🔎 Le grand retour des boutons physiques (Zoom Tech)
Monde Numérique15 octobre 202605:47

🔎 Le grand retour des boutons physiques (Zoom Tech)

Après des années à vouloir faire disparaître les boutons au profit des écrans tactiles, les fabricants font machine arrière. Des voitures aux casques audio, en passant par les ordinateurs et les lunettes connectées, les commandes physiques reviennent pour une raison simple : le design épuré n’est pas toujours synonyme de simplicité d’utilisation.

Le retour des commandes physiques

Après des années de course au minimalisme, les boutons physiques font leur retour dans les appareils électroniques. Constructeurs automobiles, fabricants de casques audio et concepteurs de lunettes connectées redécouvrent les avantages des commandes que l'on peut manipuler sans regarder.

Dans l'automobile, Volkswagen, Mercedes-Benz, Tesla et Peugeot illustrent cette évolution. Boutons au volant, molettes de volume et commandes dédiées retrouvent leur place, parfois à la demande directe des utilisateurs.

Quand le tactile complique la vie

Le phénomène dépasse les voitures. Les lunettes auditives Nuance Audio intègrent des boutons de réglage du volume, tandis que Nothing mise sur une molette et une commande physique pour piloter son casque audio. Des accessoires permettent également de retrouver un clavier sur smartphone ou des boutons pour naviguer dans l'interface d'une liseuse.

L'exemple emblématique reste la Touch Bar d'Apple, cette bande tactile introduite sur les MacBook Pro en 2016 pour remplacer les touches de fonction traditionnelles. Malgré ses possibilités, elle a montré les limites d'une interface qui oblige à regarder le clavier pour effectuer des gestes autrefois automatiques. Apple a finalement réintroduit les touches physiques sur ses MacBook Pro à partir de 2021.

L'ergonomie avant l'esthétique

Un bouton possède un emplacement fixe, une forme identifiable et un retour tactile qui confirme l'action. Avec l'habitude, il devient possible de l'utiliser sans détourner le regard. À l'inverse, un écran tactile impose souvent de chercher une commande, d'ouvrir des menus et de mobiliser davantage son attention.

Dans une voiture, cette contrainte pose notamment une question de sécurité : régler le volume ou la climatisation devrait demander le moins d'attention possible. Dans une cuisine, les commandes tactiles peuvent également se révéler peu pratiques avec les doigts humides, des gants ou des objets posés sur la surface.

Trouver le bon équilibre entre boutons et écrans

Le tactile reste pertinent pour naviguer sur une carte, consulter des photos ou accéder à des fonctions complexes. Mais tout ne gagne pas à être dématérialisé. Le défi des designers consiste à choisir les commandes qui méritent de rester physiques, en privilégiant la simplicité, la rapidité et l'intuitivité plutôt que la seule esthétique.

Une leçon qui rappelle qu'en matière de technologie, le progrès ne consiste pas toujours à supprimer les boutons. Parfois, la meilleure innovation est simplement celle qui permet d'agir sans avoir à y penser.


