🔎 La folie des agents IA : les big tech accélèrent (Zoom Tech)
Monde Numérique13 mars 202606:38

🔎 La folie des agents IA : les big tech accélèrent (Zoom Tech)

OpenAI débauche l'inventeur d'OpenClaw. Meta rachète le réseaux d'agents Moltbook. Perplexity lance Personal Computer. Bref, c'est la folie autour de l'IA agentique, qui peut exécuter des tâches complètes à notre place. Un nouveau monde et aussi de nouveaux risques en matière de cybersécurité.

Les agents IA, nouvelle frontière de l’automatisation

La frénésie autour des agents IA s’accélère. Le phénomène s’est cristallisé autour d’OpenClaw, un projet open source imaginé par Peter Steinberger, qui permet de faire tourner sur sa propre machine des agents capables d’agir sur des applications, des fichiers ou des services. Le sujet a déjà été exploré par Monde Numérique, qui y voyait une étape clé dans l’émergence de l’IA agentique.

Autour de cette dynamique, les grands acteurs multiplient les annonces. OpenAI a recruté Peter Steinberger, Meta a mis la main sur Moltbook, ce réseau social peuplé d’agents IA, et Microsoft pousse Copilot vers des usages plus autonomes grâce à une collaboration étroite avec Anthropic. De son côté, Perplexity a dévoilé Personal Computer, un système conçu pour transformer un Mac dédié, notamment un Mac mini, en environnement permanent pour agents IA. Nvidia développe NemoClaw, une plateforme d'agents IA open source concurrente d'OpenClaw.

Des assistants qui ne répondent plus seulement, mais agissent

La différence avec un chatbot classique est nette. Là où un outil comme ChatGPT ou Claude attend une consigne puis génère une réponse, un agent IA peut enchaîner des actions, utiliser des outils, interagir avec des logiciels et accomplir des tâches de manière semi-autonome ou autonome. C’est cette bascule, du dialogue vers l’exécution, qui alimente aujourd’hui les espoirs de gains de productivité dans les entreprises.

Cette promesse est séduisante : traitement d’emails, prospection, nettoyage de bases de données, assistance au codage, préparation de documents ou coordination de workflows. En filigrane, se dessine l’idée d’un futur collègue logiciel, capable non seulement d’agir, mais aussi de s’inscrire dans les méthodes et les règles d’une organisation.

Le revers de la médaille : sécurité, dérives et perte de contrôle

Mais cette montée en puissance s’accompagne d’un risque croissant. En accédant aux fichiers, aux sessions utilisateur, aux applications et parfois aux systèmes internes, les agents deviennent aussi de nouvelles surfaces d’attaque. Microsoft alerte d’ailleurs sur l’usage opérationnel de l’IA par des acteurs malveillants tout au long de la chaîne d’attaque.

Les premiers incidents rappellent que le danger est déjà concret. Amazon a reconnu en interne qu’un incident du 2 mars 2026, lié en partie à son assistant de codage Q, avait contribué à une vague d’erreurs sur les délais de livraison, avec des effets directs sur les commandes. Autre exemple marquant : chez McKinsey, un agent autonome a pu exploiter une faille après avoir consulté une documentation technique accessible en ligne, illustrant la capacité de ces systèmes à reproduire des comportements proches de ceux d’un pirate humain.


[0:01] Vous avez aimé l'emballement autour de l'IA générative ? Eh bien,

[0:05] vous allez adorer la folie des agents IA. En tout cas, vous ne pourrez pas échapper à ce phénomène. Ce phénomène qui excite au plus haut point toute la sphère de l'intelligence artificielle, notamment les géants de la tech. Alors, les agents, on en a déjà parlé dans ce podcast. On a parlé notamment du phénomène Open Claw, ce système qui permet de développer ses propres agents sur son ordinateur, des outils logiciels automatisés, en fait, boostés à l'intelligence artificielle pour effectuer toutes sortes de tâches. Répondre aux emails, nettoyer des bases de données, lancer des prospections commerciales, etc. Un phénomène, un engouement qui a même engendré un autre phénomène plutôt inattendu, une ruée sur les ordinateurs Apple Mac Mini. Pourquoi ? Parce que le Mac Mini serait la plateforme idéale pour installer des agents sans qu'ils puissent faire n'importe quoi dans les documents et les données personnelles des utilisateurs. On sépare un peu les deux univers, en fait. Bref, depuis le phénomène Open Claw, tout s'emballe. D'abord, c'est OpenAI, la maison mère de Chagipiti, qui a décidé de débaucher le fondateur d'Open Claw, Peter Steinberg.

[1:13] Meta réplique en rachetant tout récemment Moltbook, cet étonnant réseau social dont les membres ne sont pas des humains, mais des agents IA qui discutent entre eux. On ne sait pas trop encore ce qu'on va en faire la compagnie de Mark Zuckerberg, mais au moins ça lui permet de montrer qu'il est toujours dans la course. Les deux cofondateurs de Moltbook vont rejoindre la division IA Super Intelligence Lab de Meta.

