🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – GAFAM sous pression, IA et journalisme
Monde Numérique21 avril 202520:15

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – GAFAM sous pression, IA et journalisme

Avec Bruno Guglielminetti, on se penche sur le cas de Google et Meta au centre d’une séquence judiciaire historique aux États-Unis et on fait le constat que l'IA devient une nécessité pour les médias.

Chaque semaine, un regard croisé sur l’actu tech entre la France et le Canada avec Bruno Guglielminetti.

⚖️ GAFAM : le retour du boomerang judiciaire

Les entreprises Meta et Google font face, chacune de leur côté, à des accusations de pratiques monopolistiques : rachats controversés, abus de position dominante et hégémonie publicitaire. Ces affaires, très médiatisées, pourraient marquer un tournant dans la régulation du numérique aux États-Unis.


🧠 IA dans les médias : une question de survie

Retour sur le webinaire “AI Trends in Journalism” qui souligne un consensus : l’IA est désormais incontournable dans les rédactions. Pas pour remplacer les journalistes, mais pour alléger les tâches répétitives, optimiser la production de contenus et recentrer les professionnels sur leur valeur ajoutée.


📚 La "datafication" de la société

Bruno recommande un ouvrage gratuit publié par les Presses de l’Université de Montréal sur la datafication de la société. Une lecture éclairante sur la façon dont nos vies sont transformées par la collecte et l’exploitation des données, dans le public comme dans le privé.


🔐 Cloud : objectif souveraineté et sécurité des données

En France, le débat sur la souveraineté des données refait surface. J'évoque l’approche innovante des “data spaces”, portée par la startup Visions, et le pari audacieux de jeunes entrepreneurs qui veulent sécuriser les données grâce au Web3 et à la blockchain.

