Habillage:
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0:01] Nous sommes en décembre 1944. Depuis le débarquement des Alliés en Normandie,
Habillage:
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0:06] il y a six mois, ils ont libéré la France et ils avancent maintenant vers l'Allemagne. Le Troisième Reich vacille, il recule de plus en plus. Alors, c'est ici et maintenant.
Monde Numérique :
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0:18] Dans ce paysage glacé qu'Hitler... Salut Yannick Kezzar !
Yani Khezzar:
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0:23] Salut Jérôme !
Monde Numérique :
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0:24] Ravi de te retrouver à nouveau dans Monde Numérique, on s'est déjà parlé il y a quelques mois. Tu es journaliste à TF1, spécialiste des technologies, et puis tu es également en charge de tout ce qui est innovation technologique au service de l'information. Alors, tu t'es fait historien cette semaine, Yani, à l'occasion des 80 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, donc l'anniversaire du 8 mai 1945, avec un reportage, un film de 8 minutes qui a été diffusé dans le JTTF1 la veille du jour J, C'était mercredi 7 mai, qui est disponible également sur YouTube, qu'on peut donc aller regarder. Et c'est un très joli produit qui est un peu un mélange d'images de synthèse, de réalité augmentée, d'images d'archives, d'intelligence artificielle, etc. Comment est-ce que tu définirais cette production ?
Yani Khezzar:
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1:13] Oui, c'est vrai que c'est compliqué. Rien que le nom qu'on utilise, on ne sait pas dire, ce n'est pas un reportage, puisqu'on n'est pas allé filmer sur le terrain, parce que par définition, tout se passe dans le passé. Nous, on dit que c'est un format. Parce que c'est une séquence, comme ça c'est une longue vidéo, comme un mini-documentaire immersif, on va dire, mais raconté un peu de façon journalistique et presque comme si on était dans l'actualité, qu'on était en reportage sur le terrain au moment où ça se passe, plutôt qu'un documentaire classique avec une voix off un peu plus posée. C'est un ovni un peu, en effet.
Monde Numérique :
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1:50] Mais ça ressemble un peu à ce que tu fais régulièrement dans le journal de TF1, où tu interviens, où tu te mets en scène, au milieu de décors virtuels, etc. Donc là, qu'est-ce que vous avez utilisé comme technologie ? Comment vous avez fabriqué ça ?
Yani Khezzar:
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2:05] En fait, l'ambition, au départ, quand on a commencé à lancer le projet il y a 5 mois, c'était de se dire qu'on allait raconter cette grande page du passé, qui sont les derniers moments de la Deuxième Guerre mondiale. En fait, ce qui se passe après le débarquement de Normandie, parce qu'on avait fait l'an dernier un format immersif sur le débarquement de Normandie, mais les gens connaissent peu ce qui se passe après le débarquement. Entre le débarquement et la fin de la guerre, il se passe quasiment un an, et donc encore beaucoup de choses. Donc on s'est dit, il y a cet événement qui arrive, on a cinq mois,
Yani Khezzar:
[
2:36] et on va le faire avec les toutes dernières technologies qui existent. Toutes les technologies de mise en image qui peuvent nous servir, on va les utiliser, on va apprendre à s'en servir au mieux. Donc, on connaissait et on maîtrisait déjà bien la vidéo volumétrique, puisqu'on a fait des formats sur le réchauffement climatique, sur les limites planétaires, sur le débarquement de Normandie. Donc là, on maîtrisait bien cette technologie.
Monde Numérique :
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3:00] Il faut rappeler un peu ce que c'est quand même la vidéo volumétrique.
Yani Khezzar:
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3:01] Oui, on va rappeler. Alors, ça se tourne dans un studio un peu particulier, comme un chapiteau tout vert. Donc, il y a du fond vert à 360 degrés. Et tout autour de la personne qui va se mettre au centre, il y a un rail avec des caméras qui l'entourent. Et grâce à ça, en fait, la personne qui se met au centre, elle est filmée sous toutes les coutures. Et ce qu'on obtient, ce n'est pas une vidéo dans un axe, c'est la personne en 3D filmée en mouvement. Et donc, ça veut dire qu'après coup, sur l'ordinateur du graphiste, on peut choisir l'axe de caméra, mais après le tournage, en post-production. Et on peut faire les mouvements de caméra virtuellement après le tournage. Donc, c'est assez pratique parce que si la prise a été bonne, on n'a pas besoin de la refaire parce que le mouvement de caméra était trop lent, trop rapide ou pas dans le bon axe, puisque les mouvements de caméra sont faits virtuellement dans une scène 3D, ensuite sur un ordinateur.
