Cette semaine, focus sur les turbulences judiciaires des géants de la tech, notamment Meta et Google. On parle également de souveraineté numérique française et de sécurisation des données par la blockchain.

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Encore une semaine chargée dans le monde merveilleux de la tech !
Entre procès XXL pour Google et Meta, rumeurs de réseau social chez OpenAI, et ambitions françaises pour un cloud (vraiment) souverain, l’actu numérique ne ralentit pas. Heureusement, le podcast Monde Numérique est là pour tout décrypter — avec sérieux, mais sans se prendre trop au sérieux. Voici un petit tour d’horizon. Hop, c’est parti !
🏛️ Meta et Google face à la justice américaine
Google a été reconnu coupable de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la publicité numérique et risque un démantèlement de ses services publicitaires. Meta, de son côté, est accusé d'avoir étouffé la concurrence en rachetant WhatsApp et Instagram, un procès historique pour abus de position dominante.
🇪🇺 Meta veut entraîner son IA avec nos données
Meta souhaite utiliser les données personnelles des Européens pour entraîner son IA, mais se heurte au RGPD et à une levée de boucliers des régulateurs. Le groupe joue sur l’“intérêt légitime”, une interprétation controversée qui impose aux utilisateurs de s’opposer eux-mêmes via un formulaire discret.
🧠 OpenAI lance deux nouveaux modèles "raisonnants"…
OpenAI a dévoilé O3 et O4 Mini, deux modèles d’IA capables de raisonnement à partir de textes et d’images, marquant une avancée vers une intelligence plus contextuelle. Ces modèles peuvent, par exemple, planifier ou diagnostiquer en plusieurs étapes comme un humain.
🌐 …et se rêve en réseau social
OpenAI pourrait se lancer dans les réseaux sociaux, à l’image d’Elon Musk qui intègre déjà son IA Grok dans X. L'idée s'inscrit dans une convergence entre IA et plateformes sociales pour créer des contenus interactifs et vérifier l'information.
🇫🇷 Le retour du cloud souverain
Le gouvernement français veut relancer le cloud souverain pour s’affranchir des géants américains, mais en est encore à la phase d’observation. Le projet se heurte à des enjeux budgétaires et à l’échec partiel du précédent “cloud de confiance” en 2021.
⚖️ Un avatar IA dans un tribunal américain
Un homme de 74 ans a comparu au tribunal via un avatar généré par IA, préférant cette méthode pour gérer son anxiété. La juge n’a pas apprécié et a interrompu l’audience, révélant que l’IA a encore du mal à s’imposer dans les prétoires.
📰 IA et journalisme, mariage forcé ?
L’intelligence artificielle devient un outil incontournable pour les rédactions débordées, en automatisant des tâches répétitives et en aidant à la création de contenu. Malgré les craintes d’hallucinations, elle est perçue de plus en plus comme un facilitateur, notamment pour les titres, la veille et l’optimisation des formats.
🇪🇺 Jamespot : alternative française à Microsoft
La société Jamespot propose une suite collaborative souveraine en concurrence avec Microsoft et Google, mettant l’accent sur l’indépendance stratégique. Alain Garnier, son PDG, déplore que les solutions européennes soient trop peu connues malgré leur croissance.
🧩 Visions et les Data Spaces pour des IA souveraines
Mathias De Bièvre (Visions) promeut les “Data Spaces” pour un partage sécurisé et souverain des données non publiques, essentielles aux IA de demain. Ces espaces agissent comme des autoroutes de la donnée en Europe, avec des accès filtrés et interopérables.
🔐 Div Protocol : sécuriser les données avec la blockchain
La startup Div Protocol, fondée par trois jeunes de moins de 21 ans, propose un protocole de stockage décentralisé des données, résistant aux menaces du quantique. Contrairement aux clouds traditionnels, elle garantit que l’utilisateur reste le seul détenteur de ses données.
Bonne écoute !
Monde Numérique :
[0:11] Meta, Google au tribunal, ça chauffe pour les GAFAM aux Etats-Unis. On ne rigole pas avec les abus de position dominante. On va voir ça en détail dans ce nouvel épisode de Monde Numérique.
Monde Numérique :
[0:25] Pendant ce temps-là, de notre côté de l'Atlantique, Meta veut entraîner ses IA avec les données personnelles des Européens. Mais ça coince à cause de la réglementation. Alors comment se protéger ? On va tout vous expliquer. Enfin dans l'actu également, OpenAI lance deux nouveaux modèles d'intelligence artificielle, des modèles qui résonnent mesdames et messieurs, en tout cas c'est la promesse, et puis la maison mère de Chachepiti aimerait bien créer un réseau social. Comme chaque semaine on retrouvera aussi Bruno Guglielminetti à Montréal pour d'abord évoquer cette séquence très judiciaire pour les géants de la tech, Et puis, on parlera aussi d'intelligence artificielle et de journalisme. Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews, alors que la France veut relancer un cloud souverain pour reprendre son indépendance vis-à-vis des États-Unis. Gros plan sur des sociétés françaises qui proposent déjà des alternatives aux solutions américaines. Vous découvrirez Jamespot, qui fournit des outils de travail collaboratifs pour les entreprises. Vision, qui plaide pour une vision, celle des data space, afin d'exploiter les données tout en les protégeant. Et enfin, on découvrira une start-up très Web3 qui développe un outil de sécurisation des données grâce à la blockchain. Et tenez-vous bien, ces créateurs n'ont même pas 20 ans. Bref, une actu chargée cette semaine encore. Heureusement, vous avez choisi le bon podcast pour tout savoir et tout comprendre.
Invité :
[1:54] Monde numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[1:58] Salut, salut, c'est l'hebdo de Monde numérique du 19 avril 2025. C'est incravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode. L'hebdo, c'est chaque samedi 50 minutes de news et d'interviews consacrés aux meilleurs de la tech, disponibles sur toutes les apps de podcast et sur YouTube. Monde numérique, c'est le podcast des innovations comme Frogan, partenaire de cette émission. Frogan, c'est cette technologie française innovante de diffusion de contenu sur Internet, un peu comme des widgets, mais compatibles avec toutes les plateformes et beaucoup plus interactifs. La particularité de Frogan, c'est qu'il s'agit d'un véritable web alternatif sous forme de standard ouvert, utilisable gratuitement par tous. Frogan est déjà implanté en France, aux Etats-Unis et en Chine. Et pour aller plus loin dans son développement, la société F2R2, qui est au cœur de cette innovation, lance actuellement une offre de titres ouverte au public. Ça veut dire que si vous souhaitez investir vous-même dans une innovation française unique en son genre, vous pouvez acquérir des actions F2R2. Pour souscrire, c'est simple, il suffit d'aller sur le site f2r2.fr. Et pour en savoir plus sur Froganz, retrouvez l'interview du fondateur Alexis Tamas sur le site mondenumérique.info ou sur la chaîne YouTube de Monde Numérique.
Monde Numérique :
[3:15] On commence par un tour d'horizon de l'ActuTech de la semaine et notamment ce gros coup sur le museau, sur la tête de Google. Le géant américain de la recherche en ligne, qui est surtout en fait un géant de la publicité en ligne, vient d'être reconnu coupable aux États-Unis de pratiques anticoncurrentielles. Jeudi dernier, la justice américaine a livré son verdict dans ce procès intenté par le DOJ, le département américain de la justice, concernant la suite d'outils ad tech de Google, c'est-à-dire les technologies au service de la pub et notamment le système d'enchères qui permet aux annonceurs d'acheter des mots-clés pour y associer des publicités, etc. La juge a estimé que Google avait sciemment dominé le marché des ad tech, causant des dommages importants à ses concurrents. Alors, il risque aujourd'hui bien ni plus ni moins, avec un tel jugement, un démantèlement de ses services publicitaires. C'est une grande victoire pour l'application des lois antitrust, c'est félicité le chef de la division antitrust du DOJ, mais rien n'est joué car Google a annoncé qu'il allait faire appel, évidemment. Google estime que si les annonceurs choisissent ces outils, c'est parce que, tout simplement, ce sont les meilleurs, simples, abordables, efficaces, etc.
Monde Numérique :
[4:29] En tout cas, conséquence de cette décision, un impact sur les cours boursiers des concurrents de Google, mais un impact positif, puisque plusieurs valeurs telles que The Trade Desk, Magnite ou Criteo ont vu leurs cours boursiers prendre immédiatement quelques points. Comme quoi, le malheur des uns fait bien souvent le bonheur des autres.
Monde Numérique :
[4:51] Et cette semaine aussi, une autre affaire judiciaire en cours, c'est celle qui touche Meta, le groupe de Mark Zuckerberg. On en parlait déjà la semaine dernière, ça y est, ça a démarré, donc lundi 14 avril, Zuckerberg lui-même a comparu devant le tribunal à Washington. Et là encore, on peut parler d'un procès historique. En plus, c'est pour les mêmes raisons des accusations d'abus de position dominante. En gros, Facebook, enfin Meta, est accusé d'avoir tué la concurrence des réseaux sociaux en rachetant WhatsApp et Instagram, d'avoir fondamentalement manipulé l'expérience offerte par l'application Instagram pour éviter de cannibaliser Facebook, qui était plus rentable à l'époque. Zuckerberg, donc, à la barre, a été interrogé, notamment sur un mémo de 2011 dans lequel il s'inquiétait de la faible performance de son application de partage de photos face à Instagram. Et du coup, c'est à ce moment-là qu'il aurait décidé de la racheter. Meta se défend en disant que d'une part, il n'a pas tué la concurrence, puisqu'il y a encore aujourd'hui Snapchat, Miui et surtout TikTok. Et puis, en rappelant qu'à l'époque, ces rachats d'Instagram et de WhatsApp n'avaient pas été empêchés par les autorités américaines. Bref, des procès en long cours qui s'annoncent. Ça devrait durer près de deux mois. On reviendra sur ces deux affaires d'ailleurs, tout à l'heure dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti.
Monde Numérique :
[6:12] Et en ce qui concerne Meta, l'actualité est également européenne, car le groupe de Mark Zuckerberg n'est pas seulement occupé au tribunal, il est également en train de déployer ici en Europe son outil d'intelligence artificielle Meta AI, qui doit être intégré aux différentes plateformes du groupe. Mais pour rendre son IA plus performante, Meta a une idée, il veut entraîner ses modèles directement sur les données personnelles des Européens. Et oui, on parle donc de vos posts Facebook, de vos commentaires, de vos photos, de vos descriptions de voyage ou même de vos réactions sous les posts de vos amis sur Facebook, Instagram, etc. Ce qui, évidemment, n'est pas sans poser certains problèmes. Alors, pour faire le point en détail sur cette affaire, j'accueille cette semaine encore Lino Tovena. Salut Lino.
Invité :
[6:59] Salut.
Monde Numérique :
[7:00] Lino que l'on retrouve désormais dans la partie actu de Monde Numérique. Alors, dis-nous tout, Lino, est-ce que ça veut dire que nos publications, nos données personnelles vont se retrouver au vu et au su de tout le monde via l'intelligence artificielle ?
Invité :
[7:13] Alors non, Jérôme, pas encore, heureusement. Mais elles peuvent servir à l'entraîner. C'est-à-dire que l'algorithme va les analyser pour mieux comprendre la langue, les références culturelles, les habitudes. Bref, apprendre à parler comme les Européens, à penser comme nous. L'idée de Meta, c'est de rattraper ses concurrents, OpenAI avec ChatGPT et Google avec Gemini. Pour ça, il leur faut des données locales et ça tombe bien, mais tu en as plein sur ces réseaux.
Monde Numérique :
[7:37] Donc ça part d'un bon sentiment d'un côté. C'est pour que les IA soient vraiment adaptées aux utilisateurs européens, mais est-ce que c'est vraiment légal, puisque en Europe, on sait qu'on ne plaisante pas avec les données personnelles ?
Invité :
[7:48] Alors c'est la question qu'on se pose, et c'est là que ça coince aussi un petit peu. En Europe, on a le RGPD, ce règlement très strict sur la protection des données. Il dit clairement qu'on ne peut pas utiliser les données personnelles pour entraîner une IA sans le consentement des utilisateurs. Mais Meta joue sur une exception, l'intérêt légitime. En gros, l'entreprise dit que c'est nécessaire pour améliorer ses services. Sauf que c'est une interprétation contestée, d'autant que Meta ne demande pas vraiment notre consentement. Elle nous en informe, et si l'on ne veut pas que nos données soient utilisées, c'est à nous de dire non. Et ce refus, il faut aller chercher via un formulaire pas forcément simple à trouver.
Monde Numérique :
[8:21] C'est ce qu'on appelle de l'opt-out. En fait, on est inscrit de force, mais on a le droit de se désinscrire. Si on trouve le bon lien, Lino, est-ce que ça va concerner tout le monde en Europe ?
Invité :
[8:31] Alors non, pas tout à fait. Meta précise que les comptes des utilisateurs de moins de 18 ans ne sont pas concernés et que les messages privés, par exemple sur WhatsApp ou Messenger, ne seront pas utilisés non plus.
Monde Numérique :
[8:40] Et donc, les autorités européennes qui veillent au grain, autant le dire, ne sont franchement pas très chaudes face à ce projet.
Invité :
[8:47] Oui, effectivement, elles commencent à réagir justement. La DPC irlandaise, c'est-à-dire le régulateur des données personnelles en Irlande, où est basée Meta en Europe, a déjà freiné le projet une première fois en 2024. A l'époque, Meta avait dû faire machine arrière. Aujourd'hui, l'entreprise revient à la charge en assurant avoir fait les ajustements nécessaires, mais nouvelle enquête n'est pas à exclure et les défenseurs de la vie privée, comme l'ONG None of Your Business, c'est pas vos affaires en français, dénoncent une stratégie volontairement compliquée pour empêcher les gens de s'opposer efficacement à l'utilisation de leurs données.
Monde Numérique :
[9:17] Alors concrètement, si on veut éviter que nos données soient utilisées, comment fait-on ?
