne voulait pas d'avoir d'ennuis judiciaires mais évidemment il y a d'autres copies qui continuent de circuler. Monde Numérique : [10:04] Du côté de l'intelligence artificielle, justement, quoi de neuf cette semaine ? Eh bien, OpenAI a ouvert un App Store, ou plutôt un App Directory. C'est comme ça que ça s'appelle, un magasin d'applications intégrées directement dans son interface, dans l'interface de ChatGPT. On y trouve en fait des connecteurs qui permettent de relier ChatGPT à des applications externes, telles que Spotify, Apple Music, Canva, Photoshop ou encore Booking, afin d'utiliser ces services de manière enrichie grâce à l'IA. Par exemple, vous pouvez demander à ChatGPT de générer une playlist musicale dans Spotify ou dans Apple Music, selon certains critères, etc. Tout ça sans quitter l'interface de ChatGPT. Monde Numérique : [10:46] Donc, ça n'a pas forcément l'air de fonctionner très bien d'un point de vue technique. Je l'ai un peu testé, je suis tombé sur des messages d'erreur. En tout cas, c'est intéressant de voir ça dans le cadre de la stratégie d'OpenAI. On comprend que c'est une nouvelle étape dans le développement du chatbot, ChatGPT, et surtout dans la volonté de Sam Altman de le transformer en super app, c'est-à-dire en plateforme à tout faire grâce à l'IA. En fait, ChatGPT devient quasiment un système d'exploitation, ou en tout cas une interface, et c'est d'autant plus intéressant quand on sait ce qui se prépare derrière, puisque par ailleurs, OpenAI travaille avec Jonathan Ive, ancien designer d'Apple, pour essayer de mettre au point un appareil connecté, un petit produit nomade, très mystérieux, qui tirerait partie de tout cela. On en saura plus probablement l'année prochaine. Monde Numérique : [11:35] Google, de son côté, a lancé une nouvelle version de Gemini, grand concurrent de Chagipiti. Voici Gemini Gemini 3 Flash. Alors, il faut bien comprendre comment ça marche. Il y a un mois, Google a sorti Gemini 3 Pro, considéré aujourd'hui comme le meilleur LLM du marché. Ça a été une véritable claque, d'ailleurs, pour Chagipiti. Un nouveau modèle, mieux entraîné, plus performant, mais dans sa version 3 Pro, très consommateur en énergie, en ressources, informatique et accessoirement très coûteux pour Google. à chaque requête que vous faites sur Gemini 3 Pro, vous coûtez beaucoup d'argent aux géants américains. Et ça, c'est l'équivalent de ChadGPT 5.2 Thinking. C'est-à-dire, là, on parle donc des versions haut de gamme de ces modèles de langage qui mobilisent toutes les énergies. Mais comme on n'a pas toujours besoin, quand on fait une requête de la puissance d'une centrale nucléaire, façon de parler, quand il s'agit par exemple simplement de répondre à une question sur une recette de cuisine, eh bien, il existe aussi des modèles plus légers. Alors, chez OpenAI, c'est ChatGPT 5.2 Instant, et chez Google, voici Gemini 3 Flash. Ce sont des versions plus rapides, plus légères, je l'ai dit, mais possiblement moins performantes, donc pas appropriées à des requêtes complexes. Monde Numérique : [12:50] Ce sont des nouveaux modèles qui, néanmoins, devraient être de plus en plus utilisés au quotidien, et Gemini 3 Flash devrait être intégré à l'interface Gemini, donc quand on va sur le site gemini.google.com, à Google Search également, et puis il y a d'autres services Google et il deviendrait ainsi sans doute l'un des modèles d'IA, possiblement les plus utilisés au monde dans quelques semaines ou quelques mois. Monde Numérique : [13:15] Ça y est, TikTok passe sous pavillon américain, en tout cas aux Etats-Unis. La plateforme a signé un accord pour céder le contrôle de ses activités aux Etats-Unis à une co-entreprise qui sera dominée par des investisseurs américains. On y trouve notamment Oracle, Silver Lake, MGX, et puis il y a aussi le fonds souverain d'Abu Dhabi, qui lui n'est pas américain. C'est une info qui est tombée en fin de semaine, et c'est un peu la fin d'un long suspense, car rappelez-vous, on parlait déjà de cette histoire de TikTok il y a un an, à la même période, depuis même avant, en fait, TikTok était menacé d'interdiction aux Etats-Unis pour ses liens avec la Chine, puisque c'est à l'origine une plateforme chinoise. Un accord semble donc avoir été trouvé après, on peut dire, des années de tractation, et ça permet à TikTok, à l'application TikTok, de continuer à fonctionner aux Etats-Unis, au grand soulagement des jeunes utilisateurs américains. Après des années de tensions politiques et réglementaires, mais ce n'est pas tout à fait terminé, parce que la transaction doit encore être peaufinée pour être finalisée normalement le 22 janvier 2026. Monde Numérique : [14:18] Concrètement, sur le plan opérationnel, c'est la co-entreprise américaine qui va donc s'occuper maintenant de traiter tout ce qui est protection des données des utilisateurs américains, également la sécurité de l'algorithme, la modération de contenu, les logiciels, etc. L'annonce précise également que l'algorithme de recommandation va être réentraîné à partir de données d'utilisateurs américains exclusivement afin de garantir un fil de contenu en principe exempt de toute manipulation externe. Voilà, le PDG de TikTok, Shou Zi Chew, a dit que c'était bien mais qu'il restait encore beaucoup de travail pour finaliser cette opération. Monde Numérique : [14:58] Et pendant ce temps-là en France, les réseaux sociaux interdits au moins de 13 ans. Ça y est, c'est fait. Enfin presque, théoriquement et pour l'instant. Car c'est le Sénat qui a voté en première lecture le 18 décembre la loi qui vise à protéger les enfants des écrans en interdisant les réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans. Il y a également le bannissement des téléphones portables, des écoles et collèges qui devraient être également définitifs. Le Sénat explique que les adolescents de 13 à 19 ans passent désormais plus de 15 heures par semaine connectés, soit 1h30 de plus en à peine deux ans, et a donc l'intention de mettre fin à ce qui est considéré comme une exagération qui nuit aux plus jeunes. Les plateformes devraient donc interdire l'accès aux réseaux sociaux avant 13 ans avec un mécanisme robuste selon ce texte. Un texte qui doit toutefois être encore voté à l'Assemblée nationale avant de devenir définitif. Avant de passer à la suite de cette émission, savez-vous que les premiers sites web s'affichaient dans une simple fenêtre toute grise ? Aujourd'hui, le web a progressé, les sites sont beaucoup plus riches, mais ils restent enfermés dans la fenêtre du navigateur. Bref, ça n'a pas vraiment évolué. Eh bien, faire sortir Internet du cadre, c'est ce qu'en propose Frogans, partenaire de Monde Numérique, avec des sites libres, fluides, qui s'affichent directement sur votre écran, sans navigateur, sans bordure, sans limite. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [16:22] Si je prends par exemple l'environnement d'un ordinateur classique, traditionnel, le fait de publier un site Frogans sur un écran de cette nature-là va permettre d'avoir son contenu superposé aux autres fenêtres et donc de permettre aux internautes, aux visiteurs, de rester en contact permanent avec mon contenu. Monde Numérique : [16:38] Pour en savoir plus sur Frogans, retrouvez l'interview complète d'Alexis Tamas, cofondateur, sur montenumérique.info. Et pour tout savoir sur cette technologie particulièrement innovante, rendez-vous sur le site f2r2.fr. Joyeux Noël, mon cher Bruno! Invité : [17:00] Ben, joyeux Noël, mon cher Jérôme! Monde Numérique : [17:02] Pour ceux qui nous regardent en vidéo, tu as vu que j'ai mis mon beau chapeau de Noël. Invité : [17:07] Ben, pour ceux qui nous écoutent en audio, je vous confirme que Jérôme, finalement, c'est un des lutins du Père Noël. Monde Numérique : [17:12] Voilà, exactement. Invité : [17:13] On sait tout maintenant. Monde Numérique : [17:14] Alors, il faut qu'on passe en revue cette année 2025 qui a été quand même très, très, très riche en événements. Et Bruno, je pense que tu seras d'accord avec moi pour dire que c'est une fois de plus l'IA qui a occupé le terrain avec plein d'aspects différents. Je ne sais pas ce que toi, tu retiens en priorité en matière d'intelligence artificielle. Enfin, moi, j'ai l'impression que déjà, il y a eu une espèce de bataille des modèles un peu cette année, plus que jamais. Invité : [17:43] Puis c'est impressionnant parce que autant, dès le départ, depuis trois ans, ChatGPT avait des longueurs d'avance sur la concurrence, bien en cette fin d'année, ChatGPT ils ne sont pas à la bourre et ça court. Quand il y a le patron Samatman qui dit « code rouge, code rouge », il faut faire quelque chose, ça veut dire que les, pas tellement copilotes, mais Gemini de Google est vraiment en train de les rattraper. Et d'ailleurs, je lisais en ligne plusieurs personnes qui sont prêtes à mettre leur chemise à risque en disant que c'est Jiminy qui va remporter la Palme l'année prochaine. Et pour le moment, ce qu'on voit, c'est que justement, il y a eu Mais parallèlement à ça, c'est de voir les milliards qui sont investis là-dedans. Encore cette semaine, je voyais qu'il y a Sam Hartman qui est en train de faire de la tournée. On parle de quelque chose comme 75 milliards de dollars qu'il est en train de chercher pour investir là-dedans. Ça devient fou, là. Monde Numérique : [18:46] Mais rappelle-toi, l'année avait démarré sur les chapeaux de roue avec le projet Stargate aux États-Unis. L'annonce de Donald Trump, fraîchement élu, qui réunit la crème de la crème de l'IA et de la tech d'une manière générale pour dire, allez, on y va, on va mettre des data centers partout, je ne sais pas. Invité : [19:00] Etc. Oui, 500 milliards d'investissements, oui. Monde Numérique : [19:02] 500 milliards d'investissements. Bon, tout le monde s'est jeté là-dedans. Zuckerberg a dit, oui, oui, on y va et tout. Il n'y a pas eu beaucoup de suites cette année. Alors, évidemment, bon, ils sont en train d'être construits, les data centers. Invité : [19:13] T'es en Amérique, ça ne se construit pas en un mois comme en Chine. Ici, ça prend trois ans. Monde Numérique : [19:18] Oui, c'est le monde réel. Donc oui, tu as raison. C'est cette espèce de déluge d'investissement, ce qui fait d'ailleurs penser que c'est amusant parce qu'on a passé une partie de l'année à se demander si la bulle de l'IA allait éclater. Enfin, la bulle financière de l'intelligence artificielle allait éclater. Elle ne l'a pas éclaté pour l'instant. Invité : [19:40] Exactement, oui. Et puis, tu vois, la plupart des financiers, en tout cas, que j'entends, des propos qui m'arrivent aux oreilles, ils ont levé un peu le pied par rapport à ça. C'est un peu comme, finalement, ils sont en train de voir tout l'investissement qui est fait, puis ils disent, bien, on est obligé de suivre le pas. Mais à un moment donné, on ne peut pas crier au loup en même temps qu'on donne à manger au loup. Ça ne va pas, là. Monde Numérique : [20:02] Oui. Moi, j'ai entendu une lecture assez intéressante qui est que, et d'ailleurs, on en parle cette semaine dans l'hebdo de Monde Numérique avec l'un de mes invités de Capgemini, c'est qu'il y a peut-être une bulle financière. Effectivement, ça va trop loin. Mais contrairement à ce qui a pu se passer, par exemple, au début des années 2000 avec les dot-com, etc., là, on est quand même sur du tangible. L'IA, ça existe. L'IA, c'est en train d'arriver et il va se passer des choses. Et même si aujourd'hui, c'est exagéré, de toute façon, il est certain qu'il y a une mutation qui est en cours et qui va avoir lieu. Et d'ailleurs, moi, c'est un point qui m'a aussi intéressé cette année. C'est l'arrivée de l'IA dans les entreprises avec des situations contrastées. D'un côté, tu as Microsoft qui essaie d'imposer son copilot partout, mais qui a un peu de mal, parce qu'on voit bien qu'apparemment, les salariés ne l'utilisent pas assez dans les entreprises. On leur a collé copilot entre les mains, débrouillez-vous, et puis en fait, soit ils ne s'en servent pas, ils ne servent pas du tout d'IA, soit ils vont faire du chat GPT en loose day, ce qui est un peu un problème. Invité : [21:08] En dessous du bureau, oui. Monde Numérique : [21:09] Voilà, exactement. Mais en même temps, les entreprises adoptent de plus en plus l'intelligence artificielle avec des conséquences intéressantes. Il y avait cette étude du MIT qui a montré que, paradoxalement, ce sont peut-être les plus jeunes qui vont souffrir de ça, et en termes d'emploi notamment, parce que dans les entreprises, un senior avec une bonne IA, il peut faire le boulot pour lequel il avait précédemment besoin de quelques juniors. Et du coup, ils n'embauchent pas les juniors en question. C'est quand même une profondeur, un problème intéressant. Invité : [21:43] Mais tu vois, exactement ce point-là, ce que ça m'a amené comme réflexion cette année, puis je le promets de conférence à conférence à la fin, c'est que je me dis, mais on va la trouver où, la relève ? Dans les grandes entreprises. Exactement. Parce que ces gens-là qui faisaient partie de la relève, pendant les premiers six mois, pendant la première année, ils faisaient ces petits boulots-là qui leur permettaient d'apprendre comment l'entreprise fonctionne. Ils arrivaient à capter l'ADN de l'organisation. Mais là, si on n'en a pas besoin, ces jeunes-là qui devaient commencer à apprendre, à connaître l'entreprise et à graduer au sein de l'organisation, ils ne seront pas là. Invité : [22:19] Non, ce n'est pas évident comme situation. Monde