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[0:01] Avez-vous remarqué que quelque chose est en train de changer sur nos appareils électroniques ? Et oui, les boutons reviennent, les bonnes vieilles touches physiques, celles sur lesquelles on appuie, qui font clic, les petites molettes qui tournent, etc. Y compris sur des appareils hyper high-tech, comme des lunettes connectées, des ordinateurs, et même des tableaux de bord de voiture. Pourtant, pendant longtemps, le comble du raffinement technologique, c'était de faire disparaître tout ça. Tout ce qui dépasse, au profit d'élégantes interfaces tactiles, des touches sensitives, toutes lisses, au milieu de surfaces épurées. Mais aujourd'hui, plusieurs fabricants commencent à faire machine arrière, [0:38] et souvent à la demande de leurs clients. Prenez les voitures, par exemple. Volkswagen a décidé de remettre des boutons dans ses habitacles, des commandes physiques au volant, des grosses touches pour les réglages de climatisation, de volume sonore, etc. [0:51] Chez Mercedes, la nouvelle classe S retrouve une molette de volume au volant à la demande des clients, alors qu'elle était passée à un moment aux commandes tactiles. Même Tesla, où les commandes physiques sont pourtant depuis toujours réduites au strict minimum au profit des menus et des sous-menus sur l'écran central, Tesla propose maintenant un kit pour réinstaller un commodo de clignotant sur certains Modèles 3. Du côté des marques françaises aussi, Peugeot, malgré l'arrivée des écrans centraux dans les véhicules, à conserver ces grosses touches de style piano au milieu du tableau de bord, même si ça fait double emploi avec les commandes tactiles. Alors, il n'y a pas que dans l'automobile, et notamment dans la tech, les nouvelles versions de lunettes auditives Nuance Audio, par exemple, comportent deux petites touches physiques qui permettent de monter et baisser le volume parce que les clients l'ont réclamée. [1:43] La marque Nothing vient de sortir un casque audio avec une molette pour le volume, et une commande à bascule pour changer de morceau. [1:50] Et puis rappelez-vous, la Touch Bar d'Apple, cette petite bande tactile apparue en 2016 au-dessus des claviers sur les MacBook Pro qui remplaçait les touches de fonction, et puis qui apportait plein d'autres fonctionnalités comme l'accès aux emojis, etc., en changeant d'apparence en fonction du logiciel utilisé. Sur le papier, c'était pourtant une super idée, Mais au quotidien, et pour l'avoir utilisé, je sais de quoi je parle, c'était une vraie tannée, car en fait, ce n'était pas pratique du tout. Ça obligeait à porter les yeux vers le clavier pour effectuer des actions que jadis, on faisait à l'aveugle uniquement par habitude, en connaissant bien la position de chaque touche. La touch bar, c'est l'exemple même de la fausse bonne idée. Et même Apple est tombée dans ce panneau. Apple qui a réintroduit du coup les touches physiques à partir de 2021 sur les MacBook Pro. Et puis aujourd'hui, on trouve même des accessoires vendus en option pour ajouter des touches physiques à des appareils qui n'en ont pas. Par exemple, les claviers click pour smartphone, qui permettent de remettre un vrai petit clavier comme sur les vieux Blackberry. Ou bien encore, chez Amazon, une télécommande pour faire tourner les pages, et même une coque vendue séparément, qui intègre également des boutons pour, circuler dans l'interface. [3:04] Alors pourquoi ce grand retour ? Eh bien en fait, parce qu'un appareil plus épuré, ce n'est pas forcément plus facile à utiliser. Et ça, c'est l'un des drames du design technologique. Un bouton possède une forme, une position, un relief. On peut le repérer très facilement au toucher. Et avec l'habitude, les doigts s'avoilés. Quand on appuie, on sent le clic, on sent qu'on a fait quelque chose et qu'on va avoir un résultat. A l'inverse, sur un écran lisse, il faut souvent regarder, il faut chercher la bonne commande. Parfois même ouvrir un menu, puis un sous-menu, pour simplement baisser le son, régler le chauffage ou ouvrir la boîte à gants en voiture. Tout cela mobilise notre attention, et en voiture, ce n'est vraiment pas idéal, puisqu'au contraire, on a besoin de regarder la route en permanence. Et dans la vie quotidienne, où on cherche en général à ce que les choses soient plus faciles, sans friction, plus rapides, paradoxalement, le tactile apporte des complications. Alors qu'une commande qui se trouve toujours au même endroit, on finit par la retrouver presque sans y penser. Tandis qu'une interface qui change tout le temps, en fonction du contexte, ce n'est pas pratique, parce que ça mobilise plus de sens, plus de charges cognitives, en fait. [4:13] C'était tout le drame et le paradoxe de la touchbar. Alors, bien sûr, le tactile reste formidable pour beaucoup de choses. Pour parcourir une carte sur un écran, pour choisir une photo, naviguer dans des fonctions complexes, et une accumulation de boutons incompréhensibles, ce n'est pas forcément non plus une réussite. [4:29] En fait, le casse-tête des designers, c'est de trouver le juste milieu, arbitrer entre ce qui mérite véritablement un écran et ce qui gagne à rester accessible sous les doigts. Regardez comment c'est fait dans les cockpits d'avions où ce sont essentiellement des commutateurs physiques. Une interface très épurée, ça donne une impression de meilleure qualité, de modernité, mais dans la vraie vie, eh bien, ce n'est pas forcément le plus adapté. Cela dit, beaucoup d'appareils possèdent encore des commandes tactiles, principalement par souci d'esthétique, notamment dans l'électroménager, alors que parfois un gros bouton ferait sans doute mieux l'affaire. Exemple sur les plaques de cuisson, qui sont souvent totalement anti-intuitives, sans compter que le tactile ne fonctionne pas bien quand on a les doigts humides, ou quand on porte des gants, ou quand on pose des choses dessus et que ça déclenche tout d'un coup des fonctions qu'on n'avait pas prévues. Bref, les contraintes du design se heurtent parfois à des réalités triviales, qui obligent à reconnaître que finalement, certaines choses, et c'est vraiment pas le style de ce podcast pour tant de dire ça, mais c'était peut-être mieux avant. Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il y a des appareils sur lesquels vous aimeriez retrouver de vrais gros boutons ? Dites-le-moi en commentaire.
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