Cette semaine : l'avatar d'une personne décédée témoigne en justice, OpenAI recrute une française star de la tech, la France et le Québec interdisent les écrans à l'école, Amazon présente un nouveau robot, TF1 fait revivre le 8 mai 35 grâce au numérique.
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🌐 Un fantôme au tribunal : l’IA défie la justice
L'IA a permis à une victime décédée de « témoigner » lors d’un procès aux États-Unis. Cet événement insolite relance le débat sur la place de la technologie dans les tribunaux. Est-ce un véritable témoignage ou un simple spectacle qui risque cependant d’influencer le jury ?
🎧 03:50
💼 OpenAI recrute la Française la plus puissante de la Silicon Valley
OpenAI, qui renonce à devenir une entreprise à but lucratif tout en sécurisant 20 milliards de SoftBank pour poursuivre son développement, vient de recruter Fidji Simo, ancienne de Facebook et Instacart. Cette brillante française est nommée numéro 2 de l'organisation.
🎧 07:04
🧠 Hugging Face lance son agent IA open source
La startup franco-américaine Hugging Face dévoile Open Computer Agents, un assistant IA gratuit capable d’enchaîner les tâches comme un humain. Une alternative open source face aux géants propriétaires de la tech.
🎧 09:10
📉 IA : le grand remplacement en entreprises ?
Duolingo adopte une stratégie “AI First” : plus de nouvelles recrues sans preuve d’automatisation préalable. Shopify avait récemment annoncé la même chose. Salesforce limite les embauches d’ingénieurs, misant sur la productivité générée par l’intelligence artificielle. Est-ce le début du grand remplacement ?
🎧 10:12
📲 Smartphones : Samsung et Apple relancent la course à la finesse
Samsung s'apprête à dévoiler le Galaxy S25 Edge, épais de seulement 5,85 mm. Apple préparerait également un iPhone ultrafin. Mais l'autonomie de ces appareils sera-t-elle à la hauteur ?
🎧 11:17
🔋 Innovation chinoise : une batterie qui se recharge toute seule
Des chercheurs chinois présentent une batterie capable de se recharger seule, sans énergie externe. Si elle tient ses promesses, cette technologie pourrait révolutionner l’électronique mobile et l’Internet des objets (source).
🎧 13:55
📱 L'école dit stop aux écrans : fronde des ados
DEBRIEF TRANSATLANTIQUE avec Bruno Guglielminetti - Alors que la France et le Québec s’apprêtent à bannir les téléphones portables dans les écoles à la rentrée prochaine, les adolescents ne l’entendent pas de cette oreille. Au Québec, des manifestations de protestation ont été organisées.
🎧 15:30
🔍 Apple menace Google avec Perplexity et Gemini
Apple envisage d’intégrer Perplexity et d'autres IA dans Safari, remettant en cause son partenariat exclusif avec Google. L’IA devient un champ de bataille stratégique pour les navigateurs et moteurs de recherche.
🎧 21:21
🧠 Luc Julia démonte les mythes de l’IA générative
Luc Julia, co-inventeur de Siri et directeur scientifique de Renault, publie un nouvel essai percutant intitulé IA Génératives, pas créatives aux éditions Le Cherche Midi. Dans ce livre, il déconstruit les idées reçues autour de l’intelligence artificielle, rappelant qu’il ne s’agit que de modèles statistiques reproduisant des données existantes. À travers une exploration des limites techniques de l’IA, de ses impacts sociaux, économiques et environnementaux, il invite à une réflexion lucide, loin des fantasmes technologiques.
🎧 28:53
📦 Vulcan, le robot d’Amazon qui sent et touche
INTERVIEW Johannès Kulick (Amazon Robotics) - Amazon déploie Vulcan, un bras robotisé capable de manipuler délicatement les objets grâce à des capteurs tactiles. Déjà actif dans deux entrepôts, il assiste les humains dans les tâches pénibles sans les remplacer entièrement.
🎧 30:30
📽️ TF1 fait revivre le 8 mai 1945 avec l’IA
INTERVIEW Yani Khezzar (TF1) - Pour les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, TF1 a produit un mini-documentaire mêlant archives, 3D, IA et vidéo volumétrique. Ce travail pionnier, salué par les enseignants, propose une immersion inédite dans l’Histoire.
🎧 36:43
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Monde Numérique : [0:10] Un fantôme qui prend la parole en plein tribunal, ce n'est pas un miracle papal,
Monde Numérique :
[0:10] Un fantôme qui prend la parole en plein tribunal, ce n'est pas un miracle papal,
Monde Numérique :
[0:15] c'est une nouvelle prouesse de l'intelligence artificielle. Mais quand l'IA s'invite dans la salle d'audience, où est la limite entre spectacle et justice ? C'est la question de la semaine et on se la pose dans Monde Numérique. L'intelligence artificielle ne s'apprête pas seulement à nous remplacer quand on sera mort, elle prend notre place dès aujourd'hui au travail. Ce n'est plus de la science-fiction. Certaines entreprises demandent à leurs employés de prouver qu'ils sont vraiment utiles s'ils ne veulent pas être remplacés par des IA. Pendant ce temps chez Amazon, les robots prennent le pouvoir. Enfin, un nouveau robot capable de toucher, de sentir et de manipuler délicatement les objets. J'ai rencontré Vulcan, en tout cas l'un des ingénieurs qui l'ont mis au point.
Monde Numérique :
[1:02] Alors quoi ? Vous avez peur ? Pas de panique ! OpenAI n'a pas encore réussi à mettre au point sa soi-disant intelligence artificielle générale. La maison mère de Chajipiti renonce finalement à changer de statut, mais elle n'a pas dit son dernier mot et elle embauche la française la plus puissante de la Silicon Valley. Apple fait des misères à Google en s'apprêtant à signer avec Perplexity pour mettre de l'IA dans son navigateur Internet. Samsung prépare son futur smartphone ultra fin, alors que la France et le Québec s'apprêtent à bannir les écrans des écoles. « Aïe aïe, ça grince dans les cours de récré outre-Atlantique », nous dira Bruno Guglielminetti à Montréal. Enfin, des Chinois ont mis au point une batterie qui s'auto-recharge, et TF1 fait revivre le 8 mai 1945 à grand renfort d'images de synthèse et d'intelligence artificielle. Bienvenue dans Monde Numérique, c'est l'hebdo du 10 mai 2025.
Invité :
[1:57] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[2:00] Et si l'Internet de demain était déjà là ? Dans le monde numérique, on explore les innovations d'aujourd'hui et aussi celles qui sont en avance sur leur temps. Et c'est le cas de Frogans, cette technologie française discrète mais innovante qui permet de publier et de consulter du contenu sur Internet. Frogans, ce ne sont pas des sites web classiques, ce sont des interfaces légères, accessibles sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation. Une sorte de web parallèle basé sur des standards ouverts, sans tracking et ultra sécurisés. Et aujourd'hui, vous pouvez contribuer à son développement. La société F2R2 qui porte ce projet ouvre son capital au public. Une opportunité d'investir dans une innovation made in France,
Monde Numérique :
[2:39] porteuse d'un vrai changement de paradigme numérique. Toutes les infos pour souscrire sont sur f2r2.fr. Et pour découvrir Frogan, ce partenaire de Monde Numérique, retrouvez l'interview de son fondateur Alexis Tamas sur mondenumérique.info.
Monde Numérique :
[3:01] On connaissait déjà les avatars de personnes décédées recréées virtuellement grâce à l'intelligence artificielle, mais jusqu'à présent, c'était plutôt pour des utilisations privées ou ludiques. Eh bien, un nouveau cap a été franchi récemment aux États-Unis, avec pour la première fois le témoignage d'une personne morte devant un tribunal. Il s'agissait d'une victime décédée qui est apparue sous la forme d'un avatar au procès de son meurtrier. Alors voilà, qui n'est pas banal, c'est une première mondiale qui soulève pas mal de questions, des questions liées à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le domaine judiciaire. Explication de Lino Tovena.
Invité :
[3:41] Alors non, ce n'est pas un épisode de Black Mirror, la scène a bel et bien eu lieu en Arizona. Christopher Pelkey, abattu en 2021 lors d'une altercation sur la route et réapparu sous forme numérique à l'audience de son tueur. Grâce à une IA, son visage et sa voix ont été recréés pour délivrer un message posthume. C'était d'ailleurs un message de pardon écrit par sa sœur. Le ressuscité alors déclaré « Dans une autre vie, nous aurions pu être amis » devant un jury étonné. L'objectif, soulager la famille et apaiser le climat. Le juge lui-même a été touché et il l'est déclaré « J'adore cette IA ».
Monde Numérique :
[4:11] Alors c'est assez étonnant et faire parler un défunt avec des mots qu'en réalité il n'a jamais prononcés, est-ce que ça a vraiment du poids dans un procès ? Est-ce que la justice peut vraiment s'appuyer là-dessus ?
Invité :
[4:22] Alors c'est là où ça devient un peu délicat, car cette vidéo n'est pas une preuve, c'est une mise en scène. La personne n'est plus là pour consentir ni pour valider ce qui est dit en son nom. La Cour suprême de l'Arizona a d'ailleurs réagi, elle reconnaît que l'IA peut être utile pour mieux comprendre le système judiciaire, mais elle alerte sur les risques d'influence et de manipulation. Un communauté a été créée pour poser les limites claires à ses usages, car ce genre d'outil peut être aussi utilisé pour orienter l'émotion du juge ou des jurés sans être vraiment vérifiable.
Monde Numérique :
[4:50] Alors ce n'est pas un cas isolé, Lino. Il y a un mois déjà, un autre Américain avait utilisé un avatar lui aussi, mais cette fois pour se défendre lui-même au tribunal.
Invité :
[4:58] C'est vrai, cette fois-ci, c'est à New York où Jérôme Dowald, 74 ans, se représentait seul contre son ancien employeur. Il a alors diffusé une vidéo où un avatar IA, jeune, fluide, qui n'a rien à voir avec lui, plaidait à sa place. Dans cette affaire, au contraire, les juges n'avaient pas vraiment apprécié l'initiative. L'un d'eux avait interrompu alors la diffusion, estimant avoir été trompé. L'accusé avait dû présenter ses excuses, expliquant qu'il voulait juste mieux s'exprimer. Mais là encore, la frontière entre aides technologiques et manipulations a été franchie.
Monde Numérique :
[5:26] Et alors il y a pire, en 2023, toujours en matière judiciaire, là c'était un avocat qui avait carrément présenté de faux dossiers générés par ChadGPT.
Invité :
[5:37] Alors ça c'est du lourd, effectivement l'IA avait inventé des procès inexistants pour étayer ses arguments. L'avocat a écopé de 5000 dollars d'amende, une affaire qui a mis en lumière un problème. Les IA sont convaincantes, même quand elles ont tort. Et dans un tribunal où chaque mot peut peser sur un verdict, c'est un risque majeur.
Monde Numérique :
[5:54] Voilà, l'IA et la justice, ce n'est peut-être que le début de l'histoire. Avec ces quelques faits d'actualité récents, on aura l'occasion d'en reparler très certainement. Merci Lino Tovena de Monde Numérique.
Monde Numérique :
[6:11] Quoi de neuf du côté d'OpenAI, la maison mère de Chagipiti, qui chaque semaine évidemment fait l'actu ? Eh bien d'abord un coup de théâtre, puisque finalement la compagnie de Sam Altman ne changera pas de statut, enfin presque pas.
Monde Numérique :
[6:24] Son projet de transformation en entreprise à but lucratif, puisqu'aujourd'hui OpenAI est encore une organisation sans but lucratif, ce projet a été officiellement abandonné. Ça a été annoncé par le CEO Sam Altman dans le courant de la semaine. Ça faisait un moment pourtant que Sam Altman essayait de transformer le statut de sa compagnie pour pouvoir bénéficier de nouveaux soutiens financiers, pour pouvoir notamment verser des bénéfices à ses actionnaires.
Monde Numérique :
[6:55] Mais Elon Musk, qui lui a mis des bâtons dans les roues, la justice qui veillait au grain, restera contrôlée par une organisation à but non lucratif. Malgré tout, il va y avoir un petit changement, sans rentrer trop dans le détail, qui devrait lui permettre de respecter les engagements pris auprès de ses investisseurs et notamment de toucher un nouveau pactole, une nouvelle arrivée d'argent frais, 20 milliards de dollars promis par l'actionnaire SoftBank. Donc, on sait qu'OpenAI a énormément besoin de cash pour continuer à faire fonctionner Chagipiti et pour surtout poursuivre son rêve d'intelligence artificielle générale. Et puis, chez OpenAI, il y a une nouvelle tête et non des moindres. C'est une Française, Fidji Simo, qui vient d'être nommée présidente des applications. Alors, ça veut dire grosso modo responsable opérationnel. En gros, elle va être numéro 2 d'OpenAI, juste derrière Sam Altman. Un beau couronnement, et sans doute pas le dernier pour Fidjissimo, qui est donc une brillante manager française de 39 ans, originaire de Sète, près de Montpellier, et qui a un sacré parcours parce qu'elle a déjà travaillé chez Facebook aux côtés de Mark Zuckerberg, avant d'être nommée CEO de la société Instacart. C'est le poste qu'elle a occupé jusqu'à présent. Chez OpenAI, elle va donc s'occuper du déploiement de Chagipiti sur les différentes plateformes fixes et mobiles.