[1:39] Microsoft vient d'annoncer pour sa part une nouvelle série de fonctionnalités pour faire de son IA Copilot un véritable agent autonome, lui aussi capable d'exécuter des tâches complètes pour les utilisateurs, et cela grâce à un partenariat avec Anthropik. Perplexity, lui, vient de lancer un produit innovant baptisé Personal Computer. Comme son nom l'indique, c'est vraiment pour votre ordinateur personnel. En fait, c'est un logiciel taillé pour le Mac Mini d'Apple et qui transforme le Mac Mini en environnement pour un super agent. Ça peut accéder ainsi aux fichiers, aux sessions de l'utilisateur, aux outils installés sur la machine. Et ça se connecte au serveur de Perplexity afin d'effectuer toutes sortes de tâches de manière autonome, même lorsque l'utilisateur n'est pas devant l'écran. N'importe qui pourra bientôt avoir son propre super agent IA sur son petit Mac Mini ou sur n'importe quelle autre machine. Le rêve du Farnient au bord de la piscine pendant que l'IA fait tout le travail à votre place n'est peut-être plus très loin.

[2:40] Bref, ces agents, ça rend fou à peu près tout le monde. Alors un agent, c'est quoi ? En fait, alors que les chatbots qu'on connaît comme ChatGPT ou Cloud, ce sont des IA qui répondent quand on leur pose des questions, l'agent, c'est une IA qui agit, qui interagit même avec d'autres outils informatiques, d'autres utilisateurs aussi au sein de l'entreprise ou même à l'extérieur, et tout cela sans intervention humaine. Les agents IA sont peut-être les futurs collaborateurs des entreprises de demain, vos futurs collègues, auxquels vous pourrez d'ailleurs demander plein de choses. Vous pourrez demander à un agent de réaliser telle ou telle action, de développer un plan marketing, de mettre au point une fonctionnalité informatique sur le système de l'entreprise, puis ils devront s'exécuter, respecter vos consignes, vous rendre compte, et puis même, au-delà de ça, adopter la culture de l'entreprise, comme l'explique le PDG de Nvidia, John St. Juan.

[3:36] Bref, des sortes de robots, des robots logiciels, dotés véritablement cette

[3:40] fois d'une forme d'autonomie. Mais les agents IA, ça représente aussi une nouvelle menace pour la sécurité informatique à tous les niveaux. Car en ayant accès à toutes les strates de la vie numérique des entreprises ou même des particuliers demain, ça représente autant de nouveaux risques, de nouvelles portes d'entrée pour les cybercriminels. Il y a aussi le risque de perdre le contrôle. si des agents mal cadrés se mettent à faire n'importe quoi sans qu'on s'en rende compte, évidemment, on imagine les conséquences qui pourraient être fâcheuses. Le grand risque, c'est la perte de visibilité de tout cela. Alors ce boom des agents IA, notamment en entreprise, s'accompagne, heureusement, du développement de nouveaux outils de sécurité. Si on ne fait pas ça, ces gentils agents IA pourraient donc, en effet, se révéler de redoutables agents du chaos.

[4:27] D'ailleurs, c'est déjà arrivé. Le géant Amazon vient d'avouer que des pannes récentes avaient peut-être été provoquées par des agents IA. Selon le média Business Insider, des documents internes révèlent qu'au moins un incident majeur récent a été provoqué en partie par Q, c'est l'assistant IA d'Amazon qui permet de générer du code informatique. C'était le 2 mars pour être précis, des clients d'Amazon voyaient qu'il y avait des erreurs sur les délais de livraison qui étaient annoncés lorsqu'ils tentaient de mettre des articles dans leur panier. Et même certains ont laissé tomber du coup leurs commandes. ce qui a engendré près de 1,6 million d'erreurs sur le site et a entraîné la perte d'environ 120 000 commandes. Ça a donc des conséquences très concrètes. Incident également récemment chez McKinsey, le célèbre cabinet de consulting. C'était fin février, un agent d'IA autonome développé par une start-up a réussi à percer en quelque sorte la sécurité de McKinsey. Et il s'est infiltré dans l'outil interne d'intelligence artificielle, Lily, c'est comme ça qu'il s'appelle. Tout simplement parce que l'agent a eu la bonne idée d'aller consulter la documentation technique de l'outil d'intelligence artificielle qui était disponible en ligne et en libre accès. Et donc, il a procédé comme aurait fait un pirate humain. Il a lu le mode d'emploi et il a pu exploiter ainsi une faille de cybersécurité grâce à ce qu'on appelle une injection SQL.

[5:50] Bref, ces agents IA, c'est un peu la promesse du meilleur et aussi du pire. Une formidable promesse d'automatisation, d'accélération des processus et d'augmentation de la productivité, mais aussi une inquiétante augmentation des risques informatiques sous toutes leurs formes. Pour l'instant, le phénomène n'a pas encore vraiment gagné le grand public, ni même d'ailleurs la majorité des entreprises, mais soyons sûrs que ça va arriver, et sûrement plus vite qu'on ne pense. Donc il est urgent de s'intéresser à ces petits agents, et aussi d'y aller avec prudence pour manier cette espèce de cyberdynamite qui pourrait faire de très gros dégâts.

innovation,informatique,technologies,tech news,High-tech,numérique,actualités,tech,actu tech,ia,Agents,