Monde Numérique :
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3:53] Oui, comme on ferait dans une captation en studio normale, etc.
Yani Khezzar:
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3:57] Exactement. Ça, c'est la vidéo volumétrique. Et c'est ce qui permet, dans le format, de faire ces mouvements très enroulés, très circulaires, qui participent vraiment à l'immersion. Et ça donne aussi ce traitement graphique assez particulier. Ensuite, le défaut aujourd'hui, c'est qu'on ne peut pas s'approcher très près des visages avec de la vidéo volumétrique, sinon la définition n'est pas encore assez bonne. Donc nous, on y a ajouté des véritables plans tournés sur fond vert, des caméras 4K avec des super mouvements, des super cadrages, etc. Et puis en plus de ça, évidemment, on y a mis beaucoup d'intelligence artificielle à plein d'étapes, que ce soit à l'étape de l'écriture, du storyboard, de la réflexion, puis à l'étape créative, c'est un petit peu un pinceau narratif. On va s'en servir pour ajouter de la neige sur des uniformes, recréer des détails d'une ville bombardée, faire travailler une IA sur certains visages, notamment le visage d'Adolf Hitler, qu'on a collé ensuite sur le visage du figurant qui jouait son rôle.
Yani Khezzar:
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4:59] C'est un petit peu comme si on recousait des fragments de l'histoire grâce à l'intelligence artificielle et à toutes ces autres technologies. Et l'ensemble, ça donne ce format qui est un peu à la pointe de ce qu'on peut faire en mai 2025. On verra dans un an, on aura certainement encore plein d'autres outils, mais à date, on a utilisé beaucoup de choses. Toutes les semaines, il y avait un nouvel outil qu'on testait, qui sortait. On disait, tiens, là, c'est bien pour cette partie, tiens, là, ça va nous aider pour cette partie. On a au total peut-être une dizaine d'IA différentes qui sont utilisées dans ce format.
Monde Numérique :
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5:32] Oui, parce qu'il faut rappeler qu'il y a toute une équipe, avec laquelle tu travailles régulièrement et puis avec beaucoup de matériel derrière en plus que j'avais eu l'occasion de percevoir.
Yani Khezzar:
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5:42] Là en l'occurrence, je rends hommage à Christophe Aragona qui est le graphiste qui travaille sur ces formats. Quand on montre ça à l'extérieur, ça surprend toujours de voir que c'est pratiquement un homme très talentueux qui de A à Z a conçu tous ses décors etc, il a eu un peu d'aide par moment mais c'est vraiment lui qui seul, de A à Z conçoit tout ça et moi je co-réalise avec lui et puis après il y a un travail qui fait 50% du contenu je trouve c'est l'audio et on a un vrai travail de sound design on a une sound designer qui s'appelle Elise Chambéron qui est aussi très talentueuse et qui a passé des semaines, avec je crois 200 ou 300 pistes sur sa timeline à l'arrivée et c'est vraiment une oreille d'or on a recréé plein de choses on a enregistré des voix.
Yani Khezzar:
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6:37] Avec des personnes qui parlaient nativement les langues, notamment il y a pas mal de soviétiques dans ce format il y a notre correspondant à Moscou qui est allé trouver des russes qui nous ont enregistré des cris, des voix, pour vraiment bien incarner les personnages pareil avec des allemands, pareil avec des Américains, on a vraiment poussé le détail vraiment très loin et puis historiquement évidemment tout ça est travaillé, relu, précisé avec notamment Olivier Vieviorca qui est l'historien spécialiste en France de la seconde guerre mondiale et ça donne ça et on commence déjà à avoir beaucoup de retours ça fait que quelques jours qu'il a été, diffusé mais on a beaucoup de retours notamment du corps enseignant moi ça me fait plaisir quand je reçois des messages de professeurs d'histoire qui ensuite, nous disent qu'ils vont le diffuser à leurs élèves et puis les élèves qui nous écrivent en disant, j'ai justement cette partie du programme en ce moment à réviser et ça m'aide beaucoup à comprendre à m'intéresser, et c'est super comme retour.