Monde Numérique :
[8:14] Puisqu'on est dans l'IA, un mot de l'IA, la française, avec cette innovation présentée cette semaine par la start-up française Hugging Face, qui a lancé à son tour son propre agent IA. Il s'appelle Open Computer Agents. Rappelons ce qu'est un agent. C'est un outil d'intelligence artificielle qui peut faire des successions de tâches, y compris en se connectant à des sites web via un navigateur, comme le ferait un être humain. Et donc, par exemple, pour réserver une table au restaurant ou un hôtel, et puis bien sûr, plein d'autres choses, encore plus sophistiquée. Particularité, il est entièrement gratuit, puisque, rappelons-le, AgingFace, c'est cette compagnie créée par des Français, mais basée également aux Etats-Unis, qui propose et qui référence, qui diffuse des modèles d'intelligence artificielle en open source, gratuit. Il y en a plus d'un million et demi, ainsi que des sets de données pour entraîner ces IA et des scripts pour les programmer. Et à propos de AgingFace, vous pouvez retrouver l'interview de son fondateur, Clément Delangue, sur le site mondenumérique.info.
Monde Numérique :
[9:16] L'intelligence artificielle qui remplace les humains dans les entreprises, ce n'est pas de la science-fiction. Cette fois, les amis, ça devient bien réel. Après Shopify qui a demandé à ses équipes de prouver qu'elles ne pouvaient pas être remplacées par des IA, c'est l'entreprise américaine d'apprentissage des langues, Duolingo, qui annonce à son tour son intention de faire faire un maximum de choses à l'intelligence artificielle. Duolingo a réussi en un an à développer plus de 150 nouveaux cours, des cours de langue, alors qu'il lui avait fallu 12 ans pour développer les 100 premiers. Les équipes de Duolingo devront désormais démontrer qu'elles ont automatisé certaines tâches avant de pouvoir recruter de nouveaux collaborateurs. C'est ce qu'a expliqué le patron de Duolingo dans un post LinkedIn en début de semaine en disant que son entreprise allait devenir désormais AI first. Le géant du logiciel Salesforce lui aussi prévoit de freiner les embauches à cause de l'IA. Pas de nouveaux ingénieurs cette année en raison des gains de productivité réalisés en interne grâce à l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
[10:20] Allez, il n'y a pas que l'intelligence artificielle dans la vie, un petit mot des nouveautés matérielles qui nous attendent. Et dans les prochains mois, préparez-vous à accueillir la nouvelle mode des smartphones, ce seront les smartphones ultra fins. Ils arrivent, Samsung doit dévoiler cette semaine son nouveau Galaxy S25 Edge, c'est prévu pour le mardi 13 mai. un appareil qui aura une épaisseur de 5,85 mm. C'est beaucoup plus fin que les actuels Galaxy S25 qui tournent autour de 7 à 8 mm. Pour autant, Samsung promet de ne pas sacrifier la photo qui est le point fort de ces appareils avec notamment un capteur principal de 200 mégapixels c'est-à-dire le même que celui du S25 Ultra le modèle premium de la gamme.
Monde Numérique :
[11:04] Et puis Apple serait également en train de se lancer dans cette voie, en tout cas selon des rumeurs rapporté par le site américain The Information. La marque à la pomme prévoirait de lancer cette année également un modèle d'iPhone ultra fin dont l'épaisseur devrait avoisiner les 5,5 mm. Bon, on attend de voir ces nouveaux produits, a priori très jolis. C'est une tendance qu'on avait déjà identifiée au dernier salon Mobile World Congress de Barcelone. On voyait que c'était vers ces produits ultra fins que se dirigeaient les constructeurs. Problème toutefois, est-ce que ça ne va pas nuire à l'autonomie ? Car visiblement, il est difficile de faire tenir des batteries puissantes dans un volume encore plus fin que d'habitude. On verra bien. Et puis, à propos d'Apple, justement, ce n'est pas fini, puisque pour 2026, la marque californienne préparerait une vraie petite révolution sur ses produits, avec notamment un smartphone pliable pour 2026. Et on parle aussi d'une paire de lunettes connectées concurrentes de celles de Meta.
Monde Numérique :
[12:05] Et on termine ce tour d'horizon de l'ActuTech avec encore des prévisions pour les mois à venir. C'est l'arrivée probable de Robotaxi en Europe. Uber vient en effet d'annoncer un partenariat avec une start-up chinoise qui s'appelle Momenta, spécialisée dans la conduite autonome, avec pour objectif de lancer des véhicules autonomes Uber en dehors des Etats-Unis et de la Chine, et donc en Europe très bientôt. Alors on ne sait pas quand ça arrivera en France, mais le premier déploiement quelque part en Europe pourrait avoir lieu début 2026. Il s'agirait de robotaxis avec un opérateur de sécurité à bord, dans un premier temps, comme ça s'est fait aux Etats-Unis, et puis ensuite on verra pour le futur. Rappelons que Google fait déjà rouler des robotaxis dans certaines villes américaines, notamment San Francisco, ces véhicules Waymo, qui sont parfois en partenariat avec Uber, et puis Uber opère également des voitures autonomes, notamment au Texas. Salut, salut Bruno Guglielminetti.
Invité :
[13:05] Salut Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[13:07] Eh bien, écoute, on se retrouve comme chaque semaine pour ce débrief transatlantique, diffusé à la fois dans ton carnet et dans Monde Numérique. Bruno, sujet très intéressant cette semaine, qui rapproche le Québec et la France et qui concerne les collégiens. À partir de la rentrée prochaine, aussi bien chez vous que chez nous, eh bien, il va y avoir du neuf et ces pauvres collégiens, entre guillemets, n'auront plus le droit de se servir de leur portable. Et vous avez pris chez vous, au Québec, la même décision, mais ça commence à faire des vagues, si j'ai bien compris.
Invité :
[13:38] Oui, bien effectivement, les gens qui ont écouté mon carnet il y a environ deux semaines ont peut-être entendu une entrevue avec la présidente de la commission qui a justement fait le tour du Québec pour faire une tête et des recommandations au gouvernement du Québec. Et donc, notamment dans les recommandations par rapport à l'utilisation ou l'impact des écrans auprès des jeunes québécois, il y avait cette recommandation d'interdire l'utilisation des téléphones cellulaires sur le territoire de l'école. Et donc, ça devait être une recommandation, mais le ministre de l'Éducation a sauté à pieds joints sur cette histoire-là et a donc confirmé que ça allait être mis en place à compter de la rentrée de septembre. Donc, pour l'équivalent en France, ce serait les collégiens et les lycéens. On parle des adolescents essentiellement. Chez nous, secondaire 1, secondaire 5. Et donc, interdiction d'utiliser les téléphones cellulaires, pas seulement dans les cours, dans les classes, mais aussi avant quand on arrive à l'école, pendant l'heure du midi et puis quand on est en activité en fin de journée.
Monde Numérique :
[14:44] C'est-à-dire qu'ils devront les ranger quelque part?
Invité :
[14:47] Exactement, les ranger quelque part. On ne sait pas encore où, ça va dépendre des institutions, mais l'idée, c'est ça. Et donc, officiellement, ça va être la chose. Sauf que ce n'est pas pris, ce n'est pas accueilli de la même façon par tout le monde et notamment des intéressés. Et là, il y a eu une énorme campagne qui s'est faite sur TikTok pour essayer d'éveiller les jeunes par rapport à leurs droits. Et en disant, écoutez, cette décision-là a été prise par des gens qui n'ont aucune idée de notre quotidien et comment on vit aujourd'hui. Eux sont encore à l'époque de, bon, ils se croisaient en jeunes quand ils utilisaient la charrette pour aller au village.
Invité :
[15:28] Tandis que, bien là, nous, c'est autre chose. On utilise le téléphone cellulaire pour communiquer entre nous et d'autant plus qu'ils sont passés à travers, souvenons-nous de ça, ils sont passés à travers la pandémie. Et ces gens-là, leur seul moyen qu'ils avaient pour communiquer entre eux, c'était leur téléphone ou leur tablette ou leur ordinateur. Et donc, ils ont virtualisé pour une bonne partie de leur relation sociale. Alors là, du jour au lendemain, pouf, le gouvernement dit non, non, là, c'est fini. On va retirer cette affaire-là. Alors, ça passe mal. Et donc, jeudi, il y a eu une énorme manifestation à travers le Québec. Les jeunes ont carrément décidé de faire grève. Ils sont sortis des écoles pour protester contre ce projet-là. Et ce projet, c'est une loi, ça a été décité par le ministre,
Invité :
[16:13] mais là, il faudra voir si le ministre aura eu l'oreille de ces propos-là, il faudra voir.
Monde Numérique :
[16:20] Oui, s'ils vont assouplir ou pas. C'est super intéressant parce que c'est exactement la même situation chez nous. Effectivement, il y a eu en 2024 une expérimentation qui s'appelait la pause numérique, ça concernait 50 000 élèves, et là, le projet, c'est effectivement, ça a été entériné de généraliser ce truc-là à partir de la rentrée prochaine. Donc, pareil pour les collèges, donc les mêmes tranches d'âge. Les élèves seront obligés soit de l'éteindre, de le garder au fond de leur sac, leur smartphone, soit même de le mettre dans des casiers fermés à clé et interdiction de s'en servir, bien entendu pendant les cours, mais même aussi pendant les récré, etc. Bon, cela dit, je demande à voir ce qui va se passer. À mon avis, il va y avoir de la fraude.
Invité :
[17:02] Oui, c'est certain. Mais c'est intéressant de voir, quand je parlais avec la présidente de la commission, elle me racontait que pendant les différentes rencontres qu'ils ont faites, ils ont rencontré des institutions où on a fait ce test-là pendant un an, pendant deux ans. Et les coûts qu'ils en recevaient, c'était essentiellement que, oui, il y a une période de sevrage, ce n'est pas facile, mais une fois que c'est passé, un an, deux ans plus tard, les jeunes maintenant, évidemment, poursuivent leur vie sociale, mais maintenant, se parlent. Face à face, yeux à yeux et non plus yeux sur écran. Et ça a changé vraiment la dynamique. Évidemment, il ne faut pas les laisser tout seuls dans un coin en disant, bon, parlez-vous. Ça demande de faire des activités, ça demande de les occuper, de les amener à vivre autre chose que tout simplement se réfugier sur leur téléphone ou pour écouter la musique ou regarder TikTok ou parler à leur ami. Donc, ça demande une autre dynamique autour d'eux. Mais ça existe, ça a été testé et ça fonctionne bien.
Monde Numérique :
[18:02] Donc, ce serait positif.
Invité :
[18:04] Ce serait positif pour ceux qui l'ont déjà essayé.
Monde Numérique :
[18:06] Douloureux au départ, mais positif sur le long terme.
Invité :
[18:09] De là la période de sauvrage. Alors, j'ai bien hâte de voir aussi de mon côté comment ça va se passer.
Monde Numérique :
[18:13] Bon, écoute, je ne sais pas si j'aimerais être un collégien aujourd'hui alors. Ah, écoute. Non, mais d'un côté, effectivement, c'est certainement une décision nécessaire, on va dire. Mais il y a des inconvénients aussi. Et je pense que c'est un vrai mode de vie derrière qui risque d'être bouleversé parce que finalement, aujourd'hui, par exemple, même les parents peuvent envoyer des messages à leurs enfants et ils sont habitués à avoir des réponses très rapides. Donc, c'est tout un changement qui arrive.
Invité :
[18:38] Les parents devront apprendre aussi. Et puis, il y a des parents qui ne sont pas contents.
Monde Numérique :
[18:42] Oui, j'imagine, bien sûr. Bon, voilà, gros sujet social, société, on va dire. Si on revient à des affaires un peu plus, les affaires courantes, Bruno… On parle d'IA. Oui, si on parlait d'IA et si on parlait de nos amis, les géants américains de la tech.
Invité :
[18:59] Ah, qui, oui.
Monde Numérique :
[19:00] Est-ce que tu as vu cette annonce qui a été faite ? Alors, ce n'est pas vraiment une annonce, mais c'est une information qui a été révélée par un… Oui.
Invité :
[19:08] Tu m'as parlé d'Apple.
Monde Numérique :
[19:09] Un grand ponte d'Apple, EddyQ, qui, à l'occasion du procès Google, on en a parlé du procès Google, il a été amené à témoigner. Et donc, il a évoqué le fait que bientôt, eh bien, Apple allait intégrer d'autres moteurs de recherche que Google dans son navigateur Safari, mais surtout des outils d'intelligence artificielle autres que celui de Google.
Invité :
[19:33] Et quand j'ai vu ça cette semaine, je me suis dit, mais qu'est-ce que Jérôme va dire là-dessus?
Monde Numérique :
[19:39] Non, mais écoute, c'est intéressant parce que ça concernerait, ça pourrait concerner donc Perplexity.
Invité :
[19:46] Oui, ça c'est la discussion la plus sérieuse qu'ils ont eue là.
Monde Numérique :
[19:49] Voilà, donc ils pourraient verser de l'argent en fait à Perplexity, parce que ce qu'il faut, c'est rappeler comment ça marche cette histoire-là. Il y a un contrat entre Google et Apple depuis des années. Apple verse, c'est combien ? 20 milliards. 20 milliards par an à Google pour que Google soit le moteur de recherche par défaut dans Safari. C'est-à-dire, quand on fait une recherche dans Safari, en fait, c'est Google qui mouline derrière puisque Apple n'a pas de moteur de recherche. Et là, l'idée, c'est de dire un peu, bon, OK, Google, c'est très bien, mais on va aussi proposer autre chose. Donc, il y aurait Perplexity, tu l'as dit, mais peut-être aussi Bing, Yahoo.
Invité :
[20:25] Ça, ça y est déjà.
Monde Numérique :
[20:26] Pardon, je dis une bêtise.
Invité :
[20:27] C'est ça, et là on est ouvert à OpenAI et on est ouvert aussi à Gemini.
Monde Numérique :
[20:30] Oui, aussi à Gemini. Ça montre plein de choses intéressantes, je trouve, parce que d'abord ça montre que l'intelligence artificielle, c'est le moteur de recherche d'aujourd'hui. En fait, ça y est, on n'y est pas encore tout à fait, et notamment pour les problèmes qu'on connaît, d'hallucinations et autres, mais on va vraiment dans cette direction-là. Et puis, d'un autre côté, ce n'est pas bon pour Google. Déjà, ils sont en procès, ils ont un procès sur le dos. Et si en plus, l'un de leurs plus gros partenaires financiers, enfin financiers, oui, les lâchent.