Numérique : [22:23] Et tu ne veux pas me parler des lunettes, ça, un peu? Les lunettes connectées, ça ne t'a pas un peu excité, là, cette année? Je sais que toi. Invité : [22:29] Ça t'a excité. Oui, mais écoutez, on parle de chat GPT quand on parle d'IA générative, on parle de Ray-Ban quand on parle de lunettes connectées. Monde Numérique : [22:38] Oui, et en 2026, on parlera peut-être de Google Glass, en tout cas de Google. Invité : [22:42] Oui, ça, j'ai hâte de voir. Oui, mais tu vois, ils sont encore en train, je reviens sur les Ray-Ban de méta, ce qui est intéressant, c'est de voir, tu sais, à un moment donné, je pense qu'il y a deux ans de ça, je te parlais des fameuses lunettes de SLR Luxitica qui allaient permettre aux gens de mieux entendre. Bien, ce mois-ci, on a vu que Meta allait intégrer ça dans ses Raybends. Ah oui? Monde Numérique : [23:08] Ah, c'est génial. Invité : [23:09] Nouvelle fonctionnalité, je pense que c'est pour le moment, évidemment, comme d'habitude, uniquement disponible au Canada ou aux États-Unis, mais ça s'en vient chez vous aussi, et donc, vous allez pouvoir bénéficier des petites caméras qui sont si détestées des gens, vont pouvoir servir à marquer ton interlocuteur et donc à partir du positionnement d'interlocuteur, adapter et envoyer ton son dans les mêmes petits haut-parleurs au niveau de l'oreille qui te permettent d'écouter de la musique ou d'écouter tes appels. Là, maintenant, tu vas pouvoir mieux entendre les gens qui sont devant toi. Monde Numérique : [23:42] Ça, c'est une vraie innovation qui fait beaucoup moins gadget que, c'est vrai, dans un sens que quand on parle d'IA, de trucs, d'assistants intégrés, etc., etc. Mais, et c'est amusant parce qu'en fait, on parle de lunettes qui sont initialement des dispositifs pour corriger la vue et qui, là, vont servir à corriger l'audition. Monde Numérique : [24:04] Donc, c'est plutôt sympa. Invité : [24:05] Non, mais Jérôme, je t'ai coupé la parole tout à l'heure, mais je veux t'entendre sur la robotique parce que toi, t'aimes beaucoup. Monde Numérique : [24:11] Oui, j'aime beaucoup. Je trouve qu'il s'est passé des trucs intéressants. Pareil, en 2025, moi, j'aime bien dire que 2025, c'est un peu quand même l'an 0 ou l'an 1 de la robotique humanoïde. Pareil, j'ai demandé à mes amis des chatbots ce qui s'était passé cette année. Et il y a eu une trentaine de nouveaux modèles qui ont été présentés ou annoncés, etc. Donc, une trentaine, c'est quand même énorme. Évidemment, grosse poussée chinoise, on l'a vu. mais pas seulement. Les Américains, nous, les Français... Poussé et atterrissage russe, oui. On en avait parlé, de ce pauvre robot russe qui s'est cassé la figure. Monde Numérique : [24:53] Écoute, il ne faut pas se moquer. Après, je trouve qu'il y a un truc intéressant parce qu'on ne sait pas où on va avec cette histoire-là. On dit que ça va arriver plus vite que prévu, ce qui est sans doute vrai. Peut-être dans les foyers, dans les familles. Cette année quand même commercialisation du premier robot humanoïde, en tout cas en précommande pour 20 000 ou 30 000 dollars je crois, 20 000 dollars, donc ça va arriver plus vite que ce qu'on croyait, et en même temps je me demande si on ne va pas être déçu, et je lisais une interview d'un roboticien, ou en tout cas l'inventeur du robot aspirateur Roomba, alors on peut rire et pas, dire que ce n'est pas la même chose, aspirateur et humanoïde. Mais c'est quand même intéressant, c'est un monsieur qui a beaucoup de recul et il dit ça ne marchera jamais, en fait. Il n'y croit pas parce qu'on va mettre, on va avoir un niveau d'exigence trop élevé, c'est-à-dire qu'un robot humanoïde, il a une allure humaine et on pense qu'on va pouvoir lui demander tout ce qu'on demande à un humain. Et ce ne sera pas possible. Il faudra des dizaines d'années pour lui apprendre aussi bien à serrer des boulons dans une usine qu'à vider le lave-vaisselle, qu'à porter. Monde Numérique : [26:11] À soulever un bébé sans le couper en deux, à ne pas se casser la figure, à ne pas être dangereux. Et surtout, je pense que c'est ça, les fabricants de robots n'en parlent jamais, jamais. Mais la question de la sécurité, elle est hyper importante et aujourd'hui, il n'y a aucun robot qui est capable, qui peut être introduit même commercialement dans un foyer parce que c'est un outil dangereux. C'est un truc qui va être très dangereux. Donc, voilà, c'est un truc à suivre. Invité : [26:40] Tu as un des fabricants, j'ai oublié le nom, un des fabricants chinois qui a développé et qui va mettre en ligne un App Store d'applications que tu vas pouvoir télécharger et mettre dans ton robot. Et ça va dans tous les sens, incluant des cours de Kung Fu. Je m'excuse, mais si pour s'amuser, tu as un robot et tu as un jeune enfant qui commence à challenger le robot de la maison pour faire du Kung Fu. Moi, je donne pas cher du petit jeune qui va recevoir un coup de pied d'acier en plein visage. Et c'est pour ça qu'il y a tout un pan au niveau de la sécurité physique qui n'est pas abordé. Mais de l'autre côté, c'est clair qu'on va être déçu parce que je t'écoutais puis tu me faisais rire. Déjà qu'on est déçu d'humain... Je te fais rire. Monde Numérique : [27:27] C'est bien déjà. Invité : [27:28] Ben oui, ça arrive souvent quand tu parles, par tes propos. Mais c'est ça. Déjà qu'on est déçus dans la maisonnée par des jeunes adultes à qui on demande de faire la vaisselle, de faire le lave-vaisselle, de faire la lavage, de ranger leur chambre. Alors, même si nos enfants ne sont pas capables de le faire, imagine de demander à un robot. C'est certain qu'on va être déçus, ça ne sera pas fait. Monde Numérique : [27:54] Oui, sauf que ce ne sera pas le même problème. Invité : [27:57] À le même niveau de déception. Monde Numérique : [27:58] Non, parce que l'enfant, il saurait très bien le faire, mais il ne veut pas. Tandis que le robot, il voudrait tout à fait, mais il ne saura pas. Invité : [28:05] Alors, entre les deux, ton cœur balancera. Monde Numérique : [28:08] Eh oui. Bon, Bruno, de quoi parles-tu dans ton carnet cette semaine? Invité : [28:13] Écoute, je te mentionne deux sujets. Un, je parle avec Jean-Baptiste Martinelli, qui est un des créateurs, je pense qu'on pourrait dire, d'une des premières IA québécoises. Et l'IA s'appelle Matania. Matania. Un clin d'œil à la belle ville de Matane, en Gaspésie. Et puis, c'est quelque chose de gros, quelque chose de solide, quelque chose qui pourrait faire une différence au Québec. Et puis, sinon, je parle avec la personne qui a marqué la scène médiatique au Québec cette année. Et c'est une jeune femme, Alexandre Lé, qui a lancé, il y a quelques mois, il y a six mois, Elle explique. C'est un peu la Hugo des cryptes québécoises. et elle a