Invité :
[9:24] Alors, bonne nouvelle, on peut déjà dire non, ça c'est sûr, Meta a commencé à envoyer des mails à ses utilisateurs européens pour les prévenir, mais pas besoin d'attendre ce mail, il suffit d'aller sur une page dédiée, accessible sur le site du géant américain. Là, vous vérifiez que l'adresse mail affichée est bien la vôtre, normalement c'est automatique, et puis vous validez. Et quelques minutes plus tard, vous recevez un mail de confirmation, voilà, c'est fait. Ce refus n'empêche pas d'utiliser les outils d'IA de Meta, il bloque juste l'exploitation de vos données pour l'entraînement. Par contre, petit bémol, si vos amis ne font pas la même démarche, vos interactions avec leurs publications pourraient quand même être récupérées. Alors, si vous êtes pointilleux quand on parle de données personnelles, c'est le moment de cliquer et peut-être aussi d'envoyer le lien à vos amis.
Monde Numérique :
[10:04] Merci pour le conseil, Lino Tovena. Et à très bientôt dans l'hebdo.
Invité :
[10:08] À très bientôt.
Monde Numérique :
[10:12] Et toujours du côté de nos amis les intelligences artificielles, il y a du nouveau du côté d'OpenAI cette semaine. La startup américaine a encore lancé deux nouveaux modèles de langage, joliment baptisés O3 et O4 Mini. Particularité de ces nouveaux modèles, tenez-vous bien, selon OpenAI, ils sont capables de raisonnement. Alors de raisonnement à la fois à partir de textes, ça c'était déjà le cas en fait avec certains précédents modèles, mais également à partir d'images. C'est carrément l'innovation de la semaine, parce que qu'est-ce que c'est qu'une IA qui résonne, et en plus par rapport à des images ? En fait, ça veut dire qu'elle ne se contente pas de répondre comme ça, par réflexe du tac au tac, mais elle va analyser, comparer.
Monde Numérique :
[10:58] Déduire de ce raisonnement ce qu'elle doit faire, un peu comme le ferait un humain quand il réfléchit. En fait, ça veut surtout dire que le modèle décompose le problème en plusieurs tâches, s'il s'agit d'un problème complexe, comme par exemple planifier un itinéraire en tenant compte de plusieurs contraintes, ou diagnostiquer des pannes, des problèmes techniques à partir de symptômes, etc.
Monde Numérique :
[11:21] Alors, ChatGPT, qui pourrait peut-être devenir un réseau social, ou en tout cas donner naissance à un réseau social ? C'est la dernière rumeur, en tout cas dans la Silicon Valley, peut-être plus qu'une rumeur en réalité, car le PDG Sam Altman l'a évoqué publiquement. Ce n'est pas absurde sur le principe, parce que d'abord, OpenAI a de grandes ambitions. On le voit tous les jours ou presque. Et puis, ce qu'on voit également, c'est comment Elon Musk, lui, a clairement réussi le mariage entre X et Grock, son outil d'intelligence artificielle. Grock est utilisé pour créer du contenu sur X, mais surtout également pour vérifier des informations. Et puis, comme un chatbot d'intelligence artificielle classique, on va dire, et notamment sur l'effet d'actualité, il n'est carrément pas trop mauvais. Oui, je sais, c'est X, ça peut surprendre, mais c'est vrai. Alors, il s'est entraîné pour ça sur les millions de conversations auxquelles il a accès du fait de la plateforme X. Et puis, toujours dans le même domaine, on voit que chez Meta également, Facebook, Instagram, Threads, etc. Ils ont également ce chatbot d'IA qui est en train de se mettre en place. Il y aurait donc visiblement une convergence logique entre intelligence artificielle et réseaux sociaux. et c'est peut-être ce qui expliquerait que OpenAI ait également envie de s'y intéresser.
Monde Numérique :
[12:41] Pendant ce temps-là, en France, de quoi parle-t-on ? Eh bien, on parle de cloud et de cloud souverain. C'est revenu sur le tapis cette semaine. Un cloud souverain, c'est-à-dire une offre de stockage et de calcul dans des data centers qui seraient réellement français, bien français, sans mainmise américaine. L'idée n'est pas nouvelle, mais elle est ressurgie dans la bouche de la secrétaire d'État au numérique, Clara Chappaz. Alors, la guerre commerciale avec les États-Unis, les tensions internationales actuelles, motive évidemment cette volonté d'indépendance numérique. Cela dit, il y a encore un peu loin de la coupe aux lèvres, parce que pour l'instant, le gouvernement se contente de créer un observatoire de la souveraineté numérique pour évaluer la situation. Car évidemment, tout cela coûterait forcément quelques dizaines de millions, voire plus d'euros.
Monde Numérique :
[13:31] Il s'agit d'y réfléchir à deux fois avant d'y aller. Il faut rappeler qu'il y avait déjà eu un projet de cloud souverain en 2021 qui associait des acteurs français et américains, Orange, Microsoft, Google, Thales, ce qui fait que du coup, ça avait plutôt été rebaptisé cloud de confiance au lieu de cloud souverain. Le problème reste le même. Il s'agit de s'émanciper un peu des outils américains qui sont ultra dominants au niveau mondial, ce qui pose des problèmes et y compris des problèmes juridiques dans certains cas. On va en reparler tout à l'heure avec notamment l'un de mes invités, car c'est un point très, très important. Comment développer la souveraineté numérique ? C'est bien beau de le dire, mais ensuite, il faut passer à l'acte et ça, c'est plus compliqué.
Monde Numérique :
[14:14] Et on termine par une affaire plutôt insolite qui s'est déroulée aux États-Unis le 26 mars dernier devant la première division du département judiciaire d'appel de New York. Un justiciable qui comparaissait devant le tribunal s'est fait représenter par un avatar généré par intelligence artificielle. C'était un monsieur de 74 ans qui avait été autorisé à assurer sa défense tout seul dans un litige contre un ancien employeur. Mais plutôt que de prendre la parole lui-même, il a décidé d'avoir recours à cet avatar, cette solution technologique. parce qu'a-t-il expliqué qu'il était anxieux et il avait peur de ne pas être clair dans ses explications. Donc, il a projeté au tribunal une vidéo d'un avatar, un personnage plus jeune et qui s'exprimait parfaitement bien, avec un discours parfaitement construit et sans évidemment la moindre émotion. L'idée n'était peut-être pas si mauvaise que ça, en fait. Mais le problème, c'est que ça n'a pas du tout plu à la juge qui a interrompu la projection et qui a estimé que ça ne devait pas se faire. Le monsieur a dû s'excuser. Bref, l'IA n'est pas encore prête d'entrer dans les prétoires, même aux États-Unis.
Invité :
[15:28] Le débrief transatlantique.
Monde Numérique :
[15:30] Le débrief transatlantique. Salut Bruno Gugliel-Miletti.
Invité :
[15:33] Salut Jérôme Colombat.
Monde Numérique :
[15:34] Bruno, cette semaine, on a l'impression que nos amis les GAFAM, c'est-à-dire les géants de la tech, se prennent un peu une douche froide avec une grosse, grosse séquence judiciaire. C'est d'abord Meta qui est devant ses juges, Mark Zuckerberg qui doit s'expliquer sur le rachat de WhatsApp, d'Instagram, est-ce que ça a contribué à étouffer la concurrence. Et puis, plus récemment, c'est Google qui également vient de se prendre une décision assez violente, également pour des accusations de position monopolistique. On a l'impression que finalement, ils sont plus fragiles qu'ils en avaient l'air, ces géants de la tech.
Invité :
[16:11] Oui, parce que tout ça se passe dans un contexte où on avait l'impression que maintenant, les grands patrons des GAFAM étaient les plus grands copains du président américain et qu'ils étaient à l'abri ou des enquêtes du Congrès ou des poursuites ou des enquêtes du ministère du Commerce. Ben non, il faut croire que, mais bon, ça n'a pas été entamé la semaine dernière non plus. Je pense à Google, l'histoire, ça faisait longtemps que ça roulait. C'est le deuxième jugement dans ce domaine-là. Puis dans le cas de Facebook, l'enquête avait démarré en 2020.
Monde Numérique :
[16:46] 2020, oui.
Invité :
[16:46] Et puis, donc, c'est pour dire qu'il y a un contexte presque historique à cette histoire-là, mais donc, on est en train, justement, cette semaine, puis tu vas bien le rappeler, de voir deux géants être ramenés devant les élus à essayer d'expliquer ce qu'ils ont fait. Dans le cas de Facebook, évidemment, c'est d'avoir acheté Instagram et WhatsApp plutôt que de vivre avec leur concurrence. Ils ont tout simplement décidé de mieux les acheter que d'essayer de lutter contre eux. Alors, évidemment, c'est une pratique anti-trust ou anti-monopolistique. Qui est douteuse, et là, c'était le temps de venir expliquer cette démarche-là.
Monde Numérique :
[17:31] C'est une pratique plutôt monopolistique, tu veux dire?
Invité :
[17:34] Oui, oui, pardon, oui. Et donc, c'est ça, et c'est donc les lois anti-monopolistiques qui font le décor de ça, qui sont la toile de fond de cette histoire-là. Puis, de l'autre côté, on est encore aussi avec un autre géant, je pense à Gogo, qui, lui, pour une deuxième fois, se voyait ramener devant les juges parce que l'été passé, en août 2024, ils avaient été reconnus de pratique monopolistique. Et là encore, cette semaine, on voit que c'est en Virginie que ça s'est passé. Encore une condamnation pour, d'une part, pratique monopolistique dans le contexte de Chrome, où il n'y a que lui qui règne dans ce contexte-là. Puis aussi, c'est toute la création d'un écosystème pour s'assurer que les annonceurs allaient être autant dans l'environnement de Google qu'aussi à l'extérieur sur le web, allaient être tributaires du bon vouloir et de la mécanique de Google. Parce que je te rappelle qu'ils ont acheté DoubleClick à une certaine époque. Ils étaient les gros joueurs de la publicité sur le web en général. Et que là, Google et DoubleClick, quand tu mets tout ça ensemble, tu as un bon pourcentage de la la toile ou des bannières qui sont disponibles dans l'écosystème.
Monde Numérique :
[18:50] C'est une machine de guerre.
Invité :
[18:51] Oui, c'est une machine de guerre. Alors là, bref, ils se disent, il y a un moment donné, le gouvernement a dit peut-être que ça suffit. Alors là, ils ont été trouvés coupables. Mais là, il reste à voir quelles seront les conséquences. Du côté du gouvernement américain, on demande carrément à ce que Google soit retiré de Chrome Et donc, que par défaut, on puisse choisir notre moteur de recherche dans l'environnement du furteur Chrome. Puis de l'autre côté, qu'il y ait la partie vente de publicité qui soit retirée de Google, qui soit vendue à quelqu'un d'autre. Je suis bien curieux de savoir qui va acheter ça. Est-ce que ça sera Apple? Est-ce que ça sera Elon Musk? On ne sait pas. Mais évidemment, pour Google, c'est comme tirer le tapis en dessous des pieds.
Monde Numérique :
[19:38] Mais c'est intéressant parce que finalement, ça rappelle quand même la réalité américaine. Effectivement, on laisse grandir des géants, on laisse des entreprises devenir comme ça absolument monstrueuses, incontournables, mais il y a une ligne jaune avec laquelle on ne transige pas aux États-Unis. C'est le monopole, la position monopolistique, et ça depuis toujours.
Invité :
[20:04] Tout à fait.
Monde Numérique :
[20:05] Avant, c'était Microsoft, on s'en rappelle, au début des années 2000, et encore avant, AT&T, donc dans les télécoms, et il y avait encore eu des précédents au début de la révolution industrielle, avec les compagnies de chemin de fer, avec les compagnies d'électricité.
Invité :
[20:20] Avec Rockefeller qui avait payé le prix.
Monde Numérique :
[20:22] Voilà, tout à fait. Donc, c'est le capitalisme dans toute sa splendeur. Non mais c'est comme ça que ça fonctionne le capitalisme c'est-à-dire qu'on a l'impression que c'est tout et n'importe quoi, mais non, c'est du laisser-faire on laisse le marché, mais attention, il y a quand même quelques règles, et notamment celles-là, et c'est pas la peine de faire 10 000 règlements préventifs. En revanche, le jour où on vous prend la main dans le pot de confiture, la justice se met en branle, et là, on vous pardonne pas.
Invité :
[20:50] Qui que vous soyez.
Monde Numérique :
[20:54] Autre sujet, Bruno, j'ai lu sur ton blog cette semaine, sur mon carnet, ça s'appelle mon carnet, mais c'est ton carnet.
Invité :
[21:01] Oui, merci de le préciser.
Monde Numérique :
[21:02] .blog, c'est ça l'adresse. .com. Bref, parce que c'est bien plus qu'un blog, c'est un vrai site d'actualité et d'information c'est un empire exactement fais gaffe à la position monopolistique ouais.
Invité :
[21:15] Mais j'achète personne là.
Monde Numérique :
[21:16] Ça fait que moi c'est tout ça m'étonnerait pas que t'essayes de m'acheter, à défaut de m'acheter et donc t'as fait un article sur les rapports un peu compliqués entre l'intelligence artificielle et les médias et les journalistes alors c'est pas pour parler boutique et pour parler uniquement de sujets qui nous touchent, nous, professionnellement. Mais c'est parce que les médias, ça concerne tout le monde. Et donc, c'est super intéressant. C'est compliqué, les rapports entre l'IA et les rédactions.
Invité :
[21:49] Que tu dis. Et c'est intéressant parce qu'il y a eu notamment, puis c'est un peu le cœur de mon papier, il y a eu des gens qui se sont rencontrés cette semaine. C'était un webinaire qui se passait en ligne, « AI Trends and Journalism » en 2025. Et l'idée là-dedans, c'était de voir comment c'était, quel était le rôle. C'est drôle parce que juste avant qu'on se parle, j'étais avec un étudiant qui est en train de faire sa maîtrise et qui parle justement, qui s'intéresse à l'utilisation de l'IA par les médias. Et puis, c'est un peu l'explication que je lui donnais. Je vais essayer de simplifier l'histoire parce que ça durait une heure avec lui. Mais l'idée là-dedans, c'est que finalement, l'intelligence artificielle, c'est plus un luxe, Ce n'est plus un gadget, c'est désormais une question de survie pour les salles de rédaction.
Monde Numérique :
[22:38] Une nécessité.