Invité :
[21:02] Un rapport de 20 milliards, c'est assez important.
Monde Numérique :
[21:05] Ce n'est pas négligeable. C'est vraiment un coup de plus, je trouve, sur la tête de Google, cette histoire-là. Et puis, en même temps, c'est aussi une manière un petit peu pour Apple, dont on sait qu'il est très en retard en matière d'intelligence artificielle, de reprendre un petit peu l'avantage, enfin, d'offrir à ses utilisateurs quelque chose de plus, alors que l'écosystème Apple est un peu pauvre aujourd'hui en intelligence artificielle.
Invité :
[21:29] Mais entre nous, tu peux être certain que l'annonce de Gemini dans le furteur Chrome, c'est une question de temps. Maintenant que Apple l'a évoqué publiquement, tu peux être sûr qu'il y a déjà des... Ben oui, ça sera probablement dans la prochaine mise à jour, sinon la deuxième, la subséquente. Ça va arriver. Déjà que Google cherche parce qu'ils sont en train de voir l'impact que Perplexity a. D'ailleurs, tu parles de ça, moi personnellement, j'utilise de plus en plus, je te dirais peut-être 70 % de Perplexity quand je fais des recherches maintenant, 30 % Google, et j'ai l'impression que ça, ils l'ont vu venir, alors ils sont en train de travailler, même dans Google Search, ils sont en train de chercher une solution qui va être quelque chose de similaire. Mais à l'intérieur de Chrome, j'ai l'impression qu'ils vont rapidement nous servir, Gemini, d'autant plus que tu soulignais...
Monde Numérique :
[22:17] Il est déjà plus ou moins là.
Invité :
[22:19] Gemini. Oui, on peut l'interagir avec lui selon ce qu'on utilise, mais d'autant plus que dans une étude qui a été faite par Giscard, Gemini est sorti comme l'IA générative qui a le moins d'hallucinations dans les grandes IA qu'on connaît. Alors, imagine, ça fait une belle étoile au bulletin, ça.
Monde Numérique :
[22:41] Oui. Giscard, ça n'a rien à voir avec Giscard d'Estaing.
Invité :
[22:44] Non, non.
Monde Numérique :
[22:45] C'est cette start-up qui...
Invité :
[22:46] C'est une autre époque.
Monde Numérique :
[22:47] Voilà. C'est cette start-up qui classe les IA en fonction de leur degré d'hallucination.
Invité :
[22:51] Oui. Dans son palmarès qui s'appelle le Phare. Ça doit être français, ça, avec des noms comme ça.
Monde Numérique :
[22:57] Je crois que c'est français.
Invité :
[22:58] Ah, mais Giscard, je pense aussi, oui.
Monde Numérique :
[22:59] Mais c'est bon. Ça, c'est un bon point, en revanche, pour Google. Qui, pourtant, avait eu, on s'en souvient, des débuts un peu chaotiques pour Gemini, mais qui, pour Google, ça a une autre valeur, je pense. Ça a un autre poids, ce problème des hallucinations, parce que Google, c'est un moteur de recherche et on s'est tellement habitués à ce que ce soit la vérité vraie.
Invité :
[23:23] Et pour l'information et celle des auditeurs, on est à 13 % d'hallucinations.
Monde Numérique :
[23:28] Pour Gemini ? Oui, c'est pas mal. Alors qu'il y a certains modèles de GPT qui montent à 30, 40, presque 50 %.
Invité :
[23:35] Oui, oui, tout à fait. Donc, c'est une belle carte.
Monde Numérique :
[23:38] C'est bien. À part ça, Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[23:44] Écoute, c'est drôle que tu me poses la question parce que je pensais que ça n'arriverait jamais. Mais plus sérieusement, beaucoup de jeux vidéo dans cette édition.
Monde Numérique :
[23:51] Ah bon?
Invité :
[23:52] Il y a un nouveau studio qui arrive. La route du temps, est-ce que ça dit quelque chose?
Monde Numérique :
[23:56] Je ne crois pas, non.
Invité :
[23:57] C'est un roman. C'est une série sur Prime. Et ça sera bientôt, dans quelques années, un jeu vidéo, mais vraiment en grandeur nature.
Monde Numérique :
[24:07] Donc, quelques années. Toi, tu parles des trucs plusieurs années avant que ça sorte.
Invité :
[24:11] Oui, j'aime faire de la prospective. D'accord. Mais donc, il y a un studio qui ouvre aujourd'hui à Montréal. C'est iWatt. Et donc, c'est eux qui vont créer ce jeu-là. La roue du temps, quelque chose comme ça. Et donc, eux viennent d'ouvrir les portes. Alors, je parlais avec le patron de ce studio-là. Sinon, il y a Gameloft, ça me dit quelque chose.
Monde Numérique :
[24:34] Ah ben oui, évidemment.
Invité :
[24:36] Ben imagine, c'est une liste de Ubisoft, oui. Mais donc, Gameloft, ça fait 25 ans qu'ils ont un studio à Montréal. Ils font des célébrations. Alors, c'était l'occasion, évidemment, de parler de toutes ces années passées à Montréal. Ce savoir-faire montréalais et la qualité de la main-d'oeuvre montréalaise.
Monde Numérique :
[24:52] Par rapport à les autres. Arrête les violons, arrête les violons.
Invité :
[24:56] Les violons, il y en aura toujours pour le savoir-faire québécois.
Monde Numérique :
[24:59] Gameloft, ils sont toujours sur les jeux mobiles ou ils ont élargi?
Invité :
[25:03] Ben non, il y a quelques années de ça, ils ont eu un titre en exclusivité avec Disney. Et donc, ça leur a permis de s'embarquer sur le merveilleux mois du multi-plateforme.
Monde Numérique :
[25:15] D'accord.
Invité :
[25:15] Et là, ils sont très heureux avec ça. Sinon, évidemment, on va parler d'autre chose. et notamment, je reviens avec une association qui est dans le monde de l'éducation et qui dit que c'est un mauvais choix. Je reviens sur la question du téléphone obligatoire.
Monde Numérique :
[25:32] Du téléphone interdit.
Invité :
[25:33] Oui, exactement. Quelle belle façon de présenter le sujet. Et somme toute, sinon, il y a mes collaborateurs réguliers qui viennent me parler de différentes choses, notamment de ce qui se passe en Suisse, mais aussi, évidemment, de ce qui se passe au Québec.
Monde Numérique :
[25:47] Bien sûr. Voilà, il vous faut les deux, mon carnet et Monde numérique pour être heureux chaque semaine. Et je te propose qu'on se retrouve la semaine prochaine.
Invité :
[25:55] Ah, ben écoute, invitation acceptée. À la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[25:57] Salut. Salut, salut, Bruno. Bonne fin de podcast.
Invité :
[26:14] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[26:20] Avant de passer aux interviews de la semaine de Monde numérique, un mot d'un livre de Luc Julia, co-inventeur de Siri, directeur scientifique de Renault, qui signe un nouveau bouquin consacré une fois encore à l'intelligence artificielle. Après, l'intelligence artificielle n'existe pas, il revient avec IA Génératif, pas créative. Un ouvrage, un essai dans lequel il s'attaque aux idées reçues sur l'IA. Il rappelle que ce ne sont que des modèles statistiques qui ne font que reproduire et générer des données existantes. Un tour d'horizon de l'histoire de l'IA aussi, en évoquant ses limites techniques, ses enjeux sociétaux, l'impact sur l'emploi, l'information, l'environnement. Bref, il démonte un certain nombre de promesses et de fantasmes autour de l'IA. IA, générative, pas créative, aux éditions Le Cherche Midi de Luc Julia. Luc Julia, que l'on retrouve chaque mois dans Monde Numérique, dans l'humeur de Luc Julia.
Monde Numérique :
[27:19] On passe maintenant aux interviews de Monde Numérique, avec dans un instant direction la rédaction de TF1, pour retrouver Yani Khezzar, responsable de l'innovation, service d'information de TF1, à propos d'un documentaire sur le 8 mai 45, un reportage historique qui mêle de l'image de synthèse, de l'intelligence artificielle, il va tout nous expliquer. Mais avant cela, on va parler robots ! Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique Lebdo Premium sur Apple Podcasts et Spotify.
Monde Numérique :
[27:52] Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, version intégrale, la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique.
Invité :
[28:06] Ça, c'est Vulcan, un tout nouveau robot mis au point par Amazon. Vulcan, Vulcan en français, est un système de bras robotisés qu'Amazon décrit comme sensible au toucher, c'est-à-dire qu'il est muni soit de pinces, soit d'un système de ventouses par aspiration qui lui permettent d'attraper des petits objets comme des livres ou toutes sortes de petits produits vendus sur la plateforme et de les manipuler pour les ranger et pour les retirer des casiers lors de la préparation des commandes. Alors il y a une caméra avec un système de vision par ordinateur et puis une première pince qui soulève un élastique et une deuxième qui attrape l'objet qui le fait tomber sur un tapis rouleur. Ce sont des tâches effectuées habituellement par le générateur humain, mais qui sont assez pénibles, surtout lorsqu'il s'agit d'attraper des articles en hauteur ou au contraire en bas des paniers. Il faut de la dextérité, de la délicatesse, d'où l'idée d'un robot muni de capteurs pour sentir véritablement ce qu'il est en train de faire. Vulcan était présenté ainsi que d'autres robots, récemment Dortmund en Allemagne, où je me suis rendu, l'occasion de faire un point sur la robotisation au sein de l'entreprise. Écoutez l'un des responsables d'Amazon Robotics, avec un doublage en français assuré, bien sûr, par intelligence artificielle.
Invité :
[29:19] Bonjour, Johannes Kulick. Vous êtes ingénieur responsable de ces robots Vulcan développés chez Amazon. Alors, qu'est-ce qu'ils ont de particulier, ces robots ? À quoi ils servent et comment est-ce qu'ils fonctionnent ? Vous voyez ici deux systèmes. L'un est Vulcan Store, l'autre est Vulcan P. Ils utilisent tous deux un sens du toucher. Ils utilisent des capteurs de force et de couple pour ranger et attraper des articles dans les petits bacs de nos étagères en tissu. Et l'une des plus grandes innovations, c'est que nous pouvons les utiliser pour opérer sur les 400 millions d'articles différents que nous avons dans nos centres de distribution. Donc, techniquement, la spécificité, c'est notamment ce système tactile, haptique ? Qui permet de manipuler des objets de manière très fine. Oui, exactement. Donc, nous avons le sens du toucher. Le robot peut sentir son environnement. Et l'autre innovation, c'est que la caméra filme en continu pendant les opérations, ce qui permet d'ajuster ses mouvements. Et par exemple, si une défaillance se produit, elle peut réessayer.
Invité :
[30:23] Et l'avantage, c'est quoi ? C'est notamment qu'il peut aller chercher des objets plus hauts ? Les humains aussi peuvent attraper des produits en hauteur parce que nous avons des échelles. Mais utiliser une échelle est toujours moins ergonomique que de limiter ses mouvements à hauteur d'homme. Vous l'avez développé entièrement en interne chez Amazon ? Oui. Enfin, je veux dire que le matériel a été développé en partie chez Amazon. Il y a beaucoup d'équipements disponibles sur le marché. Mais le logiciel a été développé entièrement en interne. Les systèmes de vision sont très spécifiques, les systèmes tactiles aussi. La génération de mouvements, l'intégration dans notre processus, tout cela est propre à Amazon. Aucun fournisseur n'offre un tel système à cette échelle. Il a fallu combien de temps pour l'entraîner ? Le temps de développement a été d'environ trois ans, depuis 2022. La partie IA, elle, est continuellement améliorée. Et nous avons la chance chez Amazon d'avoir beaucoup de données. Nous pouvons utiliser toutes les images issues de nos centres de distribution pour bien entraîner les modèles.
Invité :
[31:28] Est-ce que malgré tout, parfois, il fait des erreurs ? Est-ce qu'il fonctionne toujours à 100% ? Non, ça ne fonctionne pas parfaitement à 100%. C'est comme tous les robots. Nous ne pouvons collecter qu'environ 75% des articles. Nous avons un système en arrière-plan pour prédire, et seules les images de ce qu'il est réellement possible de faire sont traitées. Mais parfois, l'opération ne peut pas être effectuée par le robot et quelqu'un prend le relais. C'est un projet de R&D à long terme. Et le principe, c'est qu'il y a des erreurs. Les choses ne fonctionnent pas toujours comme ça. Mais à l'heure actuelle, c'est opérationnel dans deux centres de distribution. L'un à Washington, l'autre à R&D. Et nous avons fait environ un demi-million de placements d'articles et 50 000 retraites. Et nous sommes très enthousiastes, car cette technologie fonctionne réellement en production. Elle n'a pas besoin d'être efficace à 100%, mais elle fonctionne suffisamment bien.
Invité :
[32:30] Ce n'est pas mieux que l'humain. Ce n'est pas censé l'être. En fait, ça fonctionne à une vitesse similaire. Donc, le robot n'arrive à retirer qu'environ 75 % des articles, alors que les gens peuvent évidemment tout choisir. Mais c'est censé fonctionner aux côtés d'un employé. Comment se passe la collaboration avec les humains ? Est-ce qu'il est dangereux pour les humains qui travaillent autour ? La collaboration est un peu différente de ce que vous avez pu voir avec des robots collaboratifs typiques. Nous avons des stations robotiques et ensuite nous avons des stations manuelles. Donc les gens n'interagissent jamais directement avec le robot, mais les robots prennent en charge les parties les plus difficiles du travail. Donc nous avons les rangées supérieures pour lesquelles les gens doivent se dresser, ou les rangées inférieures où ils doivent se pencher pour lesquelles les robots peuvent prendre le relais. Les humains, eux, peuvent ainsi agir principalement dans leur zone de confort ergonomie, c'est-à-dire à mi-auteur. C'est gagnant-gagnant, afin que les gens deviennent réellement plus efficaces et que les robots prennent également en charge une partie de l'exécution. Quel est l'impact sur l'emploi ? Est-ce que ça supprime en fait des postes de travail dans les entrepôts et dans les centres de distribution ?