Habillage:
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7:38] Le ciel s'éclaircit Les bombardiers alliés peuvent enfin entrer en action Ils pilonnent les positions allemandes, Les alliés reprennent le dessus et mettent fin à ce dernier sursaut allemand, le Reich ne s'en relèvera pas. Pendant ce temps, sur l'autre front à l'est, un rouleau compresseur est en marche. Depuis l'été 1944, l'armée rouge...
Monde Numérique :
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8:04] Il faut remettre dans le contexte que ce n'est pas non plus une production de jeux vidéo. Vous n'êtes pas sur des dizaines de millions d'euros, enfin sur des millions d'euros.
Yani Khezzar:
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8:13] Non, non, non.
Monde Numérique :
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8:14] Ça s'inscrit dans le cadre de la production éditoriale, d'une rédaction, même si c'est TF1, c'est le groupe TF1, vous avez les moyens, évidemment. Mais c'est dans le champ information.
Yani Khezzar:
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8:26] Actualité. Exactement. Ce n'est pas du tout à comparer avec un film qui a un budget de plusieurs centaines de millions d'euros, ou même un jeu vidéo qui a des budgets similaires. Non, non, nous, on travaille avec des moyens qui sont ceux de l'information de TF1. Donc, on met les moyens pour faire une information de qualité. Mais pour autant, on a en effet des moyens limités, même quand on a des produits
Yani Khezzar:
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8:48] ambitieux comme celui-ci. Donc, c'est aussi pour ça que c'est des équipes ramassées, mais des équipes impliquées, talentueuses.
Monde Numérique :
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8:56] Alors, dans le film, il y a des décors. Il y a quelques décors qui sont un peu passe-partout. Il y en a d'autres qui sont a priori historiques. On voit le bunker de Hitler. Pareil pour les personnages. Il y a des personnages qui sont un peu anonymes et puis d'autres qui sont réels. Il y a les signataires de Yalta, etc. Donc, vous avez fait jouer des comédiens aussi ?
Yani Khezzar:
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9:19] Alors, c'est des passionnés. Là aussi, ce sont des... Tu sais, il y a toute une communauté en France de passionnés d'histoire et de reconstitution historique. Il y en a de beaucoup de périodes, que ce soit les périodes napoléoniennes, les périodes médiévales et les périodes du XXe siècle, des guerres mondiales, et donc ça m'a pris pas mal de temps l'hiver dernier. Pour me faire connaître de toutes ces communautés, leur expliquer mon projet et trouver les personnes qui étaient motivées, impliquées, disponibles pour venir sur le studio tourner. Donc, ils sont venus... En fait, tous les soldats, tous les personnages qu'on voit dans ce format sont des vraies personnes avec des vraies tenues, etc.
Monde Numérique :
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10:06] Ce n'est pas généré par IA, etc.
Yani Khezzar:
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10:08] Non, il y a quelques visages générés par IA, celui d'Hitler, évidemment, celui de Churchill, Staline, Roosevelt, le pilote japonais qu'on voit à la toute fin, et tous les autres. 95% des personnages qu'on voit sont vraiment costumés, incarnant le rôle, donc ce ne sont pas des comédiens.
Monde Numérique :
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10:30] Ce sont des passionnés.
Yani Khezzar:
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10:33] Mais oui, ils ont joué le jeu formidablement et je les remercie vraiment.
Monde Numérique :
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10:36] Ils ont dû se régaler.
Yani Khezzar:
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10:39] Ils adorent ça.
Monde Numérique :
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10:40] Ça a pris combien de temps, ce projet ? 8 minutes de vidéo, très riche, mais tu as bossé combien de temps là-dessus ?