Invité :
[22:39] Oui, parce que là, la compétition, peu importe où elle est, la compétition l'utilise. Et de plus en plus, puisqu'on demande aux gens, moi je me souviens quand j'ai quitté Radio-Canada, c'était l'époque où on demandait à un journaliste de faire son topo télé, son la version radio, la version pour le web et puis d'autres versions pour d'autres plateformes spécialisées en petits formats vidéo. Là, à un moment donné, la boucane commençait à sortir de la tête. Alors que ce même journaliste, il avait travaillé 20 ans plus tôt. On lui aurait dit, tu fais ton topo radio ou tu fais ton topo TV, ce qui lui laissait beaucoup plus de temps pour comprendre ces sujets. Et donc, on se retrouve dans un contexte où maintenant, on demande énormément aux équipes d'information, Et là, l'IA, j'en parle, puis je suis presque essoufflé. Et là, l'IA arrive en disant, mais ça peut être pas une bouée de sauvetage, mais un outil qui peut venir faciliter la vie.
Monde Numérique :
[23:32] Un facilitateur.
Invité :
[23:33] Exactement, des salles de rédaction. Et juste pour ça, c'est important. Puis après, c'est de voir comment on peut l'utiliser pour optimiser les produits qui sont créés par les salles de rédaction, pour donner de la valeur ajoutée, de monétiser ce contenu-là. Et c'est dans le sens où maintenant, il y a comme un consensus, puis bon, je ne parle même pas de l'agentique, des agents IA qui vont pouvoir être créés. Donc, il y a tout un nouvel écosystème qui peut se créer ou se juxtaposer aux salles de rédaction existantes qui fait en sorte que l'IA, ça doit être envisagé de façon très sérieuse. C'est plus quelque chose qui va passer et c'est plus un goût futile d'un journaliste ou d'une rédaction qui veut faire plus chic, plus neuve, plus moderne. Non, ça devient vraiment un outil qu'il faut absolument utiliser. Et c'est un peu ça. Je résume grossièrement, mais essentiellement, c'est ça la discussion. Et puis, d'ailleurs, je mets un hyper lien vers tout le webinaire qui est offert, qu'on peut écouter ou lire en ligne. C'est offert par le World Association of News Publishers qui font un bon topo. Puis, ça arrive au même moment où, en Italie, se tenait une rencontre, le Festival de journalisme. Et puis aussi, moi, j'écoutais les échos de ce qui sortait de la rencontre. Et l'IA est en train d'entrer dans les salles de nouvelles.
Monde Numérique :
[24:58] Mais c'est normal. C'est normal. Et ce qui n'est pas normal, c'est de ne pas accueillir cette entrée de l'IA, d'être uniquement sur les défensives. Et le problème, j'ai l'impression qu'on confond un peu la prise en compte des risques, parce qu'il y en a effectivement, avec l'adoption ou pas. Il faut savoir ce que peut faire l'IA. Effectivement, elle peut poser des problèmes. et le principal problème, notamment pour l'information. C'est-à-dire qu'au début, beaucoup de médias ont considéré que l'IA, c'était un générateur d'informations, c'était une sorte de Wikipédia interactif. Et puis, dès qu'on va sur ChatGPT ou autre, on s'aperçoit que parfois, il dit n'importe quoi. Donc là, oh là là, mon Dieu, ce n'est pas possible, on ne peut pas faire entrer un outil comme ça dans une rédaction.
Monde Numérique :
[25:48] Si c'est pour générer du contenu, il va générer n'importe quoi. C'est la fin des haricots. Mais on le sait, c'est le postulat, on le sait depuis 2023 que l'IA hallucine mais elle fait aussi plein d'autres choses elle peut réécrire des articles dans des formats divers elle peut servir à collecter de l'information il y a l'IA agentique dont tu parles qui va permettre d'automatiser des tas de process parce qu'il faut savoir que, Produire de l'information aujourd'hui sur des tas de canaux différents, c'est compliqué et c'est des tâches qui ne sont pas très valorisantes. C'est du copier-coller, c'est de la transformation, c'est du clic, c'est du machin, c'est de l'upload, c'est bête. Et là, effectivement, on attend beaucoup de l'IA.
Monde Numérique :
[26:32] Et moi, je l'ai vu ici en France, il y a eu quand même de la part des grands médias une attitude très prudente, mais plus que prudente. Un peu récalcitrante en fait par rapport à l'IA alors qu'ils auraient dû se jeter là-dessus après bon voilà moi je vais.
Monde Numérique :
[26:50] Qui aime bien châtie bien les médias sont très conservateurs, voilà, non mais c'est vrai c'est pas des entreprises basées sur l'innovation, c'est des gens des journalistes qui sont enfermés dans leur process etc et il faut pas changer, il faut surtout pas l'innovation, attention c'est dangereux on sait pas ce qui se cache derrière et tout. Donc, il n'y a pas... Enfin, moi, je l'ai vécu toute ma carrière à la radio.
Invité :
[27:13] Ben, écoute, Jérôme...
Monde Numérique :
[27:15] Quand j'ai commencé à faire des... Ouais, pardon, tu vois, quand j'ai commencé à faire des interviews en MP3, avec un téléphone, ou à me connecter de chez moi pour, voilà, me regarder avec des gros yeux, quoi.
Invité :
[27:24] Non, puis j'allais dire, pense juste à l'arrivée de l'Internet dans la salle de rédaction.
Monde Numérique :
[27:28] Ouais. Ah ben oui.
Invité :
[27:29] Ça, c'était le jour et la nuit. Moi, je me souviens encore de discussions que j'avais avec des journalistes qui mettaient pour la première fois leurs fesses devant le siège qu'ils donnaient à l'ordinateur, le seul ordinateur qui était branché au World Wide Web à l'époque. Et puis, ces gens-là utilisaient le web comme si c'était un fil de presse. Et il fallait leur dire que ce n'était pas un fil de presse. Ça te donnait accès à n'importe quoi. Et donc, il fallait que tu le traites comme un journaliste qui allait accéder à de l'information. Il fallait que tu valides. Il fallait que tu contre-valides ce que tu avais.
Monde Numérique :
[28:00] Il faut une approche critique. Il fallait une approche critique dès le départ. Et c'est exactement la même chose avec l'IA aujourd'hui. Alors après, bon, ça peut entraîner des changements de métiers, mais ça, on l'a déjà évoqué ensemble. On va peut-être tous devenir, pas seulement dans les médias, dans des tas de branches professionnelles, on va peut-être devenir de plus en plus des correcteurs d'IA, en fait. Notre boulot, ça va être de corriger les IA.
Invité :
[28:20] Mais c'est intéressant que tu dises ça, parce que j'expliquais à cet étudiant qui est en train de faire son doctorat que j'ai dit, moi, j'ai beaucoup plus un rôle de chef de section ou de pépitre ou de rédacteur en chef par rapport aux textes.
Monde Numérique :
[28:33] Ça, c'est ton côté militaire un peu. Oui, oui, tout à fait.
Invité :
[28:36] On n'est pas loin des États-Unis, c'est ça qui arrive. Mais donc, puis on est en guerre commerciale. Alors, évidemment, là, on se prépare.
Monde Numérique :
[28:43] Du coup, tu as remitréé, toi.
Invité :
[28:45] Exactement. Il est prêt, il est juste à côté. Mais donc, l'idée là-dedans, c'est que je suis beaucoup plus dans la correction, la supervision des textes qui peuvent être créés que de les rédiger moi-même. Ce qui permet de couvrir l'actualité de façon beaucoup plus complète et de rendre un produit qui est beaucoup plus attrayant et beaucoup plus complet que si je devais me taper toute la rédaction.
Monde Numérique :
[29:09] Oui, mais après, il y a des choses qui sont quand même surprenantes, il faut le dire. Je ne sais pas si toi, tu l'as constaté, parce qu'on ne va pas se cacher. Toi et moi, on écrit des articles avec des IA. Mais voilà, c'est avec les informations qu'on lui donne au départ, on repasse par l'arrière et tout. Mais il y a un truc étonnant, c'est que moi, plusieurs fois, il m'a sorti, par exemple, des titres qui étaient excellents.
Invité :
[29:29] Ah ben, des bavent énormes de titres que les miens.
Monde Numérique :
[29:32] Tout à fait, qui étaient bien meilleurs que ce que moi, j'aurais pu trouver.
Invité :
[29:35] Jérôme, à tous les jours, j'ai mon 120 secondes de tech. D'ailleurs, je vous invite à l'écouter. Et donc, le 120 secondes de tech, à tous les jours, moi, c'est fini de me casser la nénette de dire, parce que j'ai un sommaire, je dois trouver des titres pour chaque nouvelle pour annoncer le bulletin.
Monde Numérique :
[29:50] Et ça, c'est un métier, ça s'appelait dans le temps secrétaire de rédaction.
Invité :
[29:53] Oui, ou sinon, chez nous, on appelait ça un titreur.
Monde Numérique :
[29:55] Ou un titreur, oui, voilà. C'était un métier à part entière. C'est des gens qui faisaient que ça toute la journée, donc c'était des machines, ils étaient hyper bons.
Invité :
[30:01] Et moi, je suis tellement pourri à ça. Alors, tu as un spécialiste qui est là tous les soirs. Quand j'ai trouvé toutes mes nouvelles, je lui donne. Alors, génère-moi un titre pour chaque nouvelle. Et c'est toujours, puis évidemment, il est toujours généreux. Plus court. Et puis là, après, il me retravaille ça. Et ça fait des titres qui sont vachement accrochants.
Monde Numérique :
[30:21] La seule chose, c'est qu'il ne faut rien laisser passer sans avoir corrigé, regardé. Est-ce que c'est ce que je voulais dire, etc., etc. Bon, enfin, voilà. De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, mon cher Bruno?
Invité :
[30:33] Quelle question intéressante de ta part et intéressée. Je te résumerai mon podcast, cette édition-ci, à une seule entrevue. Mais quelle entrevue? C'est avec une des directeurs, directrices d'un livre qui est en train de sortir et qui parle de datafication de la société. Mais ça, parce que tu le sais, toi et moi, puis même les gens qui nous écoutent, on génère de la donnée. Mais là, c'est de voir comment la société est en train de se guérir, de s'orienter sur la datafication d'eux.
Monde Numérique :
[31:08] La data mène le monde.
Invité :
[31:10] Exactement. Et là, mais c'est de voir, c'est très intéressant de voir comment, au niveau du secteur public et au niveau du secteur privé, qu'est-ce que ça veut dire? Les bons, mais évidemment, les mauvais côtés de la chose. Il y a un bouquin qui vient de sortir et d'ailleurs, je donne le lien sur le descriptif de mon carnet. Il est offert gratuitement par les presses de l'Université de Montréal. Je trouve ça très généreux de leur part, mais c'est vraiment intéressant à lire. Aussi intéressant que l'autre livre dont je parle dans mon carnet cette semaine, « AI Snake Oil », qui est écrit par deux professeurs de Princeton, qui, eux, sont en train... C'est intéressant parce que le livre est sorti l'an dernier et le temps d'en parler, ils m'annonçaient qu'ils vont déjà écrire un nouveau bouquin. Mais c'est ce que l'IA est, ce que l'IA dit être, non, ce qu'on dit que l'IA est et finalement, ce que l'IA ne pourrait jamais être.
Monde Numérique :
[32:02] C'est beau.
Invité :
[32:03] C'est magnifique c'est leur titre traduit tu en parles tellement bien je te remercie, alors tout ça c'est dans mon carnet plus les collaborateurs réguliers salut Bruno.
Monde Numérique :
[32:14] À la semaine prochaine et Jérôme.
Invité :
[32:15] Peu importe où tu es sur cette planète je te salue et je te dis à la semaine prochaine salut Musique Musique Musique, Musique Monde numérique, le meilleur de la tech Musique.
Monde Numérique :
[32:38] On passe aux interviews de la semaine de Monde Numérique. Et on va parler de souveraineté numérique. On évoque beaucoup en ce moment la question de notre dépendance numérique, la dépendance de la France et de l'Europe à l'égard des Etats-Unis. Alors, comment reprendre notre souveraineté numérique ? Eh bien, des solutions existent. Et vous allez le comprendre avec mes invités, des entreprises françaises, peu connues, mais qui interviennent sur des secteurs clés, avec des outils pour répondre à ces préoccupations. Ces interviews sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde numérique hebdo premium sur Apple Podcast ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, longs formats, À la semaine prochaine sur toutes les plateformes de podcast. Bonjour Alain Garnier.
Invité :
[33:22] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[33:23] Vous êtes CEO de la société Jamespot, qui est une entreprise française spécialisée dans les solutions collaboratives pour les entreprises, les organisations, etc. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes un concurrent de Microsoft Office, Google Docs, Slack, enfin tous ces outils qui sont dans des tas d'entreprises et que beaucoup de gens connaissent ?
Invité :
[33:44] Mais oui, on peut le dire parce qu'effectivement, notre problématique, c'est de régler la question de la communication et de la collaboration, en particulier dans les entreprises, mais pas que, aussi dans les associations, dans les organisations, dans le secteur public, parce que le digital est partout. Donc, il vaut mieux travailler ensemble. Donc, nous, ce qu'on propose, c'est une suite complète qui permet de faire ça. Et c'est effectivement ce que font également les amis américains que tu as cités.
Monde Numérique :
[34:04] Finalement, on a l'impression qu'on est ultra dépendant des solutions américaines, mais vous êtes un petit peu la preuve qu'il y a des alternatives françaises, européennes, etc., et elles sont même déjà implantées.
Invité :
[34:16] Oui, complètement. Alors, est-ce qu'on est dépendant ? Oui. Quand on regarde les chiffres, aujourd'hui, on estime qu'il y a entre 80 et 90% des données des Français qui sont sur des serveurs américains. Donc ça, ça donne un peu le degré de la dépendance. Mais ensuite, effectivement, on n'est pas en mode, on n'est pas à poil et sans filet, si je puis me permettre. Justement, il y a des alternatives qui existent, qui sont déjà déployées et qui, quelque part, répondent à ces questions de souveraineté. Alors, souveraineté, c'est un terme qui, des fois, peut un peu choquer les gens parce que c'est un peu très politisé comme terme.
Monde Numérique :
[34:45] Oui, ça peut l'être, mais c'est vrai qu'en numérique, on commence à comprendre de quoi on parle.