Invité :
[33:42] Si vous regardez le passé de l'automatisation chez Amazon, nous avons en fait beaucoup augmenté nos effets.
Invité :
[33:48] Nous avons en réalité employé plus de personnes au fil du temps, et non pas moins. C'est comme ça que nous voyons le futur. Merci beaucoup, Johannes Kulick.
Invité :
[34:12] On est ici en Belgique, dans ce massif des Ardennes. Nous sommes en décembre 1944. Depuis le débarquement des Alliés en Normandie, il y a six mois, ils ont libéré la France et ils avancent maintenant vers l'Allemagne. Le Troisième Reich vacille.
Monde Numérique :
[34:29] Salut Yani Khezzar.
Invité :
[34:30] Salut Jérôme.
Monde Numérique :
[34:31] Ravi de te retrouver à nouveau dans Monde Numérique. On s'est déjà parlé il y a quelques mois. Tu es journaliste à TF1, spécialiste des technologies. et puis tu es également en charge de tout ce qui est innovation technologique au service de l'information. Alors, tu t'es fait historien cette semaine, Yani, à l'occasion des 80 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, donc l'anniversaire du 8 mai 1945, avec un reportage, un film de 8 minutes qui a été diffusé dans le JTTF1 la veille du jour J, c'était mercredi 7 mai, qui est disponible également sur YouTube, qu'on peut donc aller regarder. Et c'est un très joli produit qui est un peu un mélange d'images de synthèse, de réalité augmentée, d'images d'archives, d'intelligence artificielle, etc. Comment est-ce que tu définirais cette production ?
Invité :
[35:20] Oui, c'est vrai que c'est compliqué. Rien que le nom qu'on utilise, on ne sait pas dire, ce n'est pas un reportage, puisqu'on n'est pas allé filmer sur le terrain, parce que par définition, tout se passe dans le passé. Nous, on dit que c'est un format, parce que c'est une séquence, comme ça, c'est une longue vidéo, comme un mini-documentaire immersif, on va dire, mais raconté un peu façon journalistique et façon presque comme si on était dans l'actualité, qu'on était en reportage sur le terrain au moment où ça se passe, plutôt qu'un documentaire classique avec une voix off un peu plus posée. C'est un ovni un peu, en effet.
Monde Numérique :
[35:58] Mais ça ressemble un peu à ce que tu fais régulièrement dans le journal de TF1, où tu interviens, où tu te mets en scène au milieu de décors virtuels, etc. Donc là, qu'est-ce que vous avez utilisé comme technologie ? Comment vous avez fabriqué ça ?
Invité :
[36:12] En fait, l'ambition, au départ, quand on a commencé à lancer le projet il y a 5 mois, c'était de se dire qu'on allait raconter cette grande page du passé, qui sont les derniers moments de la Deuxième Guerre mondiale. En fait, ce qui se passe après le débarquement de Normandie, parce qu'on avait fait l'an dernier un format immersif sur le débarquement de Normandie, mais les gens connaissent peu ce qui se passe après le débarquement. Entre le débarquement et la fin de la guerre, il se passe quasiment un an, et donc encore beaucoup de choses. Donc on s'est dit, il y a cet événement qui arrive, on a cinq mois, et on va le faire avec les toutes dernières technologies qui existent. Toutes les technologies de mise en image qui peuvent nous servir, on va les utiliser, on va apprendre à s'en servir au mieux. Donc, on connaissait et on maîtrisait déjà bien la vidéo volumétrique, puisqu'on a fait des formats sur le réchauffement climatique, sur les limites planétaires, sur le débarquement de Normandie. Donc là, on maîtrisait bien cette technologie.
Monde Numérique :
[37:07] Il faut rappeler un peu ce que c'est quand même la vidéo volumétrique. Oui, on va rappeler.
Invité :
[37:10] Alors, ça se tourne dans un studio un peu particulier, comme un chapiteau tout vert. Donc, il y a du fond vert à 360 degrés. Et tout autour de la personne qui va se mettre au centre, il y a un rail avec des caméras qui l'entourent. Et grâce à ça, en fait, la personne qui se met au centre, elle est filmée sous toutes les coutures. Et ce qu'on obtient, ce n'est pas une vidéo dans un axe, c'est la personne en 3D filmée en mouvement. Et donc, ça veut dire qu'après coup, sur l'ordinateur du graphiste, on peut choisir l'axe de caméra, mais après le tournage, en post-production. Et on peut faire les mouvements de caméra virtuellement après le tournage. Donc, c'est assez pratique parce que si la prise a été bonne, on n'a pas besoin de la refaire parce que le mouvement de caméra était trop lent, trop rapide ou pas dans le bon axe puisque les mouvements de caméra sont faits virtuellement dans une scène 3D et ensuite sur un ordinateur.
Monde Numérique :
[38:00] Oui, comme on ferait dans une captation en studio normale, etc. Exactement.
Invité :
[38:05] Ça, c'est la vidéo volumétrique et c'est ce qui permet dans le format de faire ces mouvements très enroulés, très circulaires qui participent vraiment à l'immersion. Et ça donne aussi ce traitement graphique assez particulier. Ensuite, le défaut aujourd'hui, c'est qu'on ne peut pas s'approcher très près des visages avec de la vidéo volumétrique, sinon la définition n'est pas encore assez bonne. Donc nous, on y a ajouté des véritables plans tournés sur fond vert, des caméras 4K avec des super mouvements, des super cadrages, etc. Et puis en plus de ça, évidemment, on y a mis beaucoup d'intelligence artificielle à plein d'étapes, que ce soit à l'étape de l'écriture, du storyboard, de la réflexion, puis à l'étape créative, c'est un petit peu un pinceau narratif. On va s'en servir pour ajouter de la neige sur des uniformes, recréer des détails d'une ville bombardée, faire travailler une IA sur certains visages, notamment le visage d'Adolf Hitler, qu'on a collé ensuite sur le visage du figurant qui jouait son rôle.
Invité :
[39:06] C'est un petit peu comme si on recousait des fragments de l'histoire grâce à l'intelligence artificielle et à toutes ces autres technologies. Et l'ensemble, ça donne ce format qui est un peu à la pointe de ce qu'on peut faire en mai 2025. On verra dans un an, on aura certainement encore plein d'autres outils, mais à date, on a utilisé beaucoup de choses. Toutes les semaines, il y avait un nouvel outil qu'on testait, qui sortait. On disait, tiens, là, c'est bien pour cette partie, tiens, là, ça va nous aider pour cette partie. On a au total peut-être une dizaine d'IA différentes qui sont utilisées dans ce format.
Monde Numérique :
[39:39] Oui, parce qu'il faut rappeler qu'il y a toute une équipe à TF1 avec laquelle tu travailles régulièrement, et puis avec beaucoup de matériel derrière en plus que j'avais eu l'occasion de percevoir. Oui, tu étais venu nous voir.
Invité :
[39:49] Là, en l'occurrence, je rends hommage à Christophe Aragona, qui est le graphiste qui travaille sur ces formats. Quand on montre ça à l'extérieur, ça surprend toujours de voir que c'est pratiquement un homme très talentueux qui de A à Z a conçu tous ses décors etc, il a eu un peu d'aide par moment mais c'est vraiment lui qui seul, de A à Z conçoit tout ça et moi je co-réalise avec lui et puis après il y a un travail qui fait 50% du contenu je trouve c'est l'audio et on a un vrai travail de sound design on a une sound designer qui s'appelle Elise Chambéron qui est aussi très talentueuse et qui a passé des semaines, avec je crois 200 ou 300 pistes sur sa timeline à l'arrivée et c'est vraiment une oreille d'or on a recréé plein de choses on a enregistré les voix.
Invité :
[40:44] Avec des personnes qui parlaient nativement les langues, notamment il y a pas mal de soviétiques dans ce format il y a notre correspondant à Moscou qui est allé trouver des russes qui nous ont enregistré des cris, des voix, pour vraiment bien incarner les personnages pareil avec des allemands, pareil avec des Américains. On a vraiment poussé le détail vraiment très loin. Et puis, historiquement, évidemment, tout ça est travaillé, relu, précisé, avec notamment Olivier Vieviorca, qui est l'historien spécialiste en France de la Seconde Guerre mondiale. Et ça donne ça. Et on commence déjà à avoir beaucoup de retours. Ça fait que quelques jours qu'il a été diffusé, mais on a beaucoup de retours, notamment du corps enseignant. Moi, ça me fait plaisir quand je reçois des messages de professeurs d'histoire, qui ensuite, nous disent qu'ils vont le diffuser à leurs élèves et puis les élèves qui nous écrivent en disant j'ai justement cette partie du programme en ce moment à réviser et ça m'aide beaucoup à comprendre à m'intéresser et c'est super comme retour.
Monde Numérique :
[42:13] Il faut remettre dans le contexte que ce n'est pas non plus une production de jeux vidéo. Vous n'êtes pas sur des dizaines de millions d'euros, enfin sur des millions d'euros.
Invité :
[42:21] Non, non.
Monde Numérique :
[42:23] Ça s'inscrit dans le cadre de la production éditoriale, d'une rédaction, même si c'est TF1, c'est le groupe TF1, vous avez les moyens, évidemment. Mais c'est dans le champ information, actualité.
Invité :
[42:35] Exactement. Ce n'est pas du tout à comparer avec un film qui a un budget de plusieurs centaines de millions d'euros, ou même un jeu vidéo qui a des budgets similaires. Non, non, non, on travaille avec des moyens qui sont ceux de l'information de TF1. Donc, on met les moyens pour faire une information de qualité. Mais pour autant, on a en effet des moyens limités, même quand on a des produits ambitieux comme celui-ci. Donc, c'est aussi pour ça que c'est des équipes ramassées, mais des équipes impliquées.
Monde Numérique :
[43:04] Talentueuses. Alors, dans le film, il y a des décors. Il y a quelques décors qui sont un peu passe-partout. Il y en a d'autres qui sont a priori historiques. On voit le bunker de Hitler. Pareil pour les personnages. Il y a des personnages qui sont un peu anonymes et puis l'un d'autre qui sont réels. Il y a les signataires de Yalta, etc. Donc, vous avez fait jouer des comédiens aussi ?
Invité :
[43:27] Alors, c'est des passionnés. Là aussi, ce sont des... Tu sais, il y a toute une communauté en France de passionnés d'histoire et de reconstitution historique. Il y en a de beaucoup de périodes, que ce soit les périodes napoléoniennes, les périodes médiévales et les périodes du XXe siècle, des guerres mondiales, et donc ça m'a pris pas mal de temps l'hiver dernier. Pour me faire connaître de toutes ces communautés, leur expliquer mon projet et trouver les personnes qui étaient motivées, impliquées, disponibles pour venir sur le studio tourner. Donc, ils sont venus... En fait, tous les soldats, tous les personnages qu'on voit dans ce format sont des vraies personnes avec des vraies tenues, etc.
Monde Numérique :
[44:15] Ce n'est pas généré par IA, etc.
Invité :
[44:17] Non, il y a quelques visages générés par IA, celui d'Hitler, évidemment, celui de Churchill, Staline, Roosevelt, le pilote japonais qu'on voit à la toute fin et tous les autres. 95% des personnages qu'on voit sont vraiment costumés, incarnant le rôle. Ce ne sont pas des comédiens.
Monde Numérique :
[44:39] Ce sont des passionnés.
Invité :
[44:41] Mais oui, ils ont joué le jeu formidablement et je les remercie vraiment.
Monde Numérique :
[44:45] Ils ont dû se régaler.
Invité :
[44:46] Oui. Ils adorent ça.
Monde Numérique :
[44:49] Mais ça a pris combien de temps ce projet ? 8 minutes de vidéos, très riches, mais tu as bossé combien de temps là-dessus ?
Invité :
[44:56] J'ai commencé il y a 5 mois, donc ce n'est pas 5 mois à temps plein où on est tout le dessus, puisque en parallèle j'ai fait plein d'autres reportages pour les JTTF1 depuis, mais au total ça prend du temps. Ce qui prend du temps notamment, ça a été de trouver tous ces figurants, parce qu'on avait besoin de personnes avec des tenues américaines, allemande. Bon, ces deux-là sont pas trop compliqués à trouver, mais il fallait des tenues soviétiques, ça c'est très dur à trouver, et des tenues japonaises, c'est encore plus dur à trouver. Donc ça, ça m'a pris une bonne partie de l'hiver dernier pour trouver les bonnes personnes, recenser les candidats, rassembler toutes les photos de leurs tenues, faire vérifier par des historiens. Donc voilà, tout ça, ça a pris du temps, et puis en parallèle, il y a l'écriture, j'ai lu plein de livres sur cette période, on regardait plein de documentaires, le storyboard et ça le storyboard aussi c'est intéressant on a fait ça avec de l'IA c'est à dire que moi je dessine pas très bien je suis pas dessinateur mais j'avais les idées des cadrages et des plans qu'on voulait donc je faisais un dessin un peu à main levée et ensuite je le rentrais en l'occurrence dans ChatGPT, en lui décrivant ce que je voulais qu'il me mette en scène avec un style graphique de storyboard à la main et ensuite on a eu des storyboards vraiment très propres qui nous ont aidés à travailler.
Monde Numérique :
[46:17] D'accord, générés par Tchadjipiti.