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Bruno : [0:04] Le débrief transatlantique. Jérôme : [0:06] Salut Bruno Guglielminetti. Bruno : [0:08] Salut Jérôme Colombain. Jérôme : [0:09] Bruno, cette semaine, on a l'impression que nos amis les GAFAM, c'est-à-dire les géants de la tech, se prennent un peu une douche froide avec une grosse, grosse séquence judiciaire. C'est d'abord Meta qui est devant ses juges, Mark Zuckerberg qui doit s'expliquer sur le rachat de WhatsApp, d'Instagram, est-ce que ça a contribué à étouffer la concurrence. Et puis, plus récemment, c'est Google qui également vient de se prendre une décision assez violente, également pour des accusations de position monopolistique. On a l'impression que finalement, ils sont plus fragiles qu'ils en avaient l'air, ces géants de la tech. Bruno : [0:46] Oui, parce que tout ça se passe dans un contexte où on avait l'impression que maintenant, les grands patrons des GAFAM étaient les plus grands copains du président américain et qu'ils étaient à l'abri ou des enquêtes du Congrès ou des poursuites ou des enquêtes du ministère du Commerce. Ben non, il faut croire que, mais bon, ça n'a pas été entamé la semaine dernière non plus. Je pense à Google, l'histoire, ça faisait longtemps que ça roulait. C'est le deuxième jugement dans ce domaine-là. Puis dans le cas de Facebook, l'enquête avait démarré en 2020. Jérôme : [1:21] 2020, oui. Bruno : [1:22] Et puis, c'est pour dire qu'il y a un contexte. Presque historique à cette histoire-là, mais donc, on est en train, justement, cette semaine, puis tu vas bien le rappeler, de voir deux géants être ramenés devant les élus à essayer d'expliquer ce qu'ils ont fait. Dans le cas de Facebook, évidemment, c'est d'avoir acheté Instagram et WhatsApp, plutôt que de vivre avec leurs concurrents. Ils ont tout simplement décidé de, il fallait mieux les acheter qu'essayer de lutter contre eux. Alors, évidemment, c'est une pratique antitrust ou antimonopolistique qui est douteuse. Et là, c'était le temps de venir appliquer cette démarche-là. Il faudra voir. Jérôme : [2:06] Qu'est-ce que… C'est une pratique plutôt monopolistique, tu veux dire? Bruno : [2:09] Oui, oui, pardon, oui. Et donc, c'est ça. Et c'est donc les lois anti-monopolistiques qui font le décor de ça, qui sont la toile de fond de cette histoire-là. Puis, de l'autre côté, on est encore aussi avec un autre géant, je pense à Gogo, qui, lui, pour une deuxième fois, se voyait ramener devant les juges parce que l'été passé, en août 2024, ils avaient été reconnus de pratique monopolistique. Et là encore, cette semaine, on voit que c'est en Virginie que ça s'est passé. Encore une condamnation pour, d'une part, pratique, monopolistique dans le contexte de Chrome, où il n'y a que lui qui règne dans ce contexte-là. Puis aussi, c'est toute la création d'un écosystème pour s'assurer que les annonceurs allaient être autant dans l'environnement de Google que aussi à l'extérieur sur le web, allaient être tributaires du bon vouloir et de la mécanique de Google. Parce que je te rappelle qu'ils ont acheté DoubleClick à une certaine époque. Il y a eu qui étaient les gros joueurs de la publicité sur le web en général et que là, Google et DoubleClick, quand tu mets tout ça ensemble, tu as un bon pourcentage de la télévision. La toile ou des bannières qui sont disponibles dans l'écosystème. Jérôme : [3:25] C'est une machine de guerre. Bruno : [3:26] Oui, c'est une machine de guerre. Alors là, bref, ils se disent, il y a un moment donné, le gouvernement a dit peut-être que ça suffit. Jérôme : [3:33] Alors là, ils ont été trouvés coupables. Bruno : [3:39] Mais là, reste à voir quelles sont les conséquences. Du côté du gouvernement américain, on demande carrément à ce que Google soit retiré de Chrome et donc que par défaut, on puisse choisir notre moteur de recherche dans l'environnement du furteur Chrome. Puis de l'autre côté, qu'il y ait la partie vente de publicité qui soit retirée de Google, qui soit vendue à quelqu'un d'autre. Je suis bien curieux de savoir qui va acheter ça. Est-ce que ça sera Apple? Est-ce que ça sera Elon Musk? On ne sait pas. Mais évidemment, pour Google, c'est comme tirer le tapis en dessous des pieds. Jérôme : [4:13] Mais c'est intéressant parce que finalement, ça rappelle quand même la réalité américaine. Effectivement, on laisse grandir des géants, on laisse des entreprises devenir