fait vibrer les colonnes du temple parce qu'elle a quitté Radio-Canada en se disant, je n'arrive pas à faire mon boulot, je n'arrive pas à intéresser les jeunes dans ce contexte-ci. Alors moi, je veux partir de mon côté. Et puis maintenant, elle diffuse sur la plupart des réseaux sociaux. Elle va passer le cap des 200 000 abonnés. Invité : [29:18] Ça fonctionne très bien. Elle a du financement de partenaires. Et donc, c'est vraiment elle qui a marqué l'année. Puis je me suis dit, tiens, faisons, On passe 20 minutes ensemble pour revoir ces six mois de démarrage avec finalement une chef d'entreprise de nouveau genre. C'est fort intéressant comme discussion. Monde Numérique : [29:37] Bon, Bruno, je remets mon chapeau de Noël, donc. Et on se met dans l'ambiance. Et je te souhaite un joyeux Noël et une très bonne fête de fin d'année. Invité : [29:50] Pareil chose à toi et à tes auditeurs. Et puis, je te remercie pour cette année qu'on a passé ensemble comme ça, semaine après semaine. C'était vraiment chouette de t'accueillir dans mon carnet. Et je te souhaite le meilleur pour ta petite pause de deux semaines. Mais après, on se remet au boulot en direct de Las Vegas. Monde Numérique : [30:04] – Oui, plaisir partagé, mon cher Bruno. J'étais ravi de passer cette année avec toi. Je pense que les gens qui nous écoutent aussi, si on en croit, à la fois les chiffres d'audience et les retours, et donc on pense à vous et merci à vous tous qui nous écoutez. Merci pour votre fidélité. Vous qui nous écoutez de part et d'autre de l'Atlantique, c'est l'originalité de ce rendez-vous qu'on va reconduire l'année prochaine, je crois. Invité : [30:25] – Je pense que oui, si nos agents respectifs arrivent à s'entendre. Monde Numérique : [30:30] – Oui, exactement, ça va négocier dur. Allez! Invité : [30:33] – Salut! Monde Numérique : [30:34] Bonne fin d'année à tous. Salut, salut. Invité : [30:36] Et salut le Père Noël de notre part. Bye. Monde Numérique : [30:39] J'y vais. J'ai encore du boulot. Il y a des cadeaux à emballer et tout ça. Pas fini. Invité : [30:57] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [31:07] Et ne ratez pas la semaine prochaine l'intégrale de ce débrief transatlantique avec Bruno, où on aborde vraiment tous les sujets en profondeur, également disponible en vidéo. Dans la deuxième partie de cette émission, la parole à un ancien commando de marine, un militaire qui ne l'est plus et qui a eu l'idée d'inventer un système pour détecter les drones. On va également, avant cela, faire le bilan de l'année sur deux registres. La cybercriminalité avec mon partenaire EZ, et puis avant cela de manière plus globale sur toutes les grandes tendances qui ont irrigué cette année 2025 avec Capgemini. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez mon numérique hebdo premium sur Apple Podcast ou Spotify, sinon retrouvez-les en épisode séparé long format la semaine prochaine sur toutes les plateformes. Bonjour Patrice Duboé. Invité : [32:05] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [32:07] Directeur de l'innovation pour l'Europe du Sud chez Capgemini. Ravi de vous accueillir à nouveau dans le monde numérique pour ce rendez-vous mensuel en partenariat avec Capgemini. Patrice, c'est la fin de l'année, c'est donc l'heure des bilans, tout naturellement. Et du haut de votre tour de contrôle, vous avez observé tout ce qui s'est passé en 2025. Vous avez aussi des idées sur ce qui va se passer en 2026. D'abord, si on doit faire un peu un bilan de l'année écoulée, quelles sont les grandes tendances à retenir ? Invité : [32:37] Alors, une année très, très riche en termes d'innovation et de technologie. Il serait difficile de conclure 2025 sans parler de l'IA, de l'IA générative et surtout des agents. Ils sont enfin arrivés, ils sont déployés. Donc, nous avons plein d'usages et l'un de ceux, je pense, qui est le plus déployé, c'est aider les call centers, par exemple, les centres de support des entreprises pour essayer de trouver une réponse précise à des cas récurrents qui reviennent. Donc, on a l'exemple dans une industrie où on a 40 ans de tickets, de supports qui ont été enregistrés. Ça peut être de la data, des images, des rapports. Et dès qu'il y a un nouvel appel qui arrive, en fait, on décrit le cas et l'outil va aller regarder dans les dizaines de milliers de cas et va ressortir en fait les causes possibles. Et aujourd'hui, cet outil est déployé sur des milliers de personnes, donc c'est vraiment à l'échelle et c'est ça qui est important aujourd'hui et ça permet de gagner 25% de productivité sur le temps de recherche des solutions. Donc voilà un cas très concret aujourd'hui qui est de plus en plus déployé. Monde Numérique : [33:46] Alors l'IA, les agents, il y a un domaine aussi qui a avancé, semble-t-il, c'est le quantique, l'informatique quantique. Invité : [33:56] Toujours beaucoup de recherches. Pourquoi le quantique nous permet d'aller plus loin, d'aller plus vite, de faire plus de calculs ? On voit les applications immédiates, la météo. Aujourd'hui, on est passé d'une prévision à quelques jours, à pratiquement deux semaines. Pourquoi ? C'est des simulations de modèles qui sont très consommateurs de données. Et le quantique va permettre d'aller encore plus loin, de faire plus de simulations encore plus rapidement. Ça, c'est pour le bon côté des choses. Également dans la recherche scientifique pour la médecine, la recherche pour le cancer, c'est des choses qui sont vraiment très très douables et qui vont nous aider dans le côté plutôt dark sombre la cyber aujourd'hui les malfrats attendent aussi avec grande impatience, le jour où le quantique va permettre de casser les clés de cryptage qu'on utilise aujourd'hui parce que nos ordinateurs n'ont pas la capacité à casser des clés de 128 ou de 158 8 mais lorsqu'on On va arriver avec le quantique et le post-quantum crypto. C'est le jour, l'heure, la minute à laquelle les ordinateurs quantiques pourront casser ces clés. Donc ça, aujourd'hui, c'est très suivi par toutes les entreprises. Donc, on se doit de faire attention et de prévoir les protocoles que l'on doit mettre en place et qui seront, eux, résistants aux ordinateurs quantiques. Donc, beaucoup de recherches aujourd'hui dans ces domaines avec plein d'applications dans différents métiers. Monde Numérique : [35:16] On a beaucoup parlé également de robots cette année. On a l'impression qu'ils ont fleuri un peu partout, surtout en Chine, il faut bien le dire. Invité : [35:26] Oui, il n'y a pas de surprise. On sait que tous les grands leaders des fabricants de robots et maintenant des humanoïdes, donc les robots à forme humaine, commencent à déployer dans les entreprises. Alors, pas forcément pour remplacer tous les agents, tous les ouvriers dans