Invité :
[34:50] En numérique, que ce n'était justement pas une question de souverainisme, c'est une question d'autonomie stratégique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut avoir la liberté de choisir et de ne pas être dépendant quand, par exemple, on a un acteur qui est justement, il y a plusieurs sujets derrière ça, augmentation de prix unilatéral. Ça, c'est quand même un problème. Là, beaucoup de consommateurs ont vécu ça, mais alors, et puis c'est 20%, 30% plusieurs fois par an. Deuxième chose aussi, c'est ce qu'on appelle les problèmes de loi extraterritoriale. Ça, c'est un sujet méconnu souvent par les gens. Il faut savoir que les États-Unis ont défini des lois qui font qu'ils peuvent agir en dehors de leur pays, extraterritorial, tout simplement parce qu'ils considèrent que les choses sont bonnes ou pas bonnes. Par exemple, on a vu Peugeot qui s'est vu interdire de commercer avec l'Iran parce que les États-Unis l'avaient décidé. On n'a jamais dit en Europe qu'on n'avait pas le droit de commercer, de vendre des voitures en Iran, mais les États-Unis l'ont empêché. Et là, c'est là où le problème des outils, c'est même le fait que ça soit vu dans les outils. par exemple, si vous échangez des mails sur un outil américain, les services de renseignement américains peuvent utiliser ça pour un procès contre vous. C'est ce qui est arrivé à la BNP, qui l'a payé plus de 10 milliards quand même pour ça. Donc, c'est ça, en fait, aujourd'hui, le problème auquel on fait face. Et puis, quand on a effectivement un Trump qui, tout d'un coup, dit « Et moi, je peux couper le son quand je veux », Et là, tout d'un coup, les organisations, les États se disent, là, on est en risque en plus de ceux qu'on avait déjà avant.
Monde Numérique :
[36:14] Mais alors, Alain Garnier, comment est-ce que vous expliquez que finalement, vous et puis d'autres entreprises, d'autres qui proposent des solutions françaises, souveraines, entre guillemets, soyez si peu connus, du grand public en tout cas, peut-être même des entreprises. C'est quoi ? C'est parce que vous êtes moins bon ? Vous êtes moins bon techniquement ? Vous êtes moins bon en communication ? Où est le problème ?
Invité :
[36:35] Alors, déjà, effectivement, on est clairement moins connus parce qu'on est moins déployés. Il y a un effet de cumulation. Les boîtes américaines, si on prend par Microsoft, vous avez cité la site 365. Pourquoi elle est connue ? Parce que c'est une boîte, je vous rappelle, qui fête ses 50 ans. Donc, ce n'est quand même pas une petite startup de l'année.
Monde Numérique :
[36:56] Deuxième... Word, Excel, etc.
Invité :
[36:57] Voilà, tout le monde utilise Word, Excel, PowerPoint. Donc, tout le monde connaît ces produits-là. Et quand elle a amené les gens dans le cloud, elle les a un petit peu forcés. Ou justement inciter avec en particulier le grand public. Et je rappelle, par exemple, qu'elle a donné gratuitement, si on regarde en France, la suite bureautique Microsoft à tous les étudiants gratuitement. Donc, ce qui se passe après, c'est que quand il y a un effet de marché, comme ils deviennent dominants, ils peuvent saturer l'espace de communication, donner des produits gratuitement. Donc, il y a une problématique de lutte anti-concurrentielle, d'ailleurs, et donc maintenir leur domination. Ce qui fait que les acteurs comme nous, tout simplement, On grandit, on a une croissance, mais on a encore une part de marché qui est faible. Mais par contre, qui part d'une position telle que de toute façon, on ne peut que grandir. Microsoft a quasiment saturé, par exemple, le marché de la collaboration, et par des pratiques d'ailleurs qui sont des fois un peu discutables. D'ailleurs, même Slack, par exemple, un autre Américain, a fait un procès à Microsoft parce qu'il y avait des pratiques anticoncurrentielles concernant Teams, le fameux outil de collaboration que tout le monde utilise dans les grandes entreprises.
Monde Numérique :
[38:06] Oui, qui a été intégré de force dans Office.
Invité :
[38:08] Exactement. Données gratuitement, intégrées de force et avec des effets même fonctionnels qui étaient que même quand vous vouliez mettre un lien de visio vers Zoom ou vers Jamespot, on mettait un lien Teams quand même par-dessus. Vous voyez, ça, c'est des pratiques.
Monde Numérique :
[38:20] Google fait pareil avec Calendar.
Invité :
[38:23] Ils ont là-dessus les GAFAM. D'ailleurs, Google, avant, avait un truc, c'était « don't be evil », « ne fais pas le diable », « ne fais pas le mal ». Et bizarrement, il y a quelques années, ils l'ont enlevé doucement, sans faire trop de bruit. Oui, c'est qu'ils ont commencé à se comporter de manière un peu négative.
Monde Numérique :
[38:38] Alors, il y a des retours de bâton aux États-Unis. Il y a des procès régulièrement. En ce moment, c'est Meta qui est sur le grill.
Invité :
[38:43] Tout à fait. Et à juste titre. Donc, à un moment donné, justement, moi, je suis vraiment de ceux qui ne disent pas « la fin justifie les moyens ». Je pense que c'est une très mauvaise chose qu'on ait des boîtes qui soient dominantes pour plusieurs raisons. D'abord, un, elles nous paupérisent. Deux, elles imposent un standard unique, qui, du coup, enlèvent la diversité et l'intelligence qu'il y a derrière. Tout le monde utilise la même suite bureautique. Dans ces cas-là, il n'y a pas l'intelligence à s'en servir. C'est la même chose. Alors qu'en fait, le génie humain dans une organisation, dans une entreprise, une association ou un État, c'est au contraire d'essayer d'imaginer des formes nouvelles et d'apporter de l'innovation. Ça, c'est ce qu'on fait, justement. Et je pense que c'est un discours aussi qui est tout simplement en train d'être entendu aujourd'hui.
Monde Numérique :
[39:22] Est-ce que, Alain Garnier, est-ce que vos clients potentiels sont trop frileux ? On dit souvent que les DSI, les responsables informatiques dans les entreprises, dans les grandes entreprises, jouent souvent la sécurité. Ils voient leurs copains qui ont pris du Microsoft, ils vont prendre du Microsoft pour rassurer leur CEO. Vous n'êtes pas victime de ça également ?
Invité :
[39:41] C'est un des facteurs qui fait que les dominants dominent, c'est très clair. Surtout qu'en Europe, on a un investissement qui est toujours un peu sous-évalué sur la question numérique. On continue à investir moins en R&D et en numérique. Donc, ce n'est pas seulement qu'une frilosité, c'est plutôt un état d'esprit par rapport à la question, justement, de se tourner vers l'innovation. Là aussi, je pense que les temps aussi sont faits pour être changés. L'Europe est en train de se réveiller et c'est aussi parce qu'elle a été un peu mise en tutelle que quelque part elle s'est endormie sur ses lauriers, sur ces questions-là. On voit bien qu'on est en train de réindustrialiser l'Europe et tout le monde l'appelle de ses voeux, même si c'est difficile. Mais justement, c'est ce réveil-là qu'on est en train de faire. Et moi, ce que je vois, à l'inverse, c'est des clients contents de passer à autre chose. Nous, aujourd'hui, on est à peu près à 30% de croissance en moyenne, si on regarde sur nos cinq dernières années. Quand on sait que la croissance française est de l'ordre de 1 ou 2%, on fait 10 fois plus, même 15 fois plus. Donc, quelque part, on a une croissance, on a une belle croissance. Effectivement, aujourd'hui, on paraît petit par rapport à ces gens-là, mais la croissance fait qu'un jour, Microsoft apparaissait à l'époque comme un petit dit. quand il est arrivé dans les années 80-90 aujourd'hui il est l'acteur qu'on connait la croissance c'est aussi appel la croissance ça c'est on.
Monde Numérique :
[40:58] Et finalement, le trumpisme est peut-être une bonne chose si ça conduit à une espèce de prise de conscience en Europe ?
Invité :
[41:04] Ça, des fois, quand je me le dis moi-même, ça me fait un peu mal au cœur que le mal produise du bien. Mais c'est vrai que c'est une opportunité pour l'Europe. Je pense que personne ne peut appeler de ses voeux des comportements comme ce qu'il peut faire. Mais en traitant l'Europe par le mépris, en nous montrant effectivement qu'on est en train de lui lécher le cul, pour reprendre le terme. Je suis désolé d'être aussi cru que lui.
Monde Numérique :
[41:28] Pour prendre son élégante expression.
Invité :
[41:29] Voilà, donc c'est lui qui l'a dit, donc je me permets de le répéter. Ben oui, à un moment donné, il y a un réveil et donc il est plutôt profitable. Et effectivement, ce qui se passe aujourd'hui, nous on voit plein de gens arriver, qui nous découvrent et qui ne nous connaissaient pas avant et qui disent « Ah mais c'est pas mal ce que vous faites ! » Voilà, donc effectivement, on est en plus très fiers de nos produits parce que clairement, on bosse pour ça et on a de l'expérience, on a des utilisateurs qui nous utilisent tous les jours. Et je ne suis pas le seul. C'est-à-dire qu'en plus, c'est un tissu industriel. Le numérique en France a une vraie capacité.
Monde Numérique :
[42:03] Oui, il existe. Il n'est pas assez connu. Il est en dessous du radar, mais il existe.
Invité :
[42:07] Mais il existe.
Monde Numérique :
[42:07] Merci beaucoup Alain Garnier, CEO, on va dire PDG en français.
Invité :
[42:12] Oui. Président.
Monde Numérique :
[42:13] Je suis président. Président, président. C'est exact. Fonction exacte. Président de Jamespot.
Invité :
[42:18] Merci.
Monde Numérique :
[42:25] Bonjour Mathias Debièvre.
Invité :
[42:27] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[42:28] Vous êtes fondateur et PDG de Vision, au pluriel, une entreprise spécialisée dans le traitement des données personnelles. Vous êtes également président de Prometheus X, qui est une initiative européenne pour le partage éthique et souverain des données. C'est vrai que la souveraineté, les données, on en parle beaucoup depuis plusieurs années, mais encore plus aujourd'hui, on va dire, dans un contexte plutôt tendu entre les États-Unis et l'Europe. Au fond, Mathias, pourquoi est-ce que les données numériques sont aujourd'hui à la base de tout ? En quoi est-ce aussi important ?
Invité :
[43:03] Aujourd'hui, l'IA, que ce soit le chat de Mistral, que ce soit le chat de GPT, Claude, etc., ils se sont entraînés sur toutes les données publiquement disponibles. Donc tous les articles, les pages web, Wikipédia, tout ce qu'on peut trouver en ligne. Et ça fait déjà une très très bonne base de connaissances qui fait que, si je lui pose une question sur ce qu'est l'ADN par exemple, je vais pouvoir me répondre et répondre à mes questions sur la base de ces données publiquement disponibles. Mais maintenant, pour faire les systèmes et les services d'après, dans la santé ou dans l'éducation, il faut accéder à des données qui ne sont pas publiquement disponibles et qui sont généralement silotées au sein de différentes organisations. Encore heureux qu'elles ne sont pas publiquement disponibles, nos données de santé, mais ça reste pertinent de pouvoir y donner accès dans un cadre sécurisé.
Monde Numérique :
[43:56] Alors, selon vous, ça, ça passe par ce qu'on appelle les data space, c'est ça ?
Invité :
[44:01] C'est ça.
Monde Numérique :
[44:01] De quoi s'agit-il ?
Invité :
[44:02] Les data space, il faut les voir comme un peu le réseau routier de la donnée. Les data space, ça vient de la stratégie européenne de la donnée, ça date quand même de 2020-2021, qui d'une part fait des réglementations pour faciliter la circulation de ces données protégées, comme le Data Governance Act, comme le Data Act, et d'autre part investit dans ce réseau routier l'infrastructure, les data space qui permet l'échange standardisé de ces données. Et donc au lieu de s'intégrer avec toutes les sources de données on s'intègre une fois avec ce réseau et on peut échanger, évidemment selon les conditions définies, etc., mais avec tout le monde qui est dans le réseau. Et donc, ça permet de drastiquement réduire le temps et le coût d'accès à toutes ces données et donc accélérer le développement de ces IA souveraines et puissantes.
Monde Numérique :
[44:53] En fait, c'est une sorte de filtrage qui attribue, en fonction des autorisations, en fonction des droits, des niveaux d'autorisation, accès à telle ou telle donnée.
Invité :
[45:01] Exactement, exactement. Il faut bien comprendre que c'est exactement ça, c'est la gestion de ces autorisations et de l'accès à la donnée. Ce n'est pas un data lake, ce n'est pas un énorme entrepôt de données où on va venir mettre toutes les données.
Monde Numérique :
[45:15] Ce n'est pas open bar.
Invité :
[45:16] Ce n'est ni open bar, ni data lake. Les données restent chez le fournisseur qui se connecte. Il a ce connecteur, on appelle ça, qui effectue ce filtrage. Et puis ensuite, elles sont partagées vers l'utilisateur directement. Et puis, ce n'est pas open data parce que du coup, il y a des conditions que chacun on peut définir sur ces données.
Monde Numérique :
[45:38] Quelles sont les données auxquelles on peut donner accès facilement et les autres qui sont plus sensibles ?
Invité :
[45:45] Alors, il y a différentes choses. Aujourd'hui, on voit un peu des écosystèmes sectoriels qui se déploient sur la base de ce réseau Data Space. Donc, on va voir dans l'éducation et l'emploi, ça va être des données sur les notes, sur les exercices, sur ce qu'on appelle les traces d'apprentissage. Que les élèves ont, et ça, ça va être utilisé pour créer par exemple des IA qui aident à réviser et génèrent des exercices personnalisés en fonction du niveau de l'élève, ou vont aider la personne dans son orientation, dans sa recherche d'emploi, pour l'orienter vers les bons acteurs, lui faire découvrir les bons métiers. On va avoir des écosystèmes dans le mobilité et le tourisme, pour par exemple créer des IA qui vont nous aider à créer un planning de vacances, réserver l'hôtel, le train, l'avion, rebooker s'il y a des problèmes. On va avoir des choses aussi plus industrielles dans l'aérospatiale, avec Airbus et d'autres, qui simplifient finalement l'intégration et les échanges avec tous leurs fournisseurs et tous leurs sous-traitants, on va avoir aussi des choses qui se lancent dans la santé, où on a déjà des choses comme le Health Data Hub ou mon espace santé, mais le Data Space vient ajouter une couche d'orchestration, et de simplification d'accès à ces données.