comme ça absolument monstrueuses, incontournables, mais il y a une ligne jaune avec laquelle on ne transige pas aux États-Unis. C'est le monopole, la position monopolistique, et ça depuis toujours. Bruno : [4:39] Tout à fait. Jérôme : [4:40] Avant, c'était Microsoft, on s'en rappelle, au début des années 2000, et encore avant, AT&T, donc dans les télécoms, et il y avait encore eu des précédents au début de la révolution industrielle, avec les compagnies de chemin de fer, avec les compagnies d'électricité. Bruno : [4:55] Avec Rockefeller qui avait payé le prix. Jérôme : [4:57] Voilà, tout à fait. Donc, c'est le capitalisme dans toute sa splendeur. Non mais c'est comme ça que ça fonctionne le capitalisme c'est-à-dire qu'on a l'impression que c'est tout et n'importe quoi mais non c'est du laisser faire on laisse le marché mais attention il y a quand même quelques règles, et notamment celles-là, et c'est pas la peine de faire 10 000 règlements préventifs. En revanche, le jour où on vous prend la main dans le pot de confiture, la justice se met en branle, et là, on vous pardonne pas. Bruno : [5:26] J'ai tellement de vision. Jérôme : [5:27] J'ai une vision trop capitaliste, non ? Ça doit être ça. Bruno : [5:32] J'imagine que t'as l'influence du temps. Jérôme : [5:35] C'est l'influence américaine. Tu sais pourquoi, Bruno, je vais te confier, parce qu'en fait, je suis aux États-Unis. Bruno : [5:41] C'est pour ça. Jérôme : [5:42] Mais sors ce capitaliste de toi il ne faut pas se fier à la tour Eiffel qu'on voit derrière moi comme d'habitude t'as amené ton décor j'emporte toujours mon décor avec moi et là je suis dans le bain américain, c'est vrai et là on voit comment t'as changé ton discours, je suis complètement imprégné dans le boule j'ai peur. Bruno : [6:00] Pour le reste de notre discussion. Jérôme : [6:03] Non pas du tout je sais garder du recul avec tout ça bon enfin voilà, c'est intéressant quand même cette séquence et on va vraiment voir, comme tu l'as dit, ce qui va en ressortir. Jérôme : [6:15] Autre sujet, Bruno, j'ai lu sur ton blog cette semaine, sur mon carnet. Ça s'appelle mon carnet, mais c'est ton carnet. Bruno : [6:21] Oui, merci de le préciser. Jérôme : [6:23] .blog, c'est ça l'adresse. Bruno : [6:24] .com. Jérôme : [6:25] .com. Bref, parce que c'est bien plus qu'un blog, c'est un vrai site d'actualité et d'informations. C'est un empire, exactement. Fais gaffe à la position monoposistique. Bruno : [6:35] Oui, mais j'achète personne. Jérôme : [6:37] Oui, oui, oui. Je ne fais que moi. Bruno : [6:38] C'est tout. Jérôme : [6:39] On dit ça. parce que ça ne m'étonnerait pas que tu essayes de me racheter, à défaut de m'acheter et donc tu as fait un article sur les rapports un peu compliqués entre l'intelligence artificielle et les médias et les journalistes alors ce n'est pas pour parler boutique et pour parler uniquement de sujets qui nous touchent nous professionnellement mais c'est parce que les médias ça concerne tout le monde, et donc c'est super intéressant c'est compliqué les rapports entre l'IA et les rédactions. Bruno : [7:09] Que tu dis. Et c'est intéressant parce qu'il y a eu notamment, puis c'est un peu le cœur de mon papier, il y a eu des gens qui se sont rencontrés cette semaine. C'était un webinaire qui se passait en ligne, AI Trends in Journalism en 2025. Et l'idée là-dedans, c'était de voir comment c'était, quel était le rôle. C'est drôle parce que juste avant qu'on se parle, j'étais avec un étudiant qui est en train de faire sa maîtrise et qui parle justement, qui s'intéressent à l'utilisation de l'IA par les médias. Et puis, c'est un peu l'explication que je lui donnais. Je vais essayer de simplifier l'histoire parce que ça durait une heure avec lui. Mais l'idée là-dedans, c'est que finalement, l'intelligence artificielle, ce n'est plus un luxe, ce n'est plus un gadget, c'est désormais une question de survie pour les salles de rédaction. Jérôme : [7:59] Une nécessité. Bruno : [8:00] Oui, parce que là, la compétition, peu importe où elle est, la compétition l'utilise. Et de plus en plus, puisqu'on demande aux gens, moi je me souviens quand j'ai quitté Radio-Canada, c'était l'époque où on demandait à un journaliste de faire son topo télé, la version radio, la version pour le web et puis d'autres versions pour d'autres plateformes spécialisées en petits formats vidéo. Là, à un moment donné, la boucane commençait à sortir de la tête. Alors que ce même journaliste, il avait travaillé 20 ans plus tôt, on lui aurait dit, tu fais ton topo radio ou tu fais ton topo TV, ce qui lui laissait beaucoup plus de temps pour comprendre ces sujets. Et donc, on se retrouve dans un contexte où maintenant, on demande énormément aux équipes d'information. Et là, l'IA, j'en parle, puis je suis presque essoufflé. Et là, l'IA arrive en disant, mais ça peut être pas une bouée de sauvetage, mais un outil qui peut venir faciliter la vie. Jérôme : [8:52] Les facilitateurs. Bruno : [8:54] Exactement, des salles de rédaction. Et juste pour ça, c'est important. Puis après, c'est de voir comment on peut l'utiliser pour optimiser les produits qui sont créés par les salles de rédaction, pour donner de la valeur ajoutée, de monétiser ce contenu-là. Et c'est dans le sens où maintenant, il y a comme un consensus. Puis bon, je ne te parle même pas de l'agentique, des agents IA qui vont pouvoir être créés. Donc, il y a tout un nouvel écosystème qui peut se créer ou se juxtaposer aux salles de rédaction existantes qui fait en sorte que l'IA, ça doit être envisagé de façon très sérieuse. Ce n'est plus quelque chose qui va passer et ce n'est plus un goût futile d'un journaliste ou d'une rédaction qui veut faire plus chic, plus neuve, plus moderne. Non, ça devient vraiment un outil qu'il faut absolument utiliser. Et c'est un peu ça. Je résume grossièrement, mais essentiellement, c'est ça la discussion. Et puis, d'ailleurs, je mets un hyper lien vers tout le webinaire qui est offert, qu'on peut écouter ou lire en ligne. et cette affaire par le World Association of News Publishers qui font un bon topo. Puis ça arrive au même moment où, en Italie, se tenait une rencontre, le festival de journalisme. Et puis aussi, moi, j'écoutais les échos de ce qui sortait de la rencontre et l'IA est en train d'entrer dans les salles de nouvelles. Jérôme : [10:18] Mais c'est normal, c'est normal, et ce qui n'est pas normal, c'est de ne pas accueillir cette entrée de l'IA, d'être uniquement sur les défensives, et le problème, j'ai l'impression qu'on confond un peu la prise en compte des risques, parce qu'il y en a, effectivement, avec l'adoption ou pas. Il faut savoir ce que peut faire l'IA effectivement elle peut poser des problèmes et le principal problème notamment pour l'information c'est à dire qu'au début. Jérôme : [10:52] Beaucoup de médias ont considéré que l'IA c'était un générateur d'informations c'était une sorte de Wikipédia interactif et puis dès qu'on va sur ChatGPT ou autre on s'aperçoit que parfois il dit n'importe quoi donc là, oh là là, mon dieu ce n'est pas possible, on ne peut pas faire entrer un outil comme ça dans une rédaction, si c'est pour générer du contenu il va générer n'importe quoi, c'est la fin des haricots. Mais on le sait, c'est le postulat, on le sait depuis 2023 que l'IA hallucine. Mais elle fait aussi plein d'autres choses. Elle peut réécrire des articles dans des formats divers, elle peut servir à collecter de l'information. Il y a l'IA agentique dont tu parles qui va permettre d'automatiser des tas de process, parce qu'il faut savoir que produire de l'information aujourd'hui sur des tas de canaux différents, c'est compliqué et c'est des tâches qui ne sont pas très valorisantes c'est du copier-coller c'est de la transformation c'est du clic, c'est du machin c'est de l'upload, c'est bête et là effectivement on attend beaucoup de l'IA, et moi je l'ai vu ici en France, il y a eu quand même de la part des grands médias une attitude très très prudente mais plus que prudente un peu. Jérôme : [12:03] Récalcitrante en fait par rapport à l'IA alors qu'ils auraient dû se jeter là-dessus. Après, bon, voilà, moi, je vais... Qui aime bien, châtie bien. Les médias sont très conservateurs. Voilà. Non, mais c'est vrai. Ce n'est pas des entreprises basées sur l'innovation. C'est des gens, des journalistes qui sont enfermés dans leur process, etc. Et il ne faut pas changer. Il ne faut surtout pas... L'innovation, attention, c'est dangereux. On ne sait pas ce qui se cache derrière et tout. Donc, il n'y a pas... Enfin, moi, je l'ai vécu toute ma carrière à la radio. Écoute, Jérôme... Oui, pardon, tu vois, quand j'ai commencé à faire des interviews en MP3 avec un téléphone ou à me connecter de chez moi pour, voilà, me regarder avec des gros yeux, quoi. Bruno : [12:45] Non, puis j'allais dire, pense juste à l'arrivée de l'Internet dans la salle de rédaction. Jérôme : [12:48] Oui, ah ben oui. Bruno : [12:50] Ça, c'était le jour et la nuit. Moi, je me souviens encore de discussions que j'avais avec des journalistes qui mettaient pour la première fois leurs fesses devant le siège qu'ils donnaient à l'ordinateur, le seul ordinateur qui était branché au World Wide Web à l'époque. Et puis ces gens-là utilisaient le web comme si c'était un fil de presse. Il fallait leur dire que ce n'était pas un fil de presse. Ça te donnait accès à n'importe quoi. Et donc, il fallait que tu le traites comme un journaliste qui allait accéder à de l'information. Il fallait que tu valides. Il fallait que tu contre-valides ce que tu avais. Jérôme : [13:21] Il faut une approche critique. Il fallait une approche critique dès le départ et c'est exactement la même chose avec l'IA aujourd'hui. Alors après, bon, ça peut entraîner des changements de métier, mais ça, on l'a déjà évoqué ensemble. On va peut-être tous devenir, et pas seulement dans les médias, dans des tas de branches professionnelles, on va peut-être devenir de plus en plus des correcteurs d'IA, en fait. Notre boulot, ça va être de corriger les IA. Bruno : [13:41] Mais c'est intéressant que tu dises ça parce que j'expliquais à cet étudiant qui est en train de faire son doctorat que j'ai dit, moi, j'ai beaucoup plus un rôle de chef de section, de pépitre ou de rédacteur en chef par rapport aux textes. Jérôme : [13:54] Ça, c'est ton côté militaire un peu. Oui, oui, oui, voilà. Bruno : [13:57] On n'est pas loin des États-Unis, c'est ça qui arrive. Mais donc, puis on est en guerre commerciale. Alors, évidemment, là, on se prépare. Jérôme : [14:04] Du coup, tu as remitréi, toi. Bruno : [14:06] Exactement. Il est prêt, il est juste à côté. Mais donc, l'idée là-dedans, c'est que je suis beaucoup plus dans la correction, la supervision des textes qui peuvent être créés que de les rédiger moi-même. Ce qui permet de couvrir l'actualité de façon beaucoup plus complète et de rendre un produit qui est beaucoup plus attrayant et beaucoup plus complet que si je devais me taper toute la rédaction. Jérôme : [14:30] Oui, mais alors après, il y a des choses qui sont quand même surprenantes, il faut le dire. Je ne sais pas si toi, tu l'as constaté, parce que voilà, on ne va pas se cacher. Toi et moi, on écrit des articles avec des IA. Mais voilà, c'est avec les informations qu'on lui donne au départ, on repasse par l'arrière et tout. Mais il y a un truc étonnant, c'est que moi, plusieurs fois, il m'a sorti, par exemple, des titres qui étaient excellents. Bruno : [14:50] Ah ben, des bavis de leur titre que les miens. Jérôme : [14:52] Tout à fait, qui étaient bien meilleurs que ce que moi, j'aurais pu trouver. Bruno : [14:56] Jérôme, à tous les jours, j'ai mon 120 secondes de tech. D'ailleurs, je vous invite à l'écouter. Et donc, le 120 secondes de tech, à tous les jours, moi, c'est fini de me casser la nénette de dire, parce que j'ai un sommaire, je dois trouver des titres pour chaque nouvelle pour annoncer le bulletin. Jérôme : [15:10] Et ça, c'est un métier, ça s'appelait dans le temps secrétaire de rédaction. Bruno : [15:13] Oui, ou sinon, chez nous, on appelait ça un titreur. Jérôme : [15:15] Ou un titreur, oui, voilà. C'était un métier à part entière. C'est des gens qui faisaient que ça toute la journée, donc c'était des machines, ils étaient hyper bons. Bruno : [15:22] Et moi, je suis tellement pourri à ça. Alors, tu as un spécialiste qui est là tous les soirs. Quand j'ai trouvé toutes mes nouvelles, je lui donne. Alors, génère-moi un titre pour chaque nouvelle. Et c'est toujours, puis évidemment, il est toujours généreux. Plus court. Et puis là, après, il me retravaille ça. Et ça fait des titres qui sont vachement accrochants. Jérôme : [15:42] La seule chose, c'est qu'il ne faut rien laisser passer sans avoir corrigé, regardé. Est-ce que c'est ce que je voulais dire, etc., etc. Bon, enfin, voilà. De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, mon cher Bruno? Bruno : [15:54] Quelle question intéressante de ta part et intéressée. Je te résumerai mon podcast, cette édition-ci, à une seule entrevue. Mais quelle entrevue? C'est avec une des directeurs, directrices d'un livre qui est en train de sortir et qui parle de datafication de la société. Mais ça, parce que tu le sais, toi et moi, puis même les gens qui nous écoutent, on génère de la donnée. Mais là, c'est de voir comment la société est en train de se guérir, de s'orienter sur la datafication d'eux. Jérôme : [16:29] La data mène le monde. Bruno : [16:31] Exactement. Et là, c'est très intéressant de voir comment, au niveau du secteur public et au niveau du secteur privé, qu'est-ce que ça veut dire? Les bons, mais évidemment, les mauvais côtés de la chose. Il y a un bouquin qui vient de sortir et d'ailleurs, je donne le lien sur le descriptif de mon carnet. Il est offert gratuitement par les presses de l'Université de Montréal. Je trouve ça très généreux de leur part, mais c'est vraiment intéressant à lire. Aussi intéressant que l'autre livre dont je parle dans mon carnet cette semaine, « AI Snake Oil », qui est écrit par deux professeurs de Princeton, qui, eux, sont en train... C'est intéressant parce que le livre est sorti l'an dernier et le temps d'en parler, ils m'annonçaient qu'ils vont déjà écrire un nouveau bouquin. Mais c'est ce que l'IA est, ce que l'IA dit être, non, ce qu'on dit que l'IA est et finalement, ce que l'IA ne pourrait jamais être. Jérôme : [17:23] C'est beau. C'est magnifique. Bruno : [17:25] Ah oui, c'est tout à fait. Mais bon, c'est leur titre traduit. Jérôme : [17:28] Tu en parles tellement bien. Je te remercie. Bruno : [17:30] Alors, tout ça, c'est dans mon carnet plus les collaborateurs réguliers. Et toi, de ton côté, tu parles de quoi dans mon numérique cette semaine? Jérôme : [17:38] C'est amusant parce que je parle d'un sujet qui vient vraiment en écho à ce que tu viens de dire. Je parle également de data. Toi, tu parles de la data elle-même, donc les données. Moi, je parle de la manière de stocker, de protéger, de partager ces données. C'est un sujet qui est relié à l'actualité parce qu'en ce moment, vu le contexte actuel, les tensions internationales, on recommence chez nous à parler de cloud souverain, c'est-à-dire d'une manière un peu plus souveraine de protéger nos données. Jérôme : [18:07] Et il nous faut des acteurs de cloud souverains et puis il faut peut-être des nouveaux concepts et donc j'interview un responsable d'entreprise qui s'appelle Mathias Debièvre et qui dirige une société qui s'appelle Vision et qui lui, sa vision, c'est le cas de le dire, c'est ce qu'il appelle les data space. En fait, les data space, comme leur nom l'indique, ce sont des espaces pour stocker les données, il faut que ce soit souverain, il faut que ce soit protégé et ça peut s'appuyer techniquement sur nous. On n'a pas d'Azure, on n'a pas des data centers gigantes, frantesques, même si on est en train d'en construire actuellement en France. Il y a beaucoup d'investissements dans ce domaine, mais il y a déjà des choses qui se font. Et si on arrivait à fédérer un certain nombre d'acteurs de taille moyenne ou des petits acteurs, tout ça dans ce concept de data space, on pourrait arriver à des solutions vraiment intéressantes pour sauvegarder les données. Et puis, j'interview également une startup qui vient d'être créée par des petits jeunes, Bruno. Ils ont moins de 20 ans. Ils affirment qu'ils vont, eux aussi, dans le domaine de la data, faire des choses incroyables. Ils vont révolutionner la sécurisation de la data. Les données sont chiffrées pour être protégées, on le sait. Mais eux, ils disent non, ça c'est nul parce qu'avec l'informatique quantique, un jour tout sera cassé. Et donc nous, on veut mettre de la blockchain qui sont à fond dans le Web3. C'est complètement générationnel. Donc il y a l'aspect technologique et puis il y a cet aspect un peu... Jérôme : [19:30] L'informatique d'aujourd'hui, c'est notamment le Web3 qui a été à la mode à un moment. Qui aujourd'hui est un peu plus passée de mode. Et eux, ils disent, mais pas du tout, c'est un truc génial. Et ils se lancent là-dedans. Voilà. Bruno : [19:43] Jérôme, merci de faire place à la nouvelle génération d'innovateurs. Jérôme : [19:46] Tout à fait. Et voilà, c'est les petits jeunes qui m'ont vraiment séduit par leur énergie et par leur vision même. On verra, on leur souhaite le meilleur, évidemment. Bruno : [19:57] Ben oui, mais je suis en défi, de toute façon. Jérôme : [19:58] Tout à fait. Bruno : [19:59] Et Jérôme, peu importe où tu es sur cette planète, je te salue et je te dis à la semaine prochaine. Salut. Jérôme : [20:04] Salut Bruno, à la semaine prochaine.
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