les entreprises. Monde Numérique : [35:44] Ce n'est pas encore au point à ce niveau-là, mais la perspective est prometteuse. Invité : [35:48] Non, après, ce n'est pas au point, ce n'est pas forcément la cible. Aujourd'hui, on veut vraiment aller détecter les tâches difficiles, les tâches dangereuses. On a parlé dans un précédent épisode des humanoïdes déployés dans des zones nucléaires, par exemple. On n'a pas envie d'envoyer un humain pour aller faire une réparation. Mais c'est le cas aussi peut-être dans des usines d'assemblage de véhicules automobiles où, en fait, on préfère avoir des robots qui vont faire des tâches complexes, pas forcément adaptées à l'humain, et remettre l'humain à des places qui sont un peu plus faciles pour notre condition. Monde Numérique : [36:24] Alors, il y a une préoccupation dont on parlait déjà l'année dernière. Est-ce qu'elle a été prise en compte cette année ? C'est tout ce qui concerne la question environnementale, Patrice. Invité : [36:35] Le sujet est toujours d'actualité. Ce qui change, c'est un petit peu les engagements des entreprises. On l'avait vu avant l'IA Générative et après, où beaucoup d'entreprises ont dit surtout dans les data centers, dans les leaders de ces modèles IA, ils ont dit, on doit entrer nos modèles, donc on doit consommer beaucoup d'énergie, donc on va repousser un petit peu nos engagements pour devenir net zéro, carbone neutral. Néanmoins, la problématique, elle est toujours là. On en a vu pour preuve, par exemple, aux États-Unis, la data center Valley qui a tellement de besoins de demandes dans de nouveaux data centers pour héberger entraîner ces modèles d'IA générative qu'on arrive à une pénurie d'électricité. Donc aujourd'hui, il y a un retard sur le fait d'accorder des droits de construction pour des nouveaux data centers parce qu'on est en limite et il faudrait peut-être commencer à rationner justement l'électricité par rapport à ces immenses data centers. Donc aujourd'hui, c'est encore plus d'actualité, comment faire la part des choses, comment continuer d'un côté à avoir des modèles moins consommateurs en énergie et donc en électricité et d'un autre côté, comment réussir à répartir ça sur un territoire. On a vu des nouvelles centrales nucléaires qui se remettent en marche avec des usages exclusifs pour les data centers. Donc, c'est toujours d'actualité, ça va le rester dans les années qui suivent. Monde Numérique : [37:56] En matière d'automobiles, d'automobiles autonomes, de voitures autonomes, de véhicules électriques, etc., est-ce qu'on peut dire que 2025 a été une année, intéressante ou finalement, c'était plutôt un plateau et ça ne vient pas assez de spécial ? Invité : [38:11] Je pense que c'est une année vraiment charnière, surtout en Europe. Pourquoi on peut illustrer ça avec trois faits marquants ? Le premier, c'est les véhicules électriques sont chinois. Voilà, c'est définitif. On le voit aujourd'hui, les parts de marché, elles sont énormes. Vous voyez des véhicules BYD. Monde Numérique : [38:27] On l'a vu arriver, ça fait quand même plusieurs années. Invité : [38:30] Vous les voyez dans les rues, ils sont partout, ils maîtrisent la batterie, les usines. Sur le côté y a embarqué, si vous avez eu la chance d'aller à San Francisco, vous avez pu monter à bord des taxis Waymo qui sont autonomes, autonome, sans aucun taxi driver. Donc ça, c'est impressionnant. On voit l'avance, là aussi, des US sur l'entraînement de ces modèles. Et puis en Europe, il y a quelques jours, une décision assez forte. Il avait été décidé que les moteurs terminaient thermique se terminait en 2035, machine arrière, la Commission européenne a décidé de mitiger, cette contrainte et donc les véhicules hybrides seront autorisés vu qu'il faut diminuer la consommation non plus de 100% mais de 90%. Et ces 10% sont très importants, ça veut dire qu'on fait un pas en arrière et peut-être avant d'en faire deux. Donc là on voit très bien que l'Europe est en position difficile et se laisse un peu de temps pour réfléchir et voir comment réagir pour essayer de ramener, cette industrie en Europe. On a vu Vercors qui a inauguré sa nouvelle usine à Valenciennes, mais il va falloir aller plus loin. Monde Numérique : [39:37] C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, cette décision concernant les véhicules thermiques en Europe qui vont continuer à être autorisés ? Invité : [39:44] Je ne sais pas si je suis en position de juger cette décision, en tout cas les pragmatiques. Monde Numérique : [39:49] Tout dépend de quel côté on se met. Invité : [39:50] Exactement, je pense qu'industriellement, l'Europe n'est pas prête, donc c'est peut-être aussi une possibilité de continuer d'avancer, mais en préservant les emplois. Parce que si on décide de supprimer tous les moteurs thermiques en 2035, il y a beaucoup d'usines qui vont fermer en Europe. Donc, c'est peut-être un équilibre à trouver. Monde Numérique : [40:06] Merci Patrice Duboé, directeur de l'Innovation pour l'Europe du Sud, chez Capgemini. Invité : [40:10] Merci Jérôme. Monde Numérique : [40:19] Bonjour Benoit Grünemwald. Invité : [40:21] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [40:22] Expert cybersécurité chez Eset. On se retrouve pour ce rendez-vous en partenariat avec EZ, entre EZ et Monde Numérique. Pour parler, cette semaine, c'est la période qui veut ça. On va faire un petit peu le bilan de l'année écoulée. Et Benoît, si on devait regarder dans le rétroviseur en matière de cybercriminalité cette année 2025, qu'est-ce qu'il faut en retenir ? Invité : [40:44] Eh bien, moi, je retiendrai qu'il y a eu un certain nombre, pour ne pas dire un nombre certain, de fuites de données, des fuites de données qui ont touché à la fois des entreprises, mais également des fédérations françaises de sport, à peu près plus d'une dizaine, et que ça a touché également des services paraïtatiques, je pense à Page Emploi ou encore à France Travail. Monde Numérique : [41:05] Oui, avec un impact vraiment très conséquent. Les chiffres des piratages, France Travail, etc. France Travail qui a essuyé même plusieurs fuites de données. C'est des proportions qui donnent un peu le tournis. Invité : [41:18] Oui, des proportions très grandes. Et surtout, ce qui peut être un point d'interrogation, c'est quand on a une fédération telle que la Fédération française de foot, on a forcément des adultes, mais on a aussi des adolescents, voire des enfants. Alors, si pour les enfants, les parents, généralement, mettent leur propre adresse e-mail, pour des adolescents qui vont peut-être recevoir des e-mails d'hameçonnage, on peut se poser la question de la façon dont ils vont réagir, de la façon dont on doit, nous, les sensibiliser, les protéger. Et ça, au vu des fuites de données, on