Ludovic Francesconi:
[
0:01] Il y a une adoption forte et massive du paiement mobile.
Ludovic Francesconi:
[
0:06] Et donc, je pense que proposer Wero maintenant dans les conditions de marché actuelles, c'est le bon moment et ça répond à un vrai besoin, que ce soit côté consommateur ou côté commerçant.
Monde Numérique :
[
0:26] Bonjour Ludovic Francesconi.
Ludovic Francesconi:
[
0:28] Bonjour Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[
0:29] Vous êtes responsable du développement de Wero, le porte-monnaie électronique européen, qui a un an, qui a été lancé en 2024 et qui vient de faire un premier point d'étape, un premier bilan. Vous annoncez plus de 43 millions d'utilisateurs en Europe. On va refaire le point sur cette innovation, sur ce service. Est-ce que vous pouvez nous rappeler un petit peu d'abord ce qu'est Wero ? Ça s'écrit Wero, il faut le préciser. Qu'est-ce que c'est et à quoi ça sert ?
Ludovic Francesconi:
[
1:01] Alors, Wero, c'est la solution des banques, de votre banque, en fait, pour faciliter les paiements dans la vie de tous les jours. Donc, aujourd'hui, effectivement, en France, en Allemagne, en Belgique et d'autres pays arriveront par la suite. Et en France, nous avons, en fait, opéré une migration d'une solution qui existait déjà et qui s'appelait Paylib et donc Paylib était déjà très très utilisé pour les paiements de particulier à particulier donc ce qu'on appelle le P2P, et on a pu bénéficier de cette dynamique forte qui existait déjà avec Paylib pour le transformer en Wero et donc Wero effectivement ça a un an maintenant, donc avec une nouvelle marque qui a pris très très rapidement puisqu'on dit déjà dans la vie de tous les jours on a pu vérifier via des enquêtes consommateurs on dit déjà je t'envoie un Wero et donc c'est très adopté par toutes les tranches de population, seulement un an après le lancement c'est un très beau succès et donc on est très heureux effectivement du bilan de ce premier anniversaire, avec en France, une croissance toujours très forte du nombre d'utilisateurs du nombre de transactions sur, pour l'instant, les paiements de personne à personne.
Monde Numérique :
[
2:30] Alors, il y a déjà un certain nombre de solutions pour s'envoyer de l'argent, de particulier à particulier. Vous n'arrivez pas sur un marché totalement vierge. Comment est-ce que vous pensez vous imposer encore plus ?
Ludovic Francesconi:
[
2:42] Alors déjà, sur le P2P en lui-même, notre spécificité… Le P2P.
Monde Numérique :
[
2:48] C'est particulier à particulier.
Ludovic Francesconi:
[
2:49] Particulier à particulier, tout à fait. Notre spécificité, c'est que nous sommes intégrés dans les applications bancaires. Donc nous sommes vraiment la solution offerte par la banque et complètement intégrée dans la banque aujourd'hui. Et donc c'est très facile pour l'utilisateur de trouver Wero dans son application bancaire. Alors il y a une seule banque aujourd'hui qui ne propose pas Wero directement dans l'application bancaire, mais ça passe par directement l'application Wero qui a été déchargeable sur les stores, c'est la banque postale. Mais là aussi on a pu voir qu'on a de très très bons résultats. Donc ça, c'est vraiment le premier avantage fort de Wero, c'est que c'est la solution de sa banque, adaptée aux besoins des clients.
Monde Numérique :
[
3:31] Donc c'est plus de confiance selon vous ? Quel est l'avantage ? Parce que tous les services qui existent par ailleurs, je ne sais pas, il y avait Paylib, il y avait Lydia, Paypal, etc. On peut connecter une carte bancaire. Donc à l'arrivée, ça fait la même chose, non ?