Yani Khezzar:
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10:48] J'ai commencé il y a 5 mois. Donc, ce n'est pas 5 mois à temps plein où on est tous dessus, puisque en parallèle, j'ai fait plein d'autres reportages pour les JTTF1 depuis. Mais au total, ça prend du temps. Ce qui prend du temps, notamment, ça a été de trouver tous ces figurants, parce qu'on avait besoin de personnes avec des tenues américaines, allemande. Bon, ces deux-là sont pas trop compliqués à trouver, mais il fallait des tenues soviétiques, ça c'est très dur à trouver, et des tenues japonaises, c'est encore plus dur à trouver. Donc ça, ça m'a pris une bonne partie de l'hiver dernier pour trouver les bonnes personnes, recenser les candidats, rassembler toutes les photos de leurs tenues, faire vérifier par des historiens. Donc voilà, tout ça, ça a pris du temps, et puis en parallèle, il y a l'écriture, j'ai lu plein de livres sur cette période, on regardait plein de documentaires, le storyboard et ça le storyboard aussi c'est intéressant on a fait ça avec de l'IA c'est à dire que moi je dessine pas très bien je suis pas dessinateur mais j'avais les idées des cadrages et des plans qu'on voulait donc je faisais un dessin un peu à main levée et ensuite je le rentrais en l'occurrence dans ChatGPT, en lui décrivant ce que je voulais qu'il me mette en scène avec un style graphique de storyboard à la main et ensuite on a eu des storyboards vraiment très propres qui nous ont aidés à travailler.
Monde Numérique :
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12:09] D'accord, générés par Tchadjipiti.
Yani Khezzar:
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12:11] Exactement. À plein d'étapes, en fait, l'IA, elle a été présente du début à la fin. Même la musique qui est composée par un compositeur qui s'appelle Olivier Villaudi et qui nous accompagne sur nos projets qui est vraiment brillant. Pour le brief musical, les inspirations de musique, je me suis beaucoup aidé de Tchadjipiti en lui faisant lire les passages du format, du documentaire et en lui demandant, en lui décrivant les ambiances que je cherchais et il est allé me chercher des musiques de film, qui correspondaient un peu à cette ambiance-là. Donc, ça m'a aidé aussi pour le briefing du compositeur, etc. Donc, c'est vraiment amusant. On a essayé, dès qu'on pouvait, CD d'intelligence artificielle, on l'a fait. Et ça a vraiment été une aide loin d'être anecdotique dans ce format-là. Ce n'est pas juste de la technologie, on voulait que ce soit une nouvelle façon de transmettre, de ressentir, de se souvenir. Parce que là, on ne parle pas d'un sujet comme les autres, on parle du dernier grand conflit mondial et comme on le dit à la fin, ça fait 80 ans que l'Europe est en paix.
Yani Khezzar:
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13:15] Cette année particulièrement, on a tous des frissons parfois en se demandant si on ne va pas retomber dans ces travers-là et donc c'était important, qu'on ait cette émotion en le regardant pour se rappeler ce dont on sort, ce dont les générations précédentes sont sorties, pour ne surtout pas risquer d'y retourner. C'était vraiment l'objectif.
Monde Numérique :
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13:36] Bien sûr, c'est vrai que en cette période, c'est un anniversaire qui résonne d'une manière assez particulière. Yanni, je l'ai dit, ton quotidien, c'est ça aussi, de faire ce type de reportage. Il y en a eu plein d'autres, on avait déjà eu l'occasion d'en parler, tu as fait des choses sur l'environnement, sur le réchauffement climatique, sur des trucs, des tas de sujets. Tu as d'autres projets dans les cartons, là ?
Yani Khezzar:
[
13:59] Alors là, pour être honnête, non, pas de très gros projets comme ça. Les prochains vont arriver, mais celui-ci m'a pris tellement d'énergie, de concentration, d'abnégation, etc., que là, je vais prendre un peu de vacances, réfléchir à autre chose, et puis je suis sûr qu'on retrouvera plein d'idées quand je reviendrai mais mais c'est que le début c'est ça qui est génial c'est que les outils, progressent rapidement et plus ils progressent plus ils étendent le champ des possibles dans la narration et moi ce qui m'intéresse c'est la narration, journalistique je ne travaille pas ni dans le jeu vidéo ni chez Disney ni chez Marvel, je travaille pour un journal télévisé et donc à chaque fois que des nouveaux outils émergent je me demande ok comment est-ce que ça ça peut nous permettre de mieux informer Ça peut être mieux informer sur le présent, mieux informer sur le futur, sur des tendances, sur des innovations, sur de la technologie, comme ce que tu fais, ou mieux informer sur le passé, en l'occurrence, parce qu'on a ce rôle-là aussi de grand journal télévisé, rassembleur des Français. Après, on a ce devoir de mémoire sur des dates importantes comme celle-ci pour rappeler à toutes les générations et notamment peut-être les plus jeunes qui sont moins familiers de ces périodes-là et qui ont souvent une distance vis-à-vis des images d'archives.