peut se poser la question de 2026 quant, pourquoi pas, à la création de bases qui vont faire une sorte de profil sur des personnes et vu l'ampleur des fuites de données, je pense qu'on peut dire que quasiment tout le monde, pas loin de tout le monde, a été touché en 2025. Monde Numérique : [42:07] C'est-à-dire que tout le monde a été touché en 2025, mais on n'en subira les conséquences qu'en 2026 ? Invité : [42:13] Parce qu'il va falloir le temps que les cybercriminels s'organisent. Il semble qu'il y ait d'ailleurs des cybercriminels plutôt spécialisés dans la récupération de ces informations et la création de bases. Alors, on sera forcément ciblé par des emails qui vont faire du spam, de l'hameçonnage sur tout un chacun. Mais il y a certainement des bases de données et des profils qui vont être sortis quand on voit que la Fédération française de tir contient un certain nombre de licenciés qui peuvent être soit des personnes tout à fait normales, on va dire, des citoyens des anonymes, des citoyens lambda mais également des personnes des forces de l'ordre si on arrive à recouper toutes ces informations, on peut, notamment grâce à l'intelligence artificielle établir des profils et dans ce cas là on le voit, certains ont reçu la visite de faux policiers est-ce lié directement à la fuite de cette base de données les enquêtes le diront parce que ça arrive, ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais il y a certainement un effet qui va permettre de voir s'il y a une corrélation entre ces événements. Monde Numérique : [43:14] C'est-à-dire que là, on sort du champ purement virtuel et numérique et on s'aperçoit qu'il y a des passerelles véritablement avec le monde réel, entre guillemets, ce qui est pour le moins effrayant. Alors, vous parlez de l'IA. Est-ce que 2025 a été une année tournant en matière d'utilisation de l'IA par les cyberattaquants ? Invité : [43:36] Oui, parce que, donc là, on est fin décembre. Si on me demandait en novembre, par exemple, quel est l'usage de l'intelligence artificielle et notamment pour écrire des logiciels malveillants par les cybercriminels, eh bien, il y a encore un mois, je vous aurais dit, c'est simplement des tests où ça sert à faire une réécriture sur des petits morceaux de code, mais pas toute l'intégralité du code. Et ça, ça a drastiquement évolué, déjà entre l'été 2025 et la fin de cette année où des chercheurs ont trouvé des logiciels qui ont la capacité de se réécrire partiellement ou complètement grâce à l'intelligence artificielle et notamment par quelque chose que l'on n'avait pas vu avant, c'est l'utilisation d'API, c'est-à-dire que le logiciel malveillant est déployé, il arrive sur le poste de la victime et une fois qu'il est sur le poste de la victime, il va discuter avec une intelligence artificielle qui elle est sur un serveur contrôlé par l'attaquant et lui poser des questions pour savoir si ce qu'elle a trouvé sur la machine de la victime est intéressant, est-ce qu'elle va le chiffrer, est-ce qu'elle va l'envoyer, est-ce qu'elle va l'exfiltrer, est-ce qu'elle va le détruire ? Et là, on voit qu'il y a un stade qui a été passé par les cybercriminels dans l'utilisation de ces outils. Reste à savoir si on est principalement sur des proof of concept, c'est-à-dire des tests, ou si c'est vraiment bien utilisé. Invité : [44:57] En tant que défenseur, j'ai quand même tendance à dire que mes laboratoires voient en ces logiciels pour l'instant un début de fonctionnement et que malgré tout, on arrive quand même à très bien les identifier et donc les bloquer. Monde Numérique : [45:10] D'accord, ça c'est plutôt une bonne nouvelle. Au chapitre de l'IA au service de la cybercriminalité, il y a eu cette tentative, cette utilisation massive et importante de l'agent Claude, qui a été détourné par un groupe de pirates pour des actions à mauvais escient. Invité : [45:33] Exactement. Alors, c'est un rapport d'Enthropic qui dit que les agents de Claude ont été utilisés pour une attaque presque en un clic, en faisant en sorte que des agents fassent ce qu'ils savent faire de mieux, c'est-à-dire qu'ils s'enchaînent. Et à chaque étape, ils avaient demandé aux cybercriminels ce qu'ils pensaient des résultats pour pouvoir avancer et être guidés. Donc là, on voit un peu comme les dark factories qui fonctionnent sans personne, que l'IA peut, elle aussi, amener des cybercriminels à faire des attaques assez évoluées avec des agents et donc avec assez peu d'interactions humaines. Monde Numérique : [46:11] Oui, parce que le principe, c'est vraiment de demander à l'IA de faire des choses pour nous. Et alors, en plus, ils avaient découpé tout ça en petites tranches, je crois, pour que ce ne soit pas trop repérable, etc. Invité : [46:21] Tout à fait. On sait qu'une attaque, c'est à peu près 13 étapes qu'il faut enchaîner pour réussir, de l'analyse de la cible au premier pas dans l'entreprise, jusqu'à la découverte de ce qu'il y a dans l'entreprise. Et puis, la charge utile, on va dire, l'exfiltration, le rensongiciel, et bien grâce à ces agents plutôt spécialisés, ils ont découpé effectivement ces tâches, ce qui leur permettait au fur et à mesure de ne pas avoir finalement à coder, c'est-à-dire qu'à un simple clic, et puis là le premier agent dit j'ai trouvé ça, est-ce que ça vous intéresse ? Oui, on continue. Le deuxième a dit je vais tenter de l'attaquer comme ça, très bien, très bonne idée, essaye ça. Et puis en fait, il n'y a plus forcément de code, c'est l'agent qui va réaliser les opérations et les enchaîner. Monde Numérique : [47:04] Benoît, est-ce qu'on peut imaginer que l'IA, Alors, ce n'est pas exactement ce que vous décrivez finalement, mais si on se projette un peu, on a peur que l'IA tue des emplois, remplace certains professionnels, etc. Est-ce que l'IA pourrait mettre au chômage les cyber malfaiteurs ? Invité : [47:23] Il n'y a aucune raison pour que ce que l'on va voir arriver du côté légal ne se produise pas du côté illégal, ce qui veut dire que les moins bons et ou ceux qui n'utiliseront pas l'intelligence artificielle se verront très certainement dépassés par les techniques que nous mettons en place, nous défenseurs, qui seront plus robustes et qui vont demander à être, à ce qu'ils soient eux attaquants, plus performants. Et donc, s'ils n'arrivent pas à se mettre au goût du jour, et ce fameux jeu du chat et de la souris prend encore plus de sens dans la période que nous vivons, si eux-mêmes n'arrivent pas à se mettre au goût du jour, il y a de fortes chances pour qu'ils aient de plus en plus de mal à réussir leurs attaques. Monde Numérique : [48:02] Merci, Benoît Grünemwald, expert cybersécurité chez Eset. Invité : [48:06] Merci, Jérôme. Monde Numérique : [48:14] Bonjour Louis Saillans, je suis ravi de