Ludovic Francesconi:
[
3:45] Alors nous, Wero, c'est vraiment du paiement de compte à compte. Donc ce n'est pas via carte bancaire. et donc c'est du paiement de compte à compte instantané, et directement du compte du payeur vers le compte du bénéficiaire donc ça c'est aussi quelque chose qui est très apprécié c'est à dire qu'il n'y a pas de compte au milieu ça coûte moins cher ? Ça coûte moins cher, c'est surtout que c'est je pense une solution qui est plus moderne, que d'autres solutions où on peut avoir un compte intermédiaire et donc au lieu d'envoyer directement de l'argent du compte bancaire vers le compte bancaire, compte bancaire du payeur vers le compte bancaire du bénéficiaire, il faut passer par un compte intermédiaire, ce qui est quand même pas évident, ce qui nécessite de faire plus d'opérations, et donc c'est quand même beaucoup mieux de pouvoir envoyer de l'argent directement de compte à compte. Voilà, donc ça c'est aussi un avantage très fort de Wero par rapport à d'autres solutions du marché.
Monde Numérique :
[
4:47] Donc, je suis dans mon appli de banque traditionnelle, à condition que ce ne soit pas la banque postale à ce jour. Je vais trouver immédiatement une option, cette fonction WeRow, qui va me permettre d'envoyer de l'argent très facilement à un particulier, à quelqu'un d'autre, à un ami, etc., à quelqu'un à qui je vends un objet sur le bon coin. Comment je le contacte ? Comment on établit la relation ?
Ludovic Francesconi:
[
5:10] Alors, il y a plusieurs manières. La manière la plus développée, c'est le numéro de mobile. Donc, il suffit de demander le numéro de mobile de son destinataire. Donc, s'il est déjà enregistré dans mes contacts, dans mon téléphone, je vois tout de suite qu'il y a un petit logo Wero à côté de son nom. Et donc, je sais que je peux lui envoyer de l'argent parce qu'il est déjà accessible, il est déjà enrôlé sur le service. Et donc, ça permet de trouver très facilement son bénéficiaire. On a le numéro de mobile, on a aussi l'adresse e-mail qui fonctionne. Donc, on peut aussi envoyer de l'argent via l'adresse email si la personne l'a enregistrée. Et on a également une troisième manière qui est encore plus innovante, on va dire, c'est via le QR code. Et donc, là, l'avantage, c'est qu'on peut soit présenter un QR code pour demander de l'argent, soit présenter un QR code pour envoyer de l'argent. Donc, ça va dans les deux sens. Et l'avantage, c'est que c'est anonyme, pour le coup. Donc ça permet aussi le type d'usage que vous mentionnez sur le bon coin quand j'achète quelque chose sur le bon coin j'ai pas forcément envie que le vendeur ait mes coordonnées personnelles et donc ça permet quand je l'entends de lui dire, tenez regardez le vendeur me montre un QR code et je peux le scanner, il est reconnu automatiquement et de cette manière-là, je peux lui envoyer directement de l'argent.
Monde Numérique :
[
6:38] Même si le Boncoin a son propre système de paiement interne, etc.
Ludovic Francesconi:
[
6:42] Oui, tout à fait. Ce qu'on voit, c'est qu'on dit de particulier à particulier, mais finalement, l'usage l'est aussi étendu de plus en plus aux petits commerçants, aux artisans, etc., aux professions libérales. Et donc, même sur les marchés, on voit maintenant arriver des QR codes Wero où en fait on a des commerçants qui déjà commencent à accepter WeRo en mode P2P.
Monde Numérique :
[
7:09] C'est le WeChat européen ?
Ludovic Francesconi:
[
7:12] Je pense qu'on ne peut pas aller jusque-là quand même parce que notre ambition, ce n'est pas de devenir une application lifestyle, entre guillemets. Ce n'est pas de devenir une application où on peut commander un taxi, où on peut réserver un hôtel, etc. Comme WeChat Pay ou Alipay en Asie. Mais non, notre objectif, c'est vraiment de se concentrer sur les usages de paiement et les usages connexes au paiement, donc tout ce qui va être autour de la fidélité, tout ce qui va être autour de services additionnels dans le cadre d'une expérience d'achat. Mais voilà, notre objectif, ce n'est pas d'être la super app comme WeChat.
Monde Numérique :
[
7:54] Au bout d'un an, vous devez avoir quelques retours d'expérience. Vous savez un peu à quoi ça sert, à quoi c'est utilisé, pour faire quoi ?