Monde Numérique :
[47:11] Les Data Space sont vraiment une solution technique qui permet d'implémenter des choix politiques. Il faut que le choix ait été fait au départ.
Invité :
[47:19] Bien sûr.
Monde Numérique :
[47:19] De partager ou de ne pas partager, de partager de telle ou telle manière. Est-ce que c'est une manière, selon vous, c'est un outil qui permet de rivaliser avec les solutions américaines ?
Invité :
[47:30] Oui, mais la réponse n'est pas si simple. Je pense que là, la situation, on va dire, de dépendance numérique dans laquelle on est appelle un plan de transition pour réduire cette dépendance. Et donc aujourd'hui, le fait que 80% des données sont chez Amazon et Azure et Google. C'est un fait, mais on ne va pas le changer en claquant des doigts. Cette couche Data Space, on l'opère directement sur des clouds souverains. Donc, on a des partenariats avec Orange, avec Scaleway, avec Clever Cloud, avec OutScale pour gérer cette couche-là. Une fois que ces données sont accessibles, ça va créer des nouveaux services IA. Et ces nouveaux services IA sont eux aussi hébergés chez des clouds souverains. Et donc, on voit que grâce à ça, on permet de créer des nouvelles couches qui reposent, elles, et des nouveaux services qui reposent, eux, directement sur des clouds souverains et donc de ne pas répéter les erreurs qu'on a pu faire précédemment. Ça va permettre aussi de commencer à renforcer ces clouds souverains et de progressivement migrer certaines parties des données qui sont aujourd'hui chez Azure et AWS et les autres vers ces clouds souverains. Et ça permet donc de construire cette alternative.
Invité :
[48:55] Et comme je le disais, on a la solution technique, on a l'alliance des acteurs techniques pour le faire. Il s'agit aussi de choix politiques, aussi bien côté privé que public, pour commencer à utiliser, à se connecter là-dessus et à développer ces nouveaux services IA grâce à cette nouvelle architecture.
Monde Numérique :
[49:13] Merci Mathias Debièvre, fondateur et PDG de l'entreprise Vision et je rappelle que vous êtes également président de l'initiative européenne Prometheus X.
Invité :
[49:23] C'est ça, merci beaucoup Jérôme.
Monde Numérique :
[49:32] Bonjour Gaspard Bonnot.
Invité :
[49:34] Bonjour.
Monde Numérique :
[49:36] CEO, donc président de DIV Protocol.
Invité :
[49:39] C'est ça. DIV Protocol, en fait, c'est un logiciel, un protocole qui permet de sécuriser des données grâce à la blockchain. Globalement, ce qu'il faut retenir, en fait, c'est que ça fonctionne sous forme de cloud. Et nous, la particularité, c'est qu'on donne l'intégralité de la souveraineté des données à nos utilisateurs. Nous, on ne détient pas la data qui est stockée. On a uniquement développé le protocole qui permet d'aller les stocker. Et donc, à l'instar des clouds qu'on connaît chez Google, OVH, AWS, Apple, toutes ces entités, détiennent vos données. Nous, on ne les détient pas. On est seulement l'outil qui va permettre de les stocker. Et ça, c'est un enjeu majeur parce que ça permet, comparé à toutes les sociétés qui peuvent utiliser à l'heure escient, les données, nous, on n'a pas la main dessus. Donc, vous êtes le propriétaire de celles-ci.
Monde Numérique :
[50:23] D'accord. Mais elles sont bien stockées quelque part.
Invité :
[50:25] C'est ça. Elles sont stockées sur un système. Alors, aujourd'hui, on utilise IPFS. On est en train de développer d'autres choses pour être plus performant. C'est des réseaux, en fait, décentralisés.
Monde Numérique :
[50:35] C'est du peer-to-peer ?
Invité :
[50:37] Oui, c'est le réseau qu'on utilise actuellement, donc International IPFS. IPFS, c'est mieux. Je vais me perdre. C'est un réseau peer-to-peer.
Monde Numérique :
[50:50] Donc, on comprend bien que c'est une solution qui est vraiment très technique, qui se situe dans des couches un peu basses quand même. Ce ne sont pas des choses qu'on voit, ce n'est pas frontal pour l'utilisateur. Malgré tout, quelles sont les applications ? Qui peut utiliser votre solution ? Qui pourra utiliser votre solution ?
Invité :
[51:09] Pour le moment, on s'adresse aux sociétés type banque, notaire, avocat. Et après, pourquoi pas à long terme se développer en B2C selon l'évolution du marché et ce qu'on pourra faire.
Monde Numérique :
[51:20] Mais les données qu'on stocke sur des clouds, elles sont déjà sécurisées. Elles sont chiffrées, etc. Donc, qu'est-ce que vous apportez de plus ?
Invité :
[51:29] Alors, la première particularité, Les clouds, je les vois un peu comme un grand panier dans lequel on va mettre des œufs et puis on va mettre plein de chaînes autour et on va prier pour que tout n'explose pas. Nous, on met chaque œuf dans un panier différent. S'il y en a un qui explose, de toute façon, c'est même pire que ça parce qu'on a la sauvegarde de l'œuf dans un autre panier. En fait, la différence, elle est là. C'est qu'aujourd'hui, vous avez beau sécuriser ce que vous voulez, demain, si on décide de cramer un cloud, s'il y a des hackers très compétents qui hackent un cloud et que les données sont stockées dans un serveur qui est précis, il y a beau avoir des backups, vous allez perdre vos données. Nous, vu qu'on n'utilise plus ces systèmes-là qui sont aujourd'hui archaïques et qui appartiennent à une ancienne génération, au Web 1 et au Web 2, ça permet d'enlever toutes ces problématiques qu'on a là. Au niveau du chiffrement, pareil, on est sur de la pointe. On travaille beaucoup sur le post-quantique. Moi, c'est un des sujets principaux que j'ai et j'interviens deux fois là-dessus parce que le quantique, ça va mettre une grosse claque à tout le monde quand ça va arriver et ça va compromettre un grand nombre de systèmes qui fonctionnent aujourd'hui. Et pour assurer la pérennité de Div Protocol, nous, on travaille sur des algorithmes qui résisteront au quantique.
Monde Numérique :
[52:39] On pourrait même dire que c'est générationnel, en fait.
Invité :
[52:42] Bien sûr.
Monde Numérique :
[52:42] Ce qui explique peut-être que vous, les trois créateurs de Div Protocol, soyez très jeunes. Vous avez lancé cette société avant même vos 20 ans, c'est ça ?
Invité :
[52:53] Alors, encore moins que ça, parce que moi, j'ai 18. Mon associé Solan a 18 aussi et mon sitio Ryan en a 21. Et moi, j'ai eu l'idée quand j'avais 15 ans. Donc, j'ai commencé à travailler dessus il y a trois ans. Et au bout d'un an, on a commencé à avoir quelque chose qui commençait à tourner. Et là, tout s'est réellement accéléré il y a un an avec l'incubation chez Cube3, donc à Angers, qui est un incubateur à start-up européen. Et depuis, avec une première levée de fonds, l'acquisition de clients et tout ça.
Monde Numérique :
[53:23] Ce n'est pas un peu ça le problème du Web3 ? Alors, on ne va pas rentrer dans le détail de ce qu'est le Web3, mais ça comprend un certain nombre de concepts qui vont du bitcoin aux entreprises décentralisées, etc. Alors c'est vrai qu'il y a eu un engouement à un moment, et puis maintenant on a l'impression que c'est complètement retombé, on en parle beaucoup moins. Est-ce que c'était qu'un effet de mode, ou véritablement il y a derrière des technologies qui sont encore promises d'avenir.
Invité :
[53:54] Prometteuses ? moi alors je suis dans le web 3 depuis 6 ans j'ai acheté mes premiers bitcoins quand j'avais 12 ans Et donc, j'ai eu le temps de voir un peu le marché évoluer. Et aujourd'hui, je suis associé à des gens qui y sont depuis plus d'une dizaine d'années.
Invité :
[54:09] Et en fait, il y a plusieurs cycles dans le Web3. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, le Web3 est trop relié aux crypto-monnaies, à mon avis. C'est-à-dire que quand les crypto-monnaies pètent, le Web3, c'est génial. Et quand tout se casse la gueule, le Web3, c'est très mauvais. Et donc, il y a cet système de cycles où on n'arrive pas à différencier la technologie, donc ce qui est développé par des sociétés, et l'aspect financier qui au final est complètement décorrélé le bitcoin utilise et les crypto-monnaies utilisent la blockchain donc la technologie Web3 mais aujourd'hui on est capable de faire plein de choses avec la blockchain sans utiliser de crypto-monnaie derrière, et donc ça c'est un petit peu l'enjeu qu'il y a, et donc par contre pour côtoyer d'autres entrepreneurs qui travaillent sur la technologie Web3 et qui essayent de l'amener à des utilisations dans le monde courant non là il y a quelque chose qui est réellement en train de se faire et ce ne sera pas un effet de mode. C'est juste qu'on est encore nouveau. C'est très early. Ça parle à peu de monde et ça va mettre du temps. Mais comme toute nouvelle technologie, il faut le temps que ça s'installe. Et pour que ce soit bien fait, encore une fois, il faut qu'on arrive à faire en sorte que ça ne soit pas dans un système où ça frustre l'utilisateur, où il y a une complexification de la chose. Le plus, ce sera simple. Et moi, mon but, c'est que mes utilisateurs ne comprennent même pas que ça vienne de la blockchain ou de la crypto-monnaie. Et là, j'aurais gagné. De toute façon, c'est comme ça que ça marche. Mais ouais.
Monde Numérique :
[55:26] OK. Eh bien, on vous souhaite plein de bonnes choses. Merci beaucoup.
Invité :
[55:30] Eh bien, merci. Merci à vous.
Monde Numérique :
[55:31] Merci, Gaspard Bonnot, président de Div Protocol, toute jeune startup qui est peut-être sur les technologies du futur. Et merci d'avoir raconté tout ça alors que vous commencez à peine l'aventure dans le monde numérique.
Invité :
[55:46] Merci pour l'invitation.
Monde Numérique :
[55:55] Et c'est la fin de cet épisode de Monde Numérique l'hebdo, merci d'avoir suivi jusqu'au bout n'oubliez pas surtout de laisser un commentaire à des petites étoiles à propos de ce podcast sur votre plateforme d'écoute vous pouvez m'envoyer des messages sur les réseaux sociaux ou bien sur le site mondenumérique.info, n'hésitez pas à vous abonner à la newsletter, vous êtes de plus en plus nombreux abonnés à la newsletter de Monde Numérique, qui est une autre façon d'être en contact à propos de l'actualité tech. Voilà, on se retrouve samedi prochain, juste avant, il y aura toutes les interviews, un épisode par semaine, c'est la promesse de Monde Numérique, les interviews intégrales, et puis d'ici là, passez une très bonne semaine, plein de tech, salut !00:32:59 --> 00:33:03<v monde="" numérique="">peu connues, mais qui interviennent sur des secteurs clés, avec des outils pour
00:33:03 --> 00:33:05<v monde="" numérique="">répondre à ces préoccupations.
00:33:06 --> 00:33:10<v monde="" numérique="">Ces interviews sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde numérique
00:33:10 --> 00:33:12<v monde="" numérique="">hebdo premium sur Apple Podcast ou Spotify.
00:33:12 --> 00:33:16<v monde="" numérique="">Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, longs formats, À la semaine prochaine
00:33:16 --> 00:33:18<v monde="" numérique="">sur toutes les plateformes de podcast.
00:33:20 --> 00:33:21<v monde="" numérique="">Bonjour Alain Garnier.
00:33:22 --> 00:33:23<v invité="">Bonjour Jérôme.
00:33:23 --> 00:33:28<v monde="" numérique="">Vous êtes CEO de la société Jamespot, qui est une entreprise française spécialisée
00:33:28 --> 00:33:33<v monde="" numérique="">dans les solutions collaboratives pour les entreprises, les organisations, etc.
00:33:33 --> 00:33:37<v monde="" numérique="">Est-ce qu'on peut dire que vous êtes un concurrent de Microsoft Office,
00:33:38 --> 00:33:42<v monde="" numérique="">Google Docs, Slack, enfin tous ces outils qui sont dans des tas d'entreprises
00:33:42 --> 00:33:44<v monde="" numérique="">et que beaucoup de gens connaissent ?
00:33:44 --> 00:33:47<v invité="">Mais oui, on peut le dire parce qu'effectivement, notre problématique,
00:33:47 --> 00:33:49<v invité="">c'est de régler la question de la communication et de la collaboration,
00:33:50 --> 00:33:52<v invité="">en particulier dans les entreprises, mais pas que, aussi dans les associations,
00:33:53 --> 00:33:56<v invité="">dans les organisations, dans le secteur public, parce que le digital est partout.
00:33:56 --> 00:33:57<v invité="">Donc, il vaut mieux travailler ensemble.
00:33:58 --> 00:34:00<v invité="">Donc, nous, ce qu'on propose, c'est une suite complète qui permet de faire ça.
00:34:01 --> 00:34:04<v invité="">Et c'est effectivement ce que font également les amis américains que tu as cités.
00:34:04 --> 00:34:08<v monde="" numérique="">Finalement, on a l'impression qu'on est ultra dépendant des solutions américaines,
00:34:08 --> 00:34:12<v monde="" numérique="">mais vous êtes un petit peu la preuve qu'il y a des alternatives françaises,
00:34:12 --> 00:34:15<v monde="" numérique="">européennes, etc., et elles sont même déjà implantées.
00:34:16 --> 00:34:19<v invité="">Oui, complètement. Alors, est-ce qu'on est dépendant ? Oui. Quand on regarde
00:34:19 --> 00:34:23<v invité="">les chiffres, aujourd'hui, on estime qu'il y a entre 80 et 90% des données des
00:34:23 --> 00:34:25<v invité="">Français qui sont sur des serveurs américains.
00:34:25 --> 00:34:28<v invité="">Donc ça, ça donne un peu le degré de la dépendance.
00:34:29 --> 00:34:32<v invité="">Mais ensuite, effectivement, on n'est pas en mode, on n'est pas à poil et sans
00:34:32 --> 00:34:33<v invité="">filet, si je puis me permettre.