vous recevoir dans Monde Numérique, vous avez un profil peu banal, puisque vous êtes ex-commando de marine, vous avez opéré dans les forces spéciales au sein des commandos d'élite français. Mais ce n'est pas pour ça que je vous reçois, parce que sinon, je pense que l'émission tournerait court assez rapidement. C'est pour nous parler de votre startup qui s'appelle Askalon Industries et qui a mis au point une technologie anti-drone à base d'intelligence artificielle, de capteurs acoustiques, etc. On sait que les drones, c'est devenu un élément majeur de la guerre moderne. On a bien compris maintenant qu'il fallait en avoir et il fallait aussi pouvoir s'en protéger. Donc en quoi consiste votre système ? Invité : [49:00] En fait c'est un système qui est basé sur des réseaux de senseurs qui écoutent en permanence l'environnement et qui sont capables de dire grâce à un ensemble de filtres et à une IA de manière extrêmement fine s'il y a des drones dans l'environnement ou pas, donc l'avantage de ça c'est qu'en fait c'est des senseurs qui sont déployables à grande échelle puisqu'ils ont un coût en comparaison des systèmes un peu équivalents, c'est-à-dire on voit beaucoup de radars, de détecteurs, radiofréquences. Ça, c'est des systèmes qui coûtent relativement cher, tandis que nous, en fait, on a des coûts qui sont beaucoup plus abordables. Donc, l'idée, c'est de pouvoir offrir un peu ces services-là à toutes sortes d'industries qui auraient besoin. Mais aussi avec une capacité de détection beaucoup plus forte, puisque comme c'est un réseau de capteurs déployés, on peut déployer les capteurs n'importe où, surtout dans les endroits où il y a un vrai besoin. Donc, par exemple, là, on parle avec des aéroports. Eux, leur gros enjeu, c'est sur les bouts de pistes, puisque c'est là où les avions atterrissent et décollent à basse vitesse et donc sont peu manœuvrants. Donc, voilà, la présence d'un drone pourrait être critique pour le décollage ou l'atterrissage. De quoi ils ont besoin d'avoir les oreilles, j'ai envie de dire, à cet endroit-là, pour avoir une très forte certitude de savoir qu'il n'y a pas de drone et que le trafic peut se passer sereinement. Monde Numérique : [50:25] Oui, c'est ça. Ce sont vraiment des oreilles qui écoutent tous les bruits et qui, grâce à l'IA, arrivent à dire ce bruit-là, au loin, en fait, c'est un drone. Invité : [50:34] Oui, alors c'est ça qui est drôle, c'est que l'acoustique, souvent, quand on le présente, les gens prennent ça comme une technologie un peu old school, ce qui est un peu le cas parce que c'est une vieille technologie l'acoustique mais la réalité c'est qu'aujourd'hui avec les outils qu'on a on peut faire des choses absolument incroyables et alors il se trouve que pour l'histoire du projet les premiers à avoir utilisé l'acoustique dans la guerre de manière un peu célèbre c'est les c'est les sentinelles qui étaient sur londres sur les immeubles à londres en 1942 et, et qui écoutaient avec des dispositifs acoustiques, des espèces de tromblons acoustiques, ils écoutaient les bombardiers qui arrivaient, et ça leur permettait d'anticiper un peu, de prévenir les gens et de sonner l'alerte. Et donc, il se trouve que peu de temps... Monde Numérique : [51:19] Et puis, on sait que c'est ce qui se passe aussi dans les sous-marins. Invité : [51:22] C'est exactement. Alors, les sous-marins, c'est un domaine dans lequel ils n'ont jamais décroché de l'acoustique, puisque c'est un des seuls moyens de navigation qu'ils ont et de détection. Mais pour revenir à l'exemple historique, en fait l'acoustique est tombée un peu en déçuétude on va dire avec l'émergence d'autres technologies comme le radar notamment, mais le problème de l'acoustique c'est que c'est une donnée qui voyage très lentement, paradoxalement par rapport à d'autres ondes donc le son c'est environ 300 mètres secondes, tandis que la lumière c'est beaucoup plus rapide et en fait ce qui est intéressant c'est que on a complètement décroché de l'acoustique dans la guerre aérienne à partir du moment où les avions ont commencé à aller très vite parce que comme ils allaient très vite ils allaient à des vitesses qui étaient supérieures. Invité : [52:10] À 1000 km heure en fait une fois qu'ils étaient vous savez c'est le syndrome, du jardin de l'avion dans le jardin c'est à dire que on l'entend mais il est déjà passé, Patriceon sort dans le jardin on regarde le bruit qu'on a entendu et en fait le ciel est clair il n'y a pas d'avion il est déjà passé c'est déjà fini donc ce qui fait que l'acoustique est tombée complètement en déçue pour la détection d'objets aériens et c'est revenu quand on a eu ces nouveaux drones qui finalement ne volent pas à 1000 km heure mais plutôt à 200, 300 voire 100 km heure voire 50 km heure qui sont assez lents paradoxalement parlant, et à ce moment là ils arrivent vers des seuils de vitesse qui sont en dessous de la vitesse de propagation du son et donc on peut les entendre avant qu'ils n'arrivent et donc c'est là où ça redevient intéressant et pertinent. Monde Numérique : [52:53] Alors je l'ai dit vous avez donc un parcours qui n'était pas du tout prédestiné à faire ce genre de choses j'imagine comment est-ce qu'on passe de commando de marine à entrepreneur à innovateur comment l'idée vous est venue et comment ça se passe. Invité : [53:07] En fait moi j'étais dans des unités dans lesquelles on faisait beaucoup d'innovation c'est à dire qu'on a toujours on l'a aidé moi je fais partie de petites unités, qui était très débrouillable. On n'avait pas toujours beaucoup de support. Il fallait qu'on parte parfois très vite dans des endroits très isolés. Et quand vous partez vite dans un endroit isolé, souvent, vous vous retrouvez dénué de certains moyens. Alors, ça peut être des éléments élémentaires, des moyens pour faire la cuisine, des moyens pour transmettre des informations, etc. Et donc, on a toujours été excellent dans le système D, le fameux système D, à se débrouiller, à fabriquer, à prototyper, à tester. Et puis, ça, c'est le premier point. Et le deuxième, c'est que les gens ne savent pas trop, mais quand l'industrie de défense innove, quand il y a des innovations, en fait, ils le font tester à certaines unités dans l'armée, parmi lesquelles les opérateurs des opérations spéciales. Et donc, moi, toutes les semaines, de ma carrière dans les départs sociaux. Toutes les semaines, on avait du nouveau matériel qui arrivait, qui était là en test. On faisait des comptes rendus pour dire, voilà, la nouvelle lunette de vision nocturne, ce qu'on en pense, le nouveau brancard, le nouveau véhicule, etc. Et on avait un dialogue comme ça avec le centre d'innovation. Donc, j'ai toujours été baigné un peu dans un esprit d'innovation, de challenge aussi. Et puis, du