Ludovic Francesconi:
[
8:02] Alors, en France, on est toujours sur un usage qui est principalement d'envoyer de l'argent via le numéro de mobile à ses amis, sa famille, ses collègues. Et c'est un usage qui...
Monde Numérique :
[
8:16] Mais quoi ? Pour partager des restos ?
Ludovic Francesconi:
[
8:19] Oui, tout ça. Il y a quelqu'un qui paye le resto et je rembourse ma part. Ou alors, même pour donner de l'argent à ses enfants, pour l'argent de poche, ce genre de choses. Tous les petits transferts de la vie courante, effectivement,
Ludovic Francesconi:
[
8:35] passent maintenant par Wero et ça fonctionne très bien. Mais bon, on ne va pas s'arrêter là. Comme vous le savez, l'objectif, c'est aussi de développer les usages auprès des commerçants.
Monde Numérique :
[
8:48] Voilà, absolument. Alors, vous venez d'annoncer que vous allez, c'est en train de se mettre en route, vous allez proposer bientôt le paiement en ligne et peut-être ensuite à terme le paiement en physique chez les commerçants, c'est ça ?
Ludovic Francesconi:
[
9:03] Tout à fait. Donc, effectivement, notre première étape, c'est d'abord le paiement en ligne. Et donc, on va déjà lancer le paiement en e-commerce en Allemagne avant la fin de l'année. Ensuite, en Belgique, début d'année prochaine. Et la France arrivera à l'été 2026.
Ludovic Francesconi:
[
9:27] On a déjà annoncé cette semaine de grands noms en termes de marchands qui sont déjà engagés à accepter les paiements Wero en e-commerce.
Ludovic Francesconi:
[
9:40] À partir de l'été 2026. Donc, on est très fiers de ça. Par exemple, l'État français, pour tous les usages publics au niveau État et collectivité locale, stationnement, les hôpitaux, etc. Mais aussi, on a Leclerc, Vipi, Air France et d'autres qui sont des commerçants très importants et qui sont très intéressés avec d'autres qui seront annoncés ultérieurement à accepter les paiements WeRo. Donc, on voit bien que cette base d'utilisateurs existante sur le P2P, à partir du moment où on va leur dire vous pouvez aussi utiliser WeRo pour payer en ligne, quelque part, la transition va se faire naturellement et donc ce sera une extension des usages existants au paiement en e-commerce. Et après, effectivement, l'étape d'après, c'est le paiement en point de vente. C'est clairement le plus important aujourd'hui dans l'économie puisque les paiements en point de vente, ça représente quand même la très grosse majorité des paiements commerçants. Même si le commerce progresse beaucoup, c'est quand même le point de vente qui est le plus important. Et donc là, on vise l'arrivée des paiements via QR code à partir de mi-2026.
Monde Numérique :
[
11:07] QR code et pas de contact ?
Ludovic Francesconi:
[
11:10] Et ensuite, son contact qui arrivera par la suite. Ce qui est intéressant, ce qui a été aussi annoncé, c'est que ce wallet Wero va permettre de payer avec son compte, en e-commerce, en point de vente, avec du QR code, avec du NFC, mais on va également permettre de payer avec sa carte. Donc, c'est là où c'est intéressant, parce que c'est quelque part aujourd'hui avec sa carte bancaire. Et ça, ça permettra aussi de préparer le terrain pour l'arrivée progressive du paiement avec son compte, et pas seulement avec sa carte, aussi en point de vente.
Monde Numérique :
[
11:52] On comprend bien qu'il y a une vraie volonté de reconquête un peu de souveraineté numérique, aussi de reconquête du marché par les banques qui se sont un peu fait déposséder par les intermédiaires, Visa, Mastercard, etc. Mais est-ce que ça suffit ? Quels sont les intérêts, quels sont les intérêts d'utiliser Wero pour les consommateurs et les commerçants ? C'est quoi ? Parce qu'être patriote et être en connexion directe avec sa banque, est-ce que vraiment c'est suffisamment motivant ?
Ludovic Francesconi:
[
12:27] Dans l'avis de tous les jours, non, vous avez totalement raison. Dans l'avis de tous les jours, ce que recherche un consommateur, c'est avant tout d'avoir une bonne expérience utilisateur, donc une bonne interface utilisateur, le parcours client qui soit vraiment optimisé, simple, fluide, mais néanmoins sécurisé. Ce sera toujours gratuit du côté consommateur.