00:34:33 --> 00:34:37<v invité="">Justement, il y a des alternatives qui existent, qui sont déjà déployées et
00:34:37 --> 00:34:39<v invité="">qui, quelque part, répondent à ces questions de souveraineté.
00:34:40 --> 00:34:43<v invité="">Alors, souveraineté, c'est un terme qui, des fois, peut un peu choquer les gens
00:34:43 --> 00:34:44<v invité="">parce que c'est un peu très politisé comme terme.
00:34:45 --> 00:34:50<v monde="" numérique="">Oui, ça peut l'être, mais c'est vrai qu'en numérique, on commence à comprendre de quoi on parle.
00:34:50 --> 00:34:52<v invité="">En numérique, que ce n'était justement pas une question de souverainisme,
00:34:52 --> 00:34:54<v invité="">c'est une question d'autonomie stratégique.
00:34:54 --> 00:34:57<v invité="">Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut avoir la liberté de choisir et de
00:34:57 --> 00:35:01<v invité="">ne pas être dépendant quand, par exemple, on a un acteur qui est justement,
00:35:02 --> 00:35:06<v invité="">il y a plusieurs sujets derrière ça, augmentation de prix unilatéral.
00:35:06 --> 00:35:07<v invité="">Ça, c'est quand même un problème.
00:35:07 --> 00:35:10<v invité="">Là, beaucoup de consommateurs ont vécu ça, mais alors, et puis c'est 20%,
00:35:10 --> 00:35:12<v invité="">30% plusieurs fois par an.
00:35:12 --> 00:35:16<v invité="">Deuxième chose aussi, c'est ce qu'on appelle les problèmes de loi extraterritoriale.
00:35:16 --> 00:35:19<v invité="">Ça, c'est un sujet méconnu souvent par les gens.
00:35:19 --> 00:35:23<v invité="">Il faut savoir que les États-Unis ont défini des lois qui font qu'ils peuvent
00:35:23 --> 00:35:28<v invité="">agir en dehors de leur pays, extraterritorial, tout simplement parce qu'ils
00:35:28 --> 00:35:30<v invité="">considèrent que les choses sont bonnes ou pas bonnes.
00:35:30 --> 00:35:35<v invité="">Par exemple, on a vu Peugeot qui s'est vu interdire de commercer avec l'Iran
00:35:35 --> 00:35:36<v invité="">parce que les États-Unis l'avaient décidé.
00:35:36 --> 00:35:39<v invité="">On n'a jamais dit en Europe qu'on n'avait pas le droit de commercer,
00:35:39 --> 00:35:41<v invité="">de vendre des voitures en Iran, mais les États-Unis l'ont empêché.
00:35:41 --> 00:35:47<v invité="">Et là, c'est là où le problème des outils, c'est même le fait que ça soit vu
00:35:47 --> 00:35:49<v invité="">dans les outils. par exemple, si vous échangez des mails sur un outil américain,
00:35:50 --> 00:35:55<v invité="">les services de renseignement américains peuvent utiliser ça pour un procès contre vous.
00:35:55 --> 00:35:59<v invité="">C'est ce qui est arrivé à la BNP, qui l'a payé plus de 10 milliards quand même pour ça.
00:35:59 --> 00:36:02<v invité="">Donc, c'est ça, en fait, aujourd'hui, le problème auquel on fait face.
00:36:02 --> 00:36:04<v invité="">Et puis, quand on a effectivement un Trump qui, tout d'un coup,
00:36:05 --> 00:36:07<v invité="">dit « Et moi, je peux couper le son quand je veux »,
00:36:07 --> 00:36:10<v invité="">Et là, tout d'un coup, les organisations, les États se disent,
00:36:10 --> 00:36:14<v invité="">là, on est en risque en plus de ceux qu'on avait déjà avant.
00:36:14 --> 00:36:17<v monde="" numérique="">Mais alors, Alain Garnier, comment est-ce que vous expliquez que finalement,
00:36:17 --> 00:36:23<v monde="" numérique="">vous et puis d'autres entreprises, d'autres qui proposent des solutions françaises,
00:36:23 --> 00:36:28<v monde="" numérique="">souveraines, entre guillemets, soyez si peu connus, du grand public en tout
00:36:28 --> 00:36:29<v monde="" numérique="">cas, peut-être même des entreprises.
00:36:29 --> 00:36:32<v monde="" numérique="">C'est quoi ? C'est parce que vous êtes moins bon ? Vous êtes moins bon techniquement
00:36:32 --> 00:36:35<v monde="" numérique="">? Vous êtes moins bon en communication ? Où est le problème ?
00:36:35 --> 00:36:41<v invité="">Alors, déjà, effectivement, on est clairement moins connus parce qu'on est moins déployés.
00:36:41 --> 00:36:46<v invité="">Il y a un effet de cumulation. Les boîtes américaines, si on prend par Microsoft,
00:36:47 --> 00:36:49<v invité="">vous avez cité la site 365.
00:36:49 --> 00:36:51<v invité="">Pourquoi elle est connue ? Parce que c'est une boîte, je vous rappelle,
00:36:51 --> 00:36:55<v invité="">qui fête ses 50 ans. Donc, ce n'est quand même pas une petite startup de l'année.
00:36:56 --> 00:36:57<v monde="" numérique="">Deuxième... Word, Excel, etc.
00:36:57 --> 00:37:01<v invité="">Voilà, tout le monde utilise Word, Excel, PowerPoint. Donc, tout le monde connaît ces produits-là.
00:37:01 --> 00:37:04<v invité="">Et quand elle a amené les gens dans le cloud, elle les a un petit peu forcés.
00:37:04 --> 00:37:07<v invité="">Ou justement inciter avec en particulier le grand public.
00:37:07 --> 00:37:10<v invité="">Et je rappelle, par exemple, qu'elle a donné gratuitement, si on regarde en
00:37:10 --> 00:37:15<v invité="">France, la suite bureautique Microsoft à tous les étudiants gratuitement.
00:37:16 --> 00:37:19<v invité="">Donc, ce qui se passe après, c'est que quand il y a un effet de marché,
00:37:19 --> 00:37:23<v invité="">comme ils deviennent dominants, ils peuvent saturer l'espace de communication,
00:37:23 --> 00:37:24<v invité="">donner des produits gratuitement.
00:37:24 --> 00:37:27<v invité="">Donc, il y a une problématique de lutte anti-concurrentielle,
00:37:27 --> 00:37:31<v invité="">d'ailleurs, et donc maintenir leur domination.
00:37:31 --> 00:37:35<v invité="">Ce qui fait que les acteurs comme nous, tout simplement, On grandit,
00:37:35 --> 00:37:39<v invité="">on a une croissance, mais on a encore une part de marché qui est faible.
00:37:39 --> 00:37:44<v invité="">Mais par contre, qui part d'une position telle que de toute façon, on ne peut que grandir.
00:37:46 --> 00:37:49<v invité="">Microsoft a quasiment saturé, par exemple, le marché de la collaboration,
00:37:51 --> 00:37:54<v invité="">et par des pratiques d'ailleurs qui sont des fois un peu discutables.
00:37:54 --> 00:37:58<v invité="">D'ailleurs, même Slack, par exemple, un autre Américain, a fait un procès à
00:37:58 --> 00:38:01<v invité="">Microsoft parce qu'il y avait des pratiques anticoncurrentielles concernant
00:38:01 --> 00:38:05<v invité="">Teams, le fameux outil de collaboration que tout le monde utilise dans les grandes entreprises.
00:38:06 --> 00:38:08<v monde="" numérique="">Oui, qui a été intégré de force dans Office.
00:38:08 --> 00:38:12<v invité="">Exactement. Données gratuitement, intégrées de force et avec des effets même
00:38:12 --> 00:38:15<v invité="">fonctionnels qui étaient que même quand vous vouliez mettre un lien de visio
00:38:15 --> 00:38:19<v invité="">vers Zoom ou vers Jamespot, on mettait un lien Teams quand même par-dessus.
00:38:19 --> 00:38:20<v invité="">Vous voyez, ça, c'est des pratiques.
00:38:20 --> 00:38:23<v monde="" numérique="">Google fait pareil avec Calendar.
00:38:23 --> 00:38:28<v invité="">Ils ont là-dessus les GAFAM. D'ailleurs, Google, avant, avait un truc,
00:38:28 --> 00:38:31<v invité="">c'était « don't be evil », « ne fais pas le diable », « ne fais pas le mal ».
00:38:31 --> 00:38:34<v invité="">Et bizarrement, il y a quelques années, ils l'ont enlevé doucement,
00:38:34 --> 00:38:38<v invité="">sans faire trop de bruit. Oui, c'est qu'ils ont commencé à se comporter de manière un peu négative.
00:38:38 --> 00:38:41<v monde="" numérique="">Alors, il y a des retours de bâton aux États-Unis. Il y a des procès régulièrement.
00:38:42 --> 00:38:43<v monde="" numérique="">En ce moment, c'est Meta qui est sur le grill.
00:38:43 --> 00:38:47<v invité="">Tout à fait. Et à juste titre. Donc, à un moment donné, justement,
00:38:47 --> 00:38:50<v invité="">moi, je suis vraiment de ceux qui ne disent pas « la fin justifie les moyens ».
00:38:51 --> 00:38:54<v invité="">Je pense que c'est une très mauvaise chose qu'on ait des boîtes qui soient dominantes
00:38:54 --> 00:38:56<v invité="">pour plusieurs raisons. D'abord, un, elles nous paupérisent.
00:38:56 --> 00:38:58<v invité="">Deux, elles imposent un standard unique,
00:38:58 --> 00:39:01<v invité="">qui, du coup, enlèvent la diversité et l'intelligence qu'il y a derrière.
00:39:02 --> 00:39:04<v invité="">Tout le monde utilise la même suite bureautique. Dans ces cas-là,
00:39:05 --> 00:39:07<v invité="">il n'y a pas l'intelligence à s'en servir. C'est la même chose.
00:39:07 --> 00:39:10<v invité="">Alors qu'en fait, le génie humain dans une organisation, dans une entreprise,
00:39:10 --> 00:39:15<v invité="">une association ou un État, c'est au contraire d'essayer d'imaginer des formes
00:39:15 --> 00:39:18<v invité="">nouvelles et d'apporter de l'innovation. Ça, c'est ce qu'on fait, justement.
00:39:19 --> 00:39:22<v invité="">Et je pense que c'est un discours aussi qui est tout simplement en train d'être entendu aujourd'hui.
00:39:22 --> 00:39:27<v monde="" numérique="">Est-ce que, Alain Garnier, est-ce que vos clients potentiels sont trop frileux
00:39:27 --> 00:39:31<v monde="" numérique="">? On dit souvent que les DSI, les responsables informatiques dans les entreprises,
00:39:31 --> 00:39:33<v monde="" numérique="">dans les grandes entreprises, jouent souvent la sécurité.
00:39:34 --> 00:39:37<v monde="" numérique="">Ils voient leurs copains qui ont pris du Microsoft, ils vont prendre du Microsoft
00:39:37 --> 00:39:41<v monde="" numérique="">pour rassurer leur CEO. Vous n'êtes pas victime de ça également ?
00:39:41 --> 00:39:46<v invité="">C'est un des facteurs qui fait que les dominants dominent, c'est très clair.
00:39:46 --> 00:39:51<v invité="">Surtout qu'en Europe, on a un investissement qui est toujours un peu sous-évalué
00:39:51 --> 00:39:52<v invité="">sur la question numérique.
00:39:52 --> 00:39:56<v invité="">On continue à investir moins en R&D et en numérique. Donc, ce n'est pas seulement
00:39:56 --> 00:40:00<v invité="">qu'une frilosité, c'est plutôt un état d'esprit par rapport à la question,
00:40:00 --> 00:40:02<v invité="">justement, de se tourner vers l'innovation.
00:40:03 --> 00:40:06<v invité="">Là aussi, je pense que les temps aussi sont faits pour être changés.
00:40:06 --> 00:40:09<v invité="">L'Europe est en train de se réveiller et c'est aussi parce qu'elle a été un
00:40:09 --> 00:40:14<v invité="">peu mise en tutelle que quelque part elle s'est endormie sur ses lauriers, sur ces questions-là.
00:40:14 --> 00:40:18<v invité="">On voit bien qu'on est en train de réindustrialiser l'Europe et tout le monde
00:40:18 --> 00:40:20<v invité="">l'appelle de ses voeux, même si c'est difficile.
00:40:21 --> 00:40:23<v invité="">Mais justement, c'est ce réveil-là qu'on est en train de faire.
00:40:23 --> 00:40:27<v invité="">Et moi, ce que je vois, à l'inverse, c'est des clients contents de passer à autre chose.
00:40:28 --> 00:40:31<v invité="">Nous, aujourd'hui, on est à peu près à 30% de croissance en moyenne,
00:40:31 --> 00:40:32<v invité="">si on regarde sur nos cinq dernières années.
00:40:33 --> 00:40:36<v invité="">Quand on sait que la croissance française est de l'ordre de 1 ou 2%,
00:40:36 --> 00:40:38<v invité="">on fait 10 fois plus, même 15 fois plus.
00:40:39 --> 00:40:42<v invité="">Donc, quelque part, on a une croissance, on a une belle croissance.
00:40:42 --> 00:40:45<v invité="">Effectivement, aujourd'hui, on paraît petit par rapport à ces gens-là,
00:40:45 --> 00:40:49<v invité="">mais la croissance fait qu'un jour, Microsoft apparaissait à l'époque comme
00:40:49 --> 00:40:54<v invité="">un petit dit. quand il est arrivé dans les années 80-90 aujourd'hui il est l'acteur
00:40:54 --> 00:40:57<v invité="">qu'on connait la croissance c'est aussi appel la croissance ça c'est on.
00:40:58 --> 00:41:02<v monde="" numérique="">Et finalement, le trumpisme est peut-être une bonne chose si ça conduit à une
00:41:02 --> 00:41:04<v monde="" numérique="">espèce de prise de conscience en Europe ?
00:41:04 --> 00:41:08<v invité="">Ça, des fois, quand je me le dis moi-même, ça me fait un peu mal au cœur que
00:41:08 --> 00:41:11<v invité="">le mal produise du bien. Mais c'est vrai que c'est une opportunité pour l'Europe.
00:41:13 --> 00:41:18<v invité="">Je pense que personne ne peut appeler de ses voeux des comportements comme ce qu'il peut faire.
00:41:19 --> 00:41:24<v invité="">Mais en traitant l'Europe par le mépris, en nous montrant effectivement qu'on
00:41:24 --> 00:41:28<v invité="">est en train de lui lécher le cul, pour reprendre le terme. Je suis désolé d'être aussi cru que lui.
00:41:28 --> 00:41:29<v monde="" numérique="">Pour prendre son élégante expression.
00:41:29 --> 00:41:32<v invité="">Voilà, donc c'est lui qui l'a dit, donc je me permets de le répéter.
00:41:33 --> 00:41:36<v invité="">Ben oui, à un moment donné, il y a un réveil et donc il est plutôt profitable.
00:41:37 --> 00:41:40<v invité="">Et effectivement, ce qui se passe aujourd'hui, nous on voit plein de gens arriver,
00:41:41 --> 00:41:44<v invité="">qui nous découvrent et qui ne nous connaissaient pas avant et qui disent « Ah
00:41:44 --> 00:41:46<v invité="">mais c'est pas mal ce que vous faites !
00:41:46 --> 00:41:49<v invité="">» Voilà, donc effectivement, on est en plus très fiers de nos produits parce
00:41:49 --> 00:41:53<v invité="">que clairement, on bosse pour ça et on a de l'expérience, on a des utilisateurs
00:41:53 --> 00:41:54<v invité="">qui nous utilisent tous les jours.
00:41:55 --> 00:41:59<v invité="">Et je ne suis pas le seul. C'est-à-dire qu'en plus, c'est un tissu industriel.
00:41:59 --> 00:42:02<v invité="">Le numérique en France a une vraie capacité.
00:42:03 --> 00:42:06<v monde="" numérique="">Oui, il existe. Il n'est pas assez connu. Il est en dessous du radar, mais il existe.
00:42:07 --> 00:42:07<v invité="">Mais il existe.
00:42:07 --> 00:42:11<v monde="" numérique="">Merci beaucoup Alain Garnier, CEO, on va dire PDG en français.
00:42:12 --> 00:42:13<v invité="">Oui. Président.
00:42:13 --> 00:42:18<v monde="" numérique="">Je suis président. Président, président. C'est exact. Fonction exacte. Président de Jamespot.
00:42:18 --> 00:42:18<v invité="">Merci.
00:42:25 --> 00:42:27<v monde="" numérique="">Bonjour Mathias Debièvre.
00:42:27 --> 00:42:28<v invité="">Bonjour Jérôme.
00:42:28 --> 00:42:33<v monde="" numérique="">Vous êtes fondateur et PDG de Vision, au pluriel, une entreprise spécialisée
00:42:33 --> 00:42:35<v monde="" numérique="">dans le traitement des données personnelles.
00:42:36 --> 00:42:41<v monde="" numérique="">Vous êtes également président de Prometheus X, qui est une initiative européenne
00:42:41 --> 00:42:44<v monde="" numérique="">pour le partage éthique et souverain des données.
00:42:44 --> 00:42:48<v monde="" numérique="">C'est vrai que la souveraineté, les données, on en parle beaucoup depuis plusieurs
00:42:48 --> 00:42:52<v monde="" numérique="">années, mais encore plus aujourd'hui, on va dire, dans un contexte plutôt tendu
00:42:52 --> 00:42:53<v monde="" numérique="">entre les États-Unis et l'Europe.
00:42:54 --> 00:42:58<v monde="" numérique="">Au fond, Mathias, pourquoi est-ce que les données numériques sont aujourd'hui
00:42:58 --> 00:43:02<v monde="" numérique="">à la base de tout ? En quoi est-ce aussi important ?
00:43:03 --> 00:43:09<v invité="">Aujourd'hui, l'IA, que ce soit le chat de Mistral, que ce soit le chat de GPT,
00:43:09 --> 00:43:13<v invité="">Claude, etc., ils se sont entraînés sur toutes les données publiquement disponibles.
00:43:14 --> 00:43:20<v invité="">Donc tous les articles, les pages web, Wikipédia, tout ce qu'on peut trouver en ligne.
00:43:20 --> 00:43:23<v invité="">Et ça fait déjà une très très bonne base de connaissances qui fait que,
00:43:24 --> 00:43:27<v invité="">si je lui pose une question sur ce qu'est l'ADN par exemple,
00:43:27 --> 00:43:31<v invité="">je vais pouvoir me répondre et répondre à mes questions sur la base de ces données
00:43:31 --> 00:43:32<v invité="">publiquement disponibles.
00:43:32 --> 00:43:36<v invité="">Mais maintenant, pour faire les systèmes et les services d'après,
00:43:36 --> 00:43:38<v invité="">dans la santé ou dans l'éducation,
00:43:38 --> 00:43:43<v invité="">il faut accéder à des données qui ne sont pas publiquement disponibles et qui
00:43:43 --> 00:43:48<v invité="">sont généralement silotées au sein de différentes organisations.
00:43:48 --> 00:43:51<v invité="">Encore heureux qu'elles ne sont pas publiquement disponibles,
00:43:51 --> 00:43:56<v invité="">nos données de santé, mais ça reste pertinent de pouvoir y donner accès dans un cadre sécurisé.
00:43:56 --> 00:44:01<v monde="" numérique="">Alors, selon vous, ça, ça passe par ce qu'on appelle les data space, c'est ça ?
00:44:01 --> 00:44:01<v invité="">C'est ça.
00:44:01 --> 00:44:02<v monde="" numérique="">De quoi s'agit-il ?
00:44:02 --> 00:44:06<v invité="">Les data space, il faut les voir comme un peu le réseau routier de la donnée.
00:44:06 --> 00:44:09<v invité="">Les data space, ça vient de la stratégie européenne de la donnée,
00:44:09 --> 00:44:12<v invité="">ça date quand même de 2020-2021,
00:44:13 --> 00:44:18<v invité="">qui d'une part fait des réglementations pour faciliter la circulation de ces
00:44:18 --> 00:44:22<v invité="">données protégées, comme le Data Governance Act, comme le Data Act,
00:44:22 --> 00:44:25<v invité="">et d'autre part investit dans ce réseau routier l'infrastructure,
00:44:26 --> 00:44:29<v invité="">les data space qui permet l'échange standardisé de ces données.
00:44:29 --> 00:44:34<v invité="">Et donc au lieu de s'intégrer avec toutes les sources de données on s'intègre
00:44:34 --> 00:44:37<v invité="">une fois avec ce réseau et on peut échanger,
00:44:37 --> 00:44:42<v invité="">évidemment selon les conditions définies, etc., mais avec tout le monde qui est dans le réseau.
00:44:42 --> 00:44:47<v invité="">Et donc, ça permet de drastiquement réduire le temps et le coût d'accès à toutes
00:44:47 --> 00:44:53<v invité="">ces données et donc accélérer le développement de ces IA souveraines et puissantes.
00:44:53 --> 00:44:57<v monde="" numérique="">En fait, c'est une sorte de filtrage qui attribue, en fonction des autorisations,
00:44:57 --> 00:45:01<v monde="" numérique="">en fonction des droits, des niveaux d'autorisation, accès à telle ou telle donnée.
00:45:01 --> 00:45:06<v invité="">Exactement, exactement. Il faut bien comprendre que c'est exactement ça,
00:45:06 --> 00:45:09<v invité="">c'est la gestion de ces autorisations et de l'accès à la donnée.
00:45:09 --> 00:45:12<v invité="">Ce n'est pas un data lake, ce n'est pas un énorme entrepôt de données où on
00:45:12 --> 00:45:14<v invité="">va venir mettre toutes les données.
00:45:15 --> 00:45:15<v monde="" numérique="">Ce n'est pas open bar.
00:45:16 --> 00:45:23<v invité="">Ce n'est ni open bar, ni data lake. Les données restent chez le fournisseur qui se connecte.
00:45:23 --> 00:45:27<v invité="">Il a ce connecteur, on appelle ça, qui effectue ce filtrage.
00:45:28 --> 00:45:30<v invité="">Et puis ensuite, elles sont partagées vers l'utilisateur directement.
00:45:31 --> 00:45:35<v invité="">Et puis, ce n'est pas open data parce que du coup, il y a des conditions que
00:45:35 --> 00:45:37<v invité="">chacun on peut définir sur ces données.
00:45:38 --> 00:45:43<v monde="" numérique="">Quelles sont les données auxquelles on peut donner accès facilement et les autres
00:45:43 --> 00:45:45<v monde="" numérique="">qui sont plus sensibles ?
00:45:45 --> 00:45:50<v invité="">Alors, il y a différentes choses. Aujourd'hui, on voit un peu des écosystèmes
00:45:50 --> 00:45:56<v invité="">sectoriels qui se déploient sur la base de ce réseau Data Space.
00:45:57 --> 00:46:01<v invité="">Donc, on va voir dans l'éducation et l'emploi, ça va être des données sur les
00:46:01 --> 00:46:05<v invité="">notes, sur les exercices, sur ce qu'on appelle les traces d'apprentissage.
00:46:05 --> 00:46:10<v invité="">Que les élèves ont, et ça, ça va être utilisé pour créer par exemple des IA
00:46:10 --> 00:46:14<v invité="">qui aident à réviser et génèrent des exercices personnalisés en fonction du
00:46:14 --> 00:46:18<v invité="">niveau de l'élève, ou vont aider la personne dans son orientation,
00:46:18 --> 00:46:21<v invité="">dans sa recherche d'emploi, pour l'orienter vers les bons acteurs,
00:46:22 --> 00:46:23<v invité="">lui faire découvrir les bons métiers.
00:46:23 --> 00:46:28<v invité="">On va avoir des écosystèmes dans le mobilité et le tourisme,
00:46:28 --> 00:46:33<v invité="">pour par exemple créer des IA qui vont nous aider à créer un planning de vacances,
00:46:34 --> 00:46:41<v invité="">réserver l'hôtel, le train, l'avion, rebooker s'il y a des problèmes.
00:46:41 --> 00:46:45<v invité="">On va avoir des choses aussi plus industrielles dans l'aérospatiale,
00:46:46 --> 00:46:53<v invité="">avec Airbus et d'autres, qui simplifient finalement l'intégration et les échanges
00:46:53 --> 00:46:57<v invité="">avec tous leurs fournisseurs et tous leurs sous-traitants, on va avoir aussi
00:46:57 --> 00:46:59<v invité="">des choses qui se lancent dans la santé,
00:46:59 --> 00:47:03<v invité="">où on a déjà des choses comme le Health Data Hub ou mon espace santé,
00:47:03 --> 00:47:06<v invité="">mais le Data Space vient ajouter une couche d'orchestration,
00:47:08 --> 00:47:11<v invité="">et de simplification d'accès à ces données.
00:47:11 --> 00:47:15<v monde="" numérique="">Les Data Space sont vraiment une solution technique qui permet d'implémenter
00:47:15 --> 00:47:19<v monde="" numérique="">des choix politiques. Il faut que le choix ait été fait au départ.
00:47:19 --> 00:47:19<v invité="">Bien sûr.
00:47:19 --> 00:47:22<v monde="" numérique="">De partager ou de ne pas partager, de partager de telle ou telle manière.
00:47:23 --> 00:47:28<v monde="" numérique="">Est-ce que c'est une manière, selon vous, c'est un outil qui permet de rivaliser
00:47:28 --> 00:47:30<v monde="" numérique="">avec les solutions américaines ?
00:47:30 --> 00:47:34<v invité="">Oui, mais la réponse n'est pas si simple.
00:47:34 --> 00:47:39<v invité="">Je pense que là, la situation, on va dire, de dépendance numérique dans laquelle
00:47:39 --> 00:47:44<v invité="">on est appelle un plan de transition pour réduire cette dépendance.
00:47:44 --> 00:47:51<v invité="">Et donc aujourd'hui, le fait que 80% des données sont chez Amazon et Azure et Google.
00:47:51 --> 00:47:54<v invité="">C'est un fait, mais on ne va pas le changer en claquant des doigts.
00:47:55 --> 00:48:01<v invité="">Cette couche Data Space, on l'opère directement sur des clouds souverains.
00:48:01 --> 00:48:07<v invité="">Donc, on a des partenariats avec Orange, avec Scaleway, avec Clever Cloud,
00:48:07 --> 00:48:09<v invité="">avec OutScale pour gérer cette couche-là.
00:48:10 --> 00:48:13<v invité="">Une fois que ces données sont accessibles, ça va créer des nouveaux services IA.
00:48:13 --> 00:48:19<v invité="">Et ces nouveaux services IA sont eux aussi hébergés chez des clouds souverains.
00:48:19 --> 00:48:27<v invité="">Et donc, on voit que grâce à ça, on permet de créer des nouvelles couches qui reposent, elles,
00:48:28 --> 00:48:32<v invité="">et des nouveaux services qui reposent, eux, directement sur des clouds souverains
00:48:32 --> 00:48:35<v invité="">et donc de ne pas répéter les erreurs qu'on a pu faire précédemment.
00:48:35 --> 00:48:41<v invité="">Ça va permettre aussi de commencer à renforcer ces clouds souverains et de progressivement
00:48:41 --> 00:48:47<v invité="">migrer certaines parties des données qui sont aujourd'hui chez Azure et AWS
00:48:47 --> 00:48:50<v invité="">et les autres vers ces clouds souverains.
00:48:50 --> 00:48:53<v invité="">Et ça permet donc de construire cette alternative.
00:48:55 --> 00:48:59<v invité="">Et comme je le disais, on a la solution technique, on a l'alliance des acteurs
00:48:59 --> 00:49:00<v invité="">techniques pour le faire.
00:49:00 --> 00:49:05<v invité="">Il s'agit aussi de choix politiques, aussi bien côté privé que public,
00:49:05 --> 00:49:10<v invité="">pour commencer à utiliser, à se connecter là-dessus et à développer ces nouveaux
00:49:10 --> 00:49:12<v invité="">services IA grâce à cette nouvelle architecture.
00:49:13 --> 00:49:19<v monde="" numérique="">Merci Mathias Debièvre, fondateur et PDG de l'entreprise Vision et je rappelle
00:49:19 --> 00:49:22<v monde="" numérique="">que vous êtes également président de l'initiative européenne Prometheus X.
00:49:23 --> 00:49:24<v invité="">C'est ça, merci beaucoup Jérôme.
00:49:32 --> 00:49:33<v monde="" numérique="">Bonjour Gaspard Bonnot.
00:49:34 --> 00:49:34<v invité="">Bonjour.
00:49:36 --> 00:49:38<v monde="" numérique="">CEO, donc président de DIV Protocol.
00:49:39 --> 00:49:44<v invité="">C'est ça. DIV Protocol, en fait, c'est un logiciel, un protocole qui permet
00:49:44 --> 00:49:45<v invité="">de sécuriser des données grâce à la blockchain.
00:49:46 --> 00:49:49<v invité="">Globalement, ce qu'il faut retenir, en fait, c'est que ça fonctionne sous forme de cloud.
00:49:50 --> 00:49:53<v invité="">Et nous, la particularité, c'est qu'on donne l'intégralité de la souveraineté
00:49:53 --> 00:49:54<v invité="">des données à nos utilisateurs.
00:49:55 --> 00:49:59<v invité="">Nous, on ne détient pas la data qui est stockée. On a uniquement développé le
00:49:59 --> 00:50:01<v invité="">protocole qui permet d'aller les stocker.
00:50:01 --> 00:50:05<v invité="">Et donc, à l'instar des clouds qu'on connaît chez Google, OVH,
00:50:05 --> 00:50:09<v invité="">AWS, Apple, toutes ces entités, détiennent vos données.
00:50:09 --> 00:50:13<v invité="">Nous, on ne les détient pas. On est seulement l'outil qui va permettre de les stocker.
00:50:13 --> 00:50:17<v invité="">Et ça, c'est un enjeu majeur parce que ça permet, comparé à toutes les sociétés
00:50:17 --> 00:50:20<v invité="">qui peuvent utiliser à l'heure escient, les données, nous, on n'a pas la main
00:50:20 --> 00:50:23<v invité="">dessus. Donc, vous êtes le propriétaire de celles-ci.
00:50:23 --> 00:50:25<v monde="" numérique="">D'accord. Mais elles sont bien stockées quelque part.
00:50:25 --> 00:50:30<v invité="">C'est ça. Elles sont stockées sur un système. Alors, aujourd'hui, on utilise IPFS.
00:50:30 --> 00:50:33<v invité="">On est en train de développer d'autres choses pour être plus performant.
00:50:33 --> 00:50:35<v invité="">C'est des réseaux, en fait, décentralisés.
00:50:35 --> 00:50:36<v monde="" numérique="">C'est du peer-to-peer ?
00:50:37 --> 00:50:44<v invité="">Oui, c'est le réseau qu'on utilise actuellement, donc International IPFS.
00:50:45 --> 00:50:49<v invité="">IPFS, c'est mieux. Je vais me perdre. C'est un réseau peer-to-peer.
00:50:50 --> 00:50:53<v monde="" numérique="">Donc, on comprend bien que c'est une solution qui est vraiment très technique,
00:50:53 --> 00:50:57<v monde="" numérique="">qui se situe dans des couches un peu basses quand même.
00:50:58 --> 00:51:01<v monde="" numérique="">Ce ne sont pas des choses qu'on voit, ce n'est pas frontal pour l'utilisateur.
00:51:02 --> 00:51:07<v monde="" numérique="">Malgré tout, quelles sont les applications ? Qui peut utiliser votre solution
00:51:07 --> 00:51:09<v monde="" numérique="">? Qui pourra utiliser votre solution ?
00:51:09 --> 00:51:14<v invité="">Pour le moment, on s'adresse aux sociétés type banque, notaire, avocat.
00:51:14 --> 00:51:19<v invité="">Et après, pourquoi pas à long terme se développer en B2C selon l'évolution du
00:51:19 --> 00:51:19<v invité="">marché et ce qu'on pourra faire.
00:51:20 --> 00:51:24<v monde="" numérique="">Mais les données qu'on stocke sur des clouds, elles sont déjà sécurisées.
00:51:24 --> 00:51:29<v monde="" numérique="">Elles sont chiffrées, etc. Donc, qu'est-ce que vous apportez de plus ?
00:51:29 --> 00:51:35<v invité="">Alors, la première particularité, Les clouds, je les vois un peu comme un grand
00:51:35 --> 00:51:39<v invité="">panier dans lequel on va mettre des œufs et puis on va mettre plein de chaînes
00:51:39 --> 00:51:41<v invité="">autour et on va prier pour que tout n'explose pas.
00:51:41 --> 00:51:45<v invité="">Nous, on met chaque œuf dans un panier différent. S'il y en a un qui explose,
00:51:45 --> 00:51:49<v invité="">de toute façon, c'est même pire que ça parce qu'on a la sauvegarde de l'œuf dans un autre panier.
00:51:49 --> 00:51:52<v invité="">En fait, la différence, elle est là. C'est qu'aujourd'hui, vous avez beau sécuriser ce que vous voulez,
00:51:53 --> 00:51:57<v invité="">demain, si on décide de cramer un cloud, s'il y a des hackers très compétents
00:51:57 --> 00:52:02<v invité="">qui hackent un cloud et que les données sont stockées dans un serveur qui est
00:52:02 --> 00:52:05<v invité="">précis, il y a beau avoir des backups, vous allez perdre vos données.
00:52:05 --> 00:52:08<v invité="">Nous, vu qu'on n'utilise plus ces systèmes-là qui sont aujourd'hui archaïques
00:52:08 --> 00:52:11<v invité="">et qui appartiennent à une ancienne génération, au Web 1 et au Web 2,
00:52:12 --> 00:52:16<v invité="">ça permet d'enlever toutes ces problématiques qu'on a là.
00:52:16 --> 00:52:17<v invité="">Au niveau du chiffrement, pareil,
00:52:17 --> 00:52:21<v invité="">on est sur de la pointe. On travaille beaucoup sur le post-quantique.
00:52:22 --> 00:52:25<v invité="">Moi, c'est un des sujets principaux que j'ai et j'interviens deux fois là-dessus
00:52:25 --> 00:52:28<v invité="">parce que le quantique, ça va mettre une grosse claque à tout le monde quand
00:52:28 --> 00:52:34<v invité="">ça va arriver et ça va compromettre un grand nombre de systèmes qui fonctionnent aujourd'hui.
00:52:34 --> 00:52:38<v invité="">Et pour assurer la pérennité de Div Protocol, nous, on travaille sur des algorithmes
00:52:38 --> 00:52:39<v invité="">qui résisteront au quantique.
00:52:39 --> 00:52:42<v monde="" numérique="">On pourrait même dire que c'est générationnel, en fait.
00:52:42 --> 00:52:42<v invité="">Bien sûr.
00:52:42 --> 00:52:47<v monde="" numérique="">Ce qui explique peut-être que vous, les trois créateurs de Div Protocol, soyez très jeunes.
00:52:48 --> 00:52:53<v monde="" numérique="">Vous avez lancé cette société avant même vos 20 ans, c'est ça ?
00:52:53 --> 00:52:54<v invité="">Alors, encore moins que ça, parce
00:52:54 --> 00:53:00<v invité="">que moi, j'ai 18. Mon associé Solan a 18 aussi et mon sitio Ryan en a 21.
00:53:00 --> 00:53:03<v invité="">Et moi, j'ai eu l'idée quand j'avais 15 ans.
00:53:03 --> 00:53:05<v invité="">Donc, j'ai commencé à travailler dessus il y a trois ans.
00:53:06 --> 00:53:09<v invité="">Et au bout d'un an, on a commencé à avoir quelque chose qui commençait à tourner.
00:53:10 --> 00:53:16<v invité="">Et là, tout s'est réellement accéléré il y a un an avec l'incubation chez Cube3,
00:53:16 --> 00:53:19<v invité="">donc à Angers, qui est un incubateur à start-up européen.
00:53:19 --> 00:53:23<v invité="">Et depuis, avec une première levée de fonds, l'acquisition de clients et tout ça.
00:53:23 --> 00:53:26<v monde="" numérique="">Ce n'est pas un peu ça le problème du Web3 ? Alors, on ne va pas rentrer dans
00:53:26 --> 00:53:31<v monde="" numérique="">le détail de ce qu'est le Web3, mais ça comprend un certain nombre de concepts
00:53:31 --> 00:53:36<v monde="" numérique="">qui vont du bitcoin aux entreprises décentralisées, etc.
00:53:36 --> 00:53:40<v monde="" numérique="">Alors c'est vrai qu'il y a eu un engouement à un moment, et puis maintenant
00:53:40 --> 00:53:44<v monde="" numérique="">on a l'impression que c'est complètement retombé, on en parle beaucoup moins.
00:53:44 --> 00:53:49<v monde="" numérique="">Est-ce que c'était qu'un effet de mode, ou véritablement il y a derrière des
00:53:49 --> 00:53:53<v monde="" numérique="">technologies qui sont encore promises d'avenir.
00:53:54 --> 00:53:59<v invité="">Prometteuses ? moi alors je suis dans le web 3 depuis 6 ans j'ai acheté mes
00:53:59 --> 00:54:00<v invité="">premiers bitcoins quand j'avais 12 ans
00:54:01 --> 00:54:04<v invité="">Et donc, j'ai eu le temps de voir un peu le marché évoluer. Et aujourd'hui,
00:54:04 --> 00:54:08<v invité="">je suis associé à des gens qui y sont depuis plus d'une dizaine d'années.
00:54:09 --> 00:54:13<v invité="">Et en fait, il y a plusieurs cycles dans le Web3. Et le problème,
00:54:13 --> 00:54:17<v invité="">c'est qu'aujourd'hui, le Web3 est trop relié aux crypto-monnaies, à mon avis.
00:54:17 --> 00:54:19<v invité="">C'est-à-dire que quand les crypto-monnaies pètent, le Web3, c'est génial.
00:54:19 --> 00:54:21<v invité="">Et quand tout se casse la gueule, le Web3, c'est très mauvais.
00:54:22 --> 00:54:27<v invité="">Et donc, il y a cet système de cycles où on n'arrive pas à différencier la technologie,
00:54:27 --> 00:54:29<v invité="">donc ce qui est développé par des sociétés,
00:54:30 --> 00:54:34<v invité="">et l'aspect financier qui au final est complètement décorrélé le bitcoin utilise
00:54:34 --> 00:54:37<v invité="">et les crypto-monnaies utilisent la blockchain donc la technologie Web3 mais
00:54:37 --> 00:54:40<v invité="">aujourd'hui on est capable de faire plein de choses avec la blockchain sans
00:54:40 --> 00:54:41<v invité="">utiliser de crypto-monnaie derrière,
00:54:41 --> 00:54:43<v invité="">et donc ça c'est un petit peu l'enjeu qu'il y a,
00:54:44 --> 00:54:48<v invité="">et donc par contre pour côtoyer d'autres entrepreneurs qui travaillent sur la
00:54:48 --> 00:54:52<v invité="">technologie Web3 et qui essayent de l'amener à des utilisations dans le monde
00:54:52 --> 00:54:56<v invité="">courant non là il y a quelque chose qui est réellement en train de se faire
00:54:56 --> 00:54:57<v invité="">et ce ne sera pas un effet de mode.
00:54:57 --> 00:55:00<v invité="">C'est juste qu'on est encore nouveau. C'est très early.
00:55:01 --> 00:55:04<v invité="">Ça parle à peu de monde et ça va mettre du temps. Mais comme toute nouvelle
00:55:04 --> 00:55:06<v invité="">technologie, il faut le temps que ça s'installe.
00:55:06 --> 00:55:09<v invité="">Et pour que ce soit bien fait, encore une fois, il faut qu'on arrive à faire
00:55:09 --> 00:55:12<v invité="">en sorte que ça ne soit pas dans un système où ça frustre l'utilisateur,
00:55:13 --> 00:55:16<v invité="">où il y a une complexification de la chose. Le plus, ce sera simple.
00:55:16 --> 00:55:20<v invité="">Et moi, mon but, c'est que mes utilisateurs ne comprennent même pas que ça vienne
00:55:20 --> 00:55:22<v invité="">de la blockchain ou de la crypto-monnaie. Et là, j'aurais gagné.
00:55:22 --> 00:55:25<v invité="">De toute façon, c'est comme ça que ça marche. Mais ouais.
00:55:26 --> 00:55:30<v monde="" numérique="">OK. Eh bien, on vous souhaite plein de bonnes choses. Merci beaucoup.
00:55:30 --> 00:55:31<v invité="">Eh bien, merci. Merci à vous.
00:55:31 --> 00:55:37<v monde="" numérique="">Merci, Gaspard Bonnot, président de Div Protocol, toute jeune startup qui
00:55:37 --> 00:55:39<v monde="" numérique="">est peut-être sur les technologies du futur.
00:55:40 --> 00:55:44<v monde="" numérique="">Et merci d'avoir raconté tout ça alors que vous commencez à peine l'aventure
00:55:44 --> 00:55:45<v monde="" numérique="">dans le monde numérique.
00:55:46 --> 00:55:46<v invité="">Merci pour l'invitation.
00:55:55 --> 00:55:59<v monde="" numérique="">Et c'est la fin de cet épisode de Monde Numérique l'hebdo,
00:56:00 --> 00:56:04<v monde="" numérique="">merci d'avoir suivi jusqu'au bout n'oubliez pas surtout de laisser un commentaire
00:56:04 --> 00:56:09<v monde="" numérique="">à des petites étoiles à propos de ce podcast sur votre plateforme d'écoute vous
00:56:09 --> 00:56:14<v monde="" numérique="">pouvez m'envoyer des messages sur les réseaux sociaux ou bien sur le site mondenumérique.info,
00:56:15 --> 00:56:18<v monde="" numérique="">n'hésitez pas à vous abonner à la newsletter, vous êtes de plus en plus nombreux
00:56:18 --> 00:56:22<v monde="" numérique="">abonnés à la newsletter de Monde Numérique, qui est une autre façon d'être en
00:56:22 --> 00:56:24<v monde="" numérique="">contact à propos de l'actualité tech.
00:56:26 --> 00:56:30<v monde="" numérique="">Voilà, on se retrouve samedi prochain, juste avant, il y aura toutes les interviews,
00:56:30 --> 00:56:33<v monde="" numérique="">un épisode par semaine, c'est la promesse de Monde Numérique,
00:56:34 --> 00:56:39<v monde="" numérique="">les interviews intégrales, et puis d'ici là, passez une très bonne semaine, plein de tech, salut !