coup, l'entrepreneuriat, ça a un peu présenté à moi de manière naturelle, on va dire, dans la continuité un peu de cet esprit de challenge, de vouloir tester des choses et de pousser les choses. Monde Numérique : [54:34] Vous étiez comme un journaliste hot-tech ou un YouTuber qui teste des téléphones, mais vous, c'était des trucs pour faire la guerre. Invité : [54:40] Oui, c'était très marrant parce que je me souviens très bien. J'en parlais récemment avec des amis. On était très durs avec le matériel. Moi, je me rappelle très bien le matériel qu'on nous avait donné. Un industriel était venu nous présenter un matériel dans une petite valise. Monde Numérique : [54:54] On peut dire ce que c'est ou pas ? Invité : [54:58] Je ne me souviens même plus du contenu. Parce qu'on testait beaucoup de matériel. Je crois que c'est un système de transmission léger qu'on baladait dans une valise. Vous savez, ces grosses valises noires renforcées en plastique. Et je me souviens très bien, un des gars discutait avec l'industriel, en tout cas le responsable technique, et lui disait, est-ce que c'est solide ? Est-ce que ça marche ? Est-ce qu'on peut le balader dans la valise ? Et on était à bord d'un bateau lorsqu'on faisait des essais et on était en train de rentrer dans le port. Et le gars lui dit « Oui, oui, il n'y a aucun problème, tout est très solide. » Il prend la valise, il la ferme et le commando la jette par-dessus bord sur le rivage où il y avait des gros cailloux brise-lames. Et donc, la pauvre valise va s'exploser sur les cailloux. Elle est restée en un morceau et le commando s'est tourné vers le technicien et lui a répondu « On va voir. Monde Numérique : [55:55] » Ah oui, c'est carrément du crash test. Invité : [55:56] C'était un peu du crash test on était assez durs parce que quelque part nous on utilisait le matériel pour notre survie il fallait que ça tienne donc on avait pas trop d'enjeux de commercialisation moi j'ai appris tout ça après, et en rétrospectif je me rends compte qu'on était très très durs avec le matériel on était intransigeants on était intransigeants mais quelque part c'était bien aussi parce que ça nous permettait d'avoir un certain degré d'exigence qui est important pour la suite. Monde Numérique : [56:20] Et vous avez vu des bonnes choses comme ça du coup. Invité : [56:22] ? ouais on avait du super matériel en gros tout le matériel qui a ensuite été distribué souvent à l'échelle de l'armée française, voire même à l'échelle de l'OTAN. Parfois, on voyait les premiers modèles arriver chez nous. Et donc, ça nous permettait de tester les lunettes panoramiques, les divisions panoramiques, les nouveaux flingues. Alors après, on voyait beaucoup de matériel qui ne passait pas, justement, le seuil du prototypage. Et donc, c'était quand même intéressant de voir ce que les gens essayaient. Mais... Mais ouais on a vu plein de trucs après il y a du matériel dont je ne peux pas parler parce que pour le coup c'était des matériels un peu sensibles qu'on utilisait encore qui ne sont pas grand public donc c'est des matériels très spécialisés, mais ouais c'était toujours très excitant ça faisait partie un peu du boulot parce qu'il y avait le côté, guerrier on va dire le côté militaire où on s'entraînait à faire la guerre puis il y avait ce côté innovation à côté où il fallait parfois faire des comptes rendus de décès, ils discutaient avec les techniciens ils essaient de comprendre le besoin il fallait arriver aussi à leur exprimer donc ça c'était un jeu intéressant. Monde Numérique : [57:29] Qu'est-ce qu'il y a de plus difficile c'est de faire des missions comme ça ou de monter une start-up et de commercialiser un produit. Invité : [57:35] ? Alors c'est marrant parce que je me suis posé la question l'autre jour et en fait j'ai, en unité il y a un truc qui est quand même pas mal c'est qu'il y a quand même, il n'y a pas vraiment d'efforts isolés c'est-à-dire qu'on est vraiment en groupe, et on est toujours en train de travailler en unité, en groupe. Donc, il y a un gros phénomène de groupe que moi, j'aime beaucoup et qui nous permettait en fait d'être solide et de se reposer les uns sur les autres et ça, j'aimais beaucoup parce que c'était très stimulant et voilà. Et après, il y avait des moments stressants mais c'était des moments avec un stress très aigu à un moment, voilà, pendant une mission, on est très, très, très stressé à un segment ou à plusieurs segments puis après, ça passe et puis on passe à autre chose et puis la routine entre guillemets revient de l'entraînement et je me rends compte dans le monde civil et le monde de l'entrepreneuriat en tant que startup, c'est un stress qui est moins fort donc les pics sont moins élevés mais il y en a tous les jours et donc tous les jours j'ai en moyenne une très bonne nouvelle Invité : [58:37] et tous les jours j'ai une très mauvaise nouvelle Invité : [58:40] Merci Beaucoup Louis Saillans cofondateur de la startup Askalon Industries, C'est la fin de cet épisode de Monde Numérique L'Hebdo, le dernier de l'année 2025. Et oui, comme elle est passée vite cette année, j'étais ravi de la passer avec vous, vous qui êtes de plus en plus nombreux à écouter ce podcast, et je vous en remercie. Continuez, soyez fidèles, on sera là l'année prochaine, bien entendu. Parlez-en à vos amis, incitez-les à s'abonner aussi, et puis vous le savez, vous pouvez vous abonner à la newsletter et consultez également le site mondenumérique.info. Et puis toujours, au risque de me répéter, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire et des étoiles plein les yeux, notamment sur Apple Podcast. Monde Numérique : [59:37] La semaine prochaine, donc pas d'hebdos, mais d'ici là, Monde Numérique continue avec la semaine prochaine les interviews en version intégrale à ne pas rater. Et puis entre Noël et Jour de l'An, des petits épisodes spéciaux que je suis en train de vous concocter. On reviendra encore sur les temps forts de l'année à tout point de vue on s'intéressera aussi au vocabulaire de la tech les nouveaux mots qui sont apparus en 2025, et puis bien sûr pour épancher votre soif de podcast pendant cette période des fêtes et bien n'oubliez pas de vous abonner au podcast Maisons Connectées, by Monde Numérique déjà 6 épisodes disponibles sur les éclairages connectés, les protocoles de communication, les box domotiques les interrupteurs, les assistants vocaux et d'autres épisodes qui arrivent. C'est la nouveauté de ces derniers mois pour les auditeurs de Monde Numérique. Rendez-vous le 3 janvier avec quelques petites nouveautés et on embrayera directement sur le CES de Las Vegas. Je vous souhaite très bonne fête de Noël, pleine de tech, je l'espère pour vous. Salut !
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