Monde Numérique :
[
12:54] Pour le consommateur, c'est gratuit. Pour le commerçant ?
Ludovic Francesconi:
[
12:56] Côté commerçant, c'est vraiment très très important. Le fait d'avoir cette alternative européenne, souveraine, par rapport aux autres moyens de paiement qui peuvent être proposés aujourd'hui, qui sont principalement non-européens. Donc on a également l'aspect coût, bien entendu.
Monde Numérique :
[
13:13] Oui, on sait que les commerçants sont un peu vent debout contre les frais à payer. Et c'est pour ça d'ailleurs que les paiements de petits montants, on sent que les commerçants torsent le nez en général. Est-ce que ce serait différent ? Est-ce que ce sera différent avec Wero ? Est-ce que je pourrais payer ma baguette avec Wero ?
Ludovic Francesconi:
[
13:32] Oui, bien sûr.
Monde Numérique :
[
13:34] Et ça coûtera beaucoup moins cher aux commerçants ?
Ludovic Francesconi:
[
13:37] Alors, ça coûtera un peu moins cher aux commerçants. L'objectif, c'est qu'on soit effectivement... Alors, il y a quand même un service derrière. Il faut pouvoir amortir les coûts de ce service. Mais en tout cas, l'objectif, oui, c'est que l'acceptation pour un commerçant de Wero soit plus intéressante, financièrement parlant, que tout ce qui existe aujourd'hui, par ailleurs, sur le marché.
Monde Numérique :
[
13:59] Il y a quand même une limitation aussi, c'est que c'est un système qui n'est pas international, vous l'avez dit, c'est seulement, entre guillemets, européen et même seulement quelques pays. Est-ce que ce n'est pas un handicap, ça ? Est-ce que vous envisagez, je ne sais pas, à terme ou à long terme, peut-être, d'en faire une solution internationale ? Est-ce que ce sera réaliste ?
Ludovic Francesconi:
[
14:19] Alors, notre objectif, en premier lieu, c'est d'être une solution européenne. Aujourd'hui, effectivement... On a trois pays, l'année prochaine on aura cinq pays, donc Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, qui représentent quand même 75%, ces cinq pays représentent 75% de la valeur des paiements dans la zone euro. Donc, c'est pas rien, c'est un bon point de départ, mais effectivement, l'objectif c'est aussi de pouvoir étendre Wero à d'autres marchés par la suite, donc on a déjà des discussions très avancées avec certains marchés, que l'Autriche avait manifesté son intérêt, il y a des décisions qui doivent être prises, etc. Et d'autres marchés pourraient arriver par la suite.
Monde Numérique :
[
15:03] Donc, selon vous, Ludovic-François Scogni, arriver en retard, ce n'est pas un problème. Il y a des atouts pour faire qu'un paiement, un portefeuille, un porte-monnaie électronique européen soit véritablement un succès, malgré les nombreux échecs qu'on a vus sur ce terrain-là les années précédentes. Les décennies précédentes, je pense à Moneo, je pense à Paylib, enfin vous êtes les successeurs de Paylib, mais, voilà, le chemin a été pavé d'embûches jusqu'à présent.
Ludovic Francesconi:
[
15:34] Oui, alors je pense qu'effectivement on n'est pas, je ne pense pas qu'on soit en retard, je pense qu'au contraire on arrive au bon moment parce que on se positionne, WeW se positionne sur le paiement mobile et c'est maintenant qu'en fait il y a une adoption forte et massive du paiement mobile, et donc je pense que proposer Wero maintenant dans les conditions de marché actuelles c'est le bon moment, et ça répond à un vrai besoin que ce soit côté consommateur ou côté commerçant donc je pense qu'on a toutes les chances de réussir, et voilà, quand on entend les retours des consommateurs et l'intérêt et les attentes des commerçants c'est très très encourageant pour l'année prochaine et les prochaines étapes de Wero Merci.
Monde Numérique :
[
16:23] Beaucoup Ludovic Francesconi donc responsable du développement de Wero.
Ludovic Francesconi:
[
16:27] Merci à vous.