Yani Khezzar:
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15:26] Parfois c'est étrange mais les jeunes générations nous disent qu'ils ressentent plus de choses et plus d'intérêt pour cette période historique quand ils regardent nos formats, enfin les formats que je fais en 3D, alors que ce sont des images fausses des images de synthèse plutôt que de regarder des images d'archives qui sont de vraies images mais qui ont tellement vieilli qu'elles leur parlent moins finalement, donc il faut s'adapter un petit peu aussi à ces codes là, sans dénaturer, avec énormément de respect pour ce qui s'est passé. Et puis, les images d'archives, évidemment, qu'elles continuent à avoir leur place. Le 8 mai, on diffuse un documentaire entièrement en images d'archives. Moi, je le vois vraiment comme un complément. Les images d'archives, on les a aussi beaucoup vues, parce que ça fait 80 ans qu'on les voit. Là, ces formats-là, ils peuvent nous permettre de voir autre chose, d'être dans le bunker avec Adolf Hitler au dernier moment, d'être, au cœur de l'armée soviétique qui avance vers Berlin, d'être dans la forêt de la bataille des Ardennes avec les Américains. Toutes ces choses-là, on les voit peu dans les documentaires. Les images sont assez lacunaires, souvent.
Monde Numérique :
[
16:37] On les a vues pas mal au cinéma.
Yani Khezzar:
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16:38] Et voilà, ce que j'allais dire, là où on les voit, c'est au cinéma, mais c'est un autre traitement.
Monde Numérique :
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16:43] Mais c'est vrai que les images d'archives, on s'y intéresse beaucoup. Plus on vieillit, en général. Plus on vieillit, plus on s'intéresse à l'histoire et on est sensible aux images d'archives authentiques et pour qu'elles soient au contraire le plus authentiques possible. Je reviens sur la partie actue. Encore une question, Yannick Hazard. Ça fait des super produits, des super reportages. C'est beau, ça fait clinquer la marque TF1, je dirais. Je ne sais plus si j'avais déjà eu l'occasion de te poser cette question, mais est-ce qu'il n'y a pas un risque un peu de théâtraliser trop l'actualité avec tous ces artifices, entre guillemets ?
Yani Khezzar:
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17:18] Évidemment que chaque outil a des atouts, des avantages et des risques. Et là, en effet, le risque, ce serait de tomber dans le gadget, dans la théâtralisation, comme tu dis. Pour ça, il y a un antidote, c'est qu'il faut que ce soit justifié. Il ne faut pas le galvauder. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on prend le temps de les faire. On ne va pas faire des formats comme ça tous les jours ou toutes les semaines. Et il faut qu'il y ait du fond. Il y a aussi le risque de trop vouloir faire du spectacle. Et donc, moi, je pense que si c'est utilisé à bon escient sur des sujets qui le méritent. Et souvent, ce sont des sujets dont la mise en image est compliquée. Parce qu'on ne peut pas filmer vraiment ce qu'on veut expliquer. Ça, on en avait parlé.
Monde Numérique :
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18:04] C'est là où la tech peut apporter beaucoup de choses.
Yani Khezzar:
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18:06] Évidemment. Si c'est un sujet qui peut être parfaitement filmé,
Yani Khezzar:
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18:09] je ne vois pas l'intérêt de tout recréer en 3D. Mais dès l'instant où la narration, la captation d'images est compliquée, là en l'occurrence on parle de choses qui se sont passées il y a 80 ans donc on ne peut pas retourner filmé, là je pense que ça se mérite et s'il y a un vrai travail de fond qui est fait pour qu'il y ait de la densité, qu'il y ait du contenu et qu'on apprenne beaucoup de choses en le regardant, là je pense qu'on s'affranchit de ce risque de théâtralisation.
Monde Numérique :
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18:36] Merci beaucoup, Yanni Kezzar.
Yani Khezzar:
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18:39] Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
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18:39] Journaliste et donc l'homme des technologies à la rédaction de TF1.