Invité :
[46:19] Exactement. À plein d'étapes, en fait, l'IA, elle a été présente du début à la fin. Même la musique qui est composée par un compositeur qui s'appelle Olivier Villaudier et qui nous accompagne sur nos projets qui est vraiment brillant. Pour le brief musical, les inspirations de musique, je me suis beaucoup aidé de Tchadjipiti en lui faisant lire les passages du format, du documentaire et en lui demandant, en lui décrivant les ambiances que je cherchais. Il est allé me chercher des musiques de films qui correspondaient un peu à cette ambiance-là. Donc, ça m'a aidé aussi pour le briefing du compositeur, etc. Donc, c'est vraiment amusant. On a essayé, dès qu'on pouvait, CD d'intelligence artificielle. On l'a fait. Et ça a vraiment été une aide loin d'être anecdotique dans ce format-là. Ce n'est pas juste de la technologie. On voulait que ce soit une nouvelle façon de transmettre, de ressentir, de se souvenir. Parce que là, on ne parle pas d'un sujet comme les autres, on parle du dernier grand conflit mondial et comme on le dit à la fin, ça fait 80 ans que l'Europe est en paix. Cette année particulièrement, on a tous des frissons parfois en se demandant si on ne va pas retomber dans ces travers-là et donc c'était important, qu'on ait cette émotion en le regardant pour se rappeler ce dont on sort, ce dont les générations précédentes sont sorties pour ne surtout pas,
Invité :
[47:42] risquer d'y retourner. C'était vraiment l'objectif.
Monde Numérique :
[47:44] Merci beaucoup Yani Khezzar.
Invité :
[47:46] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
[47:47] Journaliste et donc l'homme des technologies à la rédaction de TF1.
Monde Numérique :
[48:03] Merci d'avoir écouté cet épisode de Monde Numérique, l'hebdo, comme chaque samedi. Merci pour votre fidélité. Et comme d'habitude, je le répète, n'hésitez pas à mettre des petites étoiles, notamment sur Apple Podcast, 5 étoiles, pour contribuer au référencement. Attention, vous notez, l'ensemble du podcast et pas seulement un épisode, lorsque vous mettez des étoiles ou éventuellement même un commentaire. Vous pouvez m'adresser des messages via les réseaux sociaux ou via le site mondenumérique.info y compris des messages vocaux, merci à ceux qui l'ont fait ces dernières semaines promis, je vous répondrai, merci à vous qui soutenez financièrement Monde Numérique y compris pour vos dons réguliers et si vous souhaitez contribuer participer, il suffit de cliquer sur le lien en description de cet épisode, on se retrouve la semaine prochaine pour les interviews en version intégrale et puis des éditos, des actus au fil de l'eau au fur et à mesure de mon inspiration. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !
Monde Numérique :
[1:02] Alors quoi ? Vous avez peur ? Pas de panique ! OpenAI n'a pas encore réussi à mettre au point sa soi-disant intelligence artificielle générale. La maison mère de Chajipiti renonce finalement à changer de statut, mais elle n'a pas dit son dernier mot et elle embauche la française la plus puissante de la Silicon Valley. Apple fait des misères à Google en s'apprêtant à signer avec Perplexity pour mettre de l'IA dans son navigateur Internet. Samsung prépare son futur smartphone ultra fin, alors que la France et le Québec s'apprêtent à bannir les écrans des écoles. « Aïe aïe, ça grince dans les cours de récré outre-Atlantique », nous dira Bruno Guglielminetti à Montréal. Enfin, des Chinois ont mis au point une batterie qui s'auto-recharge, et TF1 fait revivre le 8 mai 1945 à grand renfort d'images de synthèse et d'intelligence artificielle. Bienvenue dans Monde Numérique, c'est l'hebdo du 10 mai 2025.
Invité :
[1:57] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[2:00] Et si l'Internet de demain était déjà là ? Dans le monde numérique, on explore les innovations d'aujourd'hui et aussi celles qui sont en avance sur leur temps. Et c'est le cas de Froganz, cette technologie française discrète mais innovante qui permet de publier et de consulter du contenu sur Internet. Froganz, ce ne sont pas des sites web classiques, ce sont des interfaces légères, accessibles sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation. Une sorte de web parallèle basé sur des standards ouverts, sans tracking et ultra sécurisés. Et aujourd'hui, vous pouvez contribuer à son développement. La société F2R2 qui porte ce projet ouvre son capital au public. Une opportunité d'investir dans une innovation made in France,
Monde Numérique :
[2:39] porteuse d'un vrai changement de paradigme numérique. Toutes les infos pour souscrire sont sur f2r2.fr. Et pour découvrir Frogan, ce partenaire de Monde Numérique, retrouvez l'interview de son fondateur Alexis Tamas sur mondenumérique.info.
Monde Numérique :
[3:01] On connaissait déjà les avatars de personnes décédées recréées virtuellement grâce à l'intelligence artificielle, mais jusqu'à présent, c'était plutôt pour des utilisations privées ou ludiques. Eh bien, un nouveau cap a été franchi récemment aux États-Unis, avec pour la première fois le témoignage d'une personne morte devant un tribunal. Il s'agissait d'une victime décédée qui est apparue sous la forme d'un avatar au procès de son meurtrier. Alors voilà, qui n'est pas banal, c'est une première mondiale qui soulève pas mal de questions, des questions liées à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le domaine judiciaire. Explication de Lino Tovena.
Invité :
[3:41] Alors non, ce n'est pas un épisode de Black Mirror, la scène a bel et bien eu lieu en Arizona. Christopher Pelkey, abattu en 2021 lors d'une altercation sur la route et réapparu sous forme numérique à l'audience de son tueur. Grâce à une IA, son visage et sa voix ont été recréés pour délivrer un message posthume. C'était d'ailleurs un message de pardon écrit par sa sœur. Le ressuscité alors déclaré « Dans une autre vie, nous aurions pu être amis » devant un jury étonné. L'objectif, soulager la famille et apaiser le climat. Le juge lui-même a été touché et il l'est déclaré « J'adore cette IA ».
Monde Numérique :
[4:11] Alors c'est assez étonnant et faire parler un défunt avec des mots qu'en réalité il n'a jamais prononcés, est-ce que ça a vraiment du poids dans un procès ? Est-ce que la justice peut vraiment s'appuyer là-dessus ?
Invité :
[4:22] Alors c'est là où ça devient un peu délicat, car cette vidéo n'est pas une preuve, c'est une mise en scène. La personne n'est plus là pour consentir ni pour valider ce qui est dit en son nom. La Cour suprême de l'Arizona a d'ailleurs réagi, elle reconnaît que l'IA peut être utile pour mieux comprendre le système judiciaire, mais elle alerte sur les risques d'influence et de manipulation. Un communauté a été créée pour poser les limites claires à ses usages, car ce genre d'outil peut être aussi utilisé pour orienter l'émotion du juge ou des jurés sans être vraiment vérifiable.
Monde Numérique :
[4:50] Alors ce n'est pas un cas isolé, Lino. Il y a un mois déjà, un autre Américain avait utilisé un avatar lui aussi, mais cette fois pour se défendre lui-même au tribunal.
Invité :
[4:58] C'est vrai, cette fois-ci, c'est à New York où Jérôme Dowald, 74 ans, se représentait seul contre son ancien employeur. Il a alors diffusé une vidéo où un avatar IA, jeune, fluide, qui n'a rien à voir avec lui, plaidait à sa place. Dans cette affaire, au contraire, les juges n'avaient pas vraiment apprécié l'initiative. L'un d'eux avait interrompu alors la diffusion, estimant avoir été trompé. L'accusé avait dû présenter ses excuses, expliquant qu'il voulait juste mieux s'exprimer. Mais là encore, la frontière entre aides technologiques et manipulations a été franchie.
Monde Numérique :
[5:26] Et alors il y a pire, en 2023, toujours en matière judiciaire, là c'était un avocat qui avait carrément présenté de faux dossiers générés par ChadGPT.
Invité :
[5:37] Alors ça c'est du lourd, effectivement l'IA avait inventé des procès inexistants pour étayer ses arguments. L'avocat a écopé de 5000 dollars d'amende, une affaire qui a mis en lumière un problème. Les IA sont convaincantes, même quand elles ont tort. Et dans un tribunal où chaque mot peut peser sur un verdict, c'est un risque majeur.
Monde Numérique :
[5:54] Voilà, l'IA et la justice, ce n'est peut-être que le début de l'histoire. Avec ces quelques faits d'actualité récents, on aura l'occasion d'en reparler très certainement. Merci Lino Tovena de Monde Numérique.
Monde Numérique :
[6:11] Quoi de neuf du côté d'OpenAI, la maison mère de Chagipiti, qui chaque semaine évidemment fait l'actu ? Eh bien d'abord un coup de théâtre, puisque finalement la compagnie de Sam Altman ne changera pas de statut, enfin presque pas.
Monde Numérique :
[6:24] Son projet de transformation en entreprise à but lucratif, puisqu'aujourd'hui OpenAI est encore une organisation sans but lucratif, ce projet a été officiellement abandonné. Ça a été annoncé par le CEO Sam Altman dans le courant de la semaine. Ça faisait un moment pourtant que Sam Altman essayait de transformer le statut de sa compagnie pour pouvoir bénéficier de nouveaux soutiens financiers, pour pouvoir notamment verser des bénéfices à ses actionnaires.
Monde Numérique :
[6:55] Mais Elon Musk, qui lui a mis des bâtons dans les roues, la justice qui veillait au grain, restera contrôlée par une organisation à but non lucratif. Malgré tout, il va y avoir un petit changement, sans rentrer trop dans le détail, qui devrait lui permettre de respecter les engagements pris auprès de ses investisseurs et notamment de toucher un nouveau pactole, une nouvelle arrivée d'argent frais, 20 milliards de dollars promis par l'actionnaire SoftBank. Donc, on sait qu'OpenAI a énormément besoin de cash pour continuer à faire fonctionner Chagipiti et pour surtout poursuivre son rêve d'intelligence artificielle générale. Et puis, chez OpenAI, il y a une nouvelle tête et non des moindres. C'est une Française, Fidji Simo, qui vient d'être nommée présidente des applications. Alors, ça veut dire grosso modo responsable opérationnel. En gros, elle va être numéro 2 d'OpenAI, juste derrière Sam Altman. Un beau couronnement, et sans doute pas le dernier pour Fidjissimo, qui est donc une brillante manager française de 39 ans, originaire de Sète, près de Montpellier, et qui a un sacré parcours parce qu'elle a déjà travaillé chez Facebook aux côtés de Mark Zuckerberg, avant d'être nommée CEO de la société Instacart. C'est le poste qu'elle a occupé jusqu'à présent. Chez OpenAI, elle va donc s'occuper du déploiement de Chagipiti sur les différentes plateformes fixes et mobiles.
Monde Numérique :
[8:14] Puisqu'on est dans l'IA, un mot de l'IA, la française, avec cette innovation présentée cette semaine par la start-up française Hugging Face, qui a lancé à son tour son propre agent IA. Il s'appelle Open Computer Agents. Rappelons ce qu'est un agent. C'est un outil d'intelligence artificielle qui peut faire des successions de tâches, y compris en se connectant à des sites web via un navigateur, comme le ferait un être humain. Et donc, par exemple, pour réserver une table au restaurant ou un hôtel, et puis bien sûr, plein d'autres choses, encore plus sophistiquée. Particularité, il est entièrement gratuit, puisque, rappelons-le, AgingFace, c'est cette compagnie créée par des Français, mais basée également aux Etats-Unis, qui propose et qui référence, qui diffuse des modèles d'intelligence artificielle en open source, gratuit. Il y en a plus d'un million et demi, ainsi que des sets de données pour entraîner ces IA et des scripts pour les programmer. Et à propos de AgingFace, vous pouvez retrouver l'interview de son fondateur, Clément Delangue, sur le site mondenumérique.info.
Monde Numérique :
[9:16] L'intelligence artificielle qui remplace les humains dans les entreprises, ce n'est pas de la science-fiction. Cette fois, les amis, ça devient bien réel. Après Shopify qui a demandé à ses équipes de prouver qu'elles ne pouvaient pas être remplacées par des IA, c'est l'entreprise américaine d'apprentissage des langues, Duolingo, qui annonce à son tour son intention de faire faire un maximum de choses à l'intelligence artificielle. Duolingo a réussi en un an à développer plus de 150 nouveaux cours, des cours de langue, alors qu'il lui avait fallu 12 ans pour développer les 100 premiers. Les équipes de Duolingo devront désormais démontrer qu'elles ont automatisé certaines tâches avant de pouvoir recruter de nouveaux collaborateurs. C'est ce qu'a expliqué le patron de Duolingo dans un post LinkedIn en début de semaine en disant que son entreprise allait devenir désormais AI first. Le géant du logiciel Salesforce lui aussi prévoit de freiner les embauches à cause de l'IA. Pas de nouveaux ingénieurs cette année en raison des gains de productivité réalisés en interne grâce à l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
[10:20] Allez, il n'y a pas que l'intelligence artificielle dans la vie, un petit mot des nouveautés matérielles qui nous attendent. Et dans les prochains mois, préparez-vous à accueillir la nouvelle mode des smartphones, ce seront les smartphones ultra fins. Ils arrivent, Samsung doit dévoiler cette semaine son nouveau Galaxy S25 Edge, c'est prévu pour le mardi 13 mai. un appareil qui aura une épaisseur de 5,85 mm. C'est beaucoup plus fin que les actuels Galaxy S25 qui tournent autour de 7 à 8 mm. Pour autant, Samsung promet de ne pas sacrifier la photo qui est le point fort de ces appareils avec notamment un capteur principal de 200 mégapixels c'est-à-dire le même que celui du S25 Ultra le modèle premium de la gamme.
Monde Numérique :
[11:04] Et puis Apple serait également en train de se lancer dans cette voie, en tout cas selon des rumeurs rapporté par le site américain The Information. La marque à la pomme prévoirait de lancer cette année également un modèle d'iPhone ultra fin dont l'épaisseur devrait avoisiner les 5,5 mm. Bon, on attend de voir ces nouveaux produits, a priori très jolis. C'est une tendance qu'on avait déjà identifiée au dernier salon Mobile World Congress de Barcelone. On voyait que c'était vers ces produits ultra fins que se dirigeaient les constructeurs. Problème toutefois, est-ce que ça ne va pas nuire à l'autonomie ? Car visiblement, il est difficile de faire tenir des batteries puissantes dans un volume encore plus fin que d'habitude. On verra bien. Et puis, à propos d'Apple, justement, ce n'est pas fini, puisque pour 2026, la marque californienne préparerait une vraie petite révolution sur ses produits, avec notamment un smartphone pliable pour 2026. Et on parle aussi d'une paire de lunettes connectées concurrentes de celles de Meta.
Monde Numérique :
[12:05] Et on termine ce tour d'horizon de l'ActuTech avec encore des prévisions pour les mois à venir. C'est l'arrivée probable de Robotaxi en Europe. Uber vient en effet d'annoncer un partenariat avec une start-up chinoise qui s'appelle Momenta, spécialisée dans la conduite autonome, avec pour objectif de lancer des véhicules autonomes Uber en dehors des Etats-Unis et de la Chine, et donc en Europe très bientôt. Alors on ne sait pas quand ça arrivera en France, mais le premier déploiement quelque part en Europe pourrait avoir lieu début 2026. Il s'agirait de robotaxis avec un opérateur de sécurité à bord, dans un premier temps, comme ça s'est fait aux Etats-Unis, et puis ensuite on verra pour le futur. Rappelons que Google fait déjà rouler des robotaxis dans certaines villes américaines, notamment San Francisco, ces véhicules Waymo, qui sont parfois en partenariat avec Uber, et puis Uber opère également des voitures autonomes, notamment au Texas. Salut, salut Bruno Guglielminetti.
Invité :
[13:05] Salut Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[13:07] Eh bien, écoute, on se retrouve comme chaque semaine pour ce débrief transatlantique, diffusé à la fois dans ton carnet et dans Monde Numérique. Bruno, sujet très intéressant cette semaine, qui rapproche le Québec et la France et qui concerne les collégiens. À partir de la rentrée prochaine, aussi bien chez vous que chez nous, eh bien, il va y avoir du neuf et ces pauvres collégiens, entre guillemets, n'auront plus le droit de se servir de leur portable. Et vous avez pris chez vous, au Québec, la même décision, mais ça commence à faire des vagues, si j'ai bien compris.
Invité :
[13:38] Oui, bien effectivement, les gens qui ont écouté mon carnet il y a environ deux semaines ont peut-être entendu une entrevue avec la présidente de la commission qui a justement fait le tour du Québec pour faire une tête et des recommandations au gouvernement du Québec. Et donc, notamment dans les recommandations par rapport à l'utilisation ou l'impact des écrans auprès des jeunes québécois, il y avait cette recommandation d'interdire l'utilisation des téléphones cellulaires sur le territoire de l'école. Et donc, ça devait être une recommandation, mais le ministre de l'Éducation a sauté à pieds joints sur cette histoire-là et a donc confirmé que ça allait être mis en place à compter de la rentrée de septembre. Donc, pour l'équivalent en France, ce serait les collégiens et les lycéens. On parle des adolescents essentiellement. Chez nous, secondaire 1, secondaire 5. Et donc, interdiction d'utiliser les téléphones cellulaires, pas seulement dans les cours, dans les classes, mais aussi avant quand on arrive à l'école, pendant l'heure du midi et puis quand on est en activité en fin de journée.
Monde Numérique :
[14:44] C'est-à-dire qu'ils devront les ranger quelque part?
Invité :
[14:47] Exactement, les ranger quelque part. On ne sait pas encore où, ça va dépendre des institutions, mais l'idée, c'est ça. Et donc, officiellement, ça va être la chose. Sauf que ce n'est pas pris, ce n'est pas accueilli de la même façon par tout le monde et notamment des intéressés. Et là, il y a eu une énorme campagne qui s'est faite sur TikTok pour essayer d'éveiller les jeunes par rapport à leurs droits. Et en disant, écoutez, cette décision-là a été prise par des gens qui n'ont aucune idée de notre quotidien et comment on vit aujourd'hui. Eux sont encore à l'époque de, bon, ils se croisaient en jeunes quand ils utilisaient la charrette pour aller au village.
Invité :
[15:28] Tandis que, bien là, nous, c'est autre chose. On utilise le téléphone cellulaire pour communiquer entre nous et d'autant plus qu'ils sont passés à travers, souvenons-nous de ça, ils sont passés à travers la pandémie. Et ces gens-là, leur seul moyen qu'ils avaient pour communiquer entre eux, c'était leur téléphone ou leur tablette ou leur ordinateur. Et donc, ils ont virtualisé pour une bonne partie de leur relation sociale. Alors là, du jour au lendemain, pouf, le gouvernement dit non, non, là, c'est fini. On va retirer cette affaire-là. Alors, ça passe mal. Et donc, jeudi, il y a eu une énorme manifestation à travers le Québec. Les jeunes ont carrément décidé de faire grève. Ils sont sortis des écoles pour protester contre ce projet-là. Et ce projet, c'est une loi, ça a été décité par le ministre,
Invité :
[16:13] mais là, il faudra voir si le ministre aura eu l'oreille de ces propos-là, il faudra voir.
Monde Numérique :
[16:20] Oui, s'ils vont assouplir ou pas. C'est super intéressant parce que c'est exactement la même situation chez nous. Effectivement, il y a eu en 2024 une expérimentation qui s'appelait la pause numérique, ça concernait 50 000 élèves, et là, le projet, c'est effectivement, ça a été entériné de généraliser ce truc-là à partir de la rentrée prochaine. Donc, pareil pour les collèges, donc les mêmes tranches d'âge. Les élèves seront obligés soit de l'éteindre, de le garder au fond de leur sac, leur smartphone, soit même de le mettre dans des casiers fermés à clé et interdiction de s'en servir, bien entendu pendant les cours, mais même aussi pendant les récré, etc. Bon, cela dit, je demande à voir ce qui va se passer. À mon avis, il va y avoir de la fraude.
Invité :
[17:02] Oui, c'est certain. Mais c'est intéressant de voir, quand je parlais avec la présidente de la commission, elle me racontait que pendant les différentes rencontres qu'ils ont faites, ils ont rencontré des institutions où on a fait ce test-là pendant un an, pendant deux ans. Et les coûts qu'ils en recevaient, c'était essentiellement que, oui, il y a une période de sevrage, ce n'est pas facile, mais une fois que c'est passé, un an, deux ans plus tard, les jeunes maintenant, évidemment, poursuivent leur vie sociale, mais maintenant, se parlent. Face à face, yeux à yeux et non plus yeux sur écran. Et ça a changé vraiment la dynamique. Évidemment, il ne faut pas les laisser tout seuls dans un coin en disant, bon, parlez-vous. Ça demande de faire des activités, ça demande de les occuper, de les amener à vivre autre chose que tout simplement se réfugier sur leur téléphone ou pour écouter la musique ou regarder TikTok ou parler à leur ami. Donc, ça demande une autre dynamique autour d'eux. Mais ça existe, ça a été testé et ça fonctionne bien.
Monde Numérique :
[18:02] Donc, ce serait positif.
Invité :
[18:04] Ce serait positif pour ceux qui l'ont déjà essayé.
Monde Numérique :
[18:06] Douloureux au départ, mais positif sur le long terme.
Invité :
[18:09] De là la période de sauvrage. Alors, j'ai bien hâte de voir aussi de mon côté comment ça va se passer.
Monde Numérique :
[18:13] Bon, écoute, je ne sais pas si j'aimerais être un collégien aujourd'hui alors. Ah, écoute. Non, mais d'un côté, effectivement, c'est certainement une décision nécessaire, on va dire. Mais il y a des inconvénients aussi. Et je pense que c'est un vrai mode de vie derrière qui risque d'être bouleversé parce que finalement, aujourd'hui, par exemple, même les parents peuvent envoyer des messages à leurs enfants et ils sont habitués à avoir des réponses très rapides. Donc, c'est tout un changement qui arrive.
Invité :
[18:38] Les parents devront apprendre aussi. Et puis, il y a des parents qui ne sont pas contents.
Monde Numérique :
[18:42] Oui, j'imagine, bien sûr. Bon, voilà, gros sujet social, société, on va dire. Si on revient à des affaires un peu plus, les affaires courantes, Bruno… On parle d'IA. Oui, si on parlait d'IA et si on parlait de nos amis, les géants américains de la tech.
Invité :
[18:59] Ah, qui, oui.
Monde Numérique :
[19:00] Est-ce que tu as vu cette annonce qui a été faite ? Alors, ce n'est pas vraiment une annonce, mais c'est une information qui a été révélée par un… Oui.
Invité :
[19:08] Tu m'as parlé d'Apple.
Monde Numérique :
[19:09] Un grand ponte d'Apple, EddyQ, qui, à l'occasion du procès Google, on en a parlé du procès Google, il a été amené à témoigner. Et donc, il a évoqué le fait que bientôt, eh bien, Apple allait intégrer d'autres moteurs de recherche que Google dans son navigateur Safari, mais surtout des outils d'intelligence artificielle autres que celui de Google.
Invité :
[19:33] Et quand j'ai vu ça cette semaine, je me suis dit, mais qu'est-ce que Jérôme va dire là-dessus?
Monde Numérique :
[19:39] Non, mais écoute, c'est intéressant parce que ça concernerait, ça pourrait concerner donc Perplexity.
Invité :
[19:46] Oui, ça c'est la discussion la plus sérieuse qu'ils ont eue là.
Monde Numérique :
[19:49] Voilà, donc ils pourraient verser de l'argent en fait à Perplexity, parce que ce qu'il faut, c'est rappeler comment ça marche cette histoire-là. Il y a un contrat entre Google et Apple depuis des années. Apple verse, c'est combien ? 20 milliards. 20 milliards par an à Google pour que Google soit le moteur de recherche par défaut dans Safari. C'est-à-dire, quand on fait une recherche dans Safari, en fait, c'est Google qui mouline derrière puisque Apple n'a pas de moteur de recherche. Et là, l'idée, c'est de dire un peu, bon, OK, Google, c'est très bien, mais on va aussi proposer autre chose. Donc, il y aurait Perplexity, tu l'as dit, mais peut-être aussi Bing, Yahoo.
Invité :
[20:25] Ça, ça y est déjà.
Monde Numérique :
[20:26] Pardon, je dis une bêtise.
Invité :
[20:27] C'est ça, et là on est ouvert à OpenAI et on est ouvert aussi à Gemini.
Monde Numérique :
[20:30] Oui, aussi à Gemini. Ça montre plein de choses intéressantes, je trouve, parce que d'abord ça montre que l'intelligence artificielle, c'est le moteur de recherche d'aujourd'hui. En fait, ça y est, on n'y est pas encore tout à fait, et notamment pour les problèmes qu'on connaît, d'hallucinations et autres, mais on va vraiment dans cette direction-là. Et puis, d'un autre côté, ce n'est pas bon pour Google. Déjà, ils sont en procès, ils ont un procès sur le dos. Et si en plus, l'un de leurs plus gros partenaires financiers, enfin financiers, oui, les lâchent.
Invité :
[21:02] Un rapport de 20 milliards, c'est assez important.
Monde Numérique :
[21:05] Ce n'est pas négligeable. C'est vraiment un coup de plus, je trouve, sur la tête de Google, cette histoire-là. Et puis, en même temps, c'est aussi une manière un petit peu pour Apple, dont on sait qu'il est très en retard en matière d'intelligence artificielle, de reprendre un petit peu l'avantage, enfin, d'offrir à ses utilisateurs quelque chose de plus, alors que l'écosystème Apple est un peu pauvre aujourd'hui en intelligence artificielle.
Invité :
[21:29] Mais entre nous, tu peux être certain que l'annonce de Gemini dans le furteur Chrome, c'est une question de temps. Maintenant que Apple l'a évoqué publiquement, tu peux être sûr qu'il y a déjà des... Ben oui, ça sera probablement dans la prochaine mise à jour, sinon la deuxième, la subséquente. Ça va arriver. Déjà que Google cherche parce qu'ils sont en train de voir l'impact que Perplexity a. D'ailleurs, tu parles de ça, moi personnellement, j'utilise de plus en plus, je te dirais peut-être 70 % de Perplexity quand je fais des recherches maintenant, 30 % Google, et j'ai l'impression que ça, ils l'ont vu venir, alors ils sont en train de travailler, même dans Google Search, ils sont en train de chercher une solution qui va être quelque chose de similaire. Mais à l'intérieur de Chrome, j'ai l'impression qu'ils vont rapidement nous servir, Gemini, d'autant plus que tu soulignais...
Monde Numérique :
[22:17] Il est déjà plus ou moins là.
Invité :
[22:19] Gemini. Oui, on peut l'interagir avec lui selon ce qu'on utilise, mais d'autant plus que dans une étude qui a été faite par Giscard, Gemini est sorti comme l'IA générative qui a le moins d'hallucinations dans les grandes IA qu'on connaît. Alors, imagine, ça fait une belle étoile au bulletin, ça.
Monde Numérique :
[22:41] Oui. Giscard, ça n'a rien à voir avec Giscard d'Estaing.
Invité :
[22:44] Non, non.
Monde Numérique :
[22:45] C'est cette start-up qui...
Invité :
[22:46] C'est une autre époque.
Monde Numérique :
[22:47] Voilà. C'est cette start-up qui classe les IA en fonction de leur degré d'hallucination.
Invité :
[22:51] Oui. Dans son palmarès qui s'appelle le Phare. Ça doit être français, ça, avec des noms comme ça.
Monde Numérique :
[22:57] Je crois que c'est français.
Invité :
[22:58] Ah, mais Giscard, je pense aussi, oui.
Monde Numérique :
[22:59] Mais c'est bon. Ça, c'est un bon point, en revanche, pour Google. Qui, pourtant, avait eu, on s'en souvient, des débuts un peu chaotiques pour Gemini, mais qui, pour Google, ça a une autre valeur, je pense. Ça a un autre poids, ce problème des hallucinations, parce que Google, c'est un moteur de recherche et on s'est tellement habitués à ce que ce soit la vérité vraie.
Invité :
[23:23] Et pour l'information et celle des auditeurs, on est à 13 % d'hallucinations.
Monde Numérique :
[23:28] Pour Gemini ? Oui, c'est pas mal. Alors qu'il y a certains modèles de GPT qui montent à 30, 40, presque 50 %.
Invité :
[23:35] Oui, oui, tout à fait. Donc, c'est une belle carte.
Monde Numérique :
[23:38] C'est bien. À part ça, Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[23:44] Écoute, c'est drôle que tu me poses la question parce que je pensais que ça n'arriverait jamais. Mais plus sérieusement, beaucoup de jeux vidéo dans cette édition.
Monde Numérique :
[23:51] Ah bon?
Invité :
[23:52] Il y a un nouveau studio qui arrive. La route du temps, est-ce que ça dit quelque chose?
Monde Numérique :
[23:56] Je ne crois pas, non.
Invité :
[23:57] C'est un roman. C'est une série sur Prime. Et ça sera bientôt, dans quelques années, un jeu vidéo, mais vraiment en grandeur nature.
Monde Numérique :
[24:07] Donc, quelques années. Toi, tu parles des trucs plusieurs années avant que ça sorte.
Invité :
[24:11] Oui, j'aime faire de la prospective. D'accord. Mais donc, il y a un studio qui ouvre aujourd'hui à Montréal. C'est iWatt. Et donc, c'est eux qui vont créer ce jeu-là. La roue du temps, quelque chose comme ça. Et donc, eux viennent d'ouvrir les portes. Alors, je parlais avec le patron de ce studio-là. Sinon, il y a Gameloft, ça me dit quelque chose.
Monde Numérique :
[24:34] Ah ben oui, évidemment.
Invité :
[24:36] Ben imagine, c'est une liste de Ubisoft, oui. Mais donc, Gameloft, ça fait 25 ans qu'ils ont un studio à Montréal. Ils font des célébrations. Alors, c'était l'occasion, évidemment, de parler de toutes ces années passées à Montréal. Ce savoir-faire montréalais et la qualité de la main-d'oeuvre montréalaise.
Monde Numérique :
[24:52] Par rapport à les autres. Arrête les violons, arrête les violons.
Invité :
[24:56] Les violons, il y en aura toujours pour le savoir-faire québécois.
Monde Numérique :
[24:59] Gameloft, ils sont toujours sur les jeux mobiles ou ils ont élargi?
Invité :
[25:03] Ben non, il y a quelques années de ça, ils ont eu un titre en exclusivité avec Disney. Et donc, ça leur a permis de s'embarquer sur le merveilleux mois du multi-plateforme.
Monde Numérique :
[25:15] D'accord.
Invité :
[25:15] Et là, ils sont très heureux avec ça. Sinon, évidemment, on va parler d'autre chose. et notamment, je reviens avec une association qui est dans le monde de l'éducation et qui dit que c'est un mauvais choix. Je reviens sur la question du téléphone obligatoire.
Monde Numérique :
[25:32] Du téléphone interdit.
Invité :
[25:33] Oui, exactement. Quelle belle façon de présenter le sujet. Et somme toute, sinon, il y a mes collaborateurs réguliers qui viennent me parler de différentes choses, notamment de ce qui se passe en Suisse, mais aussi, évidemment, de ce qui se passe au Québec.
Monde Numérique :
[25:47] Bien sûr. Voilà, il vous faut les deux, mon carnet et Monde numérique pour être heureux chaque semaine. Et je te propose qu'on se retrouve la semaine prochaine.
Invité :
[25:55] Ah, ben écoute, invitation acceptée. À la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[25:57] Salut. Salut, salut, Bruno. Bonne fin de podcast.
Invité :
[26:14] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[26:20] Avant de passer aux interviews de la semaine de Monde numérique, un mot d'un livre de Luc Julia, co-inventeur de Siri, directeur scientifique de Renault, qui signe un nouveau bouquin consacré une fois encore à l'intelligence artificielle. Après, l'intelligence artificielle n'existe pas, il revient avec IA Génératif, pas créative. Un ouvrage, un essai dans lequel il s'attaque aux idées reçues sur l'IA. Il rappelle que ce ne sont que des modèles statistiques qui ne font que reproduire et générer des données existantes. Un tour d'horizon de l'histoire de l'IA aussi, en évoquant ses limites techniques, ses enjeux sociétaux, l'impact sur l'emploi, l'information, l'environnement. Bref, il démonte un certain nombre de promesses et de fantasmes autour de l'IA. IA, générative, pas créative, aux éditions Le Cherche Midi de Luc Julia. Luc Julia, que l'on retrouve chaque mois dans Monde Numérique, dans l'humeur de Luc Julia.
Monde Numérique :
[27:19] On passe maintenant aux interviews de Monde Numérique, avec dans un instant direction la rédaction de TF1, pour retrouver Yani Khezzar, responsable de l'innovation, service d'information de TF1, à propos d'un documentaire sur le 8 mai 45, un reportage historique qui mêle de l'image de synthèse, de l'intelligence artificielle, il va tout nous expliquer. Mais avant cela, on va parler robots ! Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique Lebdo Premium sur Apple Podcasts et Spotify.
Monde Numérique :
[27:52] Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, version intégrale, la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique.
Invité :
[28:06] Ça, c'est Vulcan, un tout nouveau robot mis au point par Amazon. Vulcan, Vulcan en français, est un système de bras robotisés qu'Amazon décrit comme sensible au toucher, c'est-à-dire qu'il est muni soit de pinces, soit d'un système de ventouses par aspiration qui lui permettent d'attraper des petits objets comme des livres ou toutes sortes de petits produits vendus sur la plateforme et de les manipuler pour les ranger et pour les retirer des casiers lors de la préparation des commandes. Alors il y a une caméra avec un système de vision par ordinateur et puis une première pince qui soulève un élastique et une deuxième qui attrape l'objet qui le fait tomber sur un tapis rouleur. Ce sont des tâches effectuées habituellement par le générateur humain, mais qui sont assez pénibles, surtout lorsqu'il s'agit d'attraper des articles en hauteur ou au contraire en bas des paniers. Il faut de la dextérité, de la délicatesse, d'où l'idée d'un robot muni de capteurs pour sentir véritablement ce qu'il est en train de faire. Vulcan était présenté ainsi que d'autres robots, récemment Dortmund en Allemagne, où je me suis rendu, l'occasion de faire un point sur la robotisation au sein de l'entreprise. Écoutez l'un des responsables d'Amazon Robotics, avec un doublage en français assuré, bien sûr, par intelligence artificielle.
Invité :
[29:19] Bonjour, Johannes Kulick. Vous êtes ingénieur responsable de ces robots Vulcan développés chez Amazon. Alors, qu'est-ce qu'ils ont de particulier, ces robots ? À quoi ils servent et comment est-ce qu'ils fonctionnent ? Vous voyez ici deux systèmes. L'un est Vulcan Store, l'autre est Vulcan P. Ils utilisent tous deux un sens du toucher. Ils utilisent des capteurs de force et de couple pour ranger et attraper des articles dans les petits bacs de nos étagères en tissu. Et l'une des plus grandes innovations, c'est que nous pouvons les utiliser pour opérer sur les 400 millions d'articles différents que nous avons dans nos centres de distribution. Donc, techniquement, la spécificité, c'est notamment ce système tactile, haptique ? Qui permet de manipuler des objets de manière très fine. Oui, exactement. Donc, nous avons le sens du toucher. Le robot peut sentir son environnement. Et l'autre innovation, c'est que la caméra filme en continu pendant les opérations, ce qui permet d'ajuster ses mouvements. Et par exemple, si une défaillance se produit, elle peut réessayer.
Invité :
[30:23] Et l'avantage, c'est quoi ? C'est notamment qu'il peut aller chercher des objets plus hauts ? Les humains aussi peuvent attraper des produits en hauteur parce que nous avons des échelles. Mais utiliser une échelle est toujours moins ergonomique que de limiter ses mouvements à hauteur d'homme. Vous l'avez développé entièrement en interne chez Amazon ? Oui. Enfin, je veux dire que le matériel a été développé en partie chez Amazon. Il y a beaucoup d'équipements disponibles sur le marché. Mais le logiciel a été développé entièrement en interne. Les systèmes de vision sont très spécifiques, les systèmes tactiles aussi. La génération de mouvements, l'intégration dans notre processus, tout cela est propre à Amazon. Aucun fournisseur n'offre un tel système à cette échelle. Il a fallu combien de temps pour l'entraîner ? Le temps de développement a été d'environ trois ans, depuis 2022. La partie IA, elle, est continuellement améliorée. Et nous avons la chance chez Amazon d'avoir beaucoup de données. Nous pouvons utiliser toutes les images issues de nos centres de distribution pour bien entraîner les modèles.
Invité :
[31:28] Est-ce que malgré tout, parfois, il fait des erreurs ? Est-ce qu'il fonctionne toujours à 100% ? Non, ça ne fonctionne pas parfaitement à 100%. C'est comme tous les robots. Nous ne pouvons collecter qu'environ 75% des articles. Nous avons un système en arrière-plan pour prédire, et seules les images de ce qu'il est réellement possible de faire sont traitées. Mais parfois, l'opération ne peut pas être effectuée par le robot et quelqu'un prend le relais. C'est un projet de R&D à long terme. Et le principe, c'est qu'il y a des erreurs. Les choses ne fonctionnent pas toujours comme ça. Mais à l'heure actuelle, c'est opérationnel dans deux centres de distribution. L'un à Washington, l'autre à R&D. Et nous avons fait environ un demi-million de placements d'articles et 50 000 retraites. Et nous sommes très enthousiastes, car cette technologie fonctionne réellement en production. Elle n'a pas besoin d'être efficace à 100%, mais elle fonctionne suffisamment bien.
Invité :
[32:30] Ce n'est pas mieux que l'humain. Ce n'est pas censé l'être. En fait, ça fonctionne à une vitesse similaire. Donc, le robot n'arrive à retirer qu'environ 75 % des articles, alors que les gens peuvent évidemment tout choisir. Mais c'est censé fonctionner aux côtés d'un employé. Comment se passe la collaboration avec les humains ? Est-ce qu'il est dangereux pour les humains qui travaillent autour ? La collaboration est un peu différente de ce que vous avez pu voir avec des robots collaboratifs typiques. Nous avons des stations robotiques et ensuite nous avons des stations manuelles. Donc les gens n'interagissent jamais directement avec le robot, mais les robots prennent en charge les parties les plus difficiles du travail. Donc nous avons les rangées supérieures pour lesquelles les gens doivent se dresser, ou les rangées inférieures où ils doivent se pencher pour lesquelles les robots peuvent prendre le relais. Les humains, eux, peuvent ainsi agir principalement dans leur zone de confort ergonomie, c'est-à-dire à mi-auteur. C'est gagnant-gagnant, afin que les gens deviennent réellement plus efficaces et que les robots prennent également en charge une partie de l'exécution. Quel est l'impact sur l'emploi ? Est-ce que ça supprime en fait des postes de travail dans les entrepôts et dans les centres de distribution ?
Invité :
[33:42] Si vous regardez le passé de l'automatisation chez Amazon, nous avons en fait beaucoup augmenté nos effets.
Invité :
[33:48] Nous avons en réalité employé plus de personnes au fil du temps, et non pas moins. C'est comme ça que nous voyons le futur. Merci beaucoup, Johannes Kulick.
Invité :
[34:12] On est ici en Belgique, dans ce massif des Ardennes. Nous sommes en décembre 1944. Depuis le débarquement des Alliés en Normandie, il y a six mois, ils ont libéré la France et ils avancent maintenant vers l'Allemagne. Le Troisième Reich vacille.
Monde Numérique :
[34:29] Salut Yani Khezzar.
Invité :
[34:30] Salut Jérôme.
Monde Numérique :
[34:31] Ravi de te retrouver à nouveau dans Monde Numérique. On s'est déjà parlé il y a quelques mois. Tu es journaliste à TF1, spécialiste des technologies. et puis tu es également en charge de tout ce qui est innovation technologique au service de l'information. Alors, tu t'es fait historien cette semaine, Yani, à l'occasion des 80 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, donc l'anniversaire du 8 mai 1945, avec un reportage, un film de 8 minutes qui a été diffusé dans le JTTF1 la veille du jour J, c'était mercredi 7 mai, qui est disponible également sur YouTube, qu'on peut donc aller regarder. Et c'est un très joli produit qui est un peu un mélange d'images de synthèse, de réalité augmentée, d'images d'archives, d'intelligence artificielle, etc. Comment est-ce que tu définirais cette production ?
Invité :
[35:20] Oui, c'est vrai que c'est compliqué. Rien que le nom qu'on utilise, on ne sait pas dire, ce n'est pas un reportage, puisqu'on n'est pas allé filmer sur le terrain, parce que par définition, tout se passe dans le passé. Nous, on dit que c'est un format, parce que c'est une séquence, comme ça, c'est une longue vidéo, comme un mini-documentaire immersif, on va dire, mais raconté un peu façon journalistique et façon presque comme si on était dans l'actualité, qu'on était en reportage sur le terrain au moment où ça se passe, plutôt qu'un documentaire classique avec une voix off un peu plus posée. C'est un ovni un peu, en effet.
Monde Numérique :
[35:58] Mais ça ressemble un peu à ce que tu fais régulièrement dans le journal de TF1, où tu interviens, où tu te mets en scène au milieu de décors virtuels, etc. Donc là, qu'est-ce que vous avez utilisé comme technologie ? Comment vous avez fabriqué ça ?
Invité :
[36:12] En fait, l'ambition, au départ, quand on a commencé à lancer le projet il y a 5 mois, c'était de se dire qu'on allait raconter cette grande page du passé, qui sont les derniers moments de la Deuxième Guerre mondiale. En fait, ce qui se passe après le débarquement de Normandie, parce qu'on avait fait l'an dernier un format immersif sur le débarquement de Normandie, mais les gens connaissent peu ce qui se passe après le débarquement. Entre le débarquement et la fin de la guerre, il se passe quasiment un an, et donc encore beaucoup de choses. Donc on s'est dit, il y a cet événement qui arrive, on a cinq mois, et on va le faire avec les toutes dernières technologies qui existent. Toutes les technologies de mise en image qui peuvent nous servir, on va les utiliser, on va apprendre à s'en servir au mieux. Donc, on connaissait et on maîtrisait déjà bien la vidéo volumétrique, puisqu'on a fait des formats sur le réchauffement climatique, sur les limites planétaires, sur le débarquement de Normandie. Donc là, on maîtrisait bien cette technologie.
Monde Numérique :
[37:07] Il faut rappeler un peu ce que c'est quand même la vidéo volumétrique. Oui, on va rappeler.
Invité :
[37:10] Alors, ça se tourne dans un studio un peu particulier, comme un chapiteau tout vert. Donc, il y a du fond vert à 360 degrés. Et tout autour de la personne qui va se mettre au centre, il y a un rail avec des caméras qui l'entourent. Et grâce à ça, en fait, la personne qui se met au centre, elle est filmée sous toutes les coutures. Et ce qu'on obtient, ce n'est pas une vidéo dans un axe, c'est la personne en 3D filmée en mouvement. Et donc, ça veut dire qu'après coup, sur l'ordinateur du graphiste, on peut choisir l'axe de caméra, mais après le tournage, en post-production. Et on peut faire les mouvements de caméra virtuellement après le tournage. Donc, c'est assez pratique parce que si la prise a été bonne, on n'a pas besoin de la refaire parce que le mouvement de caméra était trop lent, trop rapide ou pas dans le bon axe puisque les mouvements de caméra sont faits virtuellement dans une scène 3D et ensuite sur un ordinateur.
Monde Numérique :
[38:00] Oui, comme on ferait dans une captation en studio normale, etc. Exactement.
Invité :
[38:05] Ça, c'est la vidéo volumétrique et c'est ce qui permet dans le format de faire ces mouvements très enroulés, très circulaires qui participent vraiment à l'immersion. Et ça donne aussi ce traitement graphique assez particulier. Ensuite, le défaut aujourd'hui, c'est qu'on ne peut pas s'approcher très près des visages avec de la vidéo volumétrique, sinon la définition n'est pas encore assez bonne. Donc nous, on y a ajouté des véritables plans tournés sur fond vert, des caméras 4K avec des super mouvements, des super cadrages, etc. Et puis en plus de ça, évidemment, on y a mis beaucoup d'intelligence artificielle à plein d'étapes, que ce soit à l'étape de l'écriture, du storyboard, de la réflexion, puis à l'étape créative, c'est un petit peu un pinceau narratif. On va s'en servir pour ajouter de la neige sur des uniformes, recréer des détails d'une ville bombardée, faire travailler une IA sur certains visages, notamment le visage d'Adolf Hitler, qu'on a collé ensuite sur le visage du figurant qui jouait son rôle.
Invité :
[39:06] C'est un petit peu comme si on recousait des fragments de l'histoire grâce à l'intelligence artificielle et à toutes ces autres technologies. Et l'ensemble, ça donne ce format qui est un peu à la pointe de ce qu'on peut faire en mai 2025. On verra dans un an, on aura certainement encore plein d'autres outils, mais à date, on a utilisé beaucoup de choses. Toutes les semaines, il y avait un nouvel outil qu'on testait, qui sortait. On disait, tiens, là, c'est bien pour cette partie, tiens, là, ça va nous aider pour cette partie. On a au total peut-être une dizaine d'IA différentes qui sont utilisées dans ce format.
Monde Numérique :
[39:39] Oui, parce qu'il faut rappeler qu'il y a toute une équipe à TF1 avec laquelle tu travailles régulièrement, et puis avec beaucoup de matériel derrière en plus que j'avais eu l'occasion de percevoir. Oui, tu étais venu nous voir.
Invité :
[39:49] Là, en l'occurrence, je rends hommage à Christophe Aragona, qui est le graphiste qui travaille sur ces formats. Quand on montre ça à l'extérieur, ça surprend toujours de voir que c'est pratiquement un homme très talentueux qui de A à Z a conçu tous ses décors etc, il a eu un peu d'aide par moment mais c'est vraiment lui qui seul, de A à Z conçoit tout ça et moi je co-réalise avec lui et puis après il y a un travail qui fait 50% du contenu je trouve c'est l'audio et on a un vrai travail de sound design on a une sound designer qui s'appelle Elise Chambéron qui est aussi très talentueuse et qui a passé des semaines, avec je crois 200 ou 300 pistes sur sa timeline à l'arrivée et c'est vraiment une oreille d'or on a recréé plein de choses on a enregistré les voix.
Invité :
[40:44] Avec des personnes qui parlaient nativement les langues, notamment il y a pas mal de soviétiques dans ce format il y a notre correspondant à Moscou qui est allé trouver des russes qui nous ont enregistré des cris, des voix, pour vraiment bien incarner les personnages pareil avec des allemands, pareil avec des Américains. On a vraiment poussé le détail vraiment très loin. Et puis, historiquement, évidemment, tout ça est travaillé, relu, précisé, avec notamment Olivier Vieviorca, qui est l'historien spécialiste en France de la Seconde Guerre mondiale. Et ça donne ça. Et on commence déjà à avoir beaucoup de retours. Ça fait que quelques jours qu'il a été diffusé, mais on a beaucoup de retours, notamment du corps enseignant. Moi, ça me fait plaisir quand je reçois des messages de professeurs d'histoire, qui ensuite, nous disent qu'ils vont le diffuser à leurs élèves et puis les élèves qui nous écrivent en disant j'ai justement cette partie du programme en ce moment à réviser et ça m'aide beaucoup à comprendre à m'intéresser et c'est super comme retour.
Monde Numérique :
[42:13] Il faut remettre dans le contexte que ce n'est pas non plus une production de jeux vidéo. Vous n'êtes pas sur des dizaines de millions d'euros, enfin sur des millions d'euros.
Invité :
[42:21] Non, non.
Monde Numérique :
[42:23] Ça s'inscrit dans le cadre de la production éditoriale, d'une rédaction, même si c'est TF1, c'est le groupe TF1, vous avez les moyens, évidemment. Mais c'est dans le champ information, actualité.
Invité :
[42:35] Exactement. Ce n'est pas du tout à comparer avec un film qui a un budget de plusieurs centaines de millions d'euros, ou même un jeu vidéo qui a des budgets similaires. Non, non, non, on travaille avec des moyens qui sont ceux de l'information de TF1. Donc, on met les moyens pour faire une information de qualité. Mais pour autant, on a en effet des moyens limités, même quand on a des produits ambitieux comme celui-ci. Donc, c'est aussi pour ça que c'est des équipes ramassées, mais des équipes impliquées.
Monde Numérique :
[43:04] Talentueuses. Alors, dans le film, il y a des décors. Il y a quelques décors qui sont un peu passe-partout. Il y en a d'autres qui sont a priori historiques. On voit le bunker de Hitler. Pareil pour les personnages. Il y a des personnages qui sont un peu anonymes et puis l'un d'autre qui sont réels. Il y a les signataires de Yalta, etc. Donc, vous avez fait jouer des comédiens aussi ?
Invité :
[43:27] Alors, c'est des passionnés. Là aussi, ce sont des... Tu sais, il y a toute une communauté en France de passionnés d'histoire et de reconstitution historique. Il y en a de beaucoup de périodes, que ce soit les périodes napoléoniennes, les périodes médiévales et les périodes du XXe siècle, des guerres mondiales, et donc ça m'a pris pas mal de temps l'hiver dernier. Pour me faire connaître de toutes ces communautés, leur expliquer mon projet et trouver les personnes qui étaient motivées, impliquées, disponibles pour venir sur le studio tourner. Donc, ils sont venus... En fait, tous les soldats, tous les personnages qu'on voit dans ce format sont des vraies personnes avec des vraies tenues, etc.
Monde Numérique :
[44:15] Ce n'est pas généré par IA, etc.
Invité :
[44:17] Non, il y a quelques visages générés par IA, celui d'Hitler, évidemment, celui de Churchill, Staline, Roosevelt, le pilote japonais qu'on voit à la toute fin et tous les autres. 95% des personnages qu'on voit sont vraiment costumés, incarnant le rôle. Ce ne sont pas des comédiens.
Monde Numérique :
[44:39] Ce sont des passionnés.
Invité :
[44:41] Mais oui, ils ont joué le jeu formidablement et je les remercie vraiment.
Monde Numérique :
[44:45] Ils ont dû se régaler.
Invité :
[44:46] Oui. Ils adorent ça.
Monde Numérique :
[44:49] Mais ça a pris combien de temps ce projet ? 8 minutes de vidéos, très riches, mais tu as bossé combien de temps là-dessus ?
Invité :
[44:56] J'ai commencé il y a 5 mois, donc ce n'est pas 5 mois à temps plein où on est tout le dessus, puisque en parallèle j'ai fait plein d'autres reportages pour les JTTF1 depuis, mais au total ça prend du temps. Ce qui prend du temps notamment, ça a été de trouver tous ces figurants, parce qu'on avait besoin de personnes avec des tenues américaines, allemande. Bon, ces deux-là sont pas trop compliqués à trouver, mais il fallait des tenues soviétiques, ça c'est très dur à trouver, et des tenues japonaises, c'est encore plus dur à trouver. Donc ça, ça m'a pris une bonne partie de l'hiver dernier pour trouver les bonnes personnes, recenser les candidats, rassembler toutes les photos de leurs tenues, faire vérifier par des historiens. Donc voilà, tout ça, ça a pris du temps, et puis en parallèle, il y a l'écriture, j'ai lu plein de livres sur cette période, on regardait plein de documentaires, le storyboard et ça le storyboard aussi c'est intéressant on a fait ça avec de l'IA c'est à dire que moi je dessine pas très bien je suis pas dessinateur mais j'avais les idées des cadrages et des plans qu'on voulait donc je faisais un dessin un peu à main levée et ensuite je le rentrais en l'occurrence dans ChatGPT, en lui décrivant ce que je voulais qu'il me mette en scène avec un style graphique de storyboard à la main et ensuite on a eu des storyboards vraiment très propres qui nous ont aidés à travailler.
Monde Numérique :
[46:17] D'accord, générés par Tchadjipiti.
Invité :
[46:19] Exactement. À plein d'étapes, en fait, l'IA, elle a été présente du début à la fin. Même la musique qui est composée par un compositeur qui s'appelle Olivier Villaudier et qui nous accompagne sur nos projets qui est vraiment brillant. Pour le brief musical, les inspirations de musique, je me suis beaucoup aidé de Tchadjipiti en lui faisant lire les passages du format, du documentaire et en lui demandant, en lui décrivant les ambiances que je cherchais. Il est allé me chercher des musiques de films qui correspondaient un peu à cette ambiance-là. Donc, ça m'a aidé aussi pour le briefing du compositeur, etc. Donc, c'est vraiment amusant. On a essayé, dès qu'on pouvait, CD d'intelligence artificielle. On l'a fait. Et ça a vraiment été une aide loin d'être anecdotique dans ce format-là. Ce n'est pas juste de la technologie. On voulait que ce soit une nouvelle façon de transmettre, de ressentir, de se souvenir. Parce que là, on ne parle pas d'un sujet comme les autres, on parle du dernier grand conflit mondial et comme on le dit à la fin, ça fait 80 ans que l'Europe est en paix. Cette année particulièrement, on a tous des frissons parfois en se demandant si on ne va pas retomber dans ces travers-là et donc c'était important, qu'on ait cette émotion en le regardant pour se rappeler ce dont on sort, ce dont les générations précédentes sont sorties pour ne surtout pas,
Invité :
[47:42] risquer d'y retourner. C'était vraiment l'objectif.
Monde Numérique :
[47:44] Merci beaucoup Yani Khezzar.
Invité :
[47:46] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
[47:47] Journaliste et donc l'homme des technologies à la rédaction de TF1.
Monde Numérique :
[48:03] Merci d'avoir écouté cet épisode de Monde Numérique, l'hebdo, comme chaque samedi. Merci pour votre fidélité. Et comme d'habitude, je le répète, n'hésitez pas à mettre des petites étoiles, notamment sur Apple Podcast, 5 étoiles, pour contribuer au référencement. Attention, vous notez, l'ensemble du podcast et pas seulement un épisode, lorsque vous mettez des étoiles ou éventuellement même un commentaire. Vous pouvez m'adresser des messages via les réseaux sociaux ou via le site mondenumérique.info y compris des messages vocaux, merci à ceux qui l'ont fait ces dernières semaines promis, je vous répondrai, merci à vous qui soutenez financièrement Monde Numérique y compris pour vos dons réguliers et si vous souhaitez contribuer participer, il suffit de cliquer sur le lien en description de cet épisode, on se retrouve la semaine prochaine pour les interviews en version intégrale et puis des éditos, des actus au fil de l'eau au fur et à mesure